Vincent Flibustier

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Vincent Flibustier
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Vincent Flibustier est un influenceur[1], conférencier[2] et formateur[3],[4] belge né en . Il est le créateur du site satirique Nordpresse[5],[6].

Vincent Flibustier, de son vrai nom Vincent Herregat, est né en Belgique en [7],[8],[9],[10],[11],[12].

Débuts avec Nordpresse

Vincent Flibustier crée Nordpresse lors d'un « petit élan de colère un soir » après avoir lu un article de Sudpresse et « leur manière dégueulasse de faire du journalisme »[13]. Le but initial était selon lui de « piquer leur public et faire du « sous-SudPresse », du crétinisme absolu. Pour aller plus loin dans le pute-à-clics dans le fait divers ignoble et sordide et stupide » et précise « que le meilleur moyen d'aller encore plus loin, c'était de les inventer ! »[14]. Le site parodique évolue alors peu à peu vers un concept plutôt porté sur la critique des médias en général et un esprit éducatif[14],[15].

Vincent Flibustier fait du cloaking en reprenant des noms de domaine ressemblant à des médias français comme FranceInfoTele.com ou LeCanardEnchaine.net afin de crédibiliser ses articles[16],[17]. En , il affirme regretter cette forme d'action[18].

En , dans le quotidien belge La Libre, un éditorialiste estime quant à lui que Vincent Flibustier crée des « calembours bas de gamme » et recherche « la notoriété à tout prix »[19]. L'aspect parodique[20] du site est souvent remis en question[21].

Éducation aux médias et à l'esprit critique

Démarche pédagogique

En , Vincent Flibustier devient conférencier autodidacte en éducation aux médias et à l'information (EMI) et propose depuis des formations destinées aux élèves et aux enseignants dans le cadre de conférences sur « l'histoire et la méthodologie des fake news »[22],[23],[24],[25]. Son objectif est de sensibiliser le public à l'importance de l'esprit critique et de promouvoir la vérification des informations[26].

Il base son approche pédagogique sur la théorie de l'inoculation[27], en expliquant que son objectif est d'interpeller principalement les individus en position d'hésitation sur certaines thématiques. Il cherche ainsi à leur faire prendre conscience des mécanismes d'influence et des dynamiques des différents courants d'opinion[28]. En , lors d'une émission d'Arrêt sur images portant sur la rentabilité des infox, la journaliste et éducatrice aux médias Aude Favre estime que la théorie de l'inoculation de Vincent Flibustier, qui a pour but de diffuser un maximum de fausses informations dans le but de pousser les internautes à développer leur esprit critique, ne fonctionne pas[29].

Avis divergents, réserves et oppositions des administrations belge et française

En Belgique, Vincent Flibustier fait l'objet d'une circulaire informative signée par le secrétaire général de la Fédération Wallonie-Bruxelles[12] qui rappelle ses condamnations face au groupe SudPresse et précise aux enseignants et chefs d'établissement qu'ils peuvent se tourner vers d'autres intervenants[18].

En France, l'Éducation nationale affirme dans Libération que Vincent Flibustier est « considéré comme non compatible avec des interventions en classe dans le cadre de l'éducation aux médias et à l'information » au motif que, selon lui, Vincent Flibustier « fabrique et diffuse régulièrement des fausses nouvelles qui entretiennent confusionnisme et conspirationnisme sur les réseaux sociaux francophones » et a tenu « des propos plus qu'ambigus » au sujet de l'antisémitisme[18].

Un groupe de journalistes de L'Avenir, invité à une de ses conférences, précise que Vincent Flibustier sait aborder les questions essentielles de la désinformation et les différents types d'infox face aux adolescents en permettant notamment de détecter la désinformation et plus particulièrement « les diverses formes de propagande, en particulier en provenance des populismes politiques » ainsi que « les excès de certains médias qui sombrent dans le sensationnalisme » afin de récolter des revenus publicitaires[4]. Ils lui reprochent néanmoins un ton pouvant être léger ainsi qu'un manque de nuance et s'interrogent : le conférencier n'alimente-t-il pas lui-même le complotisme en le confondant parfois avec l'esprit critique[4] ?

En 2019, Vincent Flibustier affirme dans une conférence en ligne portant sur les infox que les organismes de fact-checking cherchent à être « les gardiens de la vérité, à exposer leur vérité », en ne diffusant que rarement des liens qui renvoient vers d'autres médias. Selon lui, le but serait de garder les lecteurs sur leur site afin « qu'ils voient un maximum de publicité ». Cette information est contredite par les journalistes de la rubrique Checknews, qui déclarent que Libération propose pour sa part plusieurs liens vers des médias concurrents dans ses articles[30]. La même année, Conspiracy Watch accuse Vincent Flibustier de s'être « illustré à nouveau par des propos mensongers » lors d'une conférence de formation aux infox[31].

Critiques

Propagation d'idées d'extrême droite, complotistes et antisémites

Libération et Arrêt sur images remarquent que Vincent Flibustier n'hésite pas à partager ses canulars sur les pages Facebook de militants d'extrême droite afin qu'ils soient plus largement diffusés[18]. Selon Libération, plusieurs journalistes, tels qu'Isabelle Kersimon, lui reprochent alors de diffuser des idées d'extrême droite sous couvert d'humour noir. En réponse à ces accusations, ce dernier se défend de cette proximité politique en rappelant avoir eu plusieurs procédures judiciaires contre le Front national ou des « fachos »[26],[32]. Il précise par ailleurs que ses canulars ont surtout un objectif pédagogique estimant qu'« un imbécile apprend plus en comprenant qu'il s'est fait piéger qu'avec des articles de « fact-checking » »[33]. Interrogé dans l'émission Complément d'enquête concernant le fait que ses articles sont parfois relayés par la « zemmoursphère », Vincent Flibustier assume tout en avouant néanmoins qu'il joue parfois un jeu dangereux[29]. Les deux journalistes qui l'ont interviewé précisent cependant qu'il ne croit pas aux infox qu'il diffuse, que Vincent Flibustier cherche juste un moyen d'obtenir sa « part du gâteau » en profitant du business de la désinformation[29].

Le site Conspiracy Watch relève que Vincent Flibustier a relayé plusieurs propos complotistes et a partagé l'affiche d'une conférence avec l'essayiste belge Michel Collon[31].

Vincent Flibustier est également accusé à plusieurs reprises de contribuer à la diffusion d'idées ou poncifs antisémites par le biais de ses publications parodiques  lesquelles ont conduit Vincent Flibustier à son éviction d'un poste à la RTBF selon Libération[18],[34]. Ainsi, en , un article intitulé « Report de l'incinération de Shimon Peres, le four était un Bosch » (référence aux fours crématoires des camps d'extermination nazis) crée la polémique[19] et conduit Vincent Flibustier à publier un article dans lequel il affirme que s'autocensurer ferait « le jeu des Dieudonné, Soral et compagnie [des auteurs de propos antisémites] »[35].

L'année suivante, la Ligue belge contre l'antisémitisme émet le souhait de porter plainte contre son site à la suite d'une vidéo présentant « les diamantaires juifs d'Anvers comme éludant l'impôt »[36]. En , Nordpresse publie une infox visant Bernard Henri-Lévy qui, selon Rudy Reichstadt du site Conspiracy Watch, contient plusieurs poncifs antisémites ; il relève que la haine anti-juive prolifère dans les commentaires[34]. En , enfin, Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, signale au procureur de Paris le site campdeconcentration.com, créé en partie par Vincent Flibustier qui selon lui « banalise de manière outrancière » la Shoah[18],[37]. Vincent Flibustier se défend de tout antisémitisme : selon lui, « le parodique et le trash, piéger les gens, les amènent à l'information »[38].

Harcèlement

Au moment de l'affaire Benalla, le site Nordpresse se retrouve sur liste noire par Facebook, rendant le partage des publications sur site impossible[39],[40],[41]. Vincent Flibustier dénonce alors une « censure de Facebook » et une « censure politique » de la part du sommet de l'État français[42],[43], ce que l'entreprise dément[44]. L'affaire relance surtout le débat sur le contenu de Nordpresse, dont les canulars sont relayés au premier degré[32],[33],[17],[20]. Cette affaire relance une polémique entre Vincent Flibustier et le blogueur belge Marcel Sel. Cela rejaillit à son tour sur le parti Ecolo belge, Vincent Flibustier se présentant aux élections communales de la Ville de Bruxelles sur leur liste. Durant cette polémique, il reçoit le soutien du député Benoît Hellings, qui affirme que « Vincent Flibustier apporte un indéniable plus dans le débat public local »[45]. Le , il annonce son retrait de la liste électorale en se disant « victime de harcèlement en ligne depuis des semaines »[46]. Vincent Flibustier s'estime lui-même harcelé[47] par le chroniqueur belge Marcel Sel ; il crée un site internet à son nom visant à le dénoncer, et porte plainte contre le polémiste pour harcèlement[46], ce que Marcel Sel qualifie de « manœuvre d'intimidation »[48].

Après l'annonce de la parution d'un article consacré à Nordpresse, le site Arrêt sur images (ASI) affirme avoir reçu de nombreux messages de journalistes et d'intervenants de l'éducation aux médias qui demandant à garder l'anonymat « par crainte des réactions de Flibustier ». Ils affirment en privé être « victimes de harcèlement, renouvelé à chaque critique de leur part. » Le journal reconnait qu'il existe une « bagarre » entre Vincent Flibustier et ses détracteurs, évoquant les réseaux sociaux où « certains ont déjà épinglé Nordpresse pour ses fausses nouvelles ou ses plagiats de tweets humoristiques » et sont hostiles à ses interventions d'éducation aux médias dans les écoles[38].

En , Vincent Flibustier parodie dans une vidéo les méthodes de la complosphère autour de l'adrénochrome et vise particulièrement la chroniqueuse Myriam Palomba de l'émission TPMP. Celle-ci accuse alors le créateur de Nordpresse de diffamation et de harcèlement après avoir lancé un hashtag qui devient alors un défouloir pour les internautes[49]. La méthode est félicitée par certains internautes qui reconnaissent avoir « initié une révolution contre les gens qui pourrissent les réseaux sociaux ». Elle fait cependant aussi l'objet de critiques, émanant d'acteurs luttant contre la désinformation, qui regrettent l'utilisation des mêmes méthodes que les complotistes[18].

Affaires judiciaires

Articles connexes

Notes et références

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