Violentomètre
tableau de mesure du degré de violence
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Histoire
Martha Alicia Tronco Rosas est chercheuse au sein de l’unité de genre de l’Institut polytechnique national au Mexique. En 2007, Martha Alicia fonde le Programme institutionnel de Gestion avec une Perspective de Genre, qui est devenu ensuite en 2012 une Unité polytechnique.
En 2009, elle mène une étude lancée dans le but de comprendre la dynamique des relations amoureuses entre les étudiants âgés de 15 à 25 ans. Pour ce faire, plus de 14 000 jeunes de niveau secondaire et supérieur ont été interrogés. Les données révélées par l'étude ont tiré la sonnette d'alarme, identifiant que la violence psychologique et physique se manifeste sous forme de jeu et que la jalousie, les menaces, les appels constants sur le téléphone portable ou les interdictions vestimentaires sont perçues comme des situations « normales », comme des preuves d'affection, d'attention et d'amour. « Les relations amoureuses entre les jeunes sont vastes, diverses et complexes car, à l'heure actuelle, outre les relations amoureuses, il existe d'autres types de liens, mais le dénominateur commun à tous ces liens est la pratique d'ordres, de comportements et de rôles de genre acquis pendant l'enfance, appris et renforcés quotidiennement, et c'est ce qui permet, dans de nombreux cas, au nom de l'amour, de générer des situations de violence de différents types et dans différents domaines ».
C'est à la suite de cette étude que Martha Alicia conçoit le Violentomètre. Il permet de visualiser les différentes formes de violence qui se manifestent dans la vie quotidienne des femmes et des hommes, et qui, la plupart du temps, ne sont pas prises en compte, sont confondues ou ignorées. Il s'agit également d'un moyen de rendre visible la progression de la violence machiste dans les relations de couple afin d'attirer l'attention sur ces manifestations (basées sur des stratégies d'isolement, de contrôle et de dévalorisation) qui, si elles ne sont pas stoppées à temps, déboucheront sur une situation difficile à résoudre. Le Violentomètre est un outil simple et visuel pour mettre des mots sur de potentielles situations, ouvrir le dialogue et de sensibiliser le grand public contre la banalisation des violences conjugales[1].
Il a ensuite été largement diffusé dans les pays d’Amérique Latine et utilisé par les organisations féministes, notamment en Argentine, au Chili et au Vénézuela.
En France
L'outil, inspiré du violentómetro mexicain, a été conçu par la Ville de Paris (notamment Hélène Bidard), l'Observatoire des violences envers les femmes du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis et l'association En avant toute(s) pour permettre aux jeunes femmes d'évaluer, à travers des exemples de situations concrètes, le degré de violence dans leur couple[2],[3],[4].
À l'initiative du collectif NousToutes, le violentomètre a particulièrement été diffusé sur des sacs à baguette. Cet objet du quotidien vise à sensibiliser un large public en dehors des structures de prévention spécialisées. Cette action fut répétée d'année en année, à l'initiative des communes[5],[6].
Influences
Le modèle du violentomètre a influencé d'autres outils similaires[7] (par ordre alphabétique) :
- Le baromètre des violences gynécologiques[8],[9]
- Le baromètre des violences sexistes et sexuelles au travail[10],[11]
- Le baromètre safe thèse (pour les personnes doctorantes)
- Le consentomètre (consentement entre personnes étudiantes)
- Le déontomètre (confiance thérapeutique)
- Le dérivomètre (contre les dérives en santé mentale)
- Le violentomètre en santé mentale (en thérapie chez un psychologue, psychiatre)
- Le discriminomètre (discriminations)
- Le validistomètre (identifier le validisme dans les relations)
- L'impunomètre (impunité sociale et institutionnelle qui sous-tend la violence masculine)
- Le harcèlomètre (harcèlement)
- Le harcèlomètre du monde scientifique
- Le michetomètre (prostitution et proxénétisme)
- Le plaintomètre (port de plainte)
- Le pornomètre (pornographie)
- Le queer violentomètre (personnes Queer)
- Le réglo'sport (violences dans le sport)
- Le violenthospito'mètre (violences sexistes et sexuelles à l'hôpital)[12],[13]
- Le violentofêtes (relations dans un cadre festif)
- Le violentomètre dans l'environnement professionnel
- Le violentomètre de la fête[14]
- Le violentomètre de l'environnement scientifique
- Le violentomètre safe prof (relation profs/élèves à l'université)
- Le violentomètre de la grossophobie
- Le racistomètre (racisme dans les espaces de soin)
