Virgile Barel
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11 mars 1973
| Virgile Barel | ||
| Fonctions | ||
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| Député français | ||
| – (10 ans, 11 mois et 30 jours) |
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| Élection | 12 mars 1967 | |
| Réélection | 30 juin 1968 11 mars 1973 |
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| Circonscription | 1re des Alpes-Maritimes | |
| Législature | IIIe, IVe et Ve (Cinquième République) | |
| Groupe politique | COM | |
| Prédécesseur | Pierre Pasquini | |
| Successeur | Charles Ehrmann | |
| – (2 ans, 10 mois et 16 jours) |
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| Élection | 2 janvier 1956 | |
| Circonscription | Alpes-Maritimes | |
| Législature | IIIe (Quatrième République) | |
| Groupe politique | COM | |
| – (5 ans, 7 mois et 27 jours) |
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| Élection | 21 octobre 1945 | |
| Réélection | 2 juin 1946 10 novembre 1946 |
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| Circonscription | Alpes-Maritimes | |
| Législature | Ire Constituante IIe Constituante Ire (Quatrième République) |
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| Groupe politique | COM | |
| – (3 ans, 7 mois et 20 jours) |
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| Élection | 3 mai 1936 | |
| Circonscription | Alpes-Maritimes | |
| Législature | XVIe (Troisième République) | |
| Groupe politique | COM (1936-1939) NI (1939) GOPF (1939-1940) |
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| Prédécesseur | Paul Deudon | |
| Successeur | Déchéance du mandat | |
| Conseiller général des Alpes-Maritimes | ||
| – (6 ans, 3 mois et 20 jours) |
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| Élection | 11 juin 1961 | |
| Circonscription | Canton de Nice-3 | |
| Président | Francis Palmero Joseph Raybaud |
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| Prédécesseur | Félix Simon | |
| Successeur | Jacques Toussaint | |
| – (9 ans, 6 mois et 25 jours) |
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| Élection | 30 septembre 1945 | |
| Réélection | 27 mars 1949 | |
| Circonscription | Canton de Nice-2 | |
| Président | Lui-même André Botton Jean Médecin |
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| Prédécesseur | Hubert Toesca | |
| Successeur | Léon Teisseire | |
| Président du Conseil général des Alpes-Maritimes | ||
| – (2 ans) |
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| Prédécesseur | Léon Baréty | |
| Successeur | André Botton | |
| Président de la délégation spéciale de Nice (maire de facto) | ||
| – (7 mois et 29 jours) |
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| Élection | ||
| Prédécesseur | Jean Médecin (maire, Vichy) Hector Cendo (président de la délégation spéciale) |
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| Successeur | Jacques Cotta (maire) | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Joseph Barel | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Drap (Alpes-Maritimes, France) | |
| Date de décès | (à 89 ans) | |
| Lieu de décès | Nice (Alpes-Maritimes, France) | |
| Nationalité | Française | |
| Parti politique | SFIO (1919-1920) SFIC/PC-SFIC/PCF (1920-1979) |
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| Syndicat | CGTU | |
| Enfants | Max Barel | |
| Profession | Instituteur | |
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| Maires de Nice Présidents du conseil général des Alpes-Maritimes |
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Virgile Barel, né le à Drap (Alpes-Maritimes) et mort le à Nice (Alpes-Maritimes), est un homme politique français, membre du Parti communiste français.
Figure importante de la vie politique niçoise, Virgile Barel s'oppose fermement, avant la Seconde Guerre mondiale, au Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot. Élu député pour la première fois sous le Front populaire, il perd son mandat lors de la déchéance des parlementaires communistes, et subit la déportation en Algérie. Virgile Barel retrouve son siège dès la première Assemblée nationale constituante de 1945, et jusqu’en 1951 sous la Quatrième République. Battu par les apparentements, il réussit de nouveau entre à siéger au Palais Bourbon de 1956 et 1958, et de 1967 à 1978. Lors de son dernier mandat, il est doyen de l'Assemblée nationale. Parallèlement, il est président du conseil général des Alpes-Maritimes de 1945 à 1947, ainsi que conseiller municipal de Nice de 1947 à 1965.
De l'instituteur au permanent du parti
Virgile Barel est né à Drap, un village de la vallée du Paillon, d'un père artisan bourrelier et d'une mère couturière[1].
Entré à l’École Normale de Nice en 1906, il en sort major de sa promotion en 1909. Il est nommé à Breil, puis à Castellar et à Menton[2].
Ayant lu Le Feu d'Henri Barbusse et fortement éprouvé par son expérience de la guerre, il donne son adhésion à la SFIO en 1918[1], adhésion qui n'est acceptée qu'en 1919, après la guerre, du fait de la « demande des dirigeants de la Section niçoise du Parti pour ne pas [lui] faire prendre trop de risques [étant] officier sous les drapeaux »[3]. Sous-officier, puis officier pendant la Première Guerre mondiale, il est blessé trois fois au combat. Il reçoit la Croix de guerre et la Croix de la Légion d'honneur[1].
Favorable à la rupture avec le socialisme d'« Union sacrée » et de « collaboration de classes », il adhère à la Troisième Internationale. En tant qu'instituteur, il milite dans les rangs de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) et écrit dans le bulletin syndical Notre Arme. En 1922, il fonde une section de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC) à Menton.
Après un premier voyage en URSS en 1928, qui le conforte dans ses convictions, il devient permanent du parti. Il obtient pour raisons médicales sa retraite anticipée d'instituteur en 1934. Homme de confiance de Maurice Thorez et de son équipe pour la Région Sud-Est, il devient cadre de l'organisation, chargé d'appliquer au milieu des années trente, la nouvelle ligne antifasciste. Il est l'un des fondateurs de l'hebdomadaire communiste Le Cri des travailleurs des A.-M.[1] qui sort son premier numéro en [4].
Député du Front populaire
Fort de la dynamique unitaire à Gauche, dont la SFIC est l'élément moteur, Virgile Barel s'impose comme le chef du Rassemblement Populaire. À l'occasion de deux campagnes électorales, l'élection cantonale de 1934 et les municipales de 1935 à Nice, il réalise un bon score dans les quartiers populaires de Saint-Roch et de Riquier. C'est dans cette troisième circonscription de Nice que Barel est élu député du Front populaire l'année suivante, en mai 36. De 1936 à 1939, il s'attache notamment à la création et au développement du tourisme populaire[2].
Favorable à une intervention en Espagne, il concentre toute la hargne anticommuniste et la haine xénophobe du Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot. Il apporte son aide pour le rapatriement des volontaires des Brigades internationales et l’évacuation des réfugiés espagnols vers l’Algérie, pour qu'ils puissent ensuite se réfugier en Union Soviétique[1].
L'arrestation et la déportation en Algérie
Après la dissolution du Parti communiste en 1939 et celle du groupe communiste à la Chambre des députés, Virgile Barel, comme la plupart de ses camarades, adhère au groupe ouvrier et paysan français nouvellement créé quelques jours après sa création, le [5]. Il est arrêté le , déchu de son mandat le et condamné le par le 3e tribunal militaire de Paris à 5 ans de prison, 4 000 francs d'amende et 5 ans de privation de ses droits civiques pour reconstitution de ligue dissoute. Il est incarcéré dans treize prisons avant d'être déporté en Algérie[2].
Libéré de Maison Carrée deux mois après le débarquement allié en Afrique du Nord en 1943[6], Barel prend la direction du Secours populaire en Algérie et devient un proche collaborateur de François Billoux.
L'après-guerre : une figure locale et nationale de la Quatrième République
En , de retour à Nice, il est nommé à la tête de la Délégation spéciale chargée de l'administration provisoire de la ville et doit faire face à de nombreux problèmes : l'épuration, le ravitaillement, le retour des prisonniers. Malgré la confiance que lui témoigne son électorat ouvrier, Barel est battu lors des premières municipales d'avril-. Parallèlement il dirige le journal Le Patriote niçois.
Virgile Barel est conseiller municipal de Nice de 1947 à 1965, conseiller général de 1945 à 1955 élu dans le canton de Nice-2, et président de l'assemblée départementale de 1945 à 1947. Membre des deux assemblées constituantes, il est député de 1946 à 1951 sous la Quatrième République, puis de nouveau entre 1956 et 1958.
En 1949, alors que David Rousset, ancien résistant et déporté, publie dans Le Figaro littéraire un appel « aux anciens déportés des camps nazis et à leurs organisations » où il dénonce le goulag en URSS et propose la création d'une commission internationale d'enquête composée d'anciens déportés ayant pour but de vérifier sur place si le travail forcé est une composante du régime soviétique[7], Barel traite celui-ci d'écrivain hitlérien[7].
La Cinquième République: le doyen de l'Assemblée
Battu en 1958 lors des premières élections législatives de la Ve République en raison du redécoupage électoral, il retrouve son siège en 1967, puis en 1968 et termine sa carrière comme doyen d'âge de l'Assemblée nationale de 1973 à 1978.
Militant communiste fidèle, Virgile Barel épouse la ligne du PCF pendant près de soixante ans, du Congrès de Tours à la période de Georges Marchais. Fondateur du communisme niçois, il incarne dès les années 50 sa mémoire historique. En 1967, il se présente comme le représentant du « vieux Nice populaire, avec ses familles laborieuses et ses multiples boutiques », et a pour slogan « un élu honnête, au service exclusif de la population »[2].
Enfant de la vallée du Paillon, il est profondément attaché à son terroir, sa « petite patrie » et est fier de parler sa langue. Il se veut l'héritier et le continuateur de la tradition révolutionnaire du « Midi rouge », incarnée à ses yeux par Auguste Blanqui et Garibaldi. Militant enraciné et dévoué, sa popularité déborde largement les rangs du PCF. On apprécie chez lui la simplicité, une certaine bonhomie, l'honnêteté et l'attachement au pays.
Virgile Barel meurt le . Ses obsèques sont la dernière grande occasion pour le « peuple communiste » niçois, d'affirmer son existence, de se rassembler dans la célébration de son idéal.
Famille
Virgile Barel est le père de deux garçons : Max Barel, commandant des Francs-tireurs et partisans, mort pour la France en 1944 des suites de la torture du chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie, surnommé le « boucher de Lyon », et livre son dernier grand combat pour le faire extrader en France, et Yves Barel, dont la candidature à l'ENA fut refusée pour motif politique[8], à la suite de quoi — après recours en annulation — fut rendu le célèbre arrêt Barel par le Conseil d'État en 1954 consacrant l'interdiction de la discrimination en fonction des opinions pour l'accès à la fonction publique[9].
Honneurs
Mandats
- 1936-1951 : Député des Alpes-Maritimes
- 1944-1945 : faisant fonction de maire de Nice à titre de Président de la délégation spéciale
- 1945-1947 : Président du Conseil général des Alpes-Maritimes
- 1956-1958 : Député des Alpes-Maritimes
- 1967-1978 : Député des Alpes-Maritimes