Virus des Andes

orthohantavirus agent causal du SPH en Amérique du Sud From Wikipedia, the free encyclopedia

Orthohantavirus andesense

Faits en bref Domaine, Embranchement ...
Orthohantavirus andesense
Description de l'image Andes orthohantavirus Genus Sturcture.png.
Classification
Domaine Riboviria
Embranchement Negarnaviricota
Sous-embr. Polyploviricotina
Classe Bunyaviricetes
Ordre Elliovirales
Famille Hantaviridae
Sous-famille Mammantavirinae
Genre Orthohantavirus

Espèce

Orthohantavirus andesense
ICTV, 1999[1]

formes de rang inférieur

  • virus des Andes
  • virus de Castelo dos Sonhos
  • virus de Lechiguanas
  • virus d'Orán
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Orthohantavirus andesense, hantavirus andin ou virus des Andes (ANDV), aussi appelé hantavirus Andes ou virus Andes[2], est une espèce d'orthohantavirus, un agent causal majeur du syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) en Amérique du Sud[3]. Il doit son nom aux Andes du Chili et de l'Argentine, où il a été découvert pour la première fois[4]. La transmission d'humain à humain a été découverte pour la première fois en dans le village d'El Bolsón[5].

Les hantavirus, la famille de virus dont le virus des Andes fait partie, ont pour hôte des rongeurs, vecteurs potentiels de l’infection vers l'homme. La maladie zoonotique qui en résulte peut provoquer des syndromes plus ou moins sévères et létaux[6]. Chaque hantavirus a son réservoir biologique spécifique, celui du virus des Andes est principalement le rat pygmée de rizière à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus) chez qui l'infection est asymptomatique. Le fait que les rongeurs infectés ne semblent pas malades, prive les populations de signal d'alerte concernant la présence du virus.

Il se transmet facilement à l'humain par contact avec des rongeurs infectés ou leurs excréments[3],[4],[7].

La transmission à l'humain se fait principalement par voie aérienne, en inhalant des aérosols contaminés par les particules virales présentes dans des selles, dans l’urine ou la salive des rats infectés[8].

L'orthohantavirus andesense est le seul hantavirus connu à pouvoir se transmettre d'humain à humain, par contact prolongé avec une personne infectée ou via ses fluides corporels[4],[7].

La souche « Andes » est particulièrement létale, avec une létalité moyenne de 32 % pouvant aller jusqu’à 50 %[8].

Virologie

Le génome de l'ANDV mesure environ 12,1 kb et est segmenté en trois brins d'ARN monocaténaire de polarité négative. Le brin court (S) code la nucléoprotéine virale, le brin moyen (M) la protéine de spicule qui se fixe aux récepteurs cellulaires pour permettre l'entrée du virus dans les cellules, et le brin long (L) l'ARN-polymérase ARN-dépendante (RdRp) virale qui réplique et transcrit le génome. Les segments du génome sont enrobés de nucléoprotéines pour former des complexes ribonucléoprotéiques (RNP), entourés d'une enveloppe virale présentant des spicules à sa surface.

Le cycle réplicatif du virus ANDV comprend d'abord la fixation à la surface des cellules grâce aux spicules de son enveloppe. Les particules virales, ou virions, sont ensuite internalisées par les endosomes, où une baisse du pH provoque la fusion de l'enveloppe virale avec celle de l'endosome, libérant ainsi l'ARN viral dans la cellule hôte. La RdRp transcrit alors le génome viral qui est multiplié et traduit en protéines par les ribosomes de la cellule hôte. De nouveaux virions s'assemblent près de la membrane cellulaire, où ils bourgeonnent pour acquérir leur enveloppe virale et quitter la cellule.

Découverte

L'orthohantavirus Andes a été identifié pour la première fois lorsque des foyers de cette nouvelle infection se sont propagés au Chili et en Argentine. En 1995, il a finalement été décrit en Argentine sur la base de spécimens provenant d'un patient qui était mort de complications du syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH)[9], une conséquence grave de l'infection par le virus des Andes[10].

Virus émergent, l'affection qu'il cause présente en Amérique du Sud un taux de mortalité de l'ordre de 40 %[4],[11]. Il est de loin responsable de la plupart des cas de syndrome cardiopulmonaire à hantavirus recensés en Argentine, au Chili et en Uruguay réunis[10],[12].

Bien qu'il puisse être transporté par les humains et les rongeurs, Orthohantavirus andesense se retrouve surtout chez Oligoryzomys longicaudatus, une espèce de rat pygmée originaire de la région chilo-argentine[3], et dans d'autres cas, chez Abrothrix longipilis[13].

Épidémies

Les épidémies causées par l’espèce Andes sont rares mais un rapport de décembre 2025 de l’Organisation panaméricaine de la santé montre que l’Argentine est le pays dénombrant le plus de cas de contaminations au virus des Andes sur le continent américain, avec une augmentation importante des cas. Au cours de la saison épidémiologique 2025-2026, 101 cas sont en effet constatés contre 57 pour la saison précédente. 80 % des personnes contaminées début 2026 sont des hommes[8].

2002 - Chili

En 2002, ce virus est identifié pour la première fois sur un être humain, un jeune Chilien[14].

2018 - Argentine

Fin 2018, début 2019, un important foyer de hantavirus de 34 cas est recensé à Epuyen, un village de Patagonie, en Argentine, causant la mort de 11 personnes[15].

2026 - Argentine

En mai 2026, un foyer épidémique d'Orthohantavirus andesense s'est déclaré à bord du Hondius, un navire de croisière néerlandais, parti d'Ushuaïa en Argentine le et voguant vers le Cap-Vert[16], causant la mort de trois personnes, dont deux à bord, d’une infection respiratoire aigüe[17]. Plusieurs malades sont évacués par la suite.

Détermination du virus

La nature du virus à l’origine du foyer est recherchée pendant plusieurs jours et le séquençage chez trois malades permet de déterminer le qu'il s'agit de l’espèce Andes, le seul hantavirus à transmission directe entre humains via les gouttelettes de salive[15],[18].

Le ministre sud-africain de la santé déclare que la souche d'une patiente du bateau, évacuée en Afrique du Sud correspond bien à ce l'hantavirus andin, le seul hantavirus pour lequel une transmission interhumaine est attestée[19]. Le même jour, un homme ayant voyagé sur le même bateau de croisière est testé positif à la souche des Andes du hantavirus par le laboratoire des Hôpitaux universitaires de Genève[20].

Bien que le virus des Andes trouvé à Ushuaïa ait un potentiel pathogène élevé[21] et que les États s'interrogent[22], le risque global pour la santé publique est estimé faible par l'OMS à ce stade[15].

Le 10 mai 2026 au matin, le MV Hondius, initialement arrivé et positionné au large des Canaries depuis la déclaration du foyer d’infections à hantavirus, est admis dans le port de Granadilla, au sud de l’île de Tenerife[23]. Les passagers et les membres de l'équipage sont évacués et progressivement rapatriés dans leurs pays respectifs sous la supervision du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus[24],[25].

France

Le ministère de la Santé en France organise la réponse sanitaire quant aux modalités de retour des cinq Français présents à bord du bateau, et cas contacts[19]. Ils sont gardés à l'isolement en milieu hospitalier[26].

L'épidémiologiste Antoine Flahault déclare que l'hantavirus des Andes est aussi grave que le virus Ebola, analysant les mesures prises à bord du MV Hondius[27].

Le une vingtaine de cas contacts de croisiéristes, revenant d'Afrique du Sud en avion, sont identifiés sur le sol français[28].

Patient zéro

Le , le patient zéro de l'épidémie d'hantavirus du navire de croisière MV Hondius est identifié et la source de contamination repérée.

Première personne à présenter des symptômes et mort à bord le , Leo Schilperoord, un Néerlandais de 70 ans, était monté sur le navire à Ushuaïa le en compagnie de son épouse, Mirjam, elle-même décédée du virus quinze jours plus tard dans un hôpital de Johannesburg.

Le couple de retraités, féru d'ornithologie, avait voyagé pendant cinq mois dans plusieurs pays d'Amérique du Sud avant d'embarquer sur le MV Hondius.

Il s’était notamment rendu fin dans une déchèterie à ciel ouvert près d’Ushuaïa, en Argentine. L'endroit est prisé par les ornithologues du monde entier, notamment pour y observer une espèce rare, le caracara à gorge blanche, un oiseau présent uniquement au Chili et en Argentine[29].

Cette déchèterie à ciel ouvert est infestée par des rongeurs, notamment le rat pygmée de rizière à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus), un des principaux vecteurs de l’hantavirus des Andes, le seul à transmission interhumaine. La contamination de l'animal à l'humain se fait par voie aérienne par l'inhalation de particules de déjections[29].

Fausses informations

L'annonce du foyer infectieux d'hantavirus à bord du MV « Hondius » provoque rapidement sur les réseaux sociaux un grand nombre d’interprétations des causes de l'infection. Ces interprétations reprennent des fausses informations déjà diffusées en 2020 lors de la pandémie de Covid-19[30]. Selon certains complotistes, la diffusion du virus des Andes, qui serait une arme biologique volée et manipulée dans un laboratoire de haute sécurité, aurait été planifiée par l'industrie pharmaceutique dans le but de commercialiser de futurs vaccins[30].

Des traitements comme l’ivermectine, le zinc et la vitamine D, déjà proposés en médecine alternative lors du Covid-19, sont également mis en avant sur ces réseaux pour traiter, cette fois l'infection au virus des Andes[30].

Notes et références

Liens externes

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