Vitraux de la cathédrale de Strasbourg

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Type
Fondation
XIIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Matériau
Localisation
Vitraux de la cathédrale de Strasbourg
Présentation
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Fondation
XIIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
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Localisation
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Les vitraux de la cathédrale de Strasbourg constituent un élément d'ornementation majeur de l'édifice. La cathédrale est notamment connue pour son ensemble de vitraux médiévaux, en particulier des XIIe et XIIIe siècles, dont elle compte environ 2 000 mètres carrés.

Les vitraux de la cathédrale romane (1015-1180)

Les vitraux de la cathédrale de Strasbourg comportent une proportion non négligeable de vitraux prégothiques provenant de la cathédrale romane construite entre 1015 et 1040. Bien que le plan de cet édifice soit bien connu grâce à ses fondations, son aspect en élévation — et donc le nombre et l’aspect de ses baies — est bien plus hypothétique. La théorie dominante est celle d’une nef à vaisseau central et bas côtés comptant onze ou douze travées ; à l’instar des cathédrales de Spire, Mayence et Worms, elle aurait comporté un massif oriental dédié au pouvoir religieux et un massif occidental dédié au pouvoir temporel. Les bas-côtés auraient ainsi été éclairés par une rangée de fenêtres en plein-cintre, tandis que des fenêtres hautes de forme similaire auraient apportées de la lumière dans le vaisseau central, selon une disposition se retrouvant par exemple à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs[1],[2].

Selon Fridtjof Zschokke, à l’époque du début de la démolition de l’édifice vers 1180, le programme aurait comporté dans la nef une série de personnages en pied représentant les prophètes et les rois du Saint-Empire dans les bas-côtés, tandis que les fenêtres hautes auraient comportées des guerriers et le cortège des apôtres[3]. Une fenêtre latérale du chœur aurait pu représenter le Jugement de Salomon, l’abside étant occupée par un arbre de Jessé, auquel aurait fait pendant dans le massif occidental l’empereur en majesté du musée de l’Œuvre Notre-Dame[4].

La transition du roman au gothique

Détail de la verrière du Jugement de Salomon, dont les parties historiées datent de la fin du XIIe siècle.

La reconstruction de la cathédrale à partir de 1180 n’induit pas un changement stylistique brutal. La transition des formes romanes aux formes gothiques est au contraire très progressive au fur et à mesure de l’avancement du chantier, tandis que de nombreux panneaux romans sont réemployés dans la nouvelle construction. Le massif oriental se voit ainsi doter de vitraux mêlant les thèmes de l’Ancien et du Nouveau Testament et dont le style des figures s’apparente à celui de l’Hortus deliciarum[5],[2]. Lorsque le chantier prend le virage du style gothique vers 1220 lors de l’érection du bras sud du transept, les vitraux restent encore pendant plusieurs décennies fidèles à la tradition romane. Le vitrail de saint Christophe du bras sud du transept, mis en place vers 1230,reste ainsi fortement marqué par le style roman germanique, bien que celui-ci soit ici enrichi d’influences byzantines[6].

Dans la nef, construite entre 1230 et 1275, le choix semble avoir été fait initialement de conserver le même programme que dans l’édifice roman, avec le cortèges des saints et la théorie des souverains du Saint-Empire. Certaines figures romanes sont réemployées, augmentées de dais gothiques, et s’adjoignent à de nouvelles créations tributaires du Zackenstil, un style angulaire en vogue dans l’espace germanique au milieu du XIIIe siècle[7].

Le renouveau du XIVe siècle

Détail de la verrière du Jugement dernier (sVII).

Alors que le programme iconographique était jusque-là homogène et hérité de l’ancienne cathédrale romane, le chapitre décide dans le premier tiers du XIVe siècle de supprimer les personnages en pied des fenêtres du bas-côté sud et de les remplacer par un grand cycle narratif, qui débute à l’est en racontant la vie de la Vierge, avec peut-être des éléments de la Genèse, avant de poursuivre sur la vie de Jésus avant de s’achever par une baie consacrée au Jugement dernier. Le programme est toutefois bouleversé quelques années seulement après sa pose du fait de la construction vers 1345 de la chapelle Sainte-Catherine, qui entraîne la disparition des deux premières baies de la nef et impose une contraction du cycle narratif[8].

Les vitraux du narthex, et notamment la grande rose occidentale avec son motif caractéristique d’épis de blé, sont mis en place à la même époque, vers 1345. Dans le même temps, les petites roses du bras nord du transept se voient retirer leurs vitraux romans, les nouveaux vitraux mis en place reprenant le thème des épis de la grande rose[8]. Les vitraux de la cathédrale de Strasbourg sont ainsi complets et ne font plus l’objet de modification majeure avant le XIXe siècle, à l’exception notable toutefois des baies venant décorer la nouvelle chapelle Saint-Martin en 1522. Ceux-ci, probablement réalisés d’après un carton de Hans Baldung Grien, on toutefois entièrement disparus avant la Révolution[9].

Restaurations au XIXe siècle

Pendant plus de trois siècles il n’y a plus d’ajout de nouveaux panneaux, mais l’entretien des verrières existantes laisse également à désirer. Au début des années 1840, l’architecte Gustave Klotz considère que les réparations peu soigneuses ont grandement altéré la lisibilité des verrières et la cohérence iconographique et stylistique. Il lance alors un important programme de rénovation des vitraux. Les principaux artisans de cette restauration, qui se prolonge jusqu’à la fin des années 1870, sont Baptiste Petit-Gérard et Louis Steinheil[10].

La restauration suit deux axes. Le premier consiste à restaurer les verrières anciennes, qui sont recomposées pour leur donner une apparence plus cohérente et homogène. Le second consiste à regarnir les verrières blanches qui se sont multipliées dans l’édifice au cours de l’époque moderne. La chapelle Saint-Laurent reçoit ainsi une partie des vitraux de l’ancienne église des Dominicains, d’autres panneaux du même ensemble étant disposés dans le narthex et le transept. Les deux artistes créent également de nouveaux panneaux, principalement pour le chœur, notamment une grande Vierge aux bras écartés pour la baie axiale[11].

Seconde Guerre mondiale

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la majeure partie des vitraux de la cathédrale sont préventivement ôtés et évacués au château de Hautefort en Dordogne. Après l'invasion de la zone libre, les nazis les récupèrent, les emportent à Munich où ils sont étudiés, puis les mettent à l'abri dans la mine de sel de Heilbronn. Toutefois, les pièces du XIXe siècle, alors considérées comme sans valeur, sont laissées en place et en grande partie détruites le lorsque la cathédrale est ravagée par le bombardement du centre-ville par l’aviation américaine. Les vitraux déposés sont récupérés en par Hans Haug, futur directeur des musées de Strasbourg, et Charles Czarnowsky, architecte en chef des monuments historiques, mais leur remise en place ne s’achève qu’après 1960[12].

Restaurations et ajouts après 1945

Outre le remontage, il est nécessaire après la guerre de remplacer les vitraux du XIXe siècle détruits, notamment la baie axiale. Celle-ci reçoit en 1956 un vitrail de Max Ingrand reprenant le thème de la Vierge aux bras écartées. Les autres baies du chœur et celles de la façade sud du bras sud du transept doivent toutefois attendre 1977 pour retrouver des vitraux, ceux-ci étant l’œuvre de Jean-Jacques Gruber[12].

En 1972, à la suite d'une restauration, un morceau de verre du vitrail représentant Juda est remplacé par un verre transparent, donnant lieu à un phénomène lumineux connu sous le nom de « rayon vert ». Deux fois par an, lors des équinoxes de printemps et d'automne, un rayon de lumière verte traverse alors le vitrail pour illuminer la sculpture du Christ sur la chaire de la cathédrale. Ce phénomène attire de nombreux curieux et touristes, avant de disparaître lors d'une nouvelle restauration en 2022[13],[14].

Un grand chantier de restauration débute en 1990 dont l’objectif est de nettoyer les verres et de doter la majorité des baies de verrières de doublage devant protéger les vitraux de la pollution et des projectiles. Les travaux débutent du côté nord et se poursuivent à partir du début des années 2010 du côté sud[12].

En 2015, pour fêter les mille ans de la cathédrale, deux nouvelles verrières sont inaugurées pour remplacer des œuvres du XIVe siècle détruites en 1683. Les nouveaux vitraux sont réalisés par Véronique Ellena avec l'aide du maître verrier Pierre-Alain Parot. L'un des deux est un grand portrait du Christ explicitement inspiré du Christ bénissant de 1478 peint par Hans Memling, mais recomposé à partir de cent cinquante photos de volontaires anonymes. L'autre, sur lequel déborde la main du Christ bénissant, est un hommage à la nature d'Alsace, plantes et animaux[15].

Description

Notes et références

Annexes

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