Vol Turkish Airlines 981

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L'accident du vol Turkish Airlines 981, aussi appelé catastrophe d'Ermenonville, a lieu le . Le McDonnell Douglas DC-10 de la compagnie Turkish Airlines reliant l'aéroport Atatürk d'Istanbul à l'aéroport de Londres-Heathrow, au Royaume-Uni, s'écrase dans la forêt d'Ermenonville, à 38 km au nord de Paris quelques minutes après avoir décollé de l'aéroport de Paris-Orly. Il venait d'effectuer une escale et d’embarquer de très nombreux nouveaux passagers dont de nombreux supporters de rugby britanniques. Les 346 passagers et membres d'équipage présents à bord sont tous morts sur le coup.

Date
TypeDécompression explosive et perte de contrôle pendant la montée
CausesDéfaut de conception de la porte de soute
PhaseMontée
Faits en bref Caractéristiques de l'accident, Date ...
Vol Turkish Airlines 981
TC-JAV, le McDonnell Douglas DC-10 impliqué dans l'accident, photographié à l'aéroport de Londres-Heathrow durant l'été 1973.
TC-JAV, le McDonnell Douglas DC-10 impliqué dans l'accident, photographié à l'aéroport de Londres-Heathrow durant l'été 1973.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeDécompression explosive et perte de contrôle pendant la montée
CausesDéfaut de conception de la porte de soute
PhaseMontée
SiteForêt d'Ermenonville, Oise, France
Coordonnées 49° 08,5′ nord, 2° 38′ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilMcDonnell Douglas DC-10-10
CompagnieTurkish Airlines
No  d'identificationTC-JAV
Lieu d'origineAéroport Atatürk d'Istanbul, Turquie
Lieu de destinationAéroport de Londres-Heathrow, Royaume-Uni
Passagers335
Équipage11
Bilan
Morts346 (Tous)
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Vol Turkish Airlines 981
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C’est, jusqu'à la catastrophe de Tenerife en 1977, l'accident aérien le plus meurtrier de l'histoire. En 2026, il est encore le 4e accident d'avion le plus meurtrier de l'histoire (si on écarte les attentats du 11 septembre 2001) et l'accident le plus meurtrier d'Europe continentale.

L'accident est dû au déverrouillage d'une porte de soute en vol, causé par un défaut de conception dans le système de fermeture. La décompression explosive qui s'ensuivit endommagea les circuits des commandes de vol, causant la perte de contrôle de l'appareil.

Contexte

L'avion

L'appareil impliqué est un McDonnell Douglas DC-10-10, immatriculé TC-JAV (numéro de série 46704/29), construit en 1972 dans une usine de Long Beach (Californie) et livré en à Turkish Airlines[1].

Il a été commandé à l'origine par la compagnie aérienne japonaise All Nippon Airways, qui a ensuite annulé le contrat. Propulsé par trois moteurs General Electric CF6-6D, il totalisait 2 955 heures de vol et 1 537 cycles (décollage/atterrissage) au moment de l'accident. Cet appareil comportait 12 sièges en première classe (configuration de six sièges de front) et 333 sièges en classe économique (configuration de neuf sièges de front), pour un total de 345 places en cabine.

L'équipage

Commandant de bord
Nejat Berkoz (44 ans), 7 003 heures de vol à son actif, dont 438 sur DC-10.
Copilote
Oral Ulusman (38 ans), 5 589 heures de vol à son actif, dont 628 sur DC-10.
Officier mécanicien navigant
Erhan Ozer (37 ans), 2 113 heures de vol à son actif, dont 775 sur DC-10.
Personnel de cabine
8 personnes (Rona Altinay, Fatma Barka, Ayse Birgili, Semra Hidir, Gulay Sonmez, Hayri Tezcan, Nilgun Yilmazer, Sibel Zahin).

L'accident

Vue aérienne du site de l'écrasement du vol 981.

Le vol 981 était arrivé de l'aéroport d'Istanbul-Atatürk dans la matinée, atterrissant à l'aéroport de Paris-Orly à 11 h 2, heure locale. Le DC-10 avait transporté, pour cette première étape, 167 passagers et 13 membres d'équipage. Cinquante passagers débarquèrent à Paris.

Dans la seconde partie du vol entre Paris et l'aéroport de Londres-Heathrow, l'avion ne devait pas être plein, mais à cause d'une grève des employés de la British Airways, beaucoup de passagers pour Londres qui s'étaient retrouvés bloqués à Orly furent inscrits sur le vol 981. Il y avait ainsi de nombreux amateurs de rugby qui avaient assisté au match France-Angleterre la veille[2], en plus de 4 mannequins britanniques, 48 banquiers japonais en stage à Londres ainsi que des passagers d'une douzaine d'autres pays.

L'avion décolla d'Orly, pour Heathrow, à 12 h 32. Il prit la direction de l'est puis tourna vers le nord en évitant de survoler Paris. À 12 h 40, juste après qu'il eut survolé la ville de Meaux et à une altitude de 12 000 pieds, les contrôleurs aériens captèrent une transmission distordue du vol 981. Les alarmes de pressurisation et de vitesse furent entendues par-dessus les mots des pilotes, en turc, dont ceux du copilote disant « le fuselage a explosé ».

Le vol disparut des écrans de contrôle radar à 12 h 41 min 13 s alors que l'avion fonçait vers le sol à une vitesse de 700 km/h. À cause de la défaillance des commandes hydrauliques, il ne pouvait pas être redressé. L'épave fut retrouvée dans le sillon de Dammartin, dans la forêt d'Ermenonville (49° 08′ 44″ N, 2° 38′ 04″ E), non loin de la ville de Senlis. Le choc a creusé un cratère d’une quinzaine de mètres.

Victimes

Le bilan est de 346 morts, 335 passagers (dont la moitié de nationalité britannique) et 11 membres d'équipage. L'accident resta le plus meurtrier qu'eût connu l'aviation civile jusqu'à la collision de l'aéroport de Tenerife en 1977 ; il reste cependant le plus important en termes de victimes qui se soit produit sur le territoire français.

Nombre des 177 victimes britanniques sont des supporters de l'équipe d'Angleterre de rugby qui venaient d’assister la veille au match nul 12 partout du 2 mars 1974 à Paris[3] lors de la rencontre phare du Tournoi des Cinq Nations 1974.

L'avion du vol Turkish Airlines 981 avait en effet d’abord atterri, en provenance de l'aéroport d'Istanbul-Atatürk, à Paris-Orly à 11h02, heure locale, pour une courte escale, selon le Rapport final de la Commission d'Enquête[4].

Au cours de sa première étape, il ne transportait que 167 passagers, dont 50 débarquent à Paris, où 216 nouveaux passagers montent à bord, en majorité initialement inscrits dans des vols de la compagnie British Airways, mais qui, à cause d'une grève du personnel de ladite compagnie, se sont reportés sur le vol de Turkish Airlines[4].

L'explosion en vol a provoqué l'aspiration d'une rangée de sièges, expliquant l'éloignement de 6 corps d’une quinzaine de kilomètres du lieu de l'impact.

Davantage d’informations Nombre de victimes par nationalité et par nombre de victimes, Nationalité ...
Nombre de victimes par nationalité et par nombre de victimes
NationalitéPassagersÉquipageTotal
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni1770177
Drapeau de la Turquie Turquie441155
Drapeau du Japon Japon48048
Drapeau des États-Unis États-Unis25025
Drapeau de la France France16016
Drapeau du Brésil Brésil505
Drapeau de l'Argentine Argentine303
Drapeau de l'Australie Australie202
Drapeau de l'Inde Inde202
Drapeau de la Belgique Belgique101
Drapeau de Chypre Chypre101
Drapeau de l'Allemagne Allemagne101
Drapeau de l'Irlande Irlande101
Drapeau du Maroc Maroc101
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande101
Drapeau du Pakistan Pakistan101
Drapeau du Sénégal Sénégal101
Drapeau de l'Espagne Espagne101
Drapeau de la Suède Suède101
Drapeau de la Suisse Suisse101
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Vietnam101
Inconnus202
Total33511346
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Tous les corps des victimes ont été réunis dans l'Église Saint-Pierre de Senlis.

L'enquête et les causes de l'accident

Photo de l'arrière de l'appareil impliqué là où la porte de soute s'est ouverte en plein vol.

Les deux boîtes noires ont été retrouvées près de l'épave[5].

Au lendemain du drame, la presse croit à un attentat[6].

Pourtant, les recherches engagées dès l'annonce de la catastrophe laissent rapidement perplexe sur cette piste car quelque chose ne correspond pas : les corps de six passagers, éjectés de l'avion, ont été retrouvés à Saint-Pathus, à plus de 15 km des lieux du drame. L’avion n’avait pourtant pas été détourné.

Les enquêteurs s'orienteront d'abord eux aussi vers la piste d'un possible attentat fomenté par des extrémistes arméniens, sans réussir à la démontrer. Cependant, dès le , une forme de prudence reprend ses droits dans les pages du quotidien régional[6], où on lit: « Deux hypothèses : accident ou attentat », dans un article qui se souvient que « le , un DC 10 de la compagnie American Airlines dut se poser en catastrophe à la suite de l’ouverture accidentelle de la porte de sa soute à bagages »[6]. Mais les boîtes noires ne sont alors pas encore analysées pour confirmer qu’il s’est passé la même chose ou quasiment en , seulement deux ans après.

L'enquête mettra par la suite en évidence :

  • un défaut de conception du système de fermeture des portes des soutes, défaut signalé aux compagnies, mais non réparé sur cet avion ;
  • un mauvais verrouillage de la porte de la soute arrière par le personnel au sol ;
  • l'ouverture en vol de cette porte amenant la dépressurisation de la soute ;
  • la différence de pression qui provoqua l'affaissement du plancher dans lequel passaient les circuits de commande (triplés pour des raisons de sécurité) de vol de l'empennage ;
  • le blocage de ces commandes et la perte de contrôle de l'avion.

Lors du procès qui s'ensuivit, McDonnell Douglas fut condamné à payer 80 millions de dollars, la plus forte indemnité jamais versée à des familles de victimes d'une catastrophe aérienne.

Vol American Airlines 96, incident de Windsor

Deux ans auparavant, le , un accident similaire s'était déjà produit sur un DC-10 d'American Airlines qui avait perdu en vol sa porte de soute arrière au-dessus de Windsor (Ontario). La dépressurisation conduisit à l'affaissement du plancher et à une perte partielle des commandes de vol, mais le pilote parvint à contrôler son avion et à le poser.

L'enquête mit en évidence la mauvaise conception du système de verrouillage de la porte ; le défaut fut signalé aux compagnies, mais l'administration fédérale de l’aviation civile n'émit pas de consigne de navigabilité.

Mémorial

Pendant les années qui ont suivi l’accident un haut grillage entourait son périmètre sur plusieurs centaines de mètres afin de permettre le renouvellement de la forêt. Un mémorial a été construit en forêt d'Ermenonville à la mémoire des victimes[7].

Médias

L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série télé Air Crash nommé « Enquête sur le DC-10 » (saison 5 - épisode 2).

Notes et références

Annexes

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