Alors qu'elle se rend à Cologne pour une exposition, elle y rencontre un riche pharmacien égyptien, Azmy, qui devient son mari en 1989[1],[2]. Ils s'installent dans cette ville pendant quinze ans, et ont deux enfants[1].
Carrière
En 1976, Wafaa el-Saddik devient la première femme égyptienne à diriger des fouilles[2],[3], ne souhaitant pas se contenter d'être inspectrice de fouilles menées par des archéologues étrangers[1].
De 2004 à fin 2010, Wafaa el-Saddik est nommée directrice générale du musée égyptien du Caire; elle est la première femme à occuper ce poste[3],[4]. Elle initie rapidement un inventaire des très nombreux objets stockés dans les réserves du musée[1],[3]. Elle s'intéresse à la médiation culturelle et à la pédagogie, et cherche à attirer aussi bien les touristes étrangers que les Égyptiens[1].
Elle est conservatrice de l'exposition Tutankhamen, the Golden Beyond, dans laquelle est présentée le trésor de Toutânkhamon, ayant fait le tour du monde et servant à financer le projet de Grand Musée égyptien du président Moubarak[3].
En octobre 2010, elle est chargée de sélectionner différents artéfactségyptiens pour une exposition à Rome, lors de la visite du président égyptien Hosni Moubarak en Italie[3]. Néanmoins, cette sélection n'est pas jugée assez impressionnante; Zahi Hawass lui succède, mais après avoir été accusé de conflit d'intérêts, il se retire et Wafaa el-Saddik reprend sa place[3]. La préparation de l'exposition est ponctuée de plusieurs problèmes (œuvres prêtées non-assurées, absence de catalogue d'exposition, collaborateurs sans visas)[3]. Elle parvient néanmoins à organiser l'exposition et à effectuer une courte visite avec Hosni Moubarak et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi[3].
Lorsque le président égyptien Anouar el-Sadate ordonne de nettoyer la partie haute de la pyramide de Khéphren, afin qu'elle soit de la même couleur que la partie basse, Wafaa el-Saddik s'oppose, en expliquant que les pierres ne sont pas les mêmes et proviennent de deux carrières distinctes; le projet est rapidement abandonné[3].
En janvier 2011, elle est témoin de la révolution égyptienne de 2011 (qu'elle anticipait à la suite de la révolution tunisienne une année plus tôt)[3]. Celle-ci la pousse à écrire un livre, intitulé Protecting Pharaoh’s Treasures: my life in Egyptology[note 1], dans lequel elle revient sur sa vie et sur l'histoire de son pays[3], notamment la corruption à laquelle elle a été confrontée dans sa carrière de directrice de musée[1],[2]. Elle évoque notamment le pillage du musée égyptien du Caire, lors des manifestations de janvier 2011: selon elle, des policiers et des gardiens du musée ont commis ces vols[6], afin de discréditer les manifestants[1].
Notes et références
Notes
↑ L'édition allemande s'intitule Es gibt nur den geraden Weg. Mein Leben als Schatzhüterin Ägyptens.
1 2 3 4 5 6 7 (de) Ronald Düker, «Ägypten: Weltkultur in Gefahr: Auch nach innen war Ägypten stets das Land der Altertümer», Die Zeit, no29, (lire en ligne, consulté le ).
1 2 (de) Ronald Düker, «Ägypten: Weltkultur in Gefahr», Die Zeit, no29, (lire en ligne, consulté le ).
↑ (de) Ronald Düker, «Ägypten: Weltkultur in Gefahr: Händler verkaufen gestohlene Kunstgegenstände sogar auf der Straße und im Café», Die Zeit, no29, (lire en ligne, consulté le ).