William McGonagall
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Édimbourg (Écosse, Royaume-Uni)
Édimbourg (Écosse, Royaume-Uni)
William Topaz McGonagall (1825 - ) est un tisserand, acteur et poète écossais. Il est connu, de manière comique, pour être le pire poète de langue anglaise.
Une vocation tardive
Né à Édimbourg, d'origine irlandaise, William McGonagall était tisserand à Dundee lorsqu'un événement changea le cours de sa vie. Comme il l'écrivit plus tard :
« L'incident le plus étonnant de ma vie fut le moment où je découvris que j'étais un poète, ce qui est arrivé durant l'année 1877[1]. »
C'est dans cette disposition d'esprit nouvelle que McGonagall composa son premier poème, An Address to the Rev. George Gilfillan, qui possédait toutes les caractéristiques retrouvées dans les œuvres ultérieures de poète. Après avoir lu le poème, le révérend George Gilfillan commenta :
« Shakespeare n'a jamais rien écrit de pareil[2]. »
McGonagall a depuis été largement célébré comme le pire poète de l'histoire littéraire britannique[3],[4].
Un style unique

Les principales critiques formulées à l'encontre de son style sont une inaptitude totale à la métaphore poétique, doublée d'une incapacité à scander correctement. Sous la plume d'artistes moindres, ces défauts engendreraient des vers mornes, peu inspirants. La renommée de McGonagall est ainsi issue du comique involontaire généré par sa poésie. Les rythmes inappropriés, le vocabulaire faible, et les images non pertinentes se combinent pour former la poésie comique la plus spontanée et amusante de la langue anglaise.
Des près de 200 poèmes écrits par McGonagall, le plus célèbre est sans doute The Tay Bridge Disaster (en) (Le Désastre du pont sur la Tay), qui narre les évènements du où, durant une forte tempête, le pont ferroviaire franchissant la rivière Tay, près de Dundee, s'est effondré alors qu'un train de voyageurs l'empruntait.
- Beautiful Railway Bridge of the Silv'ry Tay!
- Alas! I am very sorry to say
- That ninety lives have been taken away
- On the last Sabbath day of 1879,
- Which will be remember'd for a very long time.
Traduction indicative :
- Beau Pont de Chemin de Fer sur la Tay Argentée !
- Hélas ! Je suis bien triste de dire
- Que quatre-vingt-dix vies[5] ont été ravies
- Le dernier Sabbath de 1879,
- Dont nous nous souviendrons encore très longtemps.
Un commentateur a remarqué que :
« Un poète moindre (il est à noter que le poète allemand Theodor Fontane a lui aussi écrit un poème sur cet évènement) aurait pensé qu'écrire un poème sur le désastre du pont sur la Tay était une bonne idée. Un poète moindre aurait tenté de refléter le choc de la population de Dundee. Mais seul un véritable maître aurait pu écrire un couplet pareil :
- And the cry rang out all round the town,
- Good heavens ! The Tay Bridge has blown down.[6] »
« McGonagall avait écrit plus tôt un poème en honneur du pont : The Railway Bridge of Silvery Tay (Le Pont de chemin de fer sur la Tay argentée) « With your numerous arches and pillars in so grand array »[7]. Une fois le pont de remplacement construit, sans la moindre ironie, il entreprit de composer une ode au nouvel ouvrage, An Address to the New Tay Bridge (Au nouveau pont sur la Tay), « Strong enough all windy storms to defy[8] ». »
« Il avait également mené une campagne vigoureuse contre l'intempérance, apparaissant dans les pubs et les bars pour lire des poèmes et des discours édifiants. Ceux-ci étaient très populaires, le peuple de Dundee reconnaissant peut-être par là que McGonagall était « si incroyablement mauvais qu'il accédait involontairement au génie ». »
— Stephen Pile, The Book of Heroic Failures
Poète et acteur

La « chasse au poète » devint alors un passe-temps populaire à Dundee, mais McGonagall semble ne jamais s'être rendu compte de la réputation de ses poèmes, même lorsque son audience lui lançait des œufs et des légumes. Il est toutefois possible qu'il ait été plus malin qu'on ne le croyait, et ait joué le jeu de son audience, faisant ainsi de ses soirées littéraires une première forme de one-man-show[9].
McGonagall se considérait également comme un acteur, bien que le théâtre où il jouait, Mr Giles' Theatre, ne l'ait laissé interpréter le rôle principal de Macbeth qu'après lui avoir monnayé le privilège. Cette précaution se révéla toutefois inutile, le théâtre étant rempli des amis et compagnons de travail de l'artiste, avides d'assister à l’amusante catastrophe qu’ils prévoyaient - à raison.
En effet, en , alors qu'il joue au théâtre royal de Dundee, McGonagall refuse de jouer la mort de son personnage, sur laquelle s'achève la pièce. McGonagall, croyant que l'acteur jouant Macduff souhaite gâcher le combat en lui demandant de s'arrêter, continue de jouer tout en esquivant les attaques de l'autre acteur et en refusant de mourir. La pièce se termine, selon une édition de 1872 de The People's Journal (en), par Macduff s'emparant de McGonagall pour lui attacher les pieds[10].

En 1892, après la mort de Tennyson, McGonagall fit à pied les cent kilomètres de terrain montagneux séparant Dundee du château de Balmoral, où il arriva « trempé jusqu'aux os » en raison d'orages violents, pour demander à la reine Victoria s'il pouvait espérer le poste de poète lauréat[11]. Malheureusement, il fut informé que la reine n'était pas présente, et il rentra chez lui.
William McGonagall est mort en 1902 ; il est enterré au cimetière de Greyfriars Kirkyard à Édimbourg. Une stèle à sa mémoire dévoilée en 1999 porte l'épitaphe suivante :
- William McGonagall
- Poet and Tragedian
- « I am your gracious Majesty
- ever faithful to Thee,
- William McGonagall, the Poor Poet,
- That lives in Dundee. »
Traduction indicative :
- William McGonagall
- Poète et Tragédien
- « Je vous suis, gracieuse Majesté,
- Toujours fidèle,
- William McGonagall, le Pauvre Poète,
- Qui habite à Dundee. »