Within Our Lifetime

organisation pro-palestinienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Within Our Lifetime est une organisation pro-palestinienne fondée à New York en 2015 par Nerdeen Kiswani sous le nom de NYC Students for Justice in Palestine avant d'adopter son nom actuel en 2018.

Fondation
Fondatrice
Nerdeen Kiswani (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Fondation, Type ...
Within Our Lifetime
Histoire
Fondation
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Organisation
Fondatrice
Nerdeen Kiswani (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Idéologie
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Elle défend la disparition de l'État d'Israël au profit d'un État palestinien allant du fleuve à la mer. Bien que ne comptant officiellement que quelques dizaines de membres, elle est capable de mobiliser plusieurs milliers de manifestants. Elle fait l'objet d'accusations répétées d'antisémitisme, que sa dirigeante rejette en distinguant antisionisme et antisémitisme. En 2026, sa dirigeante fait l'objet d'une tentative d'assassinat par un membre d'une émanation de la Jewish Defense League.

Histoire

Fondation

Within Our Lifetime est fondée en 2015 sous le nom de NYC Students for Justice in Palestine par Nerdeen Kiswani, étudiante américaine d'origine palestinienne à la faculté de droit de l'université de la ville de New York (CUNY), et d'autres militants[1],[2],[3]. Within Our Lifetime naît du constat de l'absence d'organisation de jeunesse à base populaire défendant la cause palestinienne[2]. Kiswani dirige l'organisation depuis lors. Elle est rebaptisée Within Our Lifetime en 2018[3] à la suite d'une rupture avec le mouvement national Students for Justice in Palestine (en) en 2015[1].

Activités

Selon l'Agence télégraphique juive, l'organisation devient au fil des années la principale organisation anti-israélienne de New York. Elle organise des rassemblements réguliers dans l'espace public[1] et a notamment paralysé les ponts de Brooklyn et de Manhattan[3].

Le groupe accroît le rythme de ses mobilisations après l'attaque du 7 octobre 2023. En février 2024, ses comptes Instagram sont supprimés par Meta pour violation des règles relatives aux organisations dangereuses. Parmi les actions les plus médiatisées de Within Our Lifetime figurent une manifestation devant une exposition commémorant les victimes du massacre du festival de musique de Réïm (Kiswani décrivant ce festival comme un lieu « où des sionistes avaient décidé de faire la fête à côté d'un camp de concentration »[3]), ainsi que la dégradation de la sculpture OY/YO au Brooklyn Museum[1].

Menaces et violences subies

Nerdeen Kiswani en 2017.

Kiswani est visée par une campagne de dénigrement coordonnée en septembre 2020 lorsque l'application Act.IL (en), affiliée au gouvernement israélien, rémunère des centaines d'utilisateurs pour l'envoi de courriers prérédigés à l'administration de la CUNY, accusant faussement Kiswani d'avoir menacé un étudiant. Face à la mobilisation étudiante, la faculté de droit publie un communiqué soutenant la liberté d'expression de Kiswani et des militants palestiniens[2].

En février 2026, Kiswani porte plainte contre l'organisation sioniste d'extrême droite Betar US (en), lui reprochant d'avoir publié sur les réseaux sociaux des appels implicites à la violence contre elle, dont une offre de récompense de 1 000 dollars à quiconque lui remettrait un « bipeur », faisant allusion aux explosions de bipeurs et de talkies-walkies au Liban[4],[5],[6].

En mars 2026, les autorités américaines déjouent un projet d'assassinat visant Nerdeen Kiswani. Alexander Heifler, 26 ans, habitant de Hoboken (New Jersey), est arrêté après la découverte de huit cocktails Molotov à son domicile. Membre de la JDL 613 Brotherhood, organisation inspirée de la Jewish Defense League — désignée par le FBI comme groupe terroriste —, il avait planifié de lancer les projectiles incendiaires sur le véhicule et au domicile de Kiswani avant de fuir le pays pour Israël. Heifler est inculpé pour fabrication et possession d'engins explosifs, passible de vingt ans d'emprisonnement[4],[6]. Kiswani accuse le Betar US d'avoir coordonné ces agissements en offrant des primes à quiconque lui porterait atteinte physiquement[7].

Structure

Within Our Lifetime n'est pas constitué en association formelle et fonctionne sur la base du bénévolat. Il rassemble officiellement quelques dizaines de membres, mais ses marches peuvent attirer plusieurs milliers de participants[3].

Positionnement idéologique

L'organisation prône des positions maximalistes, rejetant ce qu'elle considère comme une focalisation excessive du mouvement pro-palestinien sur la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions d'autres organisations pro-palestiniennes et affirmant son soutien à « la résistance palestinienne sous toutes ses formes »[1]. Elle défend la disparition de l'État d'Israël au profit d'un État palestinien couvrant l'ensemble du territoire allant du fleuve à la mer[3]. Après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, le groupe publie un communiqué de soutien[1]. Tout comme le Mouvement de la jeunesse palestinienne et contrairement à Jewish Voice for Peace, il refuse de collaborer avec le Parti démocrate[8].

Accusations d'antisémitisme

Le triangle rouge inversé.

Within Our Lifetime fait l'objet d'accusations répétées d'antisémitisme[1],[3], plusieurs militants associés au groupe ayant, d'après l'Agence télégraphique juive, été condamnés pour des agressions contre des Juifs, tandis que la publication de cartes localisant des organisations juives new-yorkaises et l'utilisation du triangle rouge inversé, symbole employé par le Hamas pour désigner ses cibles, suscitent les condamnations d'élus et de groupes communautaires[1]. L'Anti-Defamation League, qui considère l'antisionisme comme une forme d'antisémitisme, pointe notamment le fait que ses manifestants brandissent des drapeaux du Hamas et du Hezbollah et brûlent des drapeaux israéliens[3].

Kiswani affirme s'opposer au sionisme en tant qu'idéologie, et non aux Juifs en tant que tels, soulignant que le groupe scande « Judaism, yes, Zionism no » (en français : « le judaïsme oui, le sionisme non »)[3]. L'organisation juive antisioniste Jewish Voice for Peace lui apporte son soutien[3],[9] : la dramaturge Sarah Schulman, membre de son conseil consultatif, estime que la position de Kiswani s'explique par son vécu de fille de réfugiés palestiniens à qui Israël a refusé l'accès à la Cisjordanie. Kiswani soutient par ailleurs que les militants palestiniens modérés ont été tout autant marginalisés et traités de terroristes, ce qui rendrait toute tentative d'apaisement du discours vaine[3].

Références

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