Xavier Piechaczyk

haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprises publiques français From Wikipedia, the free encyclopedia

Xavier Piechaczyk, né le à Saint-Maur-des-Fossés, est un haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprises publiques français, président du directoire de RTE de 2020 à 2026 et président-directeur général de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) depuis le .

Faits en bref Président-directeur général Régie autonome des transports parisiens, depuis le 4 février 2026 ...
Xavier Piechaczyk
Fonctions
Président-directeur général
Régie autonome des transports parisiens
depuis le
Président
Think Smartgrids (d)
depuis le
Président du directoire
RTE
depuis le
Directeur général adjoint (d)
RTE
-
Membre du comité directeur (d)
RTE
depuis le
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
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A travaillé pour
RTE ( - )
Présidence de la République française (d) ( - )
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Situation personnelle

Origines

Xavier Piechaczyk naît le à Saint-Maur-des-Fossés, en banlieue parisienne, d'un père médecin et d'une mère institutrice[1],[2]. Il grandit à Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne, et est l'aîné d'une fratrie de trois garçons[2] ; il revendique des ascendances polonaises, périgourdines et arrageoises[3].

Formation

Après des études secondaires au lycée expérimental de Montgeron (devenu lycée Rosa-Parks en 2010), les classes préparatoires au lycée Charlemagne à Paris, Xavier Piechaczyk obtient un diplôme d'ingénieur de l'École nationale des travaux publics de l'État (ENTPE) en 1993, puis un doctorat à Sciences Po Grenoble en 2000. En 2003, il décroche le mastère management public maîtrise technique (MPMT) de l'École nationale des ponts et chaussées[4],[5]. Depuis, Xavier Piechaczyk est membre du corps des Ponts et Chaussées, devenu en 2009 le corps des ponts, des eaux et des forêts, avec le grade d'ingénieur en chef[4],[6].

Vie privée

Il est marié et père de trois fils[1].

Carrière

De à , Xavier Piechaczyk est enseignant-chercheur au laboratoire RIVES (Recherches interdisciplinaires ville, espace, société) de l'ENTPE, affilié à l'UMR 5600 Environnement Ville Société du CNRS[7],[8]. Avec Fabrice Bardet, il monte un cours sur les politiques publiques de l'équipement des territoires[2].

Par la suite, il occupe diverses fonctions de maîtrise d'ouvrage d'infrastructures linéaires, au sein du ministère de l'Équipement (2003-2008) puis du ministère de l'Écologie (2008-2012). Il y conduit des projets en lien avec les industriels, l'État, les collectivités territoriales, les acteurs de la protection de l'environnement et les organisations syndicales[9].

Conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault et François Hollande

Sous la présidence de François Hollande, il devient conseiller sur l'énergie, l'environnement, les transports et le logement auprès du cabinet du Premier ministre Jean-Marc Ayrault (2012-2014), puis de l'Elysée (2014-2015). À ces postes stratégiques, Xavier Piechaczyk joue un rôle central dans l'élaboration et la mise en œuvre de deux lois majeures de la politique énergétique française : la loi du , qui assouplit le cadre réglementaire de l'installation des éoliennes, et la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, qui fixe l'objectif de ramener la part du nucléaire à 50 % de la production d'électricité à l'horizon 2035[10]. Il corédige également une proposition de loi relative à la tarification progressive de l'énergie, maintes fois amendée et partiellement censurée par le Conseil constitutionnel en 2013[11].

Selon l'expert en politique énergétique[a] Fabien Bouglé, Xavier Piechaczyk joue enfin un « rôle déterminant » dans la nomination du député socialiste François Brottes à la présidence de RTE, la filiale d'EDF chargée du transport de l'électricité. En retour, François Brottes propose la nomination de Xavier Piechaczyk au directoire de RTE[10], laquelle est validée par le Conseil de surveillance le [6],[15]. Dans la foulée, François Hollande met fin à ses fonctions de conseiller présidentiel[6].

Directeur général adjoint, puis président de RTE

Au sein du directoire de RTE, Xavier Piechaczyk occupe d'abord la fonction de directeur général adjoint chargé du pôle Réseaux, Clients et Territoires. À ce titre, c'est notamment lui qui assure la communication du gestionnaire du réseau de transport d'électricité autour de l'incendie d'un poste de haute tension, qui prive de courant la gare Montparnasse et 55 000 foyers franciliens à la fin du mois de [16].

Le , le Conseil de surveillance de RTE le nomme président du directoire, avec l'aval du ministère de la Transition écologique et de la Commission de régulation de l'énergie (CRE)[17]. Il prend ses fonctions le [18], pour un mandat de 5 ans[19]. Le , il propose au Conseil de surveillance de renouveler le directoire en nommant Thérèse Boussard à la direction générale du pôle chargé de la gestion de l’infrastructure ; Clotilde Levillain à celle du pôle chargé des clients, de la conception et des opérations des systèmes ; Sophie Moreau-Follenfant à celle du pôle chargé de la transformation et de l’environnement des salariés ; et Laurent Martel à celle du pôle chargé des finances et des achats. Ses choix sont validés par le Conseil de surveillance le et deviennent effectifs le [20],[21].

Sous la présidence de Xavier Piechaczyk, les travaux de prospective de RTE, comme Les Futurs énergétiques 2050 et les Bilans prévisionnels, prennent une place bien plus importante que par le passé, devenant des éléments structurants du débat public. Si leurs calculs font consensus, leurs hypothèses sont davantages discutées, certains experts pointant des trajectoires trop optimistes, remises en cause par une croissance plus faible que prévu de la demande électrique. En interne, plusieurs administrateurs attribuent à Xavier Piechaczyk un changement d'échelle industriel, caractérisé par une augmentation significative des effectifs et des investissements (passés de 1,3 milliard d'euros en 2015 à 3,4 en 2025). Certains experts du secteur se montrent toutefois bien plus critiques sur son bilan industriel. « Xavier Piechaczyk a beaucoup axé son action sur le développement du chiffre d’affaires de RTE, qui repose sur le Turpe et les échanges internationaux via les interconnexions. Or ces développements se reflètent sur la facture d’électricité. Ce qui pénalise les consommateurs à l’heure où, au contraire, il faudrait baisser les prix pour encourager l’électrification des usages », regrette l'un d'eux. Il dénonce également « une posture de chef d'entreprise » inadaptée à la nature de RTE, société exerçant une mission assimilable à une délégation de service public[22].

Côté syndicats, la CGT, majoritaire chez RTE, dénonce « un net durcissement de la direction des ressources humaines et du directoire à partir de 2020 », une externalisation accrue, « qui [...] contribue à une perte de compétences », et une détérioration des conditions de travail, caractérisée par une hausse des accidents du travail. De son côté, la CFDT loue un dialogue social régulier et la fermeté appliquée face aux situations de harcèlement sexuel, tout en notant « une certaine sévérité » managériale. Malgré ces critiques, des indicateurs internes montrent un taux élevé de satisfaction et d'adhésion des collaborateurs envers RTE[22].

Le , le Conseil de surveillance de RTE reconduit Xavier Piechaczyk dans ses fonctions de président du directoire pour cinq ans à partir du [23]. Toujours le 12 juin, Xavier Piechaczyk propose de reconduire Sophie Moreau-Follenfant à la direction générale du pôle Transformation - Environnement salariés et Thomas Veyrenc à celle des pôles Économie, Stratégie et Finance, ainsi que de nommer Régis Boigegrain directeur général du pôle Gestion de l'infrastructure et Nathalie Lemaître directrice générale du pôle Clients - Conception et opérations des systèmes. Ces nominations sont approuvées par le Conseil de surveillance le 26 juin, au surlendemain d'une délibération de la CRE[24],[25].

PDG de la RATP

En , il est pressenti pour prendre la succession de Jean-Pierre Farandou à la présidence de la SNCF après les Jeux olympiques de Paris[26], mais la dissolution de l'Assemblée nationale et le résultat des élections législatives qui s'ensuivent compromettent ce projet d'Emmanuel Macron[27]. Si son nom est de nouveau sur la table pendant la première moitié de l'année 2025[28],[29], c'est finalement Jean Castex qui lui est préféré[30],[31]. Xavier Piechaczyk se retrouve alors propulsé parmi les favoris pour remplacer ce dernier à la tête de la RATP. Le , Emmanuel Macron propose officiellement sa nomination[1],[8], non sans avoir hésité, selon Le Monde, en raison du risque d'un rejet parlementaire, lié à sa proximité avec le pouvoir, et à la mauvaise qualité de ses auditions auprès des ministères de l'Économie et des Transports[32].

Lors de son audition devant la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, le , Xavier Piechaczyk fixe comme priorités de « continuer les transferts dans les meilleures conditions possibles des salariés », de « mettre en service […] les nouvelles rames MF 19 », de « préparer dès maintenant la mise en concurrence du tram […] en 2030 » et de piloter ces transformations avec pour « première boussole […] la satisfaction des voyageurs et […] de tous leurs besoins ». Il met également en avant la lutte « contre les atteintes sexuelles faites aux femmes dans les transports », la volonté de « conserver […] l’exploitation d’un mix équilibré » et de « chercher une rentabilité nécessaire mais sans moins-disance sociale », ainsi qu'un style de management « coopératif » et « pragmatique »[33]. Le , il tient un discours similaire devant la commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire de l'Assemblée nationale. Le même jour, les commissions des deux assemblées approuvent sa nomination. Dans le détail, il obtient 74 % de votes positifs des sénateurs et 65 % de votes positifs des députés[34], ce qui en fait l'un des dirigeants d'entreprises publiques les mieux élus de la période[35]. Le lendemain, il est nommé membre du conseil d'administration de la RATP au titre des personnalités qualifiées issues des milieux socio-économiques, en remplacement de Jean Bassères, le PDG par intérim du groupe[36].

Le , Xavier Piechaczyk est nommé en Conseil des ministres PDG de la RATP[37]. Le , il annonce que l'entreprise prévoit 6 600 recrutements en CDI pour 2026, dont 3 500 en Île-de-France, 850 en province et 2 250 à l'étranger, avec deux tiers de postes d'opérateurs et un tiers d'encadrement[38],[39],[40].

Notes et références

Liens externes

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