Constructions dans la colonie israélienne de Yamit, en 1977.
La colonie est construite sur une terre tribale bédouine d'où 1500 familles de la tribu Al-Ramilat furent expulsés en secret sous les ordres du ministre de la défense Moshe Dayan et de Ariel Sharon[1]. Située dans la plaine de Rafah, au sud de la bande de Gaza, Yamit doit devenir une grande ville portuaire. Malgré la construction de logements neufs et relativement abordables, Yamit n'a jamais pu attirer assez d'habitants pour en faire un port commercial.
La colonie de Yamit en 1978
Retrait israélien en 1982
En 1979, l'accord passé entre Israël et l'Égypte prévoit le retrait complet de l'armée israélienne et le démantèlement des colonies juives, avec indemnisation par Israël et relocalisation des colons dans d'autres implantations, notamment à Gaza[2],[3].
Soldats israéliens évacuant les manifestants retranchés à Yamit.
En 1982, l'évacuation israélienne s'effectue sans incident notable dans l'ensemble du Sinaï[3]. À Yamit en revanche, après le départ des derniers colons, près de 2 000 partisans du «Grand Israël»[4], issus du Goush Émounim[3] et de la Ligue de défense juive[5], viennent d'Israël ou des colonies de Cisjordanie pour occuper les maisons abandonnées et s'opposer au démantèlement[5]. Autour de la colonie, ils construisent des «fortifications» avec des sacs de sable pour empêcher l'armée de venir les déloger. Le , ils reçoivent le renfort de 25 personnes venues par mer de Tel-Aviv pour contourner les barrages de l'armée[5].
Finalement, à l'aide de canons à eau et de jets de mousse, l'armée israélienne procède à l'évacuation des militants retranchés[2], et le Sinaï est officiellement restitué à l'Égypte le [4].
Destruction des bâtiments par Israël
Un accord entre Israël et l'Égypte stipulait que l'Égypte pourrait verser 80 millions de dollars pour récupérer les infrastructures et les maisons construites par les Israéliens. Toutefois, le Premier ministre Menahem Begin décida à la dernière minute de tout raser[2]. D'après l'ambassadeur israélien en Égypte à cette époque, Begin craignait plus tard un retour des anciens habitants israéliens et des incidents avec les éventuels futurs résidents égyptiens. La décision de tout raser fut mal perçue par l'opinion publique égyptienne qui a nourri un fort ressentiment contre Israël malgré son retrait[2]. Désormais, sur le site de Yamit, le gouvernement égyptien interdit de déblayer des décombres. Pour les autorités d'El-Arich, la ville voisine, cette zone morte constitue un rappel de l'ancienne occupation israélienne et de la «cruauté» des Israéliens ayant détruit le site après leur départ[2].