Youssef Chahed

homme politique tunisien From Wikipedia, the free encyclopedia

Youssef Chahed (arabe : يوسف الشاهد), né le à Tunis, est un homme d'État tunisien.

Secrétaire généralSelim Azzabi
Sonia Ben Cheikh
PrédécesseurCréation du parti
GouvernementChahed
Faits en bref Fonctions, Président de Tahya Tounes ...
Youssef Chahed
يوسف الشاهد
Illustration.
Youssef Chahed en 2016.
Fonctions
Président de Tahya Tounes
En fonction depuis le
(6 ans, 9 mois et 15 jours)
Secrétaire général Selim Azzabi
Sonia Ben Cheikh
Prédécesseur Création du parti
Chef du gouvernement tunisien

(3 ans et 6 mois)
Président Béji Caïd Essebsi
Mohamed Ennaceur (intérim)
Kaïs Saïed
Gouvernement Chahed
Législature Ire
Coalition Nidaa Tounes-Ennahdha-Afek Tounes-Voie démocratique et sociale-Al Joumhouri-Al Moubadara-Alliance démocratique (2016)
Nidaa Tounes-Ennahdha-Afek Tounes-Voie démocratique et sociale-Al Joumhouri-Al Moubadara (2016-2017)
Nidaa Tounes-Ennahdha-Voie démocratique et sociale-Al Joumhouri-Al Moubadara (2017-2018)
Coalition nationale-Ennahdha-Voie démocratique et sociale-Machrouu Tounes-Al Moubadara (2018-2019)
Tahya Tounes-Ennahdha-Machrouu Tounes (2019-2020)
Prédécesseur Habib Essid
Successeur Elyes Fakhfakh
Ministre des Affaires locales

(7 mois et 15 jours)
Président Béji Caïd Essebsi
Chef du gouvernement Habib Essid
Gouvernement Essid
Prédécesseur Hédi Majdoub (secrétaire d'État)
Successeur Riadh Mouakher
Secrétaire d'État chargé de la Pêche

(11 mois et 6 jours)
Président Béji Caïd Essebsi
Chef du gouvernement Habib Essid
Gouvernement Essid
Biographie
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Tunis, Tunisie
Nationalité Tunisienne
Française (jusqu'en 2019)
Parti politique Al Joumhouri, Nidaa Tounes puis Tahya Tounes
Diplômé de Institut national agronomique de Tunisie
Institut national agronomique Paris-Grignon
Profession Professeur en agronomie
Religion Islam

Image illustrative de l’article Youssef Chahed
Chefs du gouvernement tunisien
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Ministre des Affaires locales de à , au sein du gouvernement de Habib Essid, il est chef du gouvernement de la Tunisie du au .

Candidat à l'élection présidentielle de 2019, il délègue provisoirement ses fonctions au ministre de la Fonction publique, Kamel Morjane. Il est éliminé dès le premier tour, arrivant en cinquième position avec 7,4 % des voix.

Formation et vie privée

Youssef Chahed poursuit des études d'ingénieur agronome à l'Institut national agronomique de Tunisie, dont il sort diplômé, major de promotion, en 1998[1],[2].

Il intègre ensuite l'Institut national agronomique Paris-Grignon en France[2]. Il y obtient en 1999 un diplôme d'études approfondies (DEA) en économie de l'environnement et ressources naturelles et, en 2003, un doctorat en agroéconomie[2], sous la direction de Jean-Christophe Bureau. Son DEA avait pour intitulé Mesure de l'impact sur le bien-être des réductions tarifaires relatives aux produits agricoles : une application du Trade Restrictiveness Index (TRI) à l'économie de l'Union européenne[3] et sa thèse de doctorat portait sur la « mesure de l'impact de la libéralisation des marchés agricoles sur les échanges et le bien-être »[2],[4].

Youssef Chahed est marié à Héla Chahed (née Zahouani)[5] et père d'une fille[2]. Il est également le petit-fils de la militante féministe Radhia Haddad[2].

Il parle couramment l'arabe, le français, l'anglais et l'italien[2].

Carrière universitaire

De 2003 à 2009, Youssef Chahed est professeur en agroéconomie à l'Institut supérieur d'agriculture LaSalle de Beauvais (France)[2],[6]. Il est également professeur visiteur dans de nombreuses universités dans le monde, comme à Tokyo ou à São Paulo[2]. De 2003 à 2015, il travaille comme expert international en agriculture et en politiques agricoles, auprès d'institutions internationales comme le département de l'Agriculture des États-Unis et la Commission européenne[2].

Il écrit de nombreux rapports et articles scientifiques sur les politiques publiques en agriculture et les secteurs de productions agricoles en Tunisie[1]. Chahed travaille notamment sur la formulation, l'évaluation et la supervision de projets agricoles dans le cadre de renforcement de capacités entre la Tunisie et les États-Unis[2]. Il participe également à la mise en place de nombreuses collaborations sur la sécurité alimentaire et le développement des coopératives en Tunisie, en collaboration avec des organismes internationaux tels que le Service d'inspection sanitaire des animaux et des plantes, la Food and Drug Administration, l'Agence des États-Unis pour le développement international, le Codex Alimentarius, etc[2].

Parcours politique

Débuts

Après la révolution de 2011, Chahed est l'un des membres fondateurs du parti Al Joumhouri[1], fondé le . Il adhère ensuite à Nidaa Tounes, en tant que membre du bureau exécutif[1].

Membre du gouvernement Essid

Le , il est nommé secrétaire d'État chargé de la Pêche, auprès du ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Saâd Seddik, dans le gouvernement de Habib Essid[7].

Lors du remaniement du , il devient ministre des Affaires locales dans ce même gouvernement[1]. Le , il présente, à moins d'un an des élections municipales, un projet de généralisation des municipalités, qui prévoit la création de 61 nouvelles municipalités[8]. Le , il est proposé par le président Béji Caïd Essebsi pour succéder à Habib Essid à la tête d'un gouvernement d'union nationale[9].

Chef du gouvernement

Youssef Chahed durant une réunion au Pentagone avec James Mattis, secrétaire à la Défense des États-Unis, en 2017.

Le , le président Béji Caïd Essebsi désigne Chahed pour former un nouveau gouvernement[10]. Le , il forme son gouvernement[11]. Le au soir, les députés de Nidaa Tounes, d'Ennahdha, de l'Union patriotique libre, d'Afek Tounes et du bloc Al Horra[12] accordent leur confiance au gouvernement avec 167 voix pour, 22 contre et cinq abstentions, sur 194 députés présents[13]. Il prête serment le lendemain au palais présidentiel de Carthage[14]. Il devient alors le plus jeune Premier ministre de l'histoire moderne du pays[15].

Le , Youssef Chahed effectue sa première visite internationale à Alger[16] Le , il se rend à Paris[17] ; il y est reçu par le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls.

Fin , il limoge son ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance[18], expliquant que ce dernier avait dévié des règles de l'action gouvernementale[19]. Dans la foulée, il effectue un remaniement ministériel[20] et, le , annonce la suppression du ministère de la Fonction publique et de la Gouvernance[21]. Certains observateurs voient ce remaniement comme une occasion de nommer des proches du parti Ennahdha[22].

Le , il donne le coup d'envoi d'une grande opération anti-corruption en débutant avec l'arrestation de Chafik Jarraya[23] suivi de celles de plusieurs autres hommes d'affaires[24] tels que Yassine Channoufi et Samir El Wafi[25]. Cette initiative, préparée dans le secret depuis plusieurs mois, provoque une vague de soutien et d'opinions favorables de la part des Tunisiens[26]. À cet égard, il déclare qu'il ira jusqu'au bout de cette guerre contre la corruption, qui a des coûts économiques importants pour le pays[27].

En , lors d'une émission télévisée, Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha, annonce qu'il ne souhaite pas que Chahed se porte candidat à l'élection présidentielle de 2019[28]. Cette déclaration qui « presse Youssef Chahed à annoncer sa non-candidature à la présidentielle de 2019 » lance le débat autour de la candidature de ce dernier[29].

Le , Chahed est suspendu des rangs du parti et celui-ci lance une procédure disciplinaire à son encontre[30]. La mesure est levée en alors que ses partisans forment un nouveau parti, Tahya Tounes[31]. Le , le conseil national de Tahya Tounes l'élit en tant que président du parti[32].

Élection présidentielle de 2019

Il annonce le sa candidature à l'élection présidentielle anticipée[33] qui fait suite à la mort du président Béji Caïd Essebsi quelques mois avant la fin de son mandat.

Alors qu'il possède la double nationalité, il annonce le qu'il renonce à sa nationalité française pour pouvoir briguer la présidence du pays[34],[35]. Le suivant, Chahed délègue ses fonctions au ministre Kamel Morjane, un choix qui suscite la polémique en raison de ses responsabilités ministérielles sous la présidence de Zine el-Abidine Ben Ali[36],[37].

Dans les jours qui suivent, il est accusé d'être à l'origine de l'arrestation de son adversaire Nabil Karoui par les partisans de celui-ci et plusieurs candidats à l'élection[38]. Chahed répond : « Aujourd'hui, toute personne interpellée par la justice m'accuse d'avoir été à l'origine de son arrestation. Je pense que Swagg Man est le seul qui n'a pas prétendu que j'étais à l'origine de son arrestation »[39]. Le candidat et homme d'affaires controversé[40] Slim Riahi affirme qu'il lui a promis la levée de son interdiction de voyager et du gel de ses avoirs en contrepartie du vote de son bloc parlementaire en faveur du ministre de l'Intérieur, Hichem Fourati. Le , l'animateur Sami Fehri publie un échange WhatsApp entre Riahi et Chahed tendant à prouver un tel accord[41].

Une pétition de soutien à Chahed est lancée le . Plusieurs signataires, comme la réalisatrice Dora Bouchoucha et l'universitaire Abdeljalil Bouguerra, indiquent ne pas avoir donné leur accord et sont finalement retirés de la liste[42],[43],[44].

Finalement éliminé dès le premier tour[45], le rapport de la Cour des comptes sur le financement de la campagne publié fin 2020 souligne qu'il apparaît comme le candidat ayant le plus dépensé (1,4 million de dinars)[46].

Après les élections de 2019, il se consacre à la présidence de son parti, Tahya Tounes, puis opère un retour dans le débat public en 2021 en critiquant notamment la gestion mondiale de la pandémie de Covid-19 et en appelant à des réformes politiques en Tunisie[46].

Poursuites judiciaires

La justice tunisienne émet le des mandats d'amener internationaux contre plusieurs personnalités installées à l'étranger, dont l'ancien chef du gouvernement, dans le cadre d'une série de poursuites visant des responsables politiques et opposants au président Kaïs Saïed depuis la concentration des pouvoirs présidentiels amorcée en [47].

Chahed figure dès lors parmi les personnalités visées dans un procès pour « complot contre la sûreté de l'État » ouvert le après une série d'autres jugements similaires et alors que de « graves atteintes » au droit à un procès équitable et une instrumentalisation de la justice à des fins politiques sont dénoncées[48].

Le , il est par ailleurs condamné par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis à six ans de prison dans le cadre de l'affaire du dégel des avoirs de Marouane Mabrouk décidé par un conseil ministériel restreint en [49]. Le , le Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme, une ONG tunisienne basée en France, exprime « sa profonde préoccupation » à la suite du jugement, s'interroge sur les critères juridiques ayant conduit à une responsabilité pénale individualisée dans le cadre d'une décision gouvernementale collective et dénonce une instrumentalisation politique[50].

Publications

  • Jean-Christophe Bureau, Youssef Chahed et Luca Salvatici, « La baisse de la protection douanière dans l'Uruguay Round : le cas de l'agriculture dans l'Union européenne, au Canada et aux États-Unis », Économie et Prévision, La Documentation française, no 154, , p. 107-122 (ISSN 0249-4744, lire en ligne, consulté le ).
  • Youssef Chahed et Sophie Drogué, « Incidence du processus multilatéral sur la viabilité des accords préférentiels : le cas euro-méditerranéen », Économie rurale, vol. 276, no 1, , p. 3-16 (lire en ligne, consulté le ).

Notes et références

Liens externes

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