Yvette Delsaut

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Yvette Delsaut
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Biographie
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Yvette Delsaut, née en en Belgique est une sociologue française. Elle a été maîtresse de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales, rattachée au Centre de sociologie européenne à Paris. Elle fait partie du « premier cercle » du groupe de chercheurs et de chercheuses ayant évolué autour de Pierre Bourdieu[1].

Yvette Delsaut est l'une des premières élèves de Pierre Bourdieu. Elle est étudiante en sociologie à Lille lorsqu'elle prend part à l'enquête sur laquelle repose Les Héritiers[2]. En 1966, elle participe aux enquêtes sur les publics de musées qui ont conduit à la publication de L'Amour de l'art[3],[4],[5]. En 1975, elle publie avec Pierre Bourdieu un article sur le champ de la mode, dans le premier numéro de la revue Actes de la recherche en sciences sociales. Cet article fait date, il est souvent cité dans le monde académique et parfois dans la presse, comme dans une chronique du Monde sur la mode en 2012[6].

Parmi ce groupe de chercheurs, elle est la première à travailler sociologiquement sur sa propre famille[7]. Les éditions Raisons d'agir publient en 2020 Carnets de socio-analyse, un ouvrage rassemblant les travaux qu'elle a produit sur le sujet tout au long de sa carrière. Elle y explique que le premier article basé sur des données autobiographiques qu'elle a publié l'a « plongée dans un trouble profond et durable » et qu'il a fallu plusieurs années avant qu'elle puisse reprendre ce travail[8]. Par un travail d'écriture ethnographique soigneux, elle évite « les stratégies condescendantes de mise en valeur de soi » et « les effets "narcissisants“ potentiels de l’activité de recherche »[9].

Photo en noir et blancs d'une dizaine de jeunes hommes qui posent en groupe. Ils portent des costumes, et on distingue un bâtiment de leur école à l'arrière-plan
Promotion d'une École normale de garçons (ici à Nice, la classe 1926-1929).

Le travail d'analyse d'Yvette Delsaut est loué comme fin et rigoureux, un « pointillisme sociologique »[10]. Pour chacune de ses enquêtes, elle articule plusieurs méthodes pour en faire un usage intensif. Ainsi, la publication d'un livre sur les écoles normales d'instituteurs s'appuie sur la compilation et l'analyse de textes lui permettant un recul historique, et sur l'ethnographie pour l'analyse des pratiques et des représentations des stagiaires[11],[12].

À partir de 1993, elle a été co-directrice de la collection « Le monde de la vie ordinaire » aux éditions Éditions L'Harmattan avec Smaïn Laacher[13].

En 2010, elle publie Reprises. Cinéma et sociologie. Elle y évoque le film de mai 1968 Reprise du travail aux usines Wonder. Ce livre discute des rapports de cette discipline et du cinéma documentaire envers les classes populaires. C'est une critique serrée de ces relations : elle reproche un surinvestissement de cet espace de la société comme une volonté de réaliser une « justice symbolique » en faveur des dominés. Cette « identification naïve » permettrait de justifier et d'oublier les bénéfices de reconnaissance symbolique que gagnent sociologues et documentaristes en enquêtant sur les classes populaires. Cependant, elle les distingue parce que pour elle, l'idéal de compréhension des sociologues produit une déontologie différente. Par exemple, l'anonymat systématique des personnes enquêtées veille à éviter tout préjudice moral que pourrait causer une publication. Le respect de ces normes professionnelles permet d'éviter, selon Yvette Delsaut, les visions hautaines ou sarcastiques de documentaires tels que Strip-tease[10].

Ouvrages

Notes et références

Annexes

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