Yvonne Fontaine

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
Gien (Loiret)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Nenette, MimiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Yvonne Fontaine
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
Gien (Loiret)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Nenette, MimiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Militaire, agent du SOE, résistanteVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Autres informations
Unité
Grade militaire
Conflit
Distinctions
Archives conservées par
Archives nationales du Royaume-Uni (HS 9/457/6)
Service historique de la Défense (GR 16 P 227817, GR P 28 4 384 187)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fontaine et le réseau des ministres étaient basés en Seine-et-Marne .

Yvonne Fontaine, de nom de code Nénette et Mimi, née à Longuyon le et morte le à Gien[1], est membre de la Résistance française et agente du Special Operations Executive (SOE, « Direction des opérations spéciales ») du Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale. Le SOE avait pour mission de soutenir les divers mouvements de résistance des pays d'Europe occupés par l'Allemagne et menait des actions d'espionnage, de sabotage et ou de reconnaissance en Europe occupée. Les agents du SOE coopérèrent avec des groupes de résistance et leur fournirent des armes et du matériel parachutés depuis le Royaume-Uni.

Fontaine travaille comme agent de liaison pour les réseaux Tinker et Minister de la section F du SOE en France en 1943 et 1944. Elle est, selon les mots de l'auteur Beryl E. Escott, « un agent hautement efficace et compétent »[2].

Jeunesse

Au début de la Seconde Guerre mondiale, vivace, intelligente et mondaine « sans obligations familiales », elle travaille comme directrice d'une entreprise de teinture et de nettoyage à sec à Troyes[3]. Elle ne prend part à aucune activité de résistance avant . Elle est anti-allemande mais critique également le mouvement de résistance Gaulliste comme « trop politique, égoïste et bavard »[4]. Comme Troyes était une région industrielle bien connectée à Paris, la ville fut la cible de nombreux bombardements alliés générant de nombreux pilotes et leurs équipages à cacher lorsque leurs avions étaient abattus. C'est ainsi que Fontaine entre petit a petit dans la résistance[2].

Agent du SOE

Réseau Tinker

Le travail de Fontaine avec la résistance commence en avril 1943 lorsqu'un agent expérimenté de SOE, Benjamin Cowburn, et son opérateur radio Denis John Barrett viennent à Troyes pour mettre en place un réseau de sabotage nommé Tinker par le SOE. Cowburn entre en contact avec Pierre Mulsant et, par son intermédiaire, rencontre Fontaine qu'il engage comme agent de liaison pour un salaire de 2 000 francs par mois. Utilisant le nom de code "Nénette", elle se révèle habile à ce travail, transportant des messages et du matériel de sabotage sur une grande zone dans le nord-est de la France. Le réseau Tinker connaît quelques succès dont, dans la nuit du 3/, la destruction de six locomotives utilisées par les Allemands. Fontaine aide également dix-huit aviateurs américains, dont les avions ont été abattus près de Troyes, à s'échapper en Suisse. Cependant, les Allemands infiltrent et détruisent de nombreux réseaux du SOE en France au cours de l'été 1943. Cowburn est évacué de France en . Le , les autres membres de l'équipe Tinker, Fontaine, Mulsant et Barrett, quittent la France pour l'Angleterre à partir d'un aérodrome clandestin[5]. Parmi les autres résistants évacués sur le même avion se trouve un futur président de la république française, François Mitterrand[6],[7].

Réseau Minister

En Angleterre, Fontaine est entraînée par le SOE[8]. Elle y est connue sous son nom de femme mariée, Yvonne Fauge. Les fonctionnaires anglais du SOE diffèrent dans leurs évaluations au cours de son entrainement. Une formatrice d'un groupe d'agents potentiels de SOE déclare : "Elle était la personne la plus intéressante et probablement la plus intelligente. Un orateur vivant et infatigable." Une autre dit qu'elle fut égocentrique, gâtée, têtue, impatiente, vaniteuse..." Fontaine est la seule personne non anglophone de son groupe de recrues au SOE[9].

Fontaine rentre en France par bateau[10] dans la nuit du 25 au , débarquant sur une plage de Bretagne. Elle se rend à Paris où elle retrouve ses amis Pierre Muslant, le chef du nouveau réseau Minister, et Denis Barrett, l'opérateur radio. Mulsant l'installe dans un lieu sûr à Melun, à environ 40 kilomètres au sud-est de Paris. Elle choisit alors un nouveau nom de code : Mimi[11]. En plus de ses déplacements comme agent de liaison, elle localise des champs agricoles propices à des parachutages d'armes et de fournitures pour la Résistance française. Elle organise des groupes de résistants pour recevoir cinq largages par avion en avril et mai. En avril, elle accueille une équipe de trois officiers militaires américains arrivés en parachute. Ils ont pour mission de travailler avec la résistance française pour préparer le débarquement en Normandie, le . Le réseau Minister réussit à organiser et à exécuter plusieurs opérations de sabotage de petite échelle visant à entraver la logistique allemande[8] et le transport des fournitures sur les champs de bataille après le Jour J[12]. En , un commando SAS (forces spéciales de l’armée de terre britanniques) annonce par radio qu'ils sont en difficulté dans la forêt de Fontainebleau. Mulsant, Barrett et d'autres se précipitent pour sauver les SAS mais sont capturés par les Allemands. Benjamin Cowburn revient en France le dans une vaine tentative de libération de Mulsant et Barrett, mais tous deux sont envoyés à Buchenwald. Fontaine, la seule survivante du réseau Minister, continue de travailler avec la Résistance jusqu'à la libération de la région de Troyes du contrôle allemand fin . Elle revient en Angleterre le [2],[13].

Fontaine, déçue de la capture de ses deux collègues, fait part de ses critiques dans un rapport au SOE. La capture de Mulsant et Barrett, écrit-t-elle , "était entièrement dû à l'envoi de SAS en uniforme dans une zone très étroitement surveillée par la SS ". Le commando put se retirer en zone sûre. Cependant, Mulsant et Barrett, tentant d'aider l'équipe SAS, "n'étaient pas au courant" et furent capturés.

À son retour à Londres, Fontaine est hébergée dans un hôtel avec deux autres femmes agentes du SOE. Elles aussi ont des griefs supposés contre le SOE : Anne-Marie Walters et Odette Wilen. Un officier du SOE rapporte leur conversation indiscrète où elles discutent ouvertement des arrestations d'agents du SOE. Il dit à propos de Fontaine : "Son état nerveux actuel est largement dû au fait qu'elle blâme l'organisation [SOE] pour l'arrestation de ses deux amis." Il ajoute "j'ai été sérieusement choqué par l'attitude de ces trois dames"[14].

Fontaine n'a jamais reçu de reconnaissance pour son travail avec le SOE. Le célèbre espion du SOE, Vera Atkins, affirma que Fontaine a été recrutée sur le terrain et n'a jamais été un agent officiel de la section française du SOE[15],[16]. Les propositions de décoration de la Croix de Guerre et de l'Ordre de l'Empire britannique à Fontaine ne furent jamais approuvées. Le gouvernement de Gaulle la décora de la médaille de la résistance. Malgré le peu de reconnaissance, l'évaluation de son travail par le SOE était qu'elle fut "une agent de liaison et assistante efficace et loyale" avec un "don pour un travail clandestin"[17].

Après guerre

Fontaine épousa un Français du nom de Claude Dumont, le . Elle décéda le [17].

Décorations

Références

Bibliographie

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI