Yēlǜ Pǔsùwán
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Décès | |
|---|---|
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie |
Yelü Pusuwan, morte en 1177, est une impératrice Liao du Khanat des Kara-Khitans de 1163 à 1177. Elle est la sœur cadette de Yelü Yilie. Son règne est marqué par une implication croissante des Kara-Khitan dans les affaires du Khorassan et du Khwarezm.
À la mort de Yelü Yilie en 1163, ses fils étant encore mineurs, la succession revient à sa sœur Yelü Pusuwan, conformément à la volonté exprimée par le défunt souverain. Elle monte officiellement sur le trône en 1164 et adopte le titre de règne Chongfu (« bonheur exalté »). Si la régence féminine n’était pas inconnue dans la tradition politique khitane, la succession latérale par une sœur constitue un cas exceptionnel. Cette accession peut s’expliquer par la position élevée des femmes dans la société khitane ainsi que par l’influence de son entourage familial, notamment celle de son beau-père, le général Xiao Wolila, figure militaire de premier plan à l’époque de Yelü Dashi[1].
En 1165, les Kara-Khitans participent à l'invasion par Mas'ud Tabghach Khan de Balkh et Andkhoi, deux villes contrôlées par les Oghouzes. À la suite de cette guerre, Balkh tombe sous le contrôle des Kara-Khitans jusqu'en 1198. En 1172, les Khitans traversèrent l'Amou-Daria pour attaquer le Khwarezm, à la suite d'un défaut de versement du tribut par Il-Arslan. Ce dernier tombe malade alors qu'il est en route pour combattre les Khitans et laisse un commandant karlouk diriger ses troupes tandis qu'il reste en arrière. L'armée khwarazmienne est battue à plate couture et Il-Arslan retourne au Khwarezm où il meurt en mars 1172. Cependant, malgré cette victoire, les Khitans n'imposent aucun nouveau tribut au Khwarezm, peut-être parce que le butin amassé lors de leur victoire leur suffit[2].
La mort d'Il-Arslan entraîne une lutte de succession entre ses deux fils, et les Kara-Khitans y sont très rapidement impliqués. Le fils cadet, Jalal-ud-Din Sultan-Shah (en), est intronisé avec l'aide de sa mère, Terken Khatun (en), qui règne en son nom. Le fils aîné, Ala ad-Din Tekish, se réfugie à la cour des Kara-Khitans et leur demande de l'aider à devenir le nouveau souverain du Khwarezm, en échange d'une part de ses trésors et d'un tribut annuel. Pusuwan répond favorablement à sa demande et envoie une puissante armée commandée par son mari, Xiao Duolubu, marcher sur le Khwarezm pour soutenir les revendications au trône de Tekish. Sultan Shah et sa mère s'enfuient du Khwarezm et Tekish est intronisé le 11 décembre 1172. Terken Khatun demande de l'aide à Mu'ayyid al-Din Ai-Aba, l'émir de Nishapur, qui accepte et entre en guerre contre le Kwarazem. Malheureusement pour Ai-Aba, son armée est vaincue par les forces de Tekish et il est lui-même capturé et exécuté au Khwarezm en juillet 1174[3]. Sultan Shah et sa mère s'enfuient alors au Dehistan, mais Tekish les suis, conquiert la région et met à mort Terken Khatun. Sultan Shah s'enfuit de nouveau et va se réfugier auprès de Tughan Shah, le fils de Mu'ayyid, à Nishapur, puis auprès des Ghorides[4].
Bien qu'il leur doive sa couronne, Tekish se brouille rapidement avec les Kara-Khitans, car il trouve le comportement de leurs émissaires insultant et leurs exigences supérieures à l'accord initial. Au milieu des années 1170, Tekish tue le chef des émissaires, qui fait partie de la famille royale Kara-Khitane, et ordonne aux notables Khwarazmiens (les "ayan") de tuer tous les Kara-Khitans qui entrent au Khwarezm. Pusuwan réagit en convoquant Sultan Shah, qui a déjà pris contact avec la cour des Kara-Khitans après avoir compris que les Ghorides ne lui seront d'aucun secours. Comme elle l'avait fait pour Tekish, elle envoie une puissante armée commandée par son mari, Xiao Duolubu, marcher sur le Khwarezm, cette fois-ci pour soutenir les revendications au trône de Sultan Shah et évincer Tekish[5].
Pendant le conflit avec le Khwarezm, les Kara-Khitans doivent également faire face à des rébellions de tribus qui éclatent au nord et à l'est de leur territoire. Au début des années 1170, l'impératrice envoie un gendre impérial nommé Abensi mettre fin à la révolte des Yebulian et d'autres tribus du nord. Mais Abensi ne parvient pas à les vaincre et le conflit dure jusqu'en 1175. La même année, les Naimans et les Kangly se rendent aux Jin. En 1177, les Kara-Khitans envoient des espions sur le territoire des Jin, qui s'en aperçoivent rapidement et ripostent en déplaçant les Khitans du nord-ouest vers le nord-est de leur Empire, soit le plus loin possible des Kara-Khitans. En outre, le marché frontalier de Suide est fermé par crainte qu'il ne soit utilisé comme plaque tournante par les espions[6].
Pendant l'absence de son mari, Pusuwan tombe amoureuse du frère de ce dernier, Xiao Fuguzhi. Elle projette de se débarrasser de son mari pour passer plus de temps avec son nouvel amour, mais son beau-père, Xiao Wolila, a vent de ses plans et organise un coup d'État : il encercle le palais avec ses troupes puis fait tuer son fils et l'impératrice[5].