Zahra Kia naît en 1913, dans le quartier Sangelaj de Téhéran, capitale de l'empire kadjar, du mariage entre ʿEṣmat-al-Ḥājia Borujerdi et Mirzā Hādi Nuri. Sa famille est originaire de Nour, ville du Mazandéran, Zahra Kia est la petite-fille du cheikh al-Islam et ayatollah Fazlollâh ibn Abbas Nouri (1843-1909), figure politique importante exécutée durant la Révolution constitutionnelle persane (1905-1911)[1].
En 1924, après avoir quitté l'école primaire Nāmus, établissement musulman féminin ouvert en 1909, Kia continue sa scolarité au Centre éducatif central (en persan : دارالمعلمات مرکزی, Dār-al-Moʿalemāt-e Markazi), établissement féminin ouvert en 1921. En 1935, elle entre à l'Institut Ali (en persan : دانش سرای عالی, Dānešsarā-ye ʿĀli), lieu de formation des enseignants du lycée et aujourd'hui l'université Kharazmi[1].
En 1939, Kia est l'une des premières femmes iraniennes à recevoir un diplôme universitaire. En 1941, Kia intègre la formation de l'université de Téhéran pour devenir spécialiste de la littérature persane. Son mémoire, Sabk-e adabi-e tavārikh tā qarn-e nohom-e hejri (« Les genres littéraires de l'Histoire jusqu'au IXe siècle de l'Hégire »), est supervisé par Mohammad Taghi Bahar et est reçu avec une mention honorifique. La même année, elle épouse le linguiste Parviz Natel Khanlari. Le couple a deux enfants : Tarāneh, née en 1946, et Ārmān, né en 1951 et mort en 1959 d'une leucémie[1].
En 1939, après avoir travaillé pendant près de deux ans comme bibliothécaire à l’Institut Pasteur d'Iran, la jeune femme commence à enseigner au lycée Parvin puis à l'Institut préparatoire Dokhtaran (en persan : دانش سرای مقدماتی دوتاران, Dānešsarā-ye Moqadamāti-e Doḵtarān). En 1946, Khanlari est nommée principale du lycée Nurbakhsh, rebaptisé plus tard Reżā-Shah-Kabir[1].
En 1957, Khanlari devient professeure adjointe à l'université de Téhéran, où elle enseigne l'Histoire de la langue persane, puis elle prend sa retraite en 1965[1].
En 1942, Ṣafiya Firuz et Fāṭema Sayyāḥ fondent le Parti des femmes iraniennes (en persan : حزب زنان ایران, Ḥezb-e zanān-e Iran), Zahra Khanlari devient la secrétaire du conseil d’administration du parti. En 1946, il change de nom pour Conseil des femmes iraniennes (en persan : شورای زنان ایران, Šowrā-ye zanān-e Irān), mais toujours avec l’objectif de promouvoir et de sensibiliser à l’éducation et à la condition sociale des femmes[1].
Avec un groupe d'autres chercheurs, Khanlari visite les écoles et maison d'éditions françaises et britanniques afin d'étudier leurs manuels scolaires et diffuser leur uniformisation. Parviz Natel Khanlari est nommé ministre iranien de la culture en 1962 et, de retour en Iran en 1963, elle rejoint l'Organisation du livre (en persan : سازمان کتابهای درسی, Sāzmān-e Ketābhā-ye Darsi), une des deux entités affiliées au ministère de la Culture, jouant un rôle important pour l'uniformisation des manuels scolaires[1].
Zahra Khanlari participe à l'élaboration des Chefs-d'œuvre de la littérature persane (en persan : شاهکارهای ادبیات فارسی, Šāhkārhā-ye adabiyāt-e fārsi), anthologie de textes classiques, avec illustrations, annotations et glossaires, publiée en 1942 par le Bureau des publications et des affaires culturelles de l’université de Téhéran. L'ouvrage remporte le prix UNESCO en Iran et a été traduit en plusieurs langues, dont l’arabe, le chinois et l’ourdou[1].
Zahra Khanlari contribue régulièrement à Sokhan, revue mensuelle de littérature et de culture fondée par son époux en 1942. Elle a rédigé environ 40 articles, en écrivant des nouvelles originales ou en traduisant des poèmes et des nouvelles, ainsi que des articles sur la littérature occidentale. Durant sa retraite, Khanlari continue d'écrire et de traduire. En 1999, son ouvrage Farhang-e adabiyāt-e jahān (en persan : فرهنگ ادبيات جهان, Culture littéraire mondiale) est publié à titre posthume. En 2016, plusieurs de ses œuvres restent inédites[1].