Zaki Ali Toumbou
From Wikipedia, the free encyclopedia
Bandraboua, (Mayotte)
| Zaki Ali Toumbou | ||
| Tueur | ||
|---|---|---|
| Information | ||
| Nom de naissance | Zaki Ali Toumbou | |
| Naissance | Bandraboua, (Mayotte) |
|
| Nationalité | ||
| Surnom | Le « tueur de Montluçon » Le « barbare de Montluçon » |
|
| Condamnation | ||
| Sentence | Réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans | |
| Actions criminelles | assassinats, viol, séquestration, actes de torture et de barbarie | |
| Victimes | 3 + 2 blessées | |
| Période | - | |
| Pays | ||
| Régions | Auvergne-Rhône-Alpes | |
| Ville | Montluçon | |
| Arrestation | ||
| modifier |
||
Zaki Ali Toumbou, né le à Bandraboua (Mayotte), est un criminel français[1],[2].
Avec l'aide d'un complice, Toumbou est l'auteur du meurtre d'un couple de retraités, du meurtre d'une troisième retraitée, d'un viol et d'une séquestration, commis à Montluçon, en mars 2017. Cette affaire leur vaudra le surnom de « Barbares de Montluçon »[2].
Jeunesse
Zaki Ali Toumbou naît le à Bandraboua (Mayotte). Son enfance est marquée par la violence : il reçoit des gifles et des coups de ceinturon. Dès son plus jeune âge, il se met à voler et fait l’objet de sanctions disciplinaires à l’école[1],[3].
En 2012, à 13 ans, il commence à consommer du cannabis puis commence à boire de l’alcool. Toumbou expliquera, plus tard, avoir eu pour but de conquérir la fierté de sa famille, en consommant ces substances[3].
En 2013, il organise une bagarre collective dans l'enceinte de son collège. Les surveillants l'interpellent puis le découvrent en possession de stupéfiants. Toumbou est arrêté et mis en examen pour trafic de stupéfiants, mais laissé en liberté. Il est renvoyé de son établissement et envoyé à Toulouse (France)[1],[4],[5].
Le , le tribunal des enfants de Mamoudzou le condamne à une interdiction de séjour à Mayotte, une décision confirmée en appel, le [2],[3].
En 2014, à 15 ans, Toumbou arrive à Montluçon, où son frère de 22 ans réside pour y étudier en B.T.S.. Il effectue plusieurs contrats à durée déterminée, mais se retrouve facilement sans emploi. Pour remédier à ces manquements, Toumbou se remet à revendre des stupéfiants sans se faire arrêter. Son frère demeure dépassé par ses incartades, au point de demander son retour à Mayotte : une demande qui sera refusée.
En 2016, Toumbou rencontre Dailami Attoumani, un autre Mahorais né en 1999, avec qui il se lie d’amitié. Toumbou voue une grande admiration à l'égard d'Attoumani, qui détient un ascendant sur son entourage[2],[3],[5],[6].
Les crimes de Montluçon
En novembre et , Toumbou commet cinq vols, dans la commune de Montluçon. Le butin de ses larcins est souvent dérisoire : des tickets restaurant et du poulet dérobés dans une sandwicherie, des bouteilles de vin, une rallonge électrique et des cassettes vidéo dans la cave d'un voisin. Lors du dernier vol, Toumbou se cache dans un rayon de magasin, à l'heure de la fermeture. Après un contrôle, il est finalement repéré par le personnel puis arrêté. Au terme de sa garde à vue, Toumbou est mis en examen pour vols puis laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Son ADN est prélevé puis enregistré au Fichier national automatisé des empreintes génétiques[4],[5],[7].
Dans la nuit du 2 au , Toumbou et Attoumani s’introduisent chez Ginette, 85 ans, et Missimo Degl’Innoncenti, 71 ans, dans la commune de Montluçon. Les victimes subissent des actes de tortures et de barbarie, avant d’être assassinées. Après la commission du crime, Toumbou et Attoumani volent quelques économies du couple puis s’en vont. Les collègues de travail de Massimo s’inquiètent de ne pas avoir de nouvelle de lui. Compte tenu de l’âge du vieil homme — 72 ans dans les prochains jours —, ceux-ci décident de se rendre au domicile du couple. Ils croisent Attoumani à l'entrée du domicile, alors que celui-ci s'en va. Intrigué par la visite de l'inconnu, les collègues découvrent les corps du couple et préviennent les gendarmes. À leur arrivée, ceux-ci constatent le décès des deux victimes. Une information judiciaire est alors ouverte pour assassinat accompagné d'actes de tortures. Sur la voiture du couple, sont retrouvées des traces ADN. Le Fichier national automatisé des empreintes génétiques permet d’établir que celles-ci appartiennent à Toumbou. Cette présence génétique interpelle les enquêteurs, mais l'absence de son ADN sur la scène de crime ne suffit pas pour faire de lui un suspect. En plus de cela, les témoins ne reconnaissent pas le jeune homme[2],[8].
Dans la nuit du 10 au , Toumbou, alcoolisé, tente de forcer la barrière d'une discothèque de la ville. Deux vigiles le surprennent en flagrant délit et lui demande de repartir. L'un des vigiles ayant un ami policier, celui-ci décide de filmer la scène sur son téléphone portable. Pour garder l'ascendant, Toumbou se vente d'être le « tueur de Montluçon ». Il finit néanmoins par repartir, sans être parvenu ses fins. Intrigué par les déclarations de Toumbou, le vigile se rend au commissariat, le matin-même, pour signaler les déclarations. Les policiers affirment cependant que Toumbou ne correspond pas au suspect vu par les témoins, la nuit du double meurtre[2].
Dans la nuit du 11 au , Toumbou et Attoumani s’introduisent au domicile de Jeanine Ponce, 74 ans, à Montluçon. Les deux jeunes hommes torturent la vieille dame, avant de l’assassiner. Le chien de la victime, effrayé par les coups et blessures portés sur sa maîtresse, se réfugie sous le cagibi de la propriété. Après la commission du crime, Toumbou et Attoumani fouillent la maison et volent quelques économies de la vieille dame puis s’en vont. À la suite du meurtre, alors que son corps n'a pas encore été découvert, Toumbou et Attouani séquestrent et torturent un jeune couple et violent la jeune femme chacun leur tour. Après plusieurs heures de torture, Toumbou et Attoumani s’en vont, sans tuer le couple. Ces deux victimes rescapées préviennent les gendarmes et déposent plainte pour séquestration et viol en réunion. Longuement interrogées, les deux victimes parviennent à identifier l'un de leurs assaillants, après qu'un cliché de Toumbou leur soit montré[2],[8].
Dans l’après-midi du , le fils de Jeanine Ponce s’inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles. Il décide donc de se rendre chez sa mère et découvre son corps. Il appelle alors les gendarmes, qui ouvrent une information judiciaire pour assassinat accompagné d'actes de tortures. Il devient alors urgent pour la police d’interpeller Toumbou[2],[8].
Arrestations et incarcérations
Dans la nuit du , Toumbou, 18 ans, est arrêté et placé en garde à vue pour séquestration et viol en réunion. Il reconnaît avoir participé à ces faits, mais accuse Attoumani d'avoir été présent sur les lieux. Il accuse également Ben Z., un jeune de 19 ans, de les avoir conduit sur les lieux du crime. Le lendemain, Ben Z. est arrêté, tandis qu'Attoumani demeure introuvable, après avoir pris la fuite. En garde à vue, Ben Z. nie avoir participé au faits et avoir conduit Toumbou et Attoumani sur les lieux du crime. Il dit avoir passé le soir des faits chez-lui, mais nul ne peut confirmer ses dires, le jeune homme étant seul lors de cette soirée. À l'issue de sa garde à vue, Toumbou est mis en examen pour viol en réunion et séquestration, puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Riom. Ben Z. est mis en examen pour complicité de viol en réunion et séquestration, puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure[9],[10].
Toumbou est de nouveau placé en garde à vue, le , pour le double meurtre du couple Degl'Innocenti. Ce même jour, deux jeunes hommes, dont un de 17 ans, sont placés en garde à vue pour ce crime. Déjà incarcéré, Toumbou est mis en examen pour assassinats accompagnés d'actes de tortures sur personnes vulnérables puis reconduit au Centre pénitentiaire de Riom. Le lendemain, les deux jeunes hommes de 17 ans sont mis en examen pour ces même faits et incarcérés à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure[11],[12],[13],[14].
Dans la soirée du , Attoumani est repéré puis interpelé près de la Gare de Clermont-Ferrand. Placé en garde à vue dans l'affaire de viol en réunion, il reconnaît sa participation dans tous les crimes, mais affirme avoir un rôle mineur dans l'intégralité des faits. De la même manière que Toumbou, il confirme avoir agi à cinq et accuse Ben Z. et les deux mineurs de complicité. À l'issue de sa garde à vue, Attoumani est mis en examen pour viol en réunion et séquestration puis placé en détention provisoire à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure[15],[16],[17].
Le , Toumbou, Attoumani et Ben Z. sont de nouveau placés en garde à vue, dans le cadre du meurtre de Jeanine Ponce. Seuls Toumbou et Dailami reconnaissent avoir participé au crime. En ce qui concerne Ben Z., celui-ci nie avoir participé aux crimes de Montluçon. Il regagne donc la Centre de détention de Moulins-Yzeure, sans être poursuivi pour ces faits. Déjà mis en examen pour le double assassinat des époux Degl'Innocenti, Toumbou est mis en examen pour assassinat accompagné d'actes de tortures sur la personne de Jeanine Ponce puis reconduit à la Maison d'arrêt de Riom. Attoumani est mis en examen pour assassinats accompagnés d'actes de tortures sur les personnes des Massimo et Ginette Degl'Innocenti ainsi que sur Jeanine Ponce, puis reconduit à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure. La presse les surnomme les « Barbares de Montluçon »[7],[18].
Ben Z. est remis en liberté, le , après que sa présence concernant les crimes ait été écartée. Son avocate déplore ses trois mois d'incarcération à tort, au cours desquels il y a fêté ses 20 ans. Deux des jeunes de 17 ans sont également remis en liberté, pour le même motif[10],[19].
Le , Toumbou comparaît devant le tribunal correctionnel, pour la série de vols, commise en 2016. Loin de se réfugier dans le silence, Toumbou affirme avoir commis ces faits dans le but de se nourrir. Questionné sur le vol des bouteilles de vin, il affirme les avoir bu en compagnie d'amis, en une seule journée, dans la cour de son logement de la place du 11-Novembre. Au terme de ce jugement, Toumbou est condamné à six mois de prison avec sursis[4],[5].
Le , Attoumani est remis en liberté, sous le motif que la détention provisoire d'un mineur ne peut dépasser deux ans, à défaut de délai suffisant pour le renvoyer devant une Cour d'assises. Placé sous bracelet électronique, il doit pointer trois fois par jour à Clermont-Ferrand et a des obligations de soins. Il sera arrêté le lendemain, après avoir enfreint ses contrôles judiciaires, et ré-incarcéré à la à la Prison de Saint-Étienne-La-Talaudière. Quelques semaines plus tard, Toumbou et Attoumani sont renvoyés devant la Cour d'assises des mineurs de l'Allier. De leurs côtés, Ben Z. et les deux jeunes de 17 ans bénéficient d'une ordonnance de non-lieu[20],[21],[22],[23].
Procès en première instance
Le , débute le procès de Toumbou et d’Attoumani, devant la Cour d'assises des mineurs de l’Allier[24].
Lors du procès, Toumbou reconnaît avoir agi avec Attoumani dans tous les crimes. Il affirme cependant avoir agi sous l’effet de l’alcool, après avoir bu avec Attoumani. De son côté, Attoumani persiste à s’attribuer un rôle second et de complice. Les experts psychiatres, psychologues et enquêteurs se succèdent à la barre. Tous dépeignent deux jeunes hommes « violents », « alcooliques » et « drogués ». À la barre, Toumbou et Attoumani, reconnaissent leurs crimes, mais restent flous dans leurs explications. La cour n’est pas sensible à ces jeunes hommes, qui n'exprimant aucun remords, et fait état de la violence orchestrée lors de la commission des crimes[25],[26].
Le , Toumbou est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Attoumani, mineur au moment des faits, écope de 30 ans de réclusion criminelle : la peine maximale pour un mineur entre 16 et 18 ans. Tous deux interjette appel de leur condamnation[27],[28],[29],[30].
Procès en appel
Le , le procès en appel de Toumbou et Attoumani débute, devant la Cour d'assises des mineurs du Puy-de-Dôme[31].
Lors de ce procès, Toumbou présente des excuses aux familles des victimes et dit ne pas passer un jour sans penser à cette affaire. En ce qui concerne Attoumani, celui-ci adopte la même position qu’au premier procès. À la barre, les experts psychiatres distinguent en Attoumani un ascendant sur Toumbou et le jugent comme étant le plus dangereux des deux accusés. Ensuite, ceux-ci affirment que l’effet groupal a contribué à la commission des faits. L’avocat général ne tiens pas compte d’un moindre rôle de Toumbou et requiert les peines maximales pour les deux accusés, en précisant qu’il y aurait eu d’autres victimes s’ils n’avaient pas été arrêtés[1],[32].
Le , Toumbou, 22 ans, est de nouveau condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Attoumani, 21 ans, voit également sa peine de 30 ans de réclusion criminelle confirmée[32],[33],[34].
La défense de Toumbou et d'Attoumani forment un pourvoi en cassation, mais celui-ci est rejeté, le .
Affaire de violence en détention
Incarcéré au Centre pénitentiaire de Riom, Toumbou est souvent insulté et malmené par ses codétenus. Ne supportant pas ces insultes, il finit par les menacer de mort[35].
Le , six codétenus de Toumbou se jettent sur lui, dans la cour de la Maison d’arrêt, et le passent à tabac. Des surveillant sont alertés et maîtrisent les six assaillants. Interrogés sur les faits, les six agresseurs, affirment avoir agi après avoir été menacés de mort par Toumbou. Ils avouent cependant l’avoir malmené, du fait de sa condamnation pour les crimes de Montluçon. Les six hommes sont alors mis en examen pour « coups et blessures volontaires » puis transférés dans une autre Maison d’arrêt. Toumbou, quant à lui, n’est que légèrement blessé, sans que son pronostic vital ne soit engagé. Trois des agresseurs seront par la suite libéré, après la fin des leur peine[35].
Cinq des six prévenus comparaissent, le , devant le tribunal correctionnel de Riom, pour « coups et blessures volontaires » sur la personne de Toumbou. Ceux-ci sont condamnés à des peines allant de six à neuf mois de prison ferme[35].
Toumbou est toujours incarcéré à cette date. Il ne pourra demander aucune libération conditionnelle avant 2039, date à laquelle sa période de sûreté prendra fin.