Dailami Attoumani

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Nom de naissanceDailami Attoumani
Naissance
Mayotte
NationalitéDrapeau de la France Française
SurnomLe « tueur de Montluçon »
Le « barbare de Montluçon »
Dailami Attoumani
Tueur
Image illustrative de l’article Dailami Attoumani
Information
Nom de naissance Dailami Attoumani
Naissance
Mayotte
Nationalité Drapeau de la France Française
Surnom Le « tueur de Montluçon »
Le « barbare de Montluçon »
Condamnation



Sentence 30 ans de réclusion criminelle
Actions criminelles assassinats, viol en réunion, séquestration, actes de torture et de barbarie, coups et blessures
Victimes 3 + 3 blessées
Période -
Pays Drapeau de la France France
Régions Auvergne-Rhône-Alpes
Ville Montluçon, Clermont-Ferrand
Arrestation

Dailami Attoumani, né en 1999 à Mayotte, est un criminel français[1],[2].

En , à 17 ans, il assassine un couple de retraités, tue une troisième retraitée, puis séquestre un couple dont il viole la jeune femme, en compagnie d'un complice, dans la ville de Montluçon. Cette affaire leur vaudra le surnom de « Barbares de Montluçon ». Attoumani est également l'auteur d'une violente agression, commise à Clermont-Ferrand, en [1],[3],[4].

Jeunesse

Dailami Attoumani naît en 1999 à Mayotte. Son père est Comorien, tandis que sa mère est mahoraise. Attoumani grandit dans un contexte de violence, dans lequel son père le bat régulièrement. À l’école, ses camarades et lui sont souvent séquestrés dans des armoires, enchaînés à leurs bureaux et frappés à coups de règles[1],[4].

En grandissant, Attoumani fuit les bancs de l'école et finit à la rue, où il rencontre de mauvaises fréquentations. Il participe à des bagarres entre quartiers, qui ont lieu à coups de barres de fer et de machettes. Attoumani confiera plus tard qu'une bande rivale pouvait, à tout moment, surgir de nulle part. Inquiets de voir des fréquentations aussi violentes, les parents d'Attoumani l’envoient à plusieurs reprises aux Comores, mais l'adolescent continue de fréquenter les mauvaises personnes[4].

En 2013, à 14 ans, Attoumani est envoyé à Dijon (France) par ses parents, lui faisant croire qu'il va y passer des vacances chez son oncle. À son arrivée, ils lui annoncent que son arrivée en France est définitive. Attoumani digère très mal cet abandon de ses parents, qu'il vit comme une trahison. Il se met à sombrer dans l'alcoolisme et commence à consommer des stupéfiants[4].

À la fin de l'année 2015, Attoumani et son oncle déménagent à Montluçon. Son oncle commençant à le délaisser, Attoumani se trouve rapidement livré à lui-même et sombre dans la marginalité. Ne parvenant pas à trouver d'emploi, il finit par vendre du cannabis pour pouvoir se nourrir. Pour casser cet ennui, Attoumani se rend régulièrement à Clermont-Ferrand, chez l'un de ses cousins, pour y passer plusieurs jours[4].

En 2016, il fait la connaissance de Zaki Ali Toumbou, un autre Mahorais né en 1998, avec qui il se lie d'amitié. Attoumani s'avère être le meneur du groupe. Il détient l'ascendant sur ses amis et est capable d’exercer une influence sur d’autres jeunes pour les enrôler dans ses méfaits[5].

Crimes à Clermont-Ferrand et Montluçon

Dans la matinée du , Attoumani entre par effraction à la Gare de Clermont-Ferrand et saccage les vitres et le distributeur de billets. Alerté par le bruit, un agent de sécurité, le surprend et tente de le maîtriser. Pris en fragrant délit, Attoumani jette un ordinateur sur la tête de l'agent puis la roue de coups, avant de prendre la fuite. Une heure plus tard, une femme de ménage est surprise de voir les vitres brisées, à l'entrée de la gare. Elle entre dans l'établissement et découvre l'agent inconscient, enfermé dans le local. Les secours sont appelés et transportent directement la victime au CHU. Les blessures étant mineures, l'agent s'en sort sans difficultés, mais se voit contraint de poser cinq jours d'ITT. Une enquête est ouverte pour coups et blessures et dégradations. L'ADN du saccageur est retrouvé, mais demeure inconnu du Fichier national automatisé des empreintes génétiques[6],[7],[8].

Dans la nuit du 2 au , Attoumani et Toumbou s’introduisent chez Ginette, 85 ans, et Missimo Degl’Innoncenti, 71 ans, dans la commune de Montluçon. Les victimes subissent des actes de tortures et de barbarie, avant d’être assassinées. Après la commission du crime, Toumbou et Attoumani dérobent quelques économies du couple puis s’en vont. Les collègues de travail de Massimo s’inquiètent de ne pas avoir de nouvelle de lui. Compte tenu de l’âge du vieil homme  72 ans dans les prochains jours , ceux-ci décident de se rendre au domicile du couple. Ils croisent Attoumani à l'entrée du domicile, alors que celui-ci s'en va. Intrigué par cette présence, les collègues rentrent dans la maison et découvrent les corps du couple. Ils préviennent les gendarmes, qui constatent le décès des deux victimes, à leur arrivée. Une information judiciaire est alors ouverte pour assassinat accompagné d'actes de tortures. Sur la voiture du couple, sont retrouvées des traces ADN. Le Fichier national automatisé des empreintes génétiques permet d’établir que celles-ci appartiennent à Toumbou. Cette présence génétique interpelle les enquêteurs, mais l'absence de son ADN sur la scène de crime ne suffit pas pour faire de lui un suspect. En plus de cela, les témoins ne reconnaissent pas le jeune homme[1],[9],[10].

Dans la nuit du 11 au , Attoumani et Toumbou s’introduisent au domicile de Jeanine Ponce, 74 ans, à Montluçon. Les deux jeunes hommes torturent la vieille dame, avant de l’assassiner. Le chien de la victime, effrayé par les coups et blessures portés sur sa maîtresse, se réfugie sous le cagibi de la propriété. Après la commission du crime, Attoumani et Toumbou fouillent la maison, volent quelques économies de la vieille dame puis s’en vont. À la suite du meurtre, alors que son corps n'a pas encore été découvert, Attoumani et Toumbou séquestrent et torturent un jeune couple et violent la jeune femme chacun leur tour. Après deux heures et demi de torture, Attoumani et Toumbou quittent les lieux, sans tuer le couple. Ces deux victimes rescapées préviennent les gendarmes et déposent plainte pour séquestration et viol en réunion. Longuement interrogées, les deux victimes parviennent à identifier l'un de leurs assaillants, après qu'un cliché de Toumbou leur soit montré. Le lendemain après-midi, le fils de Jeanine Ponce s’inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles. Il décide donc de se rendre chez sa mère et découvre son corps. Il appelle alors les gendarmes, qui ouvrent une information judiciaire pour assassinat accompagné d'actes de tortures. Il devient alors urgent pour la police d’interpeller Toumbou[1],[9],[11].

Dans la nuit du , Toumbou, 18 ans, est arrêté et placé en garde à vue pour séquestration et viol en réunion. Il reconnaît avoir participé à ces faits, mais accuse Attoumani d'avoir été présent sur les lieux. Il accuse également Ben Z., un jeune de 19 ans, de les avoir conduit sur les lieux du crime. Le lendemain, Attoumani prend la fuite, après avoir appris l'arrestation de Toumbou. Ben Z., quant à lui, est arrêté, mais nie avoir participé au faits et avoir conduit Toumbou et Attoumani sur les lieux du crime. Il dit avoir passé le soir des faits chez-lui, mais nul ne peut confirmer ses dires, le jeune homme étant seul lors de cette soirée. À l'issue de sa garde à vue, Toumbou est mis en examen pour viol en réunion et séquestration, puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Riom. Ben Z. est mis en examen pour complicité de viol en réunion et séquestration, puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure. Quatre jours plus tard, Toumbou est de nouveau placé en garde à vue pour le double meurtre du couple Degl'Innocenti, en compagnie de deux jeunes de 17 ans, qu'il accuse d'avoir participé au crime. Déjà incarcéré, Toumbou est mis en examen pour assassinats accompagnés d'actes de tortures sur personnes vulnérables puis reconduit à la Maison d'arrêt de Riom. Le lendemain, les deux jeunes hommes de 17 ans sont mis en examen pour ces même faits et incarcérés à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure[12],[13],[14],[15],[16],[17].

Arrestation et incarcération

Dans la soirée du , Attoumani est repéré puis interpelé près de la Gare de Clermont-Ferrand. Placé en garde à vue dans l'affaire de viol en réunion, il reconnaît sa participation dans tous les crimes, mais affirme avoir un rôle mineur dans l'intégralité des faits. De la même manière que Toumbou, Attoumani confirme avoir agi à cinq et accuse Ben Z. et les deux mineurs de complicité. Il est mis en examen pour viol en réunion et séquestration puis placé en détention provisoire à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure. Son ADN est versé au FNAEG. Quelques jours plus tard, celui-ci établit une correspondance avec l'ADN retrouvé sur la scène de l'agression de l'agent de sécurité commise à Clermont-Ferrand, en [18],[19],[20],[21],[22].

Le , Attoumani, Toumbou et Ben Z. sont de nouveau placés en garde à vue, dans le cadre du meurtre de Jeanine Ponce. Seuls Toumbou et Dailami reconnaissent avoir participé au crime. En ce qui concerne Ben Z., celui-ci nie avoir participé aux crimes de Montluçon. Il regagne donc le Centre de détention de Moulins-Yzeure, sans être poursuivi pour ces faits. Déjà mis en examen pour le double assassinat des époux Degl'Innocenti, Toumbou est mis en examen pour assassinat accompagné d'actes de tortures sur la personne de Jeanine Ponce puis reconduit au Maison d'arrêt de Riom. Attoumani est mis en examen pour assassinats accompagnés d'actes de tortures sur les personnes des Massimo et Ginette Degl'Innocenti ainsi que sur Jeanine Ponce, puis reconduit à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure. La presse les surnomme les « Barbares de Montluçon »[23],[24],[25],[26].

Le , Attoumani est placé en garde à vue, dans le cadre de l'agression et des dégradations de Clermont-Ferrand. Confronté à la présence de son ADN sur les lieux, il reconnaît être l'auteur des faits. À l'issue de sa garde à vue, Attoumani est mis en examen pour coups et blessures ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours, dégradations et cambriolage, puis reconduit à la Maison d'arrêt de Moulins-Yzeure. Quatre jours plus tard, Ben Z. est remis en liberté, après que sa présence concernant les crimes ait été écartée. Son avocate déplore ses trois mois d'incarcération à tort, au cours desquels il y a fêté ses 20 ans. Les deux autres jeunes de 17 ans sont également remis en liberté, pour le même motif[13],[27],[28].

Le , Attoumani comparaît devant le tribunal pour enfants, pour les faits de coups et blessures ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours, dégradations et cambriolage commis à Clermont-Ferrand. Il réitère ses aveux passés en garde à vue, reconnaissant l'intégralité des faits qui lui sont reprochés. L'« ombre » des crimes de Montluçon plane sur le jugement et fait état d'une escalade criminelle en seulement quelques mois. Attoumani est condamné à huit mois de prison, dont quatre mois ferme[29].

Attoumani est remis en liberté, le , sous le motif que la détention provisoire d'un mineur ne peut dépasser deux ans, à défaut de délai suffisant pour le renvoyer devant une Cour d'assises. Placé sous bracelet électronique, il doit pointer trois fois par jour à Clermont-Ferrand et a des obligations de soins. Il est arrêté le lendemain, après avoir enfreint ses contrôles judiciaires, et ré-incarcéré à la Prison de Saint-Étienne-La-Talaudière. Après un comportement violent avec ses codétenus, Attoumani est finalement placé à isolement, conformément à sa demande. Quelques semaines plus tard, Attoumani et Toumbou sont renvoyés devant la Cour d'assises des mineurs de l'Allier. De leurs côtés, Ben Z. et les deux jeunes de 17 ans bénéficient d'une ordonnance de non-lieu[4],[30],[31],[32],[33].

Procès en première instance

Le , débute le procès d'Attoumani et de Toumbou, devant la Cour d'assises des mineurs de l’Allier[34].

Lors du procès, Attoumani persiste à s’attribuer un rôle second et de complice : selon lui, seul Toumbou a eu le rôle de l'assassin. De son côté, Toumbou reconnaît avoir agi avec Attoumani dans l'intégralité des crimes. Il affirme cependant avoir agi sous l’effet de l’alcool, après avoir bu avec Attoumani. Les experts psychiatres, psychologues et enquêteurs se succèdent à la barre. Tous dépeignent deux jeunes hommes « violents », « alcooliques » et « drogués ». En ce qui concerne Attoumani, ils le décrivent comme un tueur en série ayant été arrêté à ses débuts et dépeignent un risque de récidive majeur en lui, du fait de sa violence et de sa capacité à frapper seul. Dans leur box, Attoumani et Toumbou, reconnaissent leurs crimes, mais restent flous dans leurs explications. La cour n’est pas sensible à ces jeunes hommes, qui n'exprimant aucun remords, et fait état de la violence orchestrée lors de la commission des crimes[35],[36].

Le , Attoumani est condamné à 30 ans de réclusion criminelle, du fait de sa minorité au moment des faits. Toumbou est, quant à lui, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Tous deux interjettent appel de leur condamnation[37],[38],[39],[40].

Procès en appel

Le , le procès en appel d'Attoumani et de Toumbou débute, devant la Cour d'assises des mineurs du Puy-de-Dôme[2],[41].

Lors de ce procès, Attoumani adopte la même position d'un rôle complice. En ce qui concerne Toumbou, celui-ci présente des excuses aux familles des victimes et dit ne pas passer un jour sans penser à cette affaire. À la barre, les experts psychiatres distinguent en Attoumani un ascendant sur Toumbou et le jugent comme étant le plus dangereux des deux accusés. Ensuite, ceux-ci affirment que l’effet groupal a contribué à la commission des faits. L’avocat général ne tiens pas compte d’un moindre rôle de Toumbou et requiert les peines maximales pour les deux accusés, en précisant qu’il y aurait eu d’autres victimes s’ils n’avaient pas été arrêtés[42],[43].

Le , Attoumani, 21 ans, est de nouveau condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Toumbou, 22 ans, voit également confirmer sa peine de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans[43],[44],[45].

La défense d'Attoumani et de Toumbou forme un pourvoi en cassation, mais celui-ci est rejeté, le .

Vie en prison

Attoumani est toujours incarcéré à cette date. Il ne pourra demander une libération conditionnelle à partir de 2032.

Liste des victimes connues

Notes et références

Liens externes

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