École Diwan

réseau français d'écoles avec un enseignement en langue bretonne From Wikipedia, the free encyclopedia

Les écoles Diwan (/ˈdiwɑ̃n/[1]) sont un réseau français d'écoles associatives, gratuites et laïques où l'enseignement est dispensé en langue bretonne.

Fondation 1977
Type Réseau d'écoles associatives, gratuites et laïques en langue bretonne
Budget Environ 6 millions d'euros
Population scolaire 3 700 (2025)
Faits en bref Fondation, Type ...
École Diwan
Description de l'image Logo Rouedad Skolioù Diwan.gif.
Description de cette image, également commentée ci-après
École Diwan de Saint-Pol-de-Léon.
Histoire et statut
Fondation 1977
Type Réseau d'écoles associatives, gratuites et laïques en langue bretonne
Administration
Budget Environ 6 millions d'euros
Études
Population scolaire 3 700 (2025)
Étudiants 4 307 ()
Diplômes délivrés

Baccalauréat

Diplôme national du brevet
Localisation
Pays Bretagne
Site web www.diwan.bzh
Fermer

En 2025, les écoles Diwan scolarisent 3 700 élèves de la maternelle jusqu'au baccalauréat dans les cinq départements de la Bretagne historique.

Le réseau Diwan fait lui-même partie du réseau Eskolim, fédérations des écoles associatives enseignant en immersion linguistique en langues régionales ou minoritaires de France, depuis sa création en 2009.

Historique

Création et évolution

Diwan est fondé en 1977[2] par Reun L'Hostis, musicien, brittophone, militant à la CGT et à l'UDB, inspiré par les exemples européens d'écoles associatives proposant un enseignement dans une langue minoritaire (Gaelscoileanna irlandaises, ikastolak basques, La Bressola catalane, etc.). Il prend attache avec la municipalité de Lampaul-Ploudalmézeau pour un projet de garderie en langue bretonne[3]. Le maire Yves Morel est un interlocuteur sensible à la langue bretonne[4]. Le , le conseil municipal, après discussion, est favorable à ce projet[5],[3]. Le , le conseil décide de lui louer les locaux publics jouxtant la mairie[6],[7], ceux d'une ancienne école, fermée depuis cinq ans, à Lampaul-Ploudalmézeau. L'école maternelle ouvre le lundi [6],[8], accueillant sept élèves[9] et leur instituteur, Denez Abernot[10],[11].

Le premier président de Diwan est le chanteur, musicien et libraire Gweltaz Ar Fur, qui occupe ces fonctions jusqu'en 1980[12]. Reun L'Hostis lui succède à ce poste et reste président de Diwan jusqu'en 1986 [13],[14]. Puis ce fut le tour de Youenn Bodennek et plus tard, parmi les premiers membres de l'association, se trouve également André Lavanant (né en 1951 à Plabennec), secrétaire de l'association en 1980, trésorier en 1981-1982, puis président de 1983 à 1989 et de 1991 à 1997[15]. C'est ensuite Andrew Lincoln, membre du Parti socialiste[16], qui est président de 1998 à 2002[17].

L’exécution du protocole d’accord du pour le passage sous statut public des établissements Diwan est suspendu par décision du Conseil d’État le , à la demande des mêmes groupes qui demandaient son annulation, rendue effective en [18].

En 2015, une nouvelle présidente prend la direction du réseau : Stéphanie Stoll[19].

Elle démissionne en pour se présenter aux élections régionales en Bretagne, Yann Uguen lui succède alors à la présidence[20]. En , c'est Anne-Sophie Brats qui est présidente de la fédération Diwan[21],[22].

En 2008, à l'occasion de l'anniversaire des 30 ans d'existence de Diwan, divers évènements festifs et culturels (concerts, expositions, festoù-noz) ont été organisés. Le premier concours national de skrabell (bretonnisation du terme anglais scrabble) en breton a eu lieu, puis Ar Redadeg, une course de relais de 600 km, à pied à travers la Bretagne, nuit et jour, de Nantes à Brest et, de là, à Carhaix[23].

Augmentation du nombre d'établissements

À la rentrée 2002, Diwan compte 33 écoles, 4 collèges et 1 lycée, employant quelque 250 personnes, dont 130 à plein temps[24].

Des écoliers de Diwan à Paris avec une banderole École Diwan de Paris/Skol Diwan Paris en 2011.

En , une école maternelle a ouvert ses portes dans le 14e arrondissement de Paris, à l'instigation de Claude Nadeau, une musicienne de 29 ans, qui a réussi à obtenir l'aide financière d'entrepreneurs bretons, comme Patrick Le Lay. La première année, elle accueille quinze enfants[25]. Elle ferme faute d'effectifs suffisants à la rentrée 2015[26],[27],[28].

Les effectifs de Diwan progressent de 5 % en 2011[29].

En , une nouvelle école voit le jour à la Fontaine aux Bretons sur la commune de Pornic (première école au sud de la Loire). L'école de Pornic est fermée en , faute d'enseignant, sur décision du conseil d'administration de Diwan Breizh[30].

En , l'école de Saint-Herblain est ouverte sur le site de l'Angevinière. Celui-ci est composé d'une crèche, d'une école et d'un collège[31]. En 2021 un deuxième lycée ouvre à Vannes[32].

Les collèges se trouvent au Relecq-Kerhuon, à Guissény, à Plésidy, Quimper, Vannes, Saint-Herblain[34] et La Bouëxière.

Les lycées se situent à Carhaix[35] et Vannes[36].

Des effectifs stables après une hausse constante

En 2001, dans les cinq départements de la Bretagne historique, 7 365 élèves suivent un enseignement bilingue, dont 2 609 dans les écoles Diwan contre 2 628 dans l'enseignement public et 2 128 dans l'enseignement privé catholique. Sur les 2 609 élèves inscrits dans une école Diwan, 1 502 étudient dans le Finistère, 427 dans les Côtes-d'Armor, 377 dans le Morbihan, 206 en Loire-Atlantique et 97 en Ille-et-Vilaine[37].

À la rentrée 2002, les écoles Diwan accueillent 2 780 élèves, soit une hausse de 6,5 % par rapport à 2000. 641 élèves étudient dans le second degré, 2139 dans le premier degré[38]. En , Michel Le Tallec, trésorier, est démis de ses fonctions[39].

À la rentrée scolaire 2006, les effectifs affichés par l'ensemble des écoles Diwan, tous niveaux confondus, sont de 2 943 élèves[37]. En , ils sont de 2 990 élèves, dont 40 élèves de plus au lycée de Carhaix, par rapport à l'année précédente[40]. En , le cap des 4 000 élèves est franchi (avec 4 097 inscrits à la rentrée, hausse de près de 6 %[41],[42]).

À la rentrée 2018, les écoles Diwan accueillent 4 337 enfants de la maternelle au lycée. Les effectifs continuent à augmenter, mais plus faiblement avec une hausse de 0.4% par rapport à la rentrée 2017[43].

À la rentrée 2022, 4 052 élèves sont inscrits dans les différents établissements, contre 4 030 en 2021[44].

L'école de Questembert ferme en 2020[45].

En 2024, le comité de soutien de l’école Diwan de Riantec décide d’aider le réseau régional de Diwan via un don de 3 500 €[46].

Pour la rentrée 2025, le réseau Diwan déclare vouloir ouvrir un collège en Ille-et-Vilaine[47]. La même année, les écoles Diwan scolarisent 3 700 élèves de la maternelle jusqu'au baccalauréat dans les cinq départements de Bretagne historique[48].

Davantage d’informations 1er degré (Maternelle et primaire) : 3 073 élèves, 2e degré (collège et lycée) : 1 234 élèves ...
Chiffres année scolaire 2020-2021[49][source secondaire nécessaire]
1er degré (Maternelle et primaire) : 3 073 élèves
Côtes d'Armor (22) Finistère (29) Ille-et-Vilaine (35) Loire-Atlantique (44) Morbihan (56)
Dinan 77 Le Faou 52 Guipel 25 Guérande 26 Auray 72
Bourbriac 36 Bannalec 87 Fougères 21 Nantes 1 168 Lorient 95
Guingamp 65 Brest 1 142 Rennes 1 89 Nantes 2 29 Baud 37
Lannion 95 Brest 2 127 Rennes 2 63 Saint-Nazaire 40 Vannes 72
Louannec 30 Ploudalmézeau 57 Savenay 10 Pontivy 61
Paimpol 26 Carhaix 84 Saint-Herblain 41 Riantec 31
Plounévez-moëdec 26 Chateaulin 23
Saint-Brieuc 75 Saint-Pol-de-Léon 71
TOTAL 430 Quimper - Kermoguer 104 TOTAL 35 198 TOTAL 44 314 TOTAL 56 368
Quimper - Penhars 93
Quimper - Creac'h Gwen 12
Quimperlé 57
Commana 30
Crozon 47
Landerneau 78
Lesneven 110
Saint-Renan 40
Morlaix 64
Plabennec 26
Plogastel-Saint-Germain 40
Plougastel-Daoulas 42
Plouguerneau 21
Pont-Croix 47
Tregunc 48
TOTAL 1502
2e degré (collège et lycée) : 1 234 élèves
Côtes d'Armor (22) Finistère (29) Ille-et-Vilaine (35) Loire-Atlantique (44) Morbihan (56)
Plésidy 208 Le Relecq-Kerhuon 236 En projet Saint-Herblain 81 Vannes 174
Paimpol (en projet) Quimper 175
Carhaix (lycée) 293
Guissény 96
TOTAL EFFECTIF : 4 075 élèves
Fermer

Statut

Le réseau est composé d'écoles associatives, gratuites et laïques où l'enseignement est dispensé en langue bretonne[50].

Le réseau Diwan fait lui-même partie du réseau Eskolim, fédérations des écoles associatives enseignant en immersion linguistique en langues régionales ou minoritaires de France, depuis sa création en 2009[51].

Direction

  • Depuis le  : Lou Millour et Mark Boette[52]

Recherche d'un statut public

Le projet de loi Savary « relatif aux rapports entre l'État, les communes, les départements, les régions et les établissements d'enseignement privé » provoque des inquiétudes sur le statut dont pourrait disposer l'enseignement privé[53]. Toutefois, ce projet est finalement abandonné en 1984[54]. En revanche, à partir de 1983, l'association reçoit des subventions de l'État[55].

En 1986, un plan d'intégration de 31 enseignants est signé avec le ministère de l'Éducation nationale. Il est rapidement remis en cause dès l'année suivante. En 1988, un protocole d'accord est signé fixant les modalités de fonctionnement des écoles Diwan et la participation financière de l'État et des collectivités territoriales de la région Bretagne. Dix enseignants sont pris en charge. En 1990, une nouvelle convention avec l'Éducation nationale permet de prendre en charge 51,5 postes sous statut de maîtres contractuels. En 1993, un accord cadre avec l'Éducation nationale, réactualise la convention de 1990 et titularise 3 enseignants en tant qu'instituteurs publics, puis 6 autres comme professeurs des Écoles. Depuis 1994, l'association bénéficie de contrats d'association avec l'Éducation nationale[56].

Le , le ministre de l'Éducation Nationale Jack Lang et le président de Diwan, Andrew Lincoln, signent à Rennes un protocole de passage sous statut public des écoles Diwan[55], malgré l’opposition du Conseil supérieur de l'éducation nationale (0 pour, 32 contre, 8 abstentions, 1 non prise de part au vote). Cet accord est dénoncé par des syndicats d'enseignants qui demandent au Conseil d'État de statuer. Ce dernier rejette l'intégration de Diwan[57] au motif que la méthode par immersion est contraire aux dispositions légales et inconstitutionnelle, sur la base des articles L. 121-3 et L. 312-10 du code de l'éducation[58], de l'article 1er de la loi du [59] et de l'article 2 de la Constitution française, modifié au moment de la ratification du traité de Maastricht : « La langue de la République est le français ». Le Garde des sceaux avait promis à l'époque que jamais cette loi ne serait utilisée contre les langues régionales[60],[61].

Cet arrêt interdit l'intégration de Diwan dans l'enseignement public sur le fondement d'un bilinguisme reposant sur la méthode de l'immersion. En revanche, il ne remet pas en cause l'enseignement bilingue à parité horaire, la seule condition étant « une définition rigoureuse des horaires entre le français et la langue régionale enseignée afin que l'on s'assure qu'une partie des enseignements des différentes disciplines se fait effectivement en français »[62], conformément à l'arrêté du « relatif à l’enseignement bilingue en langues régionales à parité horaire dans les écoles et les sections « langues régionales » des collèges et des lycées[63].

Public ou associatif

À l'intérieur même de Diwan, une opposition existe entre les partisans de l'intégration dans le secteur public, défendue par Andrew Lincoln, son président de 1997 à 2002, et ceux qui souhaitent préserver le statut associatif pour pouvoir continuer la pratique de la pédagogie immersive. Le conflit débouche le par la démission du conseil d'administration de Diwan lors d'une assemblée générale extraordinaire réunie à Guerlesquin, où la politique d'Andrew Lincoln a été « vivement critiquée »[64].

Michel Le Tallec, journaliste de 62 ans, ancien trésorier de l'association et initiateur du collectif «Réunir Diwan»[65], opposé au projet de l'ancienne direction, est élu le à la présidence de Diwan par le bureau de l'association[66].

Cofondateur de Breizh 2004 en [67], puis président de Kevredelezh Vreizh en , Michel Le Tallec propose, dans un texte daté du , une solution intermédiaire. Devant les difficultés budgétaires de l'association, il considère que le système de financement de Diwan — « pour un tiers des collectivités territoriales (conseil régional, départements, communes), pour un tiers des dons, pour un tiers des animations organisées par les parents d'élèves de Diwan » — s'essouffle et qu'une des solutions est « que Diwan sorte du cadre purement associatif, pour entrer dans un cadre semi-public », à condition que les financeurs, intégrés dans le conseil d'administration de l'association, adhèrent à sa charte pédagogique[68].

Après la brève présidence de Michel Le Tallec[69], en 2003, le bureau est recomposé : Anne Le Corre et Patrick Hervé deviennent coprésidents, Joël Le Baron trésorier, François-Gaël Rios secrétaire, Herlé Denez et Fanch Langoet vice-présidents[70]. À l'été 2004, François Gaël Rios et Patrick Hervé deviennent coprésidents de Diwan[71],[72]. En 2007 Patrick Hervé est toujours président de Diwan. En 2009, trois coprésidents sont élus : Serge Guégo, François-Gaël Rios et Catherine Guérin [73].

Statut actuel et financement

Passage de la Ar Redadeg en 2024.
Stand de présentation d'une école Diwan en 2016.

Diwan est une association loi 1901 déclarée, créée en 1977[74].

La plupart d'entre elles ont un statut d'établissements privés sous contrat[75].

La gestion du budget de chaque établissement est assumée par des parents d'élèves : il leur revient de faire la demande de subventions auprès des collectivités locales (conseil régional, départements, communes) et de dons aux particuliers, et d'organiser des animations pour collecter des fonds[76].

La plus grande partie du budget des écoles Diwan provient donc des dons[77], de particuliers, soit directement aux écoles, soit reversés par la fédération Diwan, qui collecte des fonds et les redistribue aux différentes écoles. Le budget annuel actuel est de trois millions d'euros, selon Patrick Hervé, président de Diwan [78]. Par exemple, le financement du collège du Morbihan à Vannes est assuré par les dons de particuliers sous forme de virements bancaires automatiques mensuels : 4 000  de dons chaque mois et par des apports ponctuels, le produit de manifestations (spectacles, fêtes...), ventes de produits[79].

Il existe des comités de soutien organisant différentes projets de soutien et faisant des dons[46],[80].

Plusieurs personnalités soutiennent Diwan. C'est le cas de :

En 2003, le conseil régional de Bretagne a accordé à Diwan une avance de 100 000 euros afin de l'empêcher de se retrouver en situation de liquidation judiciaire sous condition de négociations « avec le ministre de l'éducation nationale en vue d'une intégration au service public sur la base du bilinguisme à parité horaire »[85].

En , Diwan se trouve en difficulté financière en raison de la non-reconduction des emplois aidés du réseau[86], à la suite de l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République et aux arbitrages financiers du gouvernement d’Édouard Philippe. L'Union démocratique bretonne relance alors l'idée d'un statut public régional pour Diwan : la mission de service public du réseau serait garantie et un financement équivalent à celui de l’Éducation nationale en euro par élève lui serait accordée, mais Diwan conserverait son autonomie de gestion et la méthode de l'immersion en langue bretonne serait préservée[87].

Pédagogie

L'enseignement par immersion

Les écoles Diwan utilisent en maternelle et en première année de primaire la méthode dite « par immersion », l'immersion linguistique consistant à baigner l'élève dans un environnement ne pratiquant que cette langue afin qu'elle devienne langue de vie et que l'apprentissage en soit facilité[88].

En et en , deux arrêtés visant à organiser un enseignement bilingue dans les écoles, collèges et lycées « langues régionales » sont publiés[89] ; cet enseignement peut être dispensé soit selon le principe de la parité horaire, soit selon la méthode de l’immersion[90].

Devant cette situation, les défenseurs de Diwan estiment que l'annulation, par le Conseil d'État, des arrêtés du et du , destinés à assurer l'intégration au sein du service public des écoles Diwan dispensant un enseignement en langue bretonne, est une jurisprudence « de circonstance »[91].

En pratique, l'enseignement en maternelle et en cours préparatoire se fait uniquement en breton, dès l'âge de deux ans. Par la suite, le français est progressivement introduit, du CE1 au CM2, l'enseignement étant principalement dispensé en breton. Au collège et au lycée, la majeure partie de l'enseignement se fait en breton, sauf en ce qui concerne les langues qui sont des matières enseignées et d'enseignement. Les cours de français sont réalisés en français, ceux d'anglais en anglais, ceux d'allemand en allemand, d'espagnol (castillan) en castillan. Certaines autres matières peuvent également être enseignées dans d'autres langues vivantes suivant les capacités des enseignants. Ainsi, le lycée Diwan de Carhaix a mis en place en 2012 une seconde selon les modalités des classes européennes. L'enseignement des sciences naturelles y est réalisé en anglais[92],[93],[94].

En effet, dans les écoles et sections européennes, instituées par la circulaire du , après un « horaire d'enseignement linguistique très renforcé au cours des deux premières années », l'enseignement se fait dans la langue de la section pour « tout ou partie du programme d'une ou plusieurs disciplines non linguistiques » et des activités culturelles et échanges sont prévus, afin d'approfondir la connaissance de « la civilisation du ou des pays où est parlée la langue de la section »[95].

Diwan défend dans sa charte la sauvegarde des couleurs dialectales du breton. C'est l'un des points primordiaux de sa charte[96].

Les écoles Diwan font régulièrement intervenir les brittophones locaux, de langue maternelle, inconnus ou célèbres (écrivains, chanteurs, conteurs). Ainsi, en , à Bannalec, deux conteurs, Roland Guillou et Laurent Jouin, sont intervenus dans une école Diwan à l'occasion du 13e festival Taol Kurun[97]. De même, dans une interview accordée à Marion Urban dans l'émission « Francophonies » diffusée à l'antenne de RFI en , Yann-Fañch Kemener et Mona Bouzec rendent compte de leurs interventions régulières dans les écoles Diwan[98].

Réalisation de matériel pédagogique en breton

L'enseignement en langue bretonne demande beaucoup aux enseignants alors qu’ils ne disposent pas toujours de l’outillage théorique et pratique pour parvenir aux objectifs fixés. Les demandes de formation sont exprimées, y compris pour pouvoir s’interroger à plusieurs sur la façon dont ils vont pouvoir devenir compétents dans la maîtrise de différentes langues[99].

Des lexiques de vocabulaire spécialisé en différentes matières sont réalisés[100].

« Au cours des cinq dernières années, la conception et la publication de lexiques normalisés pour les enseignants et l'édition de livres scolaires nous ont coûté 4 MF », affirme en André Lavanant, président de Diwan[101]. Toujours selon le même, « en 1991, le budget Diwan a doté la publication pédagogique d'une somme de 800.000 F. (...) le travail des chercheurs pour la réalisation des lexiques (10 000 mots « normalisés » est estimé à 1,2 MF » [101].

En 1993, Ti embann ar skolioù (TES) a été créé au sein du CRDP par le rectorat d'académie de Rennes et la Région Bretagne. TES édite des ouvrages scolaires en breton pour l'enseignement public, l'enseignement privé catholique et Diwan. Dans le comité de production de TES, chacune des trois filières d'enseignement comprend un représentant[102].

Colloques

L'association Diwan organise et participe à des colloques et journées d'étude sur les Bretons, la langue bretonne, son enseignement ou la pédagogie. Ainsi, en , à l'occasion des 30 ans de sa création, elle a organisé des colloques « en lien avec la langue bretonne, les enfants, l'enseignement et la pédagogie »[103]. Par ailleurs, le , l'association a pris part, avec plusieurs personnalités et associations bretonnes, à un colloque sur le thème « Bretons de Paris : la Bretagne au cœur », organisé au théâtre Silvia-Monfort de Paris par l'association « Paris Breton »[104].

Évaluation des résultats

En français, selon Diwan, «les évaluations nationales (tests Jospin) en CE2 et en 6e montrent» que «les résultats des élèves des écoles Diwan sont globalement supérieurs aux moyennes nationales»[105]. En 1992, huit premiers collégiens passent le brevet des collèges et Diwan affiche une réussite de 100 %, ainsi qu'au "First Degree of Cambridge"[106]. En 1997, les dix-sept élèves du collège du Relecq-Kerhuon (sur quarante-trois), candidats au brevet des collèges, qui décident de rédiger leur copie de mathématiques en breton alors que le Rectorat ne les y a pas autorisés, obtiennent tous ce diplôme[107].En 2006, sur 56 élèves des trois filières générales, le taux de réussite au baccalauréat au lycée Diwan de Carhaix a été de 96 %, dont 100 % en série littéraire, ce qui le place au 8e rang au niveau départemental (sur 69 lycées) et au 323e rang au niveau national (sur 4647 lycées). Le taux de réussite était de 94 % en 2003, de 93 % en 2004 et de 96 % en 2005 et 2006, de 99 % en 2007[108], de 90 % en 2008[109] et, selon le bureau de Diwan, de plus de 98 % en 2009[73].

En 2013, Le Figaro classe le lycée Diwan de Carhaix « meilleur lycée de France » en considérant les résultats au baccalauréat 2012 (99 %), pondérés par la capacité de l’établissement à accompagner et faire progresser ses élèves et par sa capacité à garder ses élèves entre la seconde et la terminale[110]. Ce même lycée de Carhaix avait selon le classement du Figaro déjà occupé en 2010 la place de « 2e meilleur lycée de France » parmi 1 930 établissements [111]. Ce classement est calculé sur la base des données de l'éducation nationale [112].

En 2014, Le Parisien classe le lycée Diwan de Carhaix quatrième de l'académie de Rennes [113] et trente-sixième de France [114].

Autres écoles en langue bretonne

Après la création des écoles Diwan, l'enseignement public (1979) et l'enseignement privé (1990) ont développé leur propre réseau d'enseignement du breton :

  • Dihun Breizh est une association de parents d'élèves scolarisés dans le réseau de classes bilingues dans l'enseignement privé[115].
  • Div yezh Breizh est une association de parents d'élèves scolarisés dans le réseau des classes bilingues de l'enseignement public[116].

En effet, en 1982, la circulaire Savary autorise la mise en place d'une filière de classes bilingues. Plusieurs classes fonctionnant à mi-temps en breton et en français sont créées dans l'enseignement public et privé, notamment à Saint-Rivoal, Cavan, Lannion, Rennes ou Landerneau[117].

Critiques

Dans la culture

Archives

En 2003, l’ancien président du réseau Diwan, Andrew Lincoln, dépose les archives au Centre de recherche bretonne et celtique. Ce fonds d’archives contient 18 boîtes[118].

Chansons consacrées à Diwan

Dan Ar Braz a consacré sa chanson Diwanit bugale aux écoles Diwan[119].

L'école Diwan de Brest participe à l'écriture de plusieurs albums de Jean-Luc Roudaut[120].

En 2015, le collège du Relecq-Kerhuon édite un album[121].

Films

Il existe plusieurs films sur les écoles Diwan, dont Dibab Diwan, de 26 minutes, filmé à l'école Diwan de Nantes par Jean-Charles Huitorel, coproduit par Aligal production et France Télévisions[122].

Théâtre

Les élèves de primaire de l'école Diwan de Plabennec font en 2015 une pièce de théâtre en breton avec Goulc'han Kervella, de la troupe Ar-vro-Bagan[123].

Notes et références

Voir aussi

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