Église Saint-Firmin de Vineuil-Saint-Firmin

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Début de la construction1540
Fin des travaux1543
Église Saint-Firmin
Vue générale depuis le sud.
Vue générale depuis le sud.
Présentation
Culte Catholique romain
Rattachement Diocèse de Beauvais
Début de la construction 1540
Fin des travaux 1543
Style dominant gothique flamboyant
Protection Logo monument historique Inscrite MH (1970)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Ville Vineuil-Saint-Firmin
Coordonnées 49° 11′ 49″ nord, 2° 30′ 15″ est[1]
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Église Saint-Firmin
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Église Saint-Firmin
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Église Saint-Firmin

L'église Saint-Firmin est une église catholique paroissiale située à Vineuil-Saint-Firmin, dans le département de l'Oise, en France. Elle succède à un édifice médiéval, qui a été entièrement remplacé par l'église actuelle, édifiée dans une unique campagne de travaux entre 1540 et 1543 grâce au mécénat du connétable Anne de Montmorency. Ses dimensions sont modestes, et son architecture gothique flamboyante est très simple et sans ambition, mais les formes et proportions sont harmonieuses, et l'homogénéité de l'ensemble est remarquable. L'on note seulement que les réseaux des fenêtres sont d'une grande diversité : sur quinze fenêtres, pas plus que trois affichent un même dessin. Ce sont surtout les cinq verrières historiées de la Renaissance qui font la réputation de l'église Saint-Firmin. Elles sont regroupées dans le chœur, et ont en partie été réalisées par des grands maîtres de l'époque. Une restauration sous la direction d'Auguste Steinheil en 1881-1882 les a sauvées pour la postérité. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [2], et a bénéficié d'une restauration à la même époque. Depuis 1991, il n'y a plus de prêtre résident, et l'église est affiliée à la paroisse Sainte Famille de Chantilly. Les messes dominicales y sont célébrées environ un dimanche sur deux à 9 h 30.

L'église Saint-Firmin est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, près de Chantilly, sur la commune de Vineuil-Saint-Firmin. Comme son vocable l'indique, elle se trouve dans l'ancien village de Saint-Firmin, également Fontaine-Saint-Firmin, au nord de la rue de Senlis (RD 924), à l'angle avec le sentier de l'Église. La rue de Senlis est la principale voie de communication de la commune, tandis que le sentier est une impasse réservée aux piétons, qui dessert le cimetière situé plus au nord. L'élévation méridionale de l'église domine la rue grâce à un mur de soutènement, et il faut gravir au moins sept marches d'escalier pour accéder au parvis de l'église et au sentier de l'Église. Le parvis prend la forme d'une terrasse entre le mur de soutènement et l'église. Le sentier de l'Église passe devant la façade occidentale, puis contourne l'église par le nord. Il est également relié à la rue par une venelle qui passe devant le chevet. Seulement l'élévation méridionale et en partie le chevet sont bien visibles. Les autres élévations ne peuvent pas être contemplées en prenant du recul, car des propriétés privées s'en approchent de près.

Historique

Des origines jusqu'à la Révolution

Tête de saint Firmin.

Le village de Saint-Firmin est d'origine assez ancienne. En 770, sa seigneurie est donnée à l'abbaye de Saint-Denis[3]. Elle est ensuite incorporée dans le domaine de Chantilly. L'on ignore la date de fondation de sa paroisse. Le chanoine Müller estime que certains contreforts de l'église actuelle remontent au XIIIe siècle[4]. Il n'y a pas de vestiges plus anciens. Le saint patron de l'église est Firmin d'Amiens, né en 272 à Pampelune, en Espagne, et martyrisé le à Amiens. Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, la paroisse relève du doyenné de Senlis et du diocèse de Senlis. Le collateur de la cure est le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis[5].

La clé de voûte de l'abside arbore les armes d'Anne de Montmorency.

Sous l'effet des ravages de la Guerre de Cent Ans et de la diminution conséquente de la population, les paroisses de Saint-Firmin, Courteuil, Saint-Nicolas-d'Acy (aujourd'hui commune de Courteuil) et Valprofond (aujourd'hui Avilly-Saint-Léonard) sont réunies en 1416 au plus tard, et desservies par un même curé. Cette situation dure jusqu'au XVIe siècle. Les trois curés du XVe siècle dont l'on connaisse encore les noms résident apparemment au presbytère de Courteuil. Il s'agit de l'abbé Michel Pelins, mort en 1416[6], de l'abbé Jean Le Charron, successeur du précédent, et de Jean Matlyn, mort en 1480[7]. Il est inhumé en l'église de Courteuil, où subsiste sa dalle funéraire, sur laquelle le défunt est représenté comme transi[8]. Grâce à la générosité du connétable Anne de Montmorency, l'église Saint-Firmin est presque entièrement rebâtie entre 1540 et 1543, dans le style gothique flamboyant[9]. D'après Bernard Savouret, le connétable aurait chargé les moines bénédictins du prieuré Saint-Nicolas-d'Acy de mener à bien ce chantier. La plupart des vitraux sont offerts par Anne de Montmorency[10]. Ils sont dégradés sous la Révolution française[9]. Un événement mémorable a lieu le avec la confirmation de plus de cent cinquante personnes âgées entre neuf et quarante ans, la majorité ayant environ vingt ans, par l'évêque de Senlis, Mgr Firmin Trudaine. L'abbé Antoine Moyeux, curé de Saint-Firmin depuis 1778, prête serment à la Constitution civile du clergé le , puis se retracte le dans le cadre d'un discours prononcé après Vêpres : « Si je vaus avais donné un mauvais exemple, je vous demande pardon[...] J'espère que vous ne me refusez pas un morceau de pain[...] ». Ce prêtre meurt en déportation. Trois prêtres se succèdent encore à Saint-Firmin jusqu'à l'interdiction du culte, sous la Terreur en automne 1793[11].

Depuis le concordat de 1801

Vue générale intérieure.

Par le concordat de 1801, le diocèse de Senlis est définitivement supprimé, et le territoire correspondant au département de l'Oise est provisoirement rattaché au diocèse d'Amiens. En 1822, le diocèse de Beauvais est rétabli, et correspond désormais aux limites du département. Depuis cette date, Vineuil-Saint-Firmin fait donc partie du diocèse de Beauvais. La cure reste vacante jusqu'en 1804. Ensuite et jusqu'en 1818, les paroisses de Saint-Firmin, Saint-Léonard et Aumont sont desservies par un même curé, l'abbé Henry-Éloy Guéret. Né le , il a été tonsuré le , et ordonné chanoine diacre en 1779. Il est nommé à la cathédrale Notre-Dame de Senlis et à Aumont le , et prête serment le . L'abbé Guéret adhère même à la Société populaire de Senlis le , et renonce au sacerdoce le . Il tient ensuite une petite école et travaille à la mairie de Senlis. En 1801 il retrouve sa vocation, et recommence à lire des messes basses. Après sa mort le , les curés d'Apremont et de Chantilly desservent la paroisse de Saint-Firmin. En 1822, le premier curé de Saint-Firmin après la Révolution est nommée avec l'abbé Henry-François Guiblin, qui ne reste que pour trois ans. Il n'y a plus de presbytère à Saint-Firmin, et l'état de l'église est lamentable. Conscient de la valeur artistique des vitraux, le conseil de fabrique décide, en date du ,de les vendre afin de financer la réparation de l'église. Il obtient l'accord du préfet, mais aucune offre n'atteint le prix fixé. En 1840, les divers fragments sont regroupés dans les cinq baies du chœur par un simple verrier[12].

Vierge à l'Enfant.

Les six prêtres qui se succèdent jusqu'en 1847 sont curés d'Apremont et de Saint-Firmin, et résident à Apremont. L'abbé Joseph Simon arrive en juillet 1843, et est le premier curé résidant à Saint-Firmin depuis la Révolution. Il ne reste que jusqu'en janvier 1847. Pendant une vacance du poste qui dure de 1835 jusqu'en 1838, et pendant une autre vacance en 1843, des vicaires de Chantilly doivent venir au secours. L'on note qu'aucun prêtre reste pendant plus de quatre ans. Cette situation ne change qu'au début du Second Empire, avec l'installation de l'abbé Antoine Caron en août 1848 : il reste curé de Saint-Firmin jusqu'en mai 1876, et ne doit apparemment plus s'occuper des paroissiens d'Apremont. Pour un siècle et demi environ, Vineuil-Saint-Firmin demeure une paroisse indépendante. Vers 1850, le cimetière autour de l'église est transféré à son emplacement actuel, et une dizaine de dalles funéraires sont employées pour la réfection du sol de l'église. Une nouvelle cloche parrainée par le duc et la duchesse d'Aumale est bénite en 1851, au moment de leur exil. La sacristie est construite en 1855, et la tribune en 1868. Le mobilier est complété, et les vitraux de la Renaissance sont restaurés sous la direction d'Auguste Steinheil en 1881-1882. L'abbé Fernand Verté, qui arrive en octobre 1967, est l'instigateur de nombreuses et judicieuses restaurations[13]. L'église Saint-Firmin est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [2].

Le hameau de Vineuil relève de la paroisse de Saint-Maximin au Moyen Âge, qui est du diocèse de Beauvais[14]. Il rejoint la paroisse de Saint-Firmin à une date inconnue, mais devient une commune indépendante sous la Révolution française, en 1790. Cette situation ne dure que pendant quatre ans, jusqu'en 1794[15]. À la fin du XIXe siècle, le duc d'Aumale fait transformer une ancienne grange en chapelle de style néoroman, qui est dédiée à sainte Barbe[9] ou à saint Pierre et saint Paul[16]. Par décret du , Vineuil adopte le nom de Vineuil-Saint-Firmin[3]. De ce fait, la commune dispose de deux lieux de culte catholiques, mais en raison de la fragilité de son plancher, la chapelle est interdite d'accès depuis 2010[16]. Depuis la mort de l'abbé Fernand Verté en juillet 1991, il n'y a plus de prêtre résident[17], et Vineuil-Saint-Firmin est réunie à la paroisse Sainte-Famille de Chantilly. À ce jour, il y a environ deux messes dominicales par mois, généralement le dimanche à 9 h 30. L'Eucharistie est habituellement célébrée par l'abbé Philippe Capelle-Dumont, professeur et doyen honoraire de la faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, ou par l'abbé Philippe Gruson, bibliste et eprêtre accompagnateur du centre spirituel diocésain de Loisy[18].

Les curés de Saint-Firmin

Description

Aperçu général

Plan de l'église.

Régulièrement orientée, l'église répond à un plan basilical assez simple et se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un faux transept non débordant qui n'apparaît comme tel qu'extérieurement ; et d'un chœur d'une seule travée, qui se présente comme une abside à cinq pans. La longueur totale est de 27,00 m, dont 15,50 m pour la nef, 5,50 m pour la croisée du transept et 4,50 m pour le chœur. La largeur totale est de 16,00 m au niveau de la nef et du transept. Les bas-côtés et les croisillons du transept ne mesurent que 3,00 m de largeur (sans tenir compte de l'épaisseur des grandes arcades). Le clocher s'élève au-dessus de la première travée du bas-côté nord. Il est coiffé d'une flèche octogonale en charpente, qui cumule à une hauteur de 25,00 m environ[19]. Une sacristie de deux travées se situe devant la première travée du bas-côté sud, et un porche abrite le portail latéral dans la travée suivante. L'autre accès à l'église est le portail occidental. L'ensemble de l'église est voûté sur des croisées d'ogives simples. Nef et bas-côtés sont pourvus d'une toiture unique à deux rampants. Les croisillons possèdent des pignons à leurs extrémités, et sont munis de toits en bâtière. L'ensemble des couvertures est réalisé en ardoise.

Intérieur

Vaisseau central

Nef, vue vers l'est.
Nef, 4e travée (faux transept), élévation nord.

Il n'y a, à l'intérieur, aucune différence notable entre nef et croisée du transept. Les deux parties forment un vaisseau homogène de quatre travées. Ce vaisseau central est aveugle, hormis un oculus circulaire en haut du mur occidental. À l'intérieur de l'église, il n'y a pas trace de fenêtres hautes bouchées, et selon les usages du XVIe siècle, il est probable qu'il n'y en a jamais eu. L'espace sombre au-dessus des fidèles est censé favoriser le recueillement, et symbolise l'incertitude qui pèse sur l'au-delà ; après l'expérience douloureuse sous la guerre de Cent Ans, les paradigmes de l'architecture religieuse ont changé, et ce n'est plus la lumière de Dieu qui est mise en avant. Même la somptueuse collégiale Saint-Martin de Montmorency en tant que principal édifice religieux financé par la famille de Montmorency à la période flamboyante, est dépourvue de fenêtres hautes.

Les travées sont barlongues dans le sens transversal, comme habituellement au Moyen Âge. L'élévation est à deux niveaux, avec l'étage des grandes arcades, et un étage de murs hauts au-dessus des grandes arcades. En comptant depuis leur sommet, le second niveau d'élévation représente environ un tiers de la hauteur totale du vaisseau sous le sommet des voûtes. La hauteur médiocre de la nef, soit 7,20 m environ[19], est mise en exergue par le rapport entre hauteur est largeur : celle-ci est en fait analogue à la hauteur des piliers jusqu'à la retombée des voûtes, un peu au-dessus du sommet des grandes arcades. Tant les grandes arcades que les arcs-doubleaux sont en arc brisé. Les arcs d'inscription latéraux le sont également, sauf dans la quatrième travée, où ils sont en plein cintre. Le tracé de la plupart des doubleaux est irrégulier, et témoigne de déformations dans le passé. La clé d'arc du premier doubleau est nettement déportée vers le sud. Les deux premiers doubleaux sont plus aigus que les deux suivants, qui paraissent surbaissés. Comme reflet de la date de construction tardive à la fin de la période gothique, les ogives sont en cintre surbaissé. En revanche, le profil des ogives reste prismatique et aigu. Les doubleaux affichent même un profil torique, avec un tore entre deux cavets et deux gorges, ce qui évoque le style gothique rayonnant. Ce profil apparaît aussi dans l'église de Jaux, terminé elle aussi en 1543. Les deux premières clés de voûte sont des disques arborant un décor en bas-relief. La troisième clé est fruste, et la quatrième est un écusson vide[9].

Les nervures des voûtes se fondent dans des ondulations dans les murs, qui correspondent à la suite des piliers des grandes arcades. À l'est de la troisième travée, les ogives se fondent dans le mur près des piliers, et les ondulations à la limite avec la travée suivante sont plus prononcées. Afin de ne pas répercuter l'épaisseur plus importante sur les piliers, des culs-de-lampe formés par quatre bandeaux moulurés en encorbellement ont été disposés au niveau de la retombée des grandes arcades. Celles-ci sont au profil d'un gros boudin entre deux gorges et deux fines rainures, comme à Armancourt, Survilliers et Vauréal, ou sans les moulures concaves, dans les chœurs de Boran-sur-Oise et Jagny-sous-Bois. C'est un profil relativement simple pour la période flamboyante, qui privilégie les moulures prismatiques complexes. En revanche, c'est tout à fait conforme à l'esprit flamboyant que les arcades se fondent directement dans les piliers, sans interposition de chapiteaux ou frises. Les piliers sont monocylindriques et appareillés en tambour, ce qui n'est pas si rare dans les églises flamboyantes de la région. Outre celles précédemment citées, on peut ajouter Bessancourt, La Chapelle-en-Serval, Précy-sur-Oise, Survilliers ou Le Thillay. Si elles existent, les bases sont moulurées d'un gros boudin. Les socles sont octogonaux. Comme pour les arcades et les piliers, le maître d'œuvre a encore choisi l'une des options les plus simples qui avaient cours à l'époque de construction, comme à La Chapelle-en-Serval[9].

Bas-côtés

Bas-côté sud, 2e travée, vue vers l'est.

La première travée du nord, qui sert de base au clocher, se distingue seulement par un rétrécissement de la largeur du doubleau vers la travée voisine, ce qui permet de renforcer les deux piliers concernés, et par une mouluration méplate du doubleau. À l'ouest, une petite porte donne accès à la tourelle d'escalier du clocher. — Les bas-côtés intègrent les faux croisillons, qui ne montrent aucune différence de hauteur et de largeur par rapport aux bas-côtés de la nef, ce qui ne permet pas de qualifier la quatrième travée de transept. Les différences sont minimes. Dans la quatrième travée, la limite des allèges est marquée par un bandeau mouluré, ce qui n'est pas le cas dans les travées précédentes. Au droit des murs gouttereaux, le doubleau à l'intersection entre la troisième et la quatrième travée retombe sur un cul-de-lampe analogue à ceux observés dans le vaisseau central. Il n'y a pas d'ondulations ou piliers engagés à ce niveau. Immédiatement à côté, les ogives retombent sur un petit culot purement fonctionnel. En regardant depuis l'ouest, une courte portion de mur est visible au-dessus des doubleaux désignés, ce qui indique sans doute une interruption du chantier (comme également au même niveau à La Chapelle, Survilliers et au Thillay), et ce qui expliquerait les irrégularités constatés. Si effectivement les autres doubleaux correspondent aux arcs d'inscription des voûtes, il est toutefois à signaler que des portions de mur plus importants sont visibles au-dessus des grandes arcades. Cette disposition soulève la question pourquoi celles-ci n'ont pas été portées à la hauteur des voûtes des bas-côtés, ce qui aurait amélioré l'éclairage du vaisseau central par les baies des bas-côtés.

Sous maints égards, les bas-côtés reprennent les dispositions de la nef. Au droit des murs, les nervures des voûtes se fondent dans des piliers engagés, qui ont la même section que les piliers des grandes arcades. À la fin des grandes arcades, les ogives ne se fondent pas dans les mêmes piliers que les grandes arcades, mais disposent de petits fûts de colonne indépendants. La modénature est analogue au vaisseau central, et il n'y a pas non plus de formerets. En différence avec la nef, les bas-côtés disposent bien sûr de fenêtres, au chevet plat et latéralement, sauf au niveau du portail de la seconde travée du sud. Toutes les fenêtres ne sont pas identiques. Leur point commun est d'être entourées d'une gorge, ce qui traduit une construction soignée malgré la simplicité de l'architecture. La fenêtre sous le clocher est en arc brisé et dépourvue de remplage. Les baies de la première travée du sud et de la seconde travée du nord sont des lancettes simples en arc brisé, qui se terminent en tête tréflée. Ces fenêtres ne mettent pas du tout à profit la largeur disponible entre les piliers. Les fenêtres latérales de la troisième et de la quatrième travée du nord sont en plein cintre et possèdent un remplage de deux formes en plein cintre à têtes tréflées, qui sont surmontées d'un soufflet et de deux mouchettes. Les fenêtres au chevet des deux bas-côtés reproduisent la variante classique de ce dessin caractéristique du style flamboyant, avec des lancettes en arc brisé. Enfin, les fenêtres latérales de la troisième et de la quatrième travée du sud affichent une autre déclinaison de ce même dessin, avec un soufflet plus largement ouvert et des mouchettes réduites à des minuscules écoinçons.

Chœur

Chœur, vue vers l'est.

L'arc triomphal, ou autrement dit, le doubleau ouvrant dans le chœur, ressemble aux autres doubleaux. Mais comme à l'ouest du doubleau précédent, les ogives de la dernière travée de la nef (le faux carré du transept) se fondent dans les murs, et non dans les ondulations qui servent de supports à l'arc triomphal et aux ogives voisines du chœur. Le chœur se résume à l'abside. Son plan est des plus classiques. Le maître d'œuvre n'a pas opté pour la variante la plus économique avec seulement trois pans, comme à La Chapelle-en-Serval et au Thillay, mais il n'a pas non plus pris le parti d'un chœur plus profond, comme à Jagny-sous-Bois et Mont-l'Évêque. La voûte est dépourvue de formerets, à l'instar des autres travées de l'église. Elle est établie à la même hauteur que les autres voûtes du vaisseau central, mais le piédestal de trois marches réduit la hauteur effective à 6,50 m seulement[19] (soit 0,70 m de différence). Six branches d'ogives rayonnent autour d'une grande clé centrale, qui arbore les armes d'Anne de Montmorency. Vu les mutilations que l'église a subi sous la Révolution, il devrait s'agir du produit d'une restauration.

Les ogives se fondent directement dans les angles du mur : l'on ne trouve point de piliers engagés dans l'abside, ni de culs-de-lampe. Comme dans les faux croisillons, les limites des allèges sont décorées d'un bandeau mouluré. Les fenêtres sont au nombre de cinq, et occupent presque toute la largeur disponible entre les angles du mur. Elles sont en tiers-point, et mesurent 300 cm de hauteur pour 160 cm de largeur, ce qui est modeste mais cadre avec les dimensions restreintes de l'édifice. Les sommets des baies ne sont pas toujours exactement alignées sous les sommets des lunettes de la voûte. Sur la baie d'axe et au nord, le remplage adopte le dessin habituel en vigueur à la Renaissance, à savoir deux formes en plein cintre surmontées d'un oculus, qui peut être interprété comme un soufflet stylisé, et qui est flanqué de deux écoinçons, qui sont une réminiscence des mouchettes. Les meneaux possèdent encore des bases gothiques polygonales. Les formes en plein cintre se voient déjà dans les deux dernières travées du bas-côté nord, où elles s'allient encore à des têtes trilobées, et la tendance vers une simplification de la partie haut du réseau s'observe déjà dans les deux dernières travées du bas-côté sud. Le remplage des deux baies du sud est proche des réseaux des baies latérales de la troisième et de la quatrième travée du bas-côté sud. En comparant avec les réseaux typiquement flamboyants au chevet des bas-côtés, l'écart stylistique est important, et l'on imagine difficilement que l'église aurait été construite sous une unique et courte campagne qui n'a duré que trois ans. Ceci n'empêche pas une rare homogénéité de l'ensemble de l'espace intérieur, et en dépit de la simplicité de l'architecture et des proportions trapues, l'église paraît harmonieuse et tout à fait digne de sa vocation. Avec l'église de La Chapelle-en-Serval, déjà mentionnée, elle est particulièrement représentative des églises rurales construites pendant la première moitié du XVIe siècle[9].

Extérieur

Sente de l'église.

L'église est bâtie pour l'essentiel en moellons hourdés de plâtre[20], la pierre de moyen appareil étant réservée au fruit après la deuxième ou la troisième assise ; aux contreforts, qui s'amortissent par un glacis formant larmier ; aux allèges des parties orientales ; au larmier à la limite des allèges ; aux pourtours des fenêtres ; à la corniche moulurée ; aux rampants des pignons ; et aux croix en antéfixe qui les couronne. Ces croix représentent l'unique décor sculpté authentiquement flamboyant. Le portail latéral est flanqué de deux minuscules griffons. Leur excellent état donne à penser qu'ils sont néogothiques. Bernard Savouret présume qu'elles datent de la fin du XIXe siècle[19], mais Louis Graves les mentionne déjà en 1841. Ils ont peut-être été resculptés au moment de la construction de la sacristie, en 1855, puisque cet annexe est contigu au porche qui abrite le portail. Celui-ci est en anse de panier et entouré de moulures prismatiques, qui forment une accolade sommée d'une niche[20]. La niche abrite une statue polychrome de saint Firmin céphalophore[19], que Louis Graves n'a pas remarquée, et qui ne devait pas s'y trouver au moment de son passage. Bernard Savouret ne date pas la statue, qui est susceptible d'être en plâtre ou terre cuite. La tête en pierre d'un saint évêque, coiffée d'une mitre, est conservée à l'intérieur de l'église, et pourrait provenir de la statue qui surmontait le portail jusqu'à la Révolution.

La façade occidentale n'appelle aucune remarque particulière : elle n'est pas conçue pour être exposée, et n'a de ce fait pas bénéficié d'une décoration particulière. Le clocher est qualifié de moderne par Louis Graves[20], mais aucun auteur ne s'attarde sur cette partie de l'église, et l'avis de Louis Graves n'est apparemment pas partagé par Bernard Savouret et Dominique Vermand, qui insistent sur l'homogénéité de l'ensemble. La particularité du clocher est l'absence de contreforts à l'angle sud-est et à l'est. Sa position au-dessus de la première travée du bas-côté nord est également inhabituelle : presque tous les clochers flamboyants de la région sont implantés au sud du vaisseau central[21]. Au nord-ouest, une tourelle d'escalier ronde s'insère entre les deux contreforts. Ceux-ci appartiennent à deux types différents, mais sont tous scandés par deux niveaux de larmiers, qui sont accompagnés de bandeaux que l'on ne peut rattacher à aucun style. L'étage de beffroi est percé de deux baies en arc brisé sur chaque face. Les piédroits et les arcs sont simplement chanfreinés. Un bandeau qui fait le tour de l'étage au niveau des impostes constitue l'unique décoration. La gracieuse flèche en charpente compense d'une certaine manière cette austérité.

Mobilier

Annexes

Notes et références

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