Église Saint-Laurent de Beaumont-sur-Oise

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Début de la constructionfin du XIIe siècle
Église Saint-Laurent
Image illustrative de l’article Église Saint-Laurent de Beaumont-sur-Oise
Façade occidentale.
Présentation
Culte Catholique romain
Type église paroissiale
Rattachement Diocèse de Pontoise
Début de la construction fin du XIIe siècle
Fin des travaux XIIIe siècle
Architecte inconnu
Autres campagnes de travaux XVIe siècle
Style dominant gothique, Renaissance
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Géographie
Pays France
Région Île-de-France Île-de-France
Département Val-d'Oise Val-d'Oise
Commune Beaumont-sur-Oise Beaumont-sur-Oise
Coordonnées 49° 08′ 42″ nord, 2° 17′ 16″ est[1]
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Laurent
Géolocalisation sur la carte : Val-d'Oise
(Voir situation sur carte : Val-d'Oise)
Église Saint-Laurent

L'église Saint-Laurent est une église catholique paroissiale située à Beaumont-sur-Oise, en France. Derrière une façade sans particularités, flanquée d'un remarquable clocher-tour Renaissance, se cache un édifice d'une grande élégance, qui témoigne des débuts de l'architecture gothique. Les chapiteaux des grandes arcades sont d'une valeur artistique certaine. Puisque l'église se singularise par de doubles bas-côtés, ce qui n'est le cas d'aucune autre église de la même période dans tout le nord de l'Île-de-France historique, ces chapiteaux sont nombreux. La nef est restée inachevée pendant de longs siècles. Son élévation devait porter sur trois niveaux, avec triforium et fenêtres hautes. Mais l'étage des fenêtres hautes n'a jamais été réalisé, et la nef a été recouverte par une simple charpente en attendant un potentiel voûtement d'ogives. En 1862, l'église a été classée monument historique par la liste de 1862[2], qui apporte la deuxième série de classements après celle de 1840. La restauration commence pendant les années 1870 mais n'est pas menée en concertation avec l'architecte en chef des monuments historiques : des voûtes sont établies au niveau du triforium, dont les arcs de décharge tiennent lieu de formerets. La charpente d'un grand intérêt historique et la chance de pouvoir ménager des fenêtres hautes sont perdues, la hauteur de la nef se trouve abaissée, et l'église demeure particulièrement sombre. De ce fait elle est rayée de la liste des monuments historiques, mais est toutefois de nouveau classée en 1895. Le chœur conserve quant à lui les dispositions du dernier quart du XIIe siècle ; c'est la partie la plus ancienne église. Éclairée par des fenêtres hautes et se terminant par une abside carrée sans bas-côtés, le chœur est assez lumineux et présente un plan original. L'église Saint-Laurent est aujourd'hui au centre d'un ensemble paroissial incluant les villages de Mours, Nointel et Presles.

L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, sur la commune de Beaumont-sur-Oise, place Monseigneur-Gosselin. Elle est bâtie à l'extrémité septentrionale du centre-ville historique, et sur l'un de ses points les plus élevés, dominant ainsi la vallée de l'Oise située en contrebas au nord-ouest. Seulement la façade occidentale donne sur la voie publique. L'on ne peut faire le tour de l'édifice ni s'approcher des autres façades par des rues voisines, et le chœur notamment reste totalement invisible pour le public.

Historique

Un escalier monte vers l'église depuis la rue Basse de la Vallée.
Statue de saint Laurent.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques par liste de 1862[2], avec quatre autres édifices sur le territoire de l'actuel département du Val-d'Oise. Cinq ayant été classés par liste de 1840, l'église Saint-Laurent est ainsi parmi les dix premiers monuments historiques du Val-d'Oise.

La première mention de l'église date de 1170, mais son authenticité n'est pas assurée, et l'on ne possède aucun document relatif à la construction de l'église. Sa partie la plus ancienne, à savoir la cinquième travée du bas-côté nord ayant servi de base à un clocher arasé en 1778 à hauteur des combles, ainsi que les parties adjacentes, peuvent être datées d'autour de 1130. Le chœur est de quelques décennies plus jeune et remonte probablement au troisième quart du XIIe siècle. Le reste de l'édifice date du premier tiers XIIIe siècle, excepté la sacristie au sud du chœur ajoutée au XIVe siècle, et le clocher-tour devant la première travée du bas-côté sud qui date du XVIe siècle. L'on ne sait pas si l'église de la seconde moitié du XIIe siècle fut détruite par un incendie ou était restée inachevée[3],[4].

La nef avait été conçue pour être voûtée d'ogives, mais elle a été finalement recouverte d'une charpente apparente en forme de carène renversée, s'appuyant sur les chapiteaux initialement prévus pour recevoir la retombée des ogives et des arcs-doubleaux. La physionomie de la charpente est connue grâce à un dessin exécuté par Henri Léonard Bordier, chargé par le maire d'une courte notice sur l'église. En 1734, la charpente a été dissimulée derrière une fausse voûte en berceau en plâtre financée par le legs de Charles d'Aubigny (1768-1734). Cette voûte commençait un peu en dessous des arcades faisant communiquer la nef avec les bas-côtés, et cachait ainsi entièrement les arcades des tribunes, si bien que l'existence de ces dernières avait été complètement oubliée au moment où le berceau fut abattu en 1860[3],[4].

En cette année, commença une « restauration » malheureuse sous la direction d'Eugène Millet. Il fait reconstruire le pignon de la façade occidentale, la tourelle d'escalier au sud et libère les arcades des tribunes, qui sont toutefois presque retaillées et perdent beaucoup de leur substance. Au lieu de restaurer la charpente du XIIIe siècle, il la fait vendre aux enchères moyennant une somme dérisoire. En attendant une solution définitive, l'église est recouverte d'un plafond provisoire jusqu'en 1878. En cette année, des voûtes d'ogives en carreaux de plâtre sont construites sans concertation avec l'architecte en chef des monuments historiques et sans mandat officiel, ce qui entraîne le déclassement de l'édifice. Ces voûtes diminuent la hauteur de la nef et portent atteinte à son esthétique, tout en bafouant l'esprit de son architecture d'origine. Sur l'initiative de Paul Selmersheim, le classement aux monuments historiques fut toutefois renouvelé en 1895, ce qui permit notamment la restauration du clocher Renaissance sous la direction de Gabriel Ruprich-Robert. L'extérieur de l'église bénéficia de restaurations en 1907 / 1908 sous le même architecte, puis à partir de 1928 sous Jules Formigé. C'est lui également qui s'occupa de la remise en état de l'édifice après les bombardements de 1940[3],[4].

Description

Annexes

Notes et références

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