Église Saint-Mesmin de La Chapelle-Saint-Mesmin
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| Type |
Eglise |
|---|---|
| Destination initiale |
Culte catholique |
| Destination actuelle |
Culte catholique |
| Diocèse | |
| Paroisse |
Paroisse de La Chapelle-Saint-Mesmin (d) |
| Style | |
| Construction |
XIe siècle |
| Hauteur |
35,80 mètres (clocher) |
| Religion | |
| Propriétaire |
Commune |
| Patrimonialité | |
| Site web |
| Département | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
L’église Saint-Mesmin est une église catholique française de style préroman édifiée aux XIe et XIIe siècles, située à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire[1]. L'édifice a été bâti en consécration de saint Mesmin l'Ancien (Maximin de Micy), sur la falaise dans laquelle est creusée la grotte du dragon de Béraire et à partir duquel la commune tire son nom. Elle est l'une des plus anciennes du Val de Loire.
L'église est située dans le département français du Loiret et la région naturelle du Val de Loire, sur le territoire de la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin, à proximité du sentier de grande randonnée 3.
Histoire
Moyen Âge
La légende raconte qu'aux environs du VIe siècle, saint Mesmin, qui avait établi un monastère à Micy, de l'autre côté de la Loire, terrassa un dragon (symbole du mal) dans la grotte située sous Béraire (en latin : Villa Berarii), premier nom de la commune.
Avant l'édification de la première église au-dessus de la grotte, il subsiste encore à cette époque une ancienne villa gallo-romaine ayant appartenu à un certain Berarius (francisé : Béraire).
À sa mort en 520, saint Mesmin se fait ensevelir dans la grotte située sous la Villa Berarii. Sa sépulture devient un lieu de pèlerinage.
Vers 550, une première église basilique funéraire est érigée au-dessus du tombeau de saint Mesmin à l'initiative du vicomte d'Orléans, Agylus[2],[3].
En 675, les reliques de saint Mesmin sont transférées vers la collégiale Saint-Aignan d'Orléans. Mais jusqu'à cette époque, ceux qui le souhaitaient pouvaient être ensevelis au plus près de celui-ci (ad sanctus[4]) dans le cimetière, qui à l'origine entourait l'église au nord et à l'est.
Au IXe-Xe, la première église est détruite à la suite des invasions normandes. L'église actuelle est construite aux XIe et XIIe siècles. La plus ancienne mention de l’église comme bien de l'abbaye de Micy, rattachement décidé par l'évêque d'Orléans Arnoul à la fin du IXe, est consignée dans une bulle pontificale du pape Pascal II du [5].
Durant la Guerre de Cent Ans, l'église est ruinée. Elle est réparée dans la seconde moitié du XVe siècle, en partie grâce aux subsides alloués par le duc Charles d’Orléans[6].
En 1493, le reliquaire de saint Mesmin est confié à l'abbaye de Micy.
Époque moderne
Ancien régime

En 1562, du fait des guerres de Religion, l'église est incendiée et la grotte profanée[7],[8]. En 1570, les moines de Micy, ruinés, vendent leurs possessions de la paroisse au chapitre de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans.
Au XVIIe siècle, le clocher de l'église est édifié[9].
Le plus ancien registre parvenu jusqu'à nous tenu par les curés de l'église, remonte à l'année 1666[10].
En 1755, une porte extérieure donnant sur la place est murée et l'aile Sud dite « de la Saint-Vierge » est rallongée jusqu'à la façade Ouest. Deux fenêtres sont également percées à l'Ouest et au Sud. Enfin, le mur qui séparait le clocher et le collatéral Nord est détruit pour faire communiquer les deux espaces. Une autre fenêtre est percée au rez-de-chaussée du clocher afin d'éclairer le bas-côté Nord[11].
Plus tard, une partie des reliques de saint Mesmin est conservée dans l'église Saint-Mesmin[12].
Révolution

Après la Révolution française, le , le prêtre de la paroisse Jacques Gaudry (depuis 1788) prête serment à la nouvelle Constitution civile du clergé. Armand-Anne-Auguste-Antonin Sicaire de Chapt de Rastignac, seigneur de La Chapelle-Saint-Mesmin et abbé de Micy à partir de 1772, dont dépend la paroisse, est arrêté et emprisonné à Paris le et meurt lors des massacres de Septembre.
Sous le directoire, les Théophilanthropes exigent de pouvoir célébrer leur culte[13] et contraignent les catholiques à partager l'église[14]. Ceux-ci font arrêter le curé Jacques-Denis Poignard (avec le curé de Chaingy) qui est déporté en 1798 vers la Guyane[15]. Il mourra en 1806, lors de son voyage de retour vers la France[16]. Les théophilanthropes resteront actifs dans la commune au moins jusqu'au , date à laquelle le maire leur demande de cesser la pratique publique de leur culte[17].
Le , l'assemblée communale refuse la réquisition des cloches de l'église par le conseil du département pour qu'elles soient fondues. Cependant, chaque paroisse ne pouvant désormais détenir qu'une seule cloche, deux des trois cloches seront tout de même conduites à Orléans le [18].
XIXe siècle

L'église sert de dépôt de salpêtre entre 1793 et 1796 et reste fermée jusqu'en 1802. En 1807, un devis prévoit la restauration des couvertures de la nef et des bas-côtés. A cette époque, les deux collatéraux sont couverts en tuiles, la nef en ardoise et en tuiles et le clocher en ardoises. Il est alors envisagé de recouvrir le collatéral Sud en ardoises et de laisser le bas-côté Nord en tuiles[19]. La même année, il est décidé de peindre une partie des murs de l'église[20]. En 1812, le registre de la Fabrique mentionne des frais occasionnés « pour les couvertures en ardoises[21] ».
De 1821 à 1834, le serpent, instrument de la famille des instruments à vent, est utilisé dans l'accompagnement des chants liturgiques et du chœur dont il renforce la partie grave lors des offices religieux[22]. Il est acquis grâce à une quête organisée par le conseil de fabrique en 1820[23]. Le serpent sera remplacé en 1833 par un ophicléide, instrument grave de la famille des cuivres dont l'utilisation était plus aisée et sonnait plus juste, et ce jusqu'à l'installation de l'orgue en 1897[24].
Le cimetière, ancienne nécropole de l'époque mérovingienne, d'une superficie de 378 m2, qui à l'origine entourait l'église au nord et à l'est, est déplacé en 1822 vers l'actuelle rue du four et connaîtra ensuite trois agrandissements successifs en 1837, 1918 et 1928.
En 1832[25], faisant suite à l'octroi d'une subvention de la part de la préfecture, le conseil municipal vote l'édification d'un mur de terrasse de 2 mètres de hauteur sur 30 mètres de longueur et de 65 cm d'épaisseur venant en soutien du terrain du parvis de l'église vis-à-vis de la Loire. Un garde-corps de 18 poteaux en chêne est ajouté au sud du parvis et au milieu de ce perré, un escalier de 12 marches muni de 2 rampes d'appui est aménagé. Le tout pour un coût de 264 francs. En 1873, le garde-corps en bois est remplacé par 12 bornes en pierre reliés par une barre de fer[26].
La cloche d'origine Mesmin, fêlée, est fondue en 1833 par la fonderie Bollée. De 1844 à 1846, l'église est restaurée[27] : de nouvelles fenêtres sont percées (deux dans le collatéral Sud et une dans le collatéral Nord), les fenêtres existantes (bas-côté Sud) sont agrandies, la voûte de la nef centrale est abaissée, les deux sacristies des collatéraux (eux-mêmes plafonnés) sont réaménagées en chapelles[28] et les nefs latérales sont désormais à plafond plat. La sacristie contiguë est ajoutée au nord[29]. La tribune est ajoutée en 1858[30].
Au début des années 1860[31], la voûte placée trop bas a assombri l'église et le carrelage étant hors d'usage, une nouvelle restauration rétablit la voûte de la nef en 1862, met en place des voûtes dans les collatéraux ainsi qu'un nouveau dallage au sol et ouvre les fenêtres de la grande nef[32]. Le bulletin paroissial de janvier 1910, rapporte qu'au cours de ces travaux de rénovation, la voute de la grande nef s'effondra sans faire de blessés mais écrasa tous les bancs de l'église qui étaient regroupés au-dessous. Egalement, un ouvrier qui se trouvait dans les combles à ce moment-là ne dut son salut qu'en se rattrapant à une poutre maîtresse[33].
Plusieurs vitraux font l'objet de dons de la part de paroissiens[34]. La bénédiction de l'église est faite par Mgr Félix Dupanloup le .

Entre 1869 et 1873, le clocher étant jugé trop bas[35], on entreprend de nouveaux travaux en le surmontant d'une flèche, à la suite d'une souscription collectée auprès des habitants. Les travaux ne seront achevés qu'en 1873[36]. En 1874, le clocher s'enrichit de deux nouvelles cloches : Jeanne-Marie et Françoise-Paule[13].
Le curé Séjourné (1831-1851) se voit conféré le titre de chanoine honoraire de la cathédrale par l'évêque d'Orléans en 1843[37]. Le curé Auguste Fleury fait l’objet d’une demande de renvoi par le conseil municipal en 1896, compte tenu de « son esprit vindicatif et parce qu’il s’est fait trop d’ennemis dans la commune »[38],[39],[40].

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1862[1] et tous travaux envisagés dans le périmètre protégé de 500 m autour de l'église sont soumis à une autorisation d'urbanisme sur dérogation de l'architecte des bâtiments de France (ABF).
En 1871, le reliquaire de saint Mesmin, constitué d'un coffret doré et émaillé, qui avait l'objet d'une translation de l'église vers la grotte le , est dérobé par les troupes prussiennes[41]. Celui-ci avait été précédemment offert par Alexandre Collin, l'ingénieur chargé de la réhabilitation de la grotte en 1857[42].
De 1896 à 1904, la maîtrise d'enfants, qui se produisait à l'occasion des fêtes religieuses, fut dirigée par une certaine Mademoiselle Yèvre qui tenait aussi l'harmonium[43]. Madame Gramain[44] dispensait des cours d'orgues aux mêmes enfants[45].
Durant tout le XIXe siècle, la gestion courante des biens matériels est assurée par le conseil de fabrique qui est composé de huit marguilliers :
Le Conseil de Fabrique
Liste des présidents de 1822 à 1906 [46] :
- Étienne Jean Désiré Chemin de Beuvry[47] (1822-1825)
- Jacques Deshayes[48] (1825-1828)
- Charles Moussard (1828-1831)
- Étienne Jean Désiré Chemin de Beuvry (1831-1836)
- Jacques Mothiron[48] (1836-1840)
- Pierre Boucher (1840-1847)
- Claude Girard[49] (1847-1854[50])
- De Vitry[51],[52] (1855-1863)
- Leroy (1863-1888)
- I. De la Taille (1888-1892)
- Hyppolyte Deparday (1892-1897)
- Gustave Bigot[30] (1897-1906)
XXe siècle
Dès le déroulement des 1ers débats qui ont lieu début 1905 à la chambre des députés et ce, jusqu'à son vote définitif fin 1905, le curé Delahaye prend fermement position contre les dispositions de la Loi de séparation des Églises et de l'État par la rédaction d'un certain nombre d'articles virulents qui paraissent chaque mois dans le bulletin paroissial[53].
Dans la nuit du , les portes de l'église sont fracturées et celle-ci est cambriolée (troncs vidés, vases sacrés enlevés, ...)[54].
Le , conformément à l'article 3 de la loi du , la direction des Domaines fait procéder, sur place par un agent de l'État, à l'inventaire complet des biens mobiliers et immobiliers de la paroisse de la Chapelle Saint-Mesmin. Ce, en présence d'un nombre important de fidèles venus prier dans l'église à l'appel du curé Delahaye[55].
Dans la 1ère moitié du XXe siècle, l'éclairage de la nef était assuré par une série de onze lustres[56] de cristal[57]. En 1935, la restauration des couvertures du bas-côté Sud et de l'abside est réalisée[58]. En 1938, Charles Lorin offre un vitrail représentant la Vierge entourée des armoiries de quatre évêques d'Orléans[59]. Le modèle de la Vierge est celui de la statue offerte par Mgr Dupanloup au petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin ou Lorin avait été élève[60]. En 1943, des travaux de couverture sont réalisés sur le collatéral Nord[61]. En , une grande partie des vitraux de l'église est soufflée par l'explosion d'une bombe larguée sur la rive sud de la Loire par des avions alliés. En 1947, une forte bourrasque endommage les couvertures du versant Nord de la nef et de celles du clocher. Des réparations sont réalisées en 1948[62]. La même année, les vitraux détériorés par le bombardement allié de 1944 sont réparés[63] ou remplacés[64]. En 1956[65], la restauration de la couverture et de la charpente du clocher ainsi que les maçonneries de la façade Sud du clocher est effectuée[66]. La fiche d'inventaire régional de 1968 mentionne « la vétusté des peintures et des moulures de poutres, cachées par de fausses voûtes »[67]. En 1970, le bas de la façade Sud du clocher fait l'objet d'un ravalement[68]. La réfection des enduits au mortier de chaux de la face Est du clocher est réalisée en 1975[69]. En 1978, de nouveaux travaux de maçonnerie sont entrepris[70]. La même année, des éléments de charpente du bas-côté Nord et de la sacristie sont remplacés[71]. En 1983, des travaux de restauration des parties hautes de la façade occidentale et des deux clochetons Ouest du clocher sont réalisés[72].

En 1990, des travaux de maçonnerie d'entretien sont réalisés[73]. En 1991 et 1992, le parvis et l'esplanade de l'église sont totalement refaits par la ville. En 1994, les Services départementaux de l'architecture et du patrimoine préconisent un programme de restauration[74]. Les abat-sons du clocher sont remplacés à l'identique en 2008.
D'importants travaux de restauration de l'église sont réalisés par la Ville en 2012 et 2013[75] (extérieur)[76], puis en 2018 (intérieur[77]) sous l'égide de l'architecte en chef des Monuments Historiques[78],[79].
Ce projet d'un montant de 1,6 million d'euros, conduit par la ville de 2012 à 2018, a bénéficié du soutien financier de l’État (ministère de la Culture) et du département du Loiret.
Liste des abbés connus de l'église Saint-Mesmin du XIVe au XXe siècle
- Pierre de Baudourville (1378)
- Etienne Brissard (1616)
- Etienne Billard (?)
- Jean Robillard (1642-1666)
- Jacques Proust (1666-1680), docteur de Sorbonne, puis curé de l'église Saint-Pierre Lentin d'Orléans jusqu'à sa mort en 1689
- Jean Danglebermes (1681-1685)
- Roucellet (1685-1710)[80]
- Nicolas Charton (1710-1716)
- Marc Rambault (en 1717 jusqu'en 1725 ?), docteur de Sorbonne
- Laurent Hazard (?)
- Prévot (vicaire en 1739)
- Thauvin (en 1752 et jusqu'en 1763)
- Louy François Bordier[81] (1763-1787)
- Jacques Gaudry (en 1788 jusqu'en 1791)[82], auparavant vicaire de l'église Saint-Paterne d'Orléans, neveu du précédent[83].
- Malivoile (1791-1792)
- Gaudry (1792-1793)
- Poignard (vers 1793, déporté à Cayenne en 1797[84])
- François Deshaye (après 1793)[85]
- Mercier[86] (entre 1793 et 1802)
- Aignan Limozin (entre 1793 et 1802[87])
- Badinier (vicaire d'Ingré - 1802-1803)
- Asselin (1803-1815)
- Sevestre (1816-1817)
- Guillaume Bazinet (1817-1828)
- Poisson (1829-1831)
- Auguste Séjourné (1831-1851)
- Amédée Blandin (ou Blondin) (1851-1855)
- Charles Honoré Mejasson (1855-1860)
- Nicolas Fleury (1860-1872)
- Édouard Sauvegrain (1872-1876)
- Auguste Fleury[88] (1876-1896)
- Couturier (?-?)
- Charles Pierre Paul Delahaye[89],[90] (1896-), Charles Dubesset[91] (1903-1905), Abbé Portehaut[92],[93] (1905-1912)
- J. Caillette[94] (1910-1931), Abbé Noël[95] (1912-1913), Abbé Beaufrère (1913-?)[96]
- Paul Breton[97] (1931-1940)
- Joseph Martin (1941-?)[98]



