Église des Cordeliers de Laval
église située en Mayenne, en France
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L'église Notre Dame des Cordeliers de Laval est une église de Laval, édifiée à la fin du XVIe siècle et au commencement du XVIIe siècle. Elle est bâtie de 1397 à 1407 par les religieux appelés à Laval par Guy XII de Laval et sa femme Jeanne de Laval, veuve en premières noces du connétable Bertrand Du Guesclin. Elle ne comprenait, avant les travaux du XIXe siècle, qu'une nef principale flanqué d'un collatéral unique au nord sur lequel s'ouvrait 7 chapelles latérales qui furent ornées au XVIIe siècle d'une série extraordinaire de retables constituant ainsi sans doute le plus grand ensemble de l'Ouest de la France. L'église possède six autels en marbre avec retables du XVIIe siècle et voûte en lambris peints scènes de la vie de saint Bruno[Lequel ?] et saint Bonaventure. Un autel du même style occupe toute la largeur du chœur. Elle a été inscrite monument historique par arrêté du [1] puis classé par arrêté du en totalité avec les sols des parcelles n°21 et n°494.
| Église Notre Dame des Cordeliers | |
Porche de l'église | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Culte catholique |
| Rattachement | paroisse Trinité-Avesnières-Cordeliers |
| Début de la construction | XVIe siècle |
| Fin des travaux | XVIIe siècle |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Pays de la Loire |
| Département | Mayenne |
| Commune | Laval |
| Coordonnées | 48° 04′ 12″ nord, 0° 46′ 42″ ouest |
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Description
« La proximité géographique avec le Monastère de Patience de Laval fera dire à Henri IV : Ventre saint-gris ! Le feu est bien près des étoupes ».
Histoire
Famille de Laval
Les frères mineurs conventuels furent établis à Laval à la fin du XIVe siècle par Guy XII de Laval, et sa femme Jeanne de Laval, veuve en premières noces du connétable Bertrand Du Guesclin. Tous les deux dans leur vieillesse s'adonnèrent aux œuvres de piété et firent plusieurs fondations importantes. Ils s'adressèrent à l'antipape Benoît XIII, dont la France suivait alors l'obédience, et lui exposèrent leur désir d'appeler auprès d'eux des religieux de Saint François.
Établissement
L'antipape Benoît XIII, par une bulle donnée à Avignon en 1397 ou peut-être l'année précédente, chargea les abbés de Clermont et de Bellebranche de faire une information tendant à savoir si l'établissement projeté à Laval était convenable et utile[2]
Guy et Jeanne construisirent à leurs frais les lieux claustraux. Ces travaux durèrent pendant les années 1394, 1395 et 1396. Le , jour de Saint Jean, MM. les abbés de Clermont et de Bellebranche, commissaires apostoliques, délégués à cet effet, vinrent planter la croix des Frères-Mineurs[3].
Pierre de Savoisy, évêque du Mans, approuva cette fondation[4]. L'église n'était point encore édifiée. Une petite chapelle, sous l'invocation de saint Jean l'Évangéliste, située à droite de la cour qui se trouve actuellement au devant du portail de l'église, servait aux religieux pour y célébrer l'office divin.
L'évêque de Sydoine l'avait consacrée le et l'avait mise sous le patronage de ce Saint ; une inscription dans la boiserie qui décorait l'autel rappelait la fondation du couvent. Les religieux avaient dans la suite érigé une autre chapelle en face, de l'autre côté de la cour[5].
Fondation
Après avoir acheté de Jean Le Landier, prêtre, une portion de terrain « au bourg Saint-Martin de Laval, abutant d'un bout au pavement de la grande rue du bourg, et de l'autre au champ dit des Lavandiers[6]. Guy de Laval en racheta la féodalité de Allain de la Corbinaye, prieur du prieuré de Saint- Martin, et s'engagea, par traité du , à lui en payer une rente annuelle de cinquante sols. Il consentit en outre aux curés de la Trinité et au prieur de Pritz, pour les indemniser de la perte de leurs droits curiaux, une rente de huit livres.
Isidore Boullier ignore si le rapport eut le temps d'être effectué, car la fondation fut bientôt réalisée.
Bénédiction
Le campanile, le cimetière, les dortoirs, le réfectoire et la chapelle Notre-Dame-de-Lorette sont réalisés entre 1397 et 1398. L'église comporte une nef et un seul bas-côté ; elle est bénite en 1407 par l'évêque du Mans Adam Châtelain[10]. Il la consacra en l'honneur de Dieu et de la bienheureuse Vierge Marie, et lui donna pour patron saint Jean l'Évangéliste. Les registres des Cordeliers, du XVIIIe siècle, la mentionnent sous le nom d'église de Saint-François.
Prêtres et clocher

Dans les siècles passés, les pères Cordeliers étaient nombreux au monastère de Laval. En 1482 pendant les chaleurs de l'été, des fièvres contagieuses avaient atteint les frères ; une trentaine succomba, le reste fut obligé d'évacuer la maison[11].
Guillaume Le Doyen dit que son clocher ne fut élevé que vers 1484, temps où les paroissiens de la Trinité faisaient de grands travaux à leur église paroissiale et où la collégiale Saint-Tugal de Laval commençaient à être bâtie. René Ier d'Anjou, est un des bienfaiteurs des Cordeliers : il contribua à la décoration de leur église en leur donnant un tableau que lui-même avait peint[12], représentant le seigneur attaché sur la croix[13].
Ils se livraient à la prédication et faisant souvent entendre la parole de Dieu dans les paroisses de la ville. Guillaume Le Doyen a conservé les noms de plusieurs prédicateurs distingués qui vécurent dans ce couvent et se firent une grande réputation.
- Mathurin Le Bret[a 1] prêchait à Saint-Vénérand le carême de l'année 1523 ; Frère Bellanger prêchait en 1528. Frère Jacques Hegnard, provincial et général de l'ordre, prêcha le Carême de 1530. Frère Etienne Pischard[a 2] se fît entendre à celui de 1532.
Riche intérieur
Plusieurs chroniqueurs dont Charles Maucourt de Bourjolly parle de la beauté du couvent des Cordeliers.
Chapelles

L'église des Cordeliers était remarquable par la distribution particulière de ses chapelles placées sur un seul rang du côté de l'évangile, suivant, dit-on, la mode de construction adoptée par l'ordre de Saint-François ; on remarquait aussi les balustrades en marbre de Saint-Berthevin qui les fermaient.
Cloître
Les jardins et le cloître des Frères Mineurs de Laval avaient, au XVIIIe siècle, une très grande réputation de beauté et de magnificence.
« Les Nouvelles recherches sur la France[14], en font mention en ces termes : Le cloître, par la vaste étendue d'un de ses côtés, son beau parterre, son jet d'eau, ses colonnes de marbre jaspé, attire très-souvent la visite des voyageurs curieux. Les jardins de cette maison sont en terrasse. Les eaux des fontaines voisines, qui y sont conduites par divers canaux souterrains, y forment de belles pièces d'eau, qui donnent à ce jardin un air de fraîcheur bien agréable et y entretiennent la pureté et la salubrité de l'air, qui est peut-être le meilleur de la ville. ».
Le cloître avait été rebâti vers le milieu du XVIIe siècle[15].
Il est détruit depuis longtemps. Il était supporté par des colonnes de marbre rouge de Saint-Berthevin[16], qui sont transportées, vers 1809 à Paris, et employées, dit-on, à la décoration du palais du cardinal Fesch, Palais Bourbon. Il en resta deux, qui sous la Restauration, servirent à faire la croix érigée sur la place du Palais, à la suite de la mission, et que la révolution de 1830 fait disparaître.
Le lambris en bois était peint comme celui de l'église, orné de peintures exécutées en 1639, par le frère Beaubrun, celui qui avait fait les peintures de l'église : elles étaient, dit-on, supérieures. L'intérieur formait un parterre ; au milieu était un jet d'eau, s'élevant à une grande hauteur. Les religieux se servaient des eaux venant des sources de la Valette[17] que Guillemine Gireu, veuve de Ambroise Audouin, leur avait données, en 1521 pour avoir part à leurs prières et oraisons et que son fils Pierre Audouin[18], mari d'Anne Ferrand, leur avait confirmées en 1526, en permettant aux religieuses de Patience d'en prendre une partie.
Réfectoire et vitraux
Le réfectoire de cette maison était aussi fort beau ; il avait sept fenêtres garnies de vitraux peints en 1539 par Simon de Heemsce. Jacques Le Blanc de La Vignolle[19] dit que c'était un des plus beaux ouvrages de l'Europe pour lequel voir les étrangers accouraient de toutes parts. C'est l’œuvre la plus considérable exécutée par Simon de Heemsce dans le comté de Laval qui sera détruite par les ravages[20] du temps et un orage de grêle tombé à Laval le .
La verrière du fond de l'église, derrière le maître autel, représentait le terrible accident qui avait privé en 1403 les fondateurs de leur unique héritier Guy de Laval. Quelques fragments, restés dans les meneaux, en conservaient encore le souvenir.
Les onze verrières de l’église Notre-Dame des Cordeliers sont dues aux maîtres-verriers Auguste Alleaume de Laval, Megnen, Clamens et Bordereau d’Angers, Charles Champigneulle de Paris. L’atelier des frères Paul et André Rault de Rennes : Vitraux d'arts Rault Frères et Les Maîtres Verriers Rennais - réalisa ceux de "Saint François et ses disciples" et le "Vitrail à la Gloire de La Vierge et des saints" ; vitraux offerts en 1945 par le chanoine Chantepie, curé de Notre-Dame.
Lambris
Il existait un lambris, décoré de peinture, représentant dans une sorte de réseau une suite de portraits de Saints appartenant à l'ordre de Saint-François, entremêlés à des portraits de la famille royale de l'époque et des portraits de papes. Il remplaça en 1638 le lambris primitif de l'église, usé de vétusté[21].
État florissant
Un ouvrage[22], imprimé à Rome en 1587, donne sur l'état florissant du couvent des Cordeliers au XVIe siècle des renseignements précieux.
- Il rappelle ces fontaines au nombre de 14 et dont les eaux, pour l'agrément ou l'utilité, parcouraient dans de nombreux canaux les jardins et les différentes pièces du couvent. Dans les archives étaient conservées plusieurs bulles pontificales, relatives à diverses faveurs accordées soit aux Cordeliers eux-mêmes, soit aux Clarisses de Patience, et des lettres royales aussi favorables que flatteuses. Le catalogue des reliques[23] était affiché dans la nef de l'église. À cette époque, le couvent comptait 45 religieux, dont 2 professeurs de théologie et de philosophie et 10 prédicateurs.
Retables
Le chanoine Auguste Chantepie[24], reprenant l'opinion du chanoine Mars assure que tous les retables ont été construits à la même époque, de 1630 à 1640. Pour Jacques Salbert, il n'en est rien[25], et il est difficile d'être précis sur la date de construction. Les retables latéraux des Cordeliers sont tous différents les uns et des autres. Ils étaient d'abord situés contre les fenêtres des chapelles latérales qu'ils obstruaient en partie : ils sont déplacés au milieu du XIXe siècle[26] et remontés contre les murs de refend des chapelles.
- Retable du maître-autel : Le retable du maître-autel est antérieur à 1636, car il est décrit par Dubuisson-Aubenay dans son Itinéraire de Bretagne[27]. La date de construction n'est pas connue de façon précise, mais sa réalisation porte pour Jacques Salbert la marque de Pierre Corbineau. Le retable va subir des transformations aux XIXe siècle[28] et XXe siècle[29]. Malgré ses transformations, le retable du maître-autel est l'un des plus beaux et plus grands retables lavallois.
- Retable latéral de Saint-François : Pierre Corbineau passe marché avec Jeanne Marest, veuve de François Cazet, en 1637. Il est la réplique exacte, à quelques détails près, des autels latéraux construits par Corbineau à Piré-sur-Seiche. Le marché est conclu le par lequel Pierre Corbineau promet de tenir l'autel de l'église des Cordeliers de Laval terminé pour le premier dimanche de carême[30]. Ce retable devait être terminé pour le premier dimanche de carême de l'année suivante[31].
- Retable latéral du Sacré-Cœur: Il n'y a aucune source écrite : ni date, ni inscription, ni marché de construction concernant ce retable. Pour Jacques Salbert, ce retable témoigne de l'art de Pierre Corbineau, sans qu'on puisse dater ce retable autrement que des années 1630-1640 environ.
- Retable latéral Saint-Joseph : Il n'y a aucune source écrite : ni date, ni inscription, ni marché de construction concernant ce retable. Pour Jacques Salbert, ce retable témoigne aussi de l'art de Pierre Corbineau, sans doute à la même époque que les deux précédents.
- Retable latéral Saint-Pierre : Il appartient par sa date de construction (1632), sa structure et plusieurs éléments à l'atelier de Pierre Corbineau. Son donateur est Jean Guillot[32], grand-oncle de Jacques Le Blanc de La Vignolle, qui était affilié à la famille Corbineau.
- Retable latéral Notre-Dame : En 1653, les Cordeliers de Laval ont reçu des exécuteurs testamentaires de François Chapelle[33] une somme de 1.000 livres pour la construction d'un autel à la gloire de Dieu et de sainte Marie-Madeleine[34]. Les religieux s'adressent à Michel Langlois qui[35] se charge de l'exécution de ce travail; l'autel est terminé l'année suivante[36]. Pour Jacques Salbert, l'autel est comparable sur plusieurs points à celui de Neau. Pour lui, le style ne fait aucun doute, et il faut attribuer à Michel Langlois, la réalisation de cet autel qui est le même que celui qui était dédié à Dieu et Marie-Madeleine.
- Retable latéral Notre-Dame de Pitié: Il est plus tardif, probablement d'époque Louis XIV. L'Abbé Angot attribue la présence au centre du grand cartouche des initiales JLB à Jacques Le Blanc de la Vignolle. L'autel pourrait donc dater de la mort de ce personnage en 1684, et non de 1634 comme l'écrit le chanoine Chantepie.
- Retable latéral Saint-Antoine : François II Houdault réalise l'autel Saint-Antoine en 1669[37]. L'autel est transporté à l'église de la Trinité de Laval au début du XIXe siècle.
- Retable latéral Saint-Michel : Détruit, ses matériaux vont servir à la construction de l'autel de la Communion dans l'église de la Trinité de Laval au début du XIXe siècle.
Le chiffre de Jacques Le Blanc de la Vignolle est sculpté contre le pilier du chœur à l'entrée de la sacristie. Un autel était probablement appliqué à ce pilier. « Il est bon que l'on sache l'origine de cette sculpture pour que l'on ne supprime pas ce souvenir d'un des Lavallois qui ont le mieux mérité de leurs concitoyens », note l'abbé Angot.
Chapitre général des Cordeliers
À la Pentecôte 1505, s'ouvrit dans le couvent, le chapitre général[a 3]. de l'ordre des Cordeliers.
On en retrouve un autre indiqué le [38]. En 1619, il en est tenu un qui commença le vendredi 17e jour du mois de mai.
René Pichot de la Graverie rapporte qu'en 1738 et 1753 les Cordeliers tinrent des chapitres généraux dans la maison de Laval[39]. Que faut-il entendre par chapitres généraux? Il est difficile de le dire maintenant. Cependant il est à croire qu'il ne s'agissait pas uniquement de la province dont Laval faisait partie ; car le P. Poisson, provincial de Paris, présidait en 1738. Pendant ces deux sessions, on soutenait des thèses de théologie et de philosophie dans l'église. Mais il est probable que les élèves venaient du dehors, car on ne voit nulle part qu'il y eût une école attachée à la maison de Laval. Ces deux chapitres se terminèrent le dimanche de la Pentecôte par une procession à l'église de la Trinité, où les Cordeliers assistèrent à la grande messe.
Le couvent a reçu à diverses reprises la visite des évêques diocésains. Dans une de ses visites pastorales le jeudi , Charles de Beaumanoir de Lavardin, évêque du Mans, y donna la confirmation dans le cloître. Au mois de , le même évêque y conféra les ordres sacrés. Il y eut plus de quatre cents ordonnés, tant tonsurés qu'acolytes, sous-diacres, diacres et prêtres. Ce nombre avait été dépassé dans une ordination qu'il avait faite en 1618, où il y avait eu deux cent-cinquante-trois tonsurés et acolytes, cent-vingt-sept sous-diacres, cent-seize diacres et quatre-vingt-quatorze prêtres.
XVIIe siècle, XVIIIe siècle
Le , sur les sept heures une grêle importante qui tomba à Laval endommagea les vitres de toutes les églises et détruisit complètement celles du réfectoire des Cordeliers. À cette époque on avait généralement renoncé à la peinture sur verre, et on croyait même communément que le secret en était perdu. Les fenêtres du réfectoire furent garnies de verres blancs, et restèrent en cet état jusqu'à la Révolution française.
Isidore Boullier ignore à quelle Province de France appartenaient les Cordeliers de Laval. Ils avaient jusqu'au milieu du XVIIIe siècle une grande réputation de régularité et vivaient fort exemplairement, dit Julien Leclerc du Flécheray[42] ; à cette époque ils étaient fort nombreux. Julien Leclerc du Flécheray, dans son Mémoire sur le comté de Laval qui a été achevé vers 1694, en porte le nombre à plus de soixante. Peut-être compte-t-il dans ce nombre les frères convers. Plus tard leur nombre alla toujours en diminuant.
Révolution française
États généraux
Le choix des députés aux États généraux de 1789 se fait à deux degrés : Le tiers état, nomme le , dans le réfectoire de l'église des Cordeliers de Laval, les délégués qui doivent aller au Mans consommer l'élection. Les suffrages désignent en premier René Enjubault de la Roche. Les électeurs le nomment député dès le premier tour de scrutin[43].
En 1790, il n'y avait plus que six religieux prêtres. Deux d'entre eux adhérèrent à l'église constitutionnelle.
Élections
Dès le commencement de la Révolution française, on prit une partie de leur couvent, pour y placer l'administration du district, et leur réfectoire pour les assemblées électorales. Les élections primaires se tinrent au mois de mars 1790 dans l'église des Cordeliers, pour la section du faubourg Saint-Martin[50].
Au mois de juin suivant, ce fut dans l'église des Cordeliers que se tint L'assemblée des électeurs délégués par les assemblées primaires du mois de mars.
Ouvertes le les opérations électorales ne furent terminées que le suivant. Les électeurs[51] sont réunis pour constituer le département de la Mayenne[52]. Leurs séances se tinrent dans l'église des Cordeliers, et dureront jusqu'au [53].
Le , François Hubert, maire de Laval, harangue, au nom de la municipalité les lecteurs du département réunis dans l'église. On y nomme le directoire du département, ceux des districts, etc., etc.
Expulsion des religieux
En 1790, les habitants du faubourg de Saint-Martin signèrent une pétition à l'Assemblée Constituante pour demander la conservation du monastère des Cordeliers, dont ils appréciaient les bienfaits; le Directoire refusa de transmettre cette pièce et s'empara des bâtiments le [54]. Le couvent des Cordeliers fut d'abord pris en partie pour être employé au service public. Quelques mois plus tard on s'empara du reste. On fait les expulser les religieux entièrement de leur maison qui resta bientôt vacante, les bureaux du district ayant été transférés ailleurs. Le directoire du département assigna le réfectoire aux administrateurs du district qui s'y installèrent pour y tenir leurs séances et y placer leurs bureaux[55].
Lieu de détention
Le , les administrations du département et du district rendirent en commun un arrêté ordonnant l'incarcération d'environ 400 prêtres non assermentés que l'on avait forcé depuis trois mois de se rendre de tous les points du département, à Laval, où ils étaient soumis tous les jours à un appel de présence. Deux cents d'entre eux environ furent renfermés dans la maison des Cordeliers, et les autres dans celle des Capucins[56]. Le , le maire de Laval et le citoyen Frin-Cormeré sont envoyés par l'Assemblée de l'Hôtel-de-Ville, pour faire délivrer des chambres à feu aux prêtres enfermés dans le couvent des Cordeliers. Deux municipaux furent envoyés pour leur faire délivrer des chambres. La déportation réduit le nombre de prêtres à cent environ, qui, vers le milieu d'octobre, sont transférés dans le couvent des Urbanistes, dit de Patience.
Caserne
Le Conseil décida le qu'une demande serait adressée au ministre, tendant à obtenir l'autorisation à faire une caserne dans le couvent des Cordeliers, et qu'on enverrait au ministre de la guerre un plan de distribution proposé par le citoyen Bourgeois pour approprier le local à ce nouvel usage.
Le on prévint les citoyens de se trouver le mercredi suivant dans l'église des Cordeliers pour y entendre la lecture de l'adresse aux Français et de la loi sur le recrutement.
Les anciennes décorations disparurent ; les distributions furent successivement changées, de nouvelles constructions furent faites.
Biens nationaux
La propriété du petit bois des Cordeliers[57] est acquise nationalement par M. Tauvry qui y fait construire une petite maison[58].
Destruction
Au mois d', le ministre de la guerre accorda aux catholiques la jouissance provisoire de l'église des Cordeliers, qui servait alors de magasin, comme dépendance de la caserne établie dans les bâtiments du couvent.
Le le Conseil céda au département l'ancien couvent des Cordeliers pour l'établissement d'un dépôt de mendicité pour le département, à condition que la ville ne donnerait que les bâtiments cours et jardins servant à la caserne, se réservant l'église et ses dépendances, et à condition que l'on obtiendrait la construction d'une caserne pour le logement de 600 hommes aux frais du gouvernement.
Les jardins ont été excavés en 1848 pour faire un champ de manœuvres et combler l'ancien lit de la Mayenne. La modification du terrain et des bâtiments a été tellement complète qu'il n'est plus possible de reconnaître quel était autrefois l'état des lieux.
Retour au culte
L'église des Cordeliers fut conservée comme annexe de la paroisse de la Trinité ; on lui donna pour desservant M. Leveau. Elle ne devint église paroissiale, sous le vocable de Notre-Dame qu'en 1826. Une ordonnance du , donnée par Mgr Philippe-Marie-Thérèse-Gui Carron en fixa définitivement les limites. Pierre-Aimé Renous réalise le second bas-côté en 1863[59]. Il réalise aussi le voûtement sur croisée d'ogives[60].
XXIe siècle
À la suite de l'affaire de Niafles, l'évêque Armand Maillard a célébré le une messe dans la forme tridentine du rite romain en l'église Notre-Dame-des-Cordeliers de Laval. De à , l'église est desservie en partie par l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) pour la forme extraordinaire du rite romain. En , l'apostolat selon la forme extraordinaire a été confié aux dominicains (Père Pic, du Couvent de Rennes, et les Pères de la Fraternité Saint Vincent Ferrier). Et désormais, l'église est confiée à la fraternité sacerdotale saint Pierre pour les messes selon la forme extraordinaire du rite romain. La messe en français reste célébrée tous les dimanches soir à 18 heures dans la forme ordinaire du rite romain par les prêtres diocésains.
Le grand orgue
Le grand orgue de l'église Notre-Dame des Cordeliers a été construit en 1851, par le facteur d'orgue Sergent, du faubourg Saint-Antoine à Paris. L'instrument a été restauré une première fois par Louis Debierre en 1878, puis par son successeur Georges Gloton, de Nantes, en 1936. Il comporte 16 jeux. La console a été retournée (face à l'autel) par Georges Gloton, et renferme deux claviers de 56 notes et un pédalier à l'allemande de 30 notes, avec transmission mécanique. L'entretien de l'instrument dans sa forme actuelle a été successivement assurée par les manufactures Renaud (44), puis Boisseau (86), et depuis 2008 Toussaint (44). L'orgue dans sa forme actuelle a été inauguré par un concert du chanoine Fauchard le dimanche , puis a été tenu pendant plus de quarante ans par Lucien Chevron. Le titulaire actuel est Arnaud Bouillé.
Sépultures
Famille de Laval
La famille de Laval avait une affection marquée pour l'église et le chapitre de Saint-Tugal, ceci après l'abbaye de Clermont, qui est leur premier lieu de sépulture[61]. Néanmoins, plusieurs membres de la famille de Laval choisissent l'église des Cordeliers comme lieu de sépulture. André René Le Paige indique que les fondateurs du couvent des Cordeliers sont enterrés dans leur église. C'est une erreur[62]. Le titre de comte et de comtesse donné aux fondateurs des Cordeliers dans les épitaphes de Jeanne et Guy de Laval font penser que ces tombes ne sont placées qu'après le décès de Jeanne[63].
- Jeanne de Laval, épouse de Guy XII de Laval. Son corps est inhumé en son église des Cordeliers de Laval, sous un splendide tombeau émaillé où étaient figurés à ses côtés deux de ses enfants Guy et François, morts au berceau[64]. Le portrait de Guy se voyait sur les vitraux peints de la grande fenêtre au fond du chœur.
- Guy de Laval, sire de Gavre, mort en 1407.
- Arthuse de Laval, fille de Guy XIV de Laval et d'Isabeau de Bretagne, morte en 1450[65]
Notables de Laval
Un grand nombre de familles de Laval choisissaient l'église des Cordeliers pour leur lieu de sépulture[66]. Beaucoup de leurs membres faisaient partie du tiers ordre de Saint François, tout en vivant dans le monde. Ils se faisaient enterrer au milieu des frères. Les familles notables de la ville y possédaient des enfeus.
- Jean Berault, seigneur des Essarts. Il avait été procureur fiscal du comté, ensuite lieutenant particulier du siège ordinaire. Il mourut en 1531 et fut inhumé aux Cordeliers. Un seul vers de son épitaphe a été conservé : Actor ego flsci, nunc reus ante Deum.
- Lancelot de Brée, il est enterré dans l'église des Cordeliers sous une tombe de marbre où il était représenté avec l'écu de ses armes. Par son testament de l'année 1597, devant Le Breton, notaire à Laval, il donnait aux Cordeliers une rente de 80 livres.
- Louis Cazet[67] et Renée Fréard[68],[69].
- Mathurin Devernay, sieur du Ronceray, docteur en La faculté de médecine de l'université de Montpellier, y est enterré Le 28 août 1744. Il était regardé comme le plus habile et 1e plus expérimenté médecin de toute la province.
- Au mois d'avril 1756, Gilles René de la Roussardière, liée à la famille Cazet, chevalier, seigneur de Vautorte, mort à l'âge de 81 ans, est enterré dans une des chapelles de l'église des Cordeliers, qui lui appartenait. Marie-Thérèse Marest, sa femme, y est inhumée le 29 avril 1767 ; elle était âgée de 93 ans. Ils laissaient trois filles.