Élection présidentielle népalaise de 2023

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Inscrits881
Votants831
Blancs et nuls5
Élection présidentielle népalaise de 2023
Corps électoral et résultats
Inscrits 881
Votants 831
94,32% en diminution 3,6
Blancs et nuls 5
Ram Chandra Poudel CN
Voix 33 802
68,54%
Subash Chandra Nemwang PCM-LU
Voix 15 518
31,46%
Président
Sortant Élu
Bidya Devi Bhandari
PCN-MLU
Ram Chandra Poudel
CN

L'élection présidentielle népalaise de 2023 a lieu au scrutin indirect le afin d'élire le président de la République du Népal. L'élection de son vice-président a lieu dans la foulée le 17 mars[1].

La présidente sortant Bidya Devi Bhandari, du Parti communiste marxiste-léniniste unifié (PCM-LU), n'est pas rééligible, la constitution de 2015 limitant à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs.

Le choix des candidats fait l'objet d'intenses négociations entre les différents partis du pays. Le Congrès népalais (CN) dans l'opposition, parvient à convaincre le Parti communiste unifié du Népal (maoïste), du Premier ministre Pushpa Kamal Dahal et partenaire de coalition du PCM-LU, d'opérer un retournement d'alliance et soutenir la candidature d'un membre du CN, Ram Chandra Poudel. Ce dernier remporte l'élection par 68,54 % des voix. Ramsahay Sahaya Yadav est par la suite élu à la vice-présidence.

Présidentielle de 2018

Bidya Devi Bhandari

L'élection présidentielle de mars 2018 marque la fin d'une décennie de transition post-révolutionnaire. La révolution ayant mené le à l'abolition de la monarchie et à la fin de la rébellion maoïste a en effet conduit le pays à mettre en œuvre une longue transition politique, qui aboutit dix ans plus tard à l’avènement de la première république fédérale népalaise. La vie politique du pays est alors dominée par trois partis : le Parti communiste maoïste (PCM, extrême gauche), le Congrès népalais (CN, centre gauche) et le Parti communiste marxiste-léniniste unifié (PCM-LU, centre gauche, malgré son nom). La candidate du Parti communiste marxiste-léniniste unifié, Bidya Devi Bhandari, est élue première femme présidente de la République en 2015, et se voit chargée d'assurer la transition jusqu'à la mise en place définitive des institutions prévues par la constitution de 2015. Les élections législatives organisées fin 2017 conduisent notamment à la formation d'une coalition entre le PCM-LU et le PCM, leurs dirigeants s'accordant par ailleurs sur la formalisation de leur alliance via la fusion prochaine des deux partis en un seul Parti communiste. Bénéficiant du soutien des deux partis, Bidya Devi Bhandari est ainsi largement réélue en 2018 pour un second mandat, son seul opposant, Kumari Laxmi Rai (CN), n'obtenant que 23 % des voix du collège électoral[2]. Son vice-président Nanda Kishor Pun, également membre du PCM-LU, est lui aussi réélu en l'absence d'opposants[3],[4].

Instabilité gouvernementale

Le gouvernement communiste dirigé par le Premier ministre Khadga Prasad Oli est cependant l'objet de tensions internes qui culminent avec le dépôt d'une demande de mise au vote d'une motion de censure pour le dimanche . Oli réagit en demandant à la présidente Bidya Devi Bhandari la dissolution de la chambre avant que ne puisse être votée la motion, une décision qui provoque de vives critiques au sein de la classe politique népalaise et plusieurs manifestations à son encontre[5],[6],[7]. La Cour suprême annule cependant la dissolution le , avant de juger invalide la fusion des deux partis communistes[8]. Le Premier fait l'objet d'un vote de censure défavorable, mais tente de se maintenir avec le soutien de la présidente qui le renomme à son poste[9],[10] puis convoque à sa demande des élections anticipées, à leur tour annulées par la Cour constitutionnelle[11],[12]. L'opposition menée par le Congrès népalais de Sher Bahadur Deuba, parvient avec le soutien du Parti communiste maoïste et d'une vingtaine de dissidents du Parti communiste marxiste-léniniste unifié à former en juillet 2021 un nouveau gouvernement, qui porte Deuba au poste de Premier ministre après un vote de confiance réussi[13],[14].

Bien qu'à un poste essentiellement honorifique, la présidente Bidya Devi Bhandari se retrouve ainsi en situation de cohabitation du fait de son soutien affirmé à l'ancien Premier ministre[15]. Elle n'est cependant pas candidate à sa réélection en 2023, la constitution de 2015 limitant à deux le nombre de mandats présidentiels et vice-présidentiels consécutifs. L'élection présidentielle en devient ainsi très ouverte, quelques mois après les élections législatives et provinciales de novembre 2022, qui conduisent à une recomposition du collège électoral.

Situation après les législatives de 2022

Ram Chandra Poudel

Les législatives conduisent finalement le Parti communiste maoïste a renouer avec le Parti communiste marxiste-léniniste unifié (CPN-MLU), le premier obtenant en retour le poste de Premier ministre pour son dirigeant, Pushpa Kamal Dahal. Ce dernier forme un gouvernement de coalition avec le Parti national indépendant et le Parti Janamat qui bénéficie de la majorité absolue à la Chambre des représentants[16]. L'accord conclu entre Dahal et Oli prévoit que le premier conserve le poste de Premier ministre pour la première moitié du mandat de cinq ans de la chambre, puis le laisse au second pour la seconde moitié. Est également prévu l'élection d'un candidat à la présidence qui soit membre du PCN(MLU).

La Présidente Bhandari convoque la session inaugurale de la Chambre des représentants pour le 9 janvier[17]. Le lendemain, Pushpa Kamal Dahal reçoit la confiance de la quasi-totalité de la chambre, 268 des 270 représentants présents votant en sa faveur, là où la majorité absolue du total des membres était nécessaire, soit 138 voix[18]. Le Congrès népalais et ses alliés décident en effet de voter également pour Dahal de manière à démontrer qu'un écartement du PCN(MLU) en leur faveur est toujours possible[19]. Cette politique provoque de fait des dissensions quant au choix d'un candidat à l'élection présidentielle, Oli insistant pour que soit élu un candidat du PCN(MLU), comme convenu dans leur accord. Après le vote quasi unanime de la confiance au gouvernement, Dahal se déclare cependant ouvertement favorable à la désignation d'un candidat de consensus, apolitique[20],[21].

Malgré une entrevue de dernière minute entre Oli et Dahal le 24 février 2023[22], ce dernier annonce le même jour le soutien de sept partis  le Parti communiste unifié du Népal (maoïste), le Parti communiste du Népal (socialiste unifié), le Parti socialiste populaire du Népal, le Parti Janamat, le Front populaire national, le Parti socialiste démocratique du Népal et le Parti de la liberté du peuple  envers la candidature de l'ancien président de la Chambre des représentants Ram Chandra Poudel, avancée par le Congrès népalais[23], ainsi que le rétablissement à venir de l'alliance au pouvoir avant les législatives[24].

Le CPN-UML présente quant à lui la candidature de Subash Chandra Nemwang, ancien président de la première assemblée constituante népalaise[25].

Mode de scrutin

Le président de la République est élu au scrutin indirect majoritaire à trois tours par un collège électoral composé des membres des deux chambres du parlement fédéral  la Chambre des représentants et l'Assemblée nationale  et de ceux des 7 assemblées provinciales. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une seule fois. Son rôle est essentiellement représentatif. Un vice-président, élu par le collège dans la semaine suivant l'élection du président selon la même procédure, assure ses fonctions en son absence. Il ne peut être à la fois du même sexe et de la même communauté que le président[26].

Le collège électoral est composé de 884 grands électeurs, la Chambre des représentants, l'Assemblée nationale ainsi que les 7 assemblées provinciales étant respectivement dotées au total de 275, 59 et 550 membres. A la Chambre des représentants, deux sièges sont cependant vacants fin février 2023, et un autre membre retenu dans le cadre d'une affaire judiciaire, réduisant le collège à 881 grands électeurs[27],[28],[29].

Les votes des différents membres n'ont cependant pas tous le même « poids » en voix, fixé par une loi électorale. Ce poids est calculé en fonction de la population totale du pays au dernier recensement, divisée par le total de membres des assemblées provinciales et arrondis à l'unité supérieure, ce qui donne le poids des votes des parlementaires provinciaux. Ce poids est ensuite multiplié par 1,64 et arrondis à l'unité supérieure pour donner le poids des votes des membres du parlement fédéral. Ils étaient ainsi respectivement de 48 et 79 voix lors de l'élection présidentielle de 2018[26],[30], un ratio qui reste inchangé lors du scrutin de 2023[31].

Est élu au premier tour le candidat qui reçoit la majorité absolue de l'ensemble des voix du collège. A défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier tour, avec la même majorité à atteindre. Comme cette dernière est fixé sur le total des voix des membres du collèges et non sur la base des voix valides, il est possible du fait de l'abstention et des votes blancs et nuls qu'aucun candidat n'atteigne la majorité nécessaire, même au second tour. Dans ce cas de figure, un troisième tour est organisé, pour lequel est élu le candidat qui obtient la majorité absolue des voix valides[26].

Les candidats à la présidence et à la vice-présidence doivent être âgés d'au moins quarante-cinq ans, être citoyens népalais de naissance, et recevoir le soutien de cinq membres du collège électoral pour proposer leur candidature, puis recevoir pour celle-ci le soutien de cinq autres membres[26].

Résultats

Résultats de l'élection présidentielle népalaise de 2023[32]
Candidat Parti Vote Total
des voix
%
Fédéral Provincial Total
Ram Chandra Poudel CN 214 352 566 33 802 68,54
Subash Chandra Nemwang PCM-LU 98 162 260 15 518 31,46
Votes valides 312 514 826 49 320 99,40
Votes blancs 1 4 5 271 0,60
Total 313 518 831 49 591 100
Abstentions 18 32 50 2 958 5,68
Inscrits / participation[a] 331 550 881 52 549 94,32
Non inscrits[b] 3 0 3 237

Suites

Notes et références

Articles connexes

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