Élection présidentielle éthiopienne de 2024
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| Élection présidentielle éthiopienne de 2024 | ||||||||||||||
| Taye Atske Sélassié – Ind. | ||||||||||||||
| 100 % | ||||||||||||||
| Président d'Éthiopie | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Sahle-Work Zewde Indépendante |
Taye Atske Sélassié Indépendant | |||||||||||||
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L'élection présidentielle ethiopienne de 2024 a lieu au scrutin indirect le afin d'élire le Président de l'Éthiopie.
La présidente sortante Sahle-Work Zewde ne se représente pas, ouvrant la voix à l'élection à l'unanimité du ministre des affaires étrangères, Taye Atske Sélassié.

L'élection présidentielle de 2018 avait eu lieu de manière anticipée à la suite de la démission du président Mulatu Teshome, conduisant à l'élection de Sahle-Work Zewde, une diplomate expérimentée qui devient première femme présidente du pays, un rôle essentiellement honorifique[1].

Le pays est dirigé depuis 2018 par le Premier ministre Abiy Ahmed. Celui-ci se lance très vite dans un vaste programme de réformes, dont la libération de dissidents, une ouverture de l’espace démocratique ainsi que la paix avec l’Érythrée voisine, ce qui lui vaut une importante popularité et l'attribution du prix Nobel de la paix en 2019[2],[3]. Les années qui suivent remettent cependant largement en cause ce premier bilan. Sa gestion de la Guerre du Tigré qui voit l'écrasement de la rébellion menée par la Front de libération du peuple du Tigré de 2020 à 2022 est largement condamnée par la communauté internationale, qui lui reproche la répression sanglante des rebelles et l'impact humanitaire désastreux sur la population de la région[4],[5].
Courant 2024, Abiy Ahmed fait entrer le pays dans les BRICS+, après avoir signé début janvier un mémorandum d'entente avec le Somaliland qui prévoit la concession à l'Éthiopie d'un bail de cinquante ans sur le port en eau profonde de Berbera et l'installation d'une base militaire éthiopienne au Somaliland. L'accord répond au but poursuivi de longue date par l’Éthiopie de sécurisation d'un accès à la mer. En échange, l’Éthiopie promet une reconnaissance diplomatique du Somaliland — non reconnu par la communauté internationale — et de parts dans la compagnie aérienne Ethiopian Airlines. La Somalie rappelle alors son ambassadeur à Addis-Abeba, dénonçant cet accord comme illégal car violant son intégrité territoriale[6]. L'accord vaut à l’Éthiopie les critiques de la communauté internationale, ainsi que de fortes tensions avec la quasi-totalité de ses voisins, notamment soutenus par l'Egypte en raison du différend qui les opposent sur la question du Grand barrage de la Renaissance[6],[7]
La présidente Sahle-Work Zewde s'implique quant à elle dans des campagnes de soutien à l'empouvoirement des femmes, notamment celles menées par le Forum Génération Égalité. Son mandat est remarqué pour sa contribution à la normalisation de la présence des femmes éthiopienne dans les processus de décision[8]. Bien qu'éligible à un second mandat, elle décide à quelques semaines du scrutin de ne pas se représenter, sur fond de tensions avec le gouvernement et de reproches faites à son encontre en raison de son absence de communication sur la gestion de la guerre et de la crise humanitaire. Son silence sur ces deux sujets avait conduit à des critiques et des appels à une action plus loquace de la présidence sur ces sujets[9],[10].
