Élections constituantes italiennes de 1946

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Inscrits28 005 449
Votants24 947 187
Votes blancs1 936 708
Élections constituantes italiennes de 1946
556 sièges à la Assemblée constituante
Corps électoral et résultats
Inscrits 28 005 449
Votants 24 947 187
89,08%
Votes blancs 1 936 708
Démocratie chrétienne  Alcide De Gasperi
Voix 8 101 004
35,21%
Sièges obtenus 207
Parti socialiste italien de l'unité prolétarienne  Pietro Nenni
Voix 4 758 129
20,68%
Sièges obtenus 115
Parti communiste italien  Palmiro Togliatti
Voix 4 356 686
18,93%
Sièges obtenus 104
Union démocratique nationale  Luigi Einaudi
Voix 1 560 638
6,78%
Sièges obtenus 41
Fronte dell'Uomo Qualunque  Guglielmo Giannini
Voix 1 211 956
5,27%
Sièges obtenus 30
Résultats détaillés par circonscription
Carte
Composition de l'Assemblée constituante
Diagramme
Présidents du Conseil
Sortant Élu
Alcide De Gasperi
DC
Alcide De Gasperi
DC

Les élections constituantes italiennes de 1946 (en italien : Elezioni politiche italiane del 1946) ont eu lieu le . Il s'agit des premières élections organisées depuis la fin de la dictature fasciste et par conséquent des premières organisées de manière démocratique depuis 1921. Les femmes peuvent également pour la première fois exercer leur droit de vote au niveau national. Les élections concernent les membres d'une Assemblée constituante chargée d'élaborer une nouvelle constitution, telle qu'établie par le décret législatif no 151 du . Dans le même temps, un référendum institutionnel est organisé afin de permettre à la population de s'exprimer sur le maintien de la monarchie ou le passage à la république.

Les consultations ont vu le succès des trois grands partis de masse de l'époque, dont la somme des votes a atteint environ 75 %[1],[2]. La Démocratie chrétienne a obtenu la majorité relative avec 35 % des voix, et les partis de gauche, le Parti socialiste italien d'unité prolétarienne et le Parti communiste italien ont atteint ensemble presque 40 % des voix. Le poids de la droite, répartie entre libéraux (Union démocratique nationale), populistes (Fronte dell'Uomo Qualunque) et monarchistes (Bloc national de la liberté), s'est révélé être une nette minorité. Les élections ont toutefois sanctionné une présence variée et plurielle de cultures politiques[1], y compris, outre les partis mentionnés ci-dessus, le Parti républicain italien et le Parti d'action.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Italie s'est retrouvée économiquement et moralement défaite. Le Comité de libération nationale (CLN), composé de toutes les forces antifascistes, est resté uni même après la fin de la guerre dans la formation du gouvernement Parri. De grands espoirs de réformes ont été placés dans ce gouvernement. Cependant, les espoirs n'ont pas été suivis de faits, car le gouvernement est tombé après seulement cinq mois en .

De plus, la crainte que la guerre civile contre le fascisme ne se transforme en soulèvement populaire communiste s'est de plus en plus renforcée. Ce sont les principaux représentants de la gauche, Palmiro Togliatti (PCI) et Pietro Nenni (PSIUP) eux-mêmes qui ont calmé les esprits, convaincus, cependant, que dans une consultation future ils obtiendraient la majorité nécessaire pour satisfaire leur électorat. Il était toutefois désormais clair qu'un vrai tournant politique ne pouvait être que le résultat d'élections démocratiques. Par conséquent, les élections à l'Assemblée constituante et le référendum sur le choix entre la monarchie et la république ont été convoqués pour le . Entre-temps, le chef des chrétiens-démocrates, De Gasperi, a été chargé de former un nouveau gouvernement, le dernier du royaume d'Italie, qui avait le soutien de l'ensemble du CLN.

Système électoral

Les élections à l'Assemblée constituante se sont déroulées selon le système électoral introduit par le décret législatif no 74 du , après avoir été approuvé par le Conseil national le . Les femmes ont pu exercer le droit de vote pour la première fois en Italie.

En vertu de cette loi, les partis ont présenté une liste de candidats dans chaque circonscription. L'attribution des sièges aux listes de circonscriptions s'est faite à la proportionnelle selon la méthode d'Imperiali des diviseurs avec quotients; une fois le nombre de sièges obtenus par chaque liste déterminé, les candidats qui, dans la même liste, avaient obtenu le plus grand nombre de préférences des électeurs étaient élus. Les électeurs pouvaient exprimer leurs préférences pour un maximum de quatre candidats.

Les sièges et les votes restants dans cette première phase ont ensuite été regroupés au sein du collège national unique, au sein duquel les sièges ont toujours été attribués selon la méthode des diviseurs, mais en utilisant désormais le quotient naturel de Hare et en épuisant le calcul par la méthode des restes les plus élevés.

La loi électorale prévoyait l'élection de 573 députés, mais les élections n'ont pas pu avoir lieu dans le Tyrol du Sud (sous administration alliée, y compris les municipalités d'Anterivo, Bronzolo, Cortaccia, Egna, Lauregno, Magrè, Montagna, Ora, Proves, Salorno, Senale-San Felice et Trodena, qui faisaient alors partie de la province de Trente, mais qui ont pu participer au référendum) et en Vénétie julienne (sous administration alliée et yougoslave) qui n'étaient pas sous pleine souveraineté italienne. Les élections ont en revanche eu lieu dans les municipalités de Briga Marittima et Tenda (alors piémontaises, puis transmises à la France). En conséquence, seulement 556 députés ont été élus.

Tous les Italiens ont le droit de vote, hommes et pour la première fois, femmes, âgés d'au moins 21 ans. Les personnes ayant le droit de vote représentaient 61,4 % de la population.

Principales forces politiques

Campagne électorale

Alcide De Gasperi s'est fortement impliqué dans la campagne électorale pour faire de la Démocratie chrétienne un parti moderne et interclasses, attentif non seulement aux exigences de la classe moyenne et des catholiques mais aussi des classes populaires et paysannes. De fait, il a obtenu le soutien de l'Association chrétienne des travailleurs italiens (ACLI) et de la Confédération nationale des cultivateurs directs (Coldiretti). Cette stratégie a fait de la DC un véritable parti de masse capable de concurrencer les communistes et les socialistes, même dans leur électorat de référence. En tout état de cause, le parti restait toutefois étroitement lié au catholicisme et bénéficiait du plein soutien de l'Église.

Résultats

Nationaux

Résultats nationaux[3]
Parti Voix % Sièges
Démocratie chrétienne (DC) 8 101 004 35,21 207
Parti socialiste italien de l'unité prolétarienne (PSIUP)[4] 4 758 129 20,68 115
Parti communiste italien (PCI)[5] 4 356 686 18,93 104
Union démocratique nationale (UDN)[6] 1 560 638 6,78 41
Fronte dell'Uomo Qualunque (FUQ)[7] 1 211 956 5,27 30
Parti républicain italien (PRI)[8][9] 1 003 007 4,36 23
Bloc national de la liberté (BNL)[10] 637 328 2,77 16
Parti d'action (Pd'Az)[11][12] 334 748 1,45 7
Mouvement pour l'indépendance sicilienne (MIS)[13] 171 201 0,74 4
Parti des paysans italiens (PCd'I)[14] 102 393 0,44 1
Concentration démocratique républicaine (CDR)[15] 97 690 0,42 2
Parti sarde d'action (PSdAz)[16] 78 554 0,34 2
Mouvement unioniste italien (MUI)[17] 71 021 0,31 1
Parti chrétien-social (PCS)[18] 51 088 0,22 1
Parti démocratique du travail (DL)[19] 40 633 0,18 1
Mouvement de reconstruction nationale 39 748 0,17 0
Union démocratique indépendante du travail 36 398 0,16 0
Alliance républicaine italienne 34 363 0,15 0
Alliance monarchiste italienne 30 505 0,13 0
Mouvement démocratique monarchiste italien 30 017 0,13 0
Parti des anciens combattants italiens 24 764 0,11 0
Parti communiste internationaliste 22 644 0,10 0
Front progressiste démocratique républicain[20] 21 853 0,09 1
Autres partis 176 799 0,77 0
Indépendants 17 312 0,08 0
Votes valides 23 010 479 92,24
Votes blancs et nuls 1 936 708 7,76
Total 24 947 187 100 556
Abstentions 3 058 262 10,92
Inscrits / participation 28 005 449 89,08

Résultats des principaux partis dans les circonscriptions

Résultats des principaux partis dans les circonscriptions[21]
Circonscriptions DC PSIUP PCI UDN FUQ
Ancona-Pesaro-Macerata-Ascoli Piceno 30,6 % 18,8 % 21,8 % 3,0 % 5,3 %
Bari-Foggia 31,8 % 12,2 % 18,4 % 7,5 % 17,5 %
Benevento-Campobasso 41,2 % 7,5 % 4,4 % 26,4 % 11,4 %
Bologna-Ferrara-Ravenna-Forli 18,3 % 27,3 % 38,2 % 1,9 % 3,2 %
Brescia-Bergamo 49,1 % 23,6 % 14,0 % 3,6 % 3,2 %
Cagliari-Sassari-Nuoro 41,1 % 8,8 % 12,5 % 6,3 % 12,4 %
Catania-Messina-Siracusa-Ragusa-Enna 36,5 % 10,9 % 6,5 % 14,8 % 9,1 %
Catanzaro-Cosenza-Reggio Calabria 34,3 % 11,1 % 12,1 % 12,8 % 7,9 %
Como-Sondrio-Varese 45,6 % 34,0 % 12,6 % 2,7 % 0,0 %
Cuneo-Alessandria-Asti 38,7 % 23,8 % 16,7 % 5,7 % 1,7 %
Firenze-Pistoia 28,0 % 23,0 % 35,7 % 2,7 % 5,3 %
Genova-Imperia-La Spezia-Savona 32,5 % 25,9 % 28,5 % 4,2 % 2,7 %
L'Aquila-Pescara-Chieti-Teramo 43,3 % 13,3 % 11,5 % 5,9 % 4,6 %
Lecce-Brindisi-Taranto 34,7 % 8,7 % 9,3 % 14,6 % 0,0 %
Mantova-Cremona 30,7 % 31,4 % 27,2 % 4,5 % 0,0 %
Milano-Pavia 33,2 % 31,8 % 23,8 % 2,6 % 3,8 %
Napoli-Caserta 35,3 % 6,5 % 8,4 % 20,5 % 12,6 %
Palermo-Trapani-Agrigento-Caltanissetta 30,5 % 13,7 % 9,4 % 12,2 % 10,4 %
Parma-Modena-Piacenza-Reggio Emilia 29,4 % 28,9 % 36,8 % 1,5 % 1,7 %
Perugia-Terni-Rieti 28,5 % 21,0 % 25,5 % 2,6 % 4,9 %
Pisa-Livorno-Lucca-Massa Carrara 32,6 % 20,2 % 28,3 % 2,0 % 3,1 %
Potenza-Matera 31,3 % 16,3 % 13,0 % 22,8 % 8,6 %
Roma-Viterbo-Latina-Frosinone 32,4 % 10,7 % 14,2 % 7,1 % 7,0 %
Salerno-Avellino 29,1 % 7,8 % 6,7 % 18,9 % 10,0 %
Siena-Arezzo-Grossetto 22,5 % 22,5 % 38,0 % 2,0 % 4,2 %
Trento 57,4 % 27,7 % 8,1 % 1,9 % 0,0 %
Turin-Novare-Vercelli 33,1 % 30,4 % 23,2 % 5,3 % 2,5 %
Udine-Belluno 47,7 % 31.0 % 12,5 % 1,8 % 2,7 %
Venezia-Treviso 46,5 % 23,8 % 15,2 % 2,3 % 0,0 %
Verona-Padova-Vincenza-Rovigo 51,1 % 28,1 % 13,2 % 2,9 % 2,5 %

Analyse

Conséquences des élections

Références

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