Élections législatives allemandes de 1930
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Les sixièmes élections fédérales allemandes se sont déroulées le , durant la république de Weimar. Le nombre de sièges à pourvoir au Reichstag est passé de 491 en 1928 à 577 sièges. Le SPD, qui reste le premier parti du pays, perd du terrain, tandis que le parti nazi (national-socialiste) réalise une percée en passant de 12 à 107 sièges[1].
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| Élections législatives allemandes de 1930 | ||||||||||||||
| 577 sièges du Reichstag (Majorité absolue : 289 sièges) | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Type d’élection | législatives | |||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 42 982 912 | |||||||||||||
| Votants | 35 224 499 | |||||||||||||
| 81,95 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés | 34 956 471 | |||||||||||||
| Blancs et nuls | 268 028 | |||||||||||||
| Parti social-démocrate – Otto Wels | ||||||||||||||
| Voix | 8 575 244 | |||||||||||||
| 24,53 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 143 | |||||||||||||
| Parti national-socialiste – Adolf Hitler | ||||||||||||||
| Voix | 6 379 672 | |||||||||||||
| 18,25 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 107 | |||||||||||||
| Parti communiste – Ernst Thälmann | ||||||||||||||
| Voix | 4 590 160 | |||||||||||||
| 13,13 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 77 | |||||||||||||
| Zentrum – Ludwig Kaas | ||||||||||||||
| Voix | 4 127 000 | |||||||||||||
| 11,81 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 68 | |||||||||||||
| Parti populaire national allemand – Alfred Hugenberg | ||||||||||||||
| Voix | 2 457 686 | |||||||||||||
| 7,03 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 41 | |||||||||||||
| Carte des résultats | ||||||||||||||
| Composition de l'assemblée | ||||||||||||||
| Chancelier du Reich | ||||||||||||||
| Sortant | Réélu | |||||||||||||
| Heinrich Brüning Zentrum |
Heinrich Brüning Zentrum | |||||||||||||
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Contexte
Alors que sévit la crise économique qui fait suite au Krach de 1929, le chancelier Brüning en poste depuis le doit, pour équilibrer le budget, proposer de nouveaux impôts et notamment l'impôt par tête ce qui lui aliène le soutien du SPD mais aussi une majorité des députés nationalistes. Le budget est rejeté par le Reichstag et le chancelier réplique par la dissolution de l'Assemblée et un passage en force par décrets[2].
Résultats
| Parti | Voix | % | +/- | Sièges | +/- | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) | 8 575 244 | 24,53 | 143 | |||
| Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) | 6 379 672 | 18,25 | 107 | |||
| Parti communiste d'Allemagne (KPD) | 4 590 160 | 13,13 | 77 | |||
| Zentrum (Z) | 4 127 000 | 11,81 | 68 | |||
| Parti populaire national allemand (DNVP) | 2 457 686 | 7,03 | 41 | |||
| Parti populaire allemand (DVP) | 1 577 365 | 4,51 | 30 | |||
| Parti du Reich des classes moyennes allemandes (WP) | 1 361 762 | 3,90 | 23 | |||
| Parti allemand d'État (DStP) | 1 322 034 | 3,78 | 20 | |||
| Parti chrétien-national des paysans et des fermiers (CNBL) | 1 108 043 | 3,17 | 19 | |||
| Parti populaire bavarois (BVP) | 1 058 637 | 3,03 | 19 | |||
| Service populaire chrétien-social (CSVD) | 868 269 | 2,48 | Nv. | 14 | Nv. | |
| Parti des fermiers allemands (DBP) | 339 434 | 0,97 | 6 | |||
| Parti populaire conservateur (KVP) | 290 579 | 0,83 | Nv. | 4 | Nv. | |
| Parti du Reich pour les droits civils et la déflation-Parti chrétien-social du Reich (VRP-CSRP) | 271 291 | 0,78 | 0 | |||
| Ligue agricole | 193 926 | 0,55 | 3 | |||
| Parti allemand hanovrien (DHP) | 144 286 | 0,41 | 3 | |||
| Autres | 291 083 | 0,83 | – | 0 | – | |
| Suffrages exprimés | 34 956 471 | 99,24 | ||||
| Votes invalides | 268 028 | 0,76 | ||||
| Total | 35 224 499 | 100 | – | 577 | ||
| Abstentions | 7 758 413 | 18,05 | ||||
| Inscrits / participation | 42 982 912 | 81,95 | ||||
Conséquences
Malgré l'échec électoral, Brüning poursuit sa politique de rigueur budgétaire déflationniste en gouvernant par décrets d'urgence.
Réactions
Le succès du Parti nazi aux élections entraîna un certain nombre de réactions divergentes.
Le 31 décembre 1930, le journal allemand Annaburger Zeitung reprit un article du Völkischer Beobachter concernant un sondage sur une éventuelle participation du Parti nazi au gouvernement[4] :
La participation des nationaux-socialistes au gouvernement.
Ce qu’en dit le Völkische Beobachter : Depuis les nouvelles élections au Reichstag, la question d’une réorganisation du gouvernement du Reich continue d’être vivement discutée dans l’opinion publique. L’enjeu principal est de savoir si les nationaux-socialistes doivent entrer au gouvernement du Reich sur la base de leur grand succès électoral ou non. Les milieux de gauche se sont à plusieurs reprises prononcés contre la participation des nationaux-socialistes aux affaires gouvernementales, tandis que les partis situés à droite du Parti du Centre plaident activement pour l’implication des nationaux-socialistes au gouvernement. Un journal berlinois de droite a récemment mené une enquête auprès d’économistes et de politiciens de droite sur l’opportunité d’une participation national-socialiste au gouvernement du Reich. Ce sondage est arrivé à la conclusion écrasante que les nationaux-socialistes devraient se voir offrir la possibilité d’assumer des responsabilités au sein du gouvernement du Reich. Entre autres, l’ancien président de la Reichsbank, le Dr Schacht, et le député au Reichstag du Parti populaire, le colonel général von Seeckt, se sont déclarés favorables à cette idée.
Le même jour, lAnnaburger Zeitung rapporta les réactions françaises aux élections législatives allemandes de 1930[5]:
Allemagne et France.
On n’oubliera pas si facilement en Allemagne que, contrairement à l’Amérique et à l’Angleterre, la France a réagi au résultat des élections du 14 septembre par un retrait complet des crédits investis dans notre économie. À deux reprises déjà, Paris avait utilisé cette arme de la politique du crédit à des fins purement de puissance : en 1929, pour forcer l’Allemagne à accepter les exigences de l’Entente lors de la Conférence Young à Paris. Et il y a quelques semaines, cette arme a été à nouveau employée pour empêcher ce que la France considérait comme un imminent virage à droite de la politique allemande. Ainsi, on trouve dans un journal parisien de droite l’opinion selon laquelle seule la crainte d’un « nouveau gel des crédits » — la concession qu’il implique est d’ailleurs tout à fait significative ! — empêche l’Allemagne de « se jeter dans les bras du peuple de Hitler » dès maintenant ; car l’Allemagne et son gouvernement se déplacent indéniablement de plus en plus vers la droite.