Élections législatives irakiennes de 2025

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Inscrits21 404 291
Votants12 009 453
Blancs et nuls1 106 051
Élections législatives irakiennes de 2025
329 sièges du Conseil des représentants
(majorité absolue : 165 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 21 404 291
Votants 12 009 453
56,11% en augmentation 15,1
Blancs et nuls 1 106 051
Coalition pour la reconstruction et le développement (en)  Mohammed Chia al-Soudani
Voix 1 317 446
12,01%
en augmentation 12
Sièges obtenus 46 en augmentation 46
Parti démocratique du Kurdistan  Netchirvan Barzani
Voix 1 099 826
10,09%
en augmentation 1,3
Sièges obtenus 26 en diminution 7
Parti du progrès  Mohamed Al-Halbousi
Voix 945 209
8,67%
en augmentation 1,5
Sièges obtenus 28 en diminution 9
Coalition de l'État de droit  Nouri al-Maliki
Voix 710 437
6,52%
en augmentation 0,9
Sièges obtenus 27 en diminution 7
Bloc Al-Sadiqoun  Adnan Fihan Moussa Cheri
Voix 685 964
6,29%
en augmentation 6,3
Sièges obtenus 27 en augmentation 27
Organisation Badr  Hadi al-Amiri
Voix 556 607
5,10%
en diminution 0,1
Sièges obtenus 18 en augmentation 1
Union patriotique du Kurdistan  Lahur Talabani et Bafel Talaban
Voix 548 296
5,03%
en augmentation 0,9
Sièges obtenus 15 en diminution 2
Carte
Premier ministre
Sortant
Mohammed Chia al-Soudani
Mouvement Furatayn (en)

Les élections législatives irakiennes de 2025 ont lieu le afin d'élire les 329 membres du Conseil des représentants irakien.

Les conseillers élus doivent notamment élire un nouveau président de la République, étape préalable à la formation d'un nouveau gouvernement devant succéder à celui du Premier ministre sortant Mohammed Chia al-Soudani, à la tête du Parti Al Furatain et de la Coalition pour la reconstruction et le développement.

Élections précédentes

Les élections législatives d'octobre 2021 voient arriver en tête le Mouvement sadriste dirigé par Moqtada al-Sadr. Grand vainqueur des élections, il cherche alors à former un gouvernement de coalition avec ses alliés, le Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani et le Parti du progrès de Mohamed Al-Halbousi ainsi que la plupart des formations sunnites irakiennes, dans le but affiché de rompre avec les formations liées au voisin chiite iranien. al-Sadr soutient par conséquent la candidature d'Hoshyar Zebari à l'élection présidentielle de [1],[2].

L'élection présidentielle se transforme cependant en une crise politique qui dure plus de huit mois, bloquant la formation d'un nouvel exécutif. Initialement prévu pour le , le scrutin est reporté à trois reprises du fait du boycott des sessions parlementaires par plus d'un tiers des députés, un quorum de participation des deux tiers des députés étant nécessaire à la tenue d'une élection présidentielle. Une partie des députés s'élèvent une première fois contre l'annulation par la Cour suprême de la candidature de Hoshyar Zebari[3],[1],[4]. Après avoir relancé le processus électoral, le Mouvement sadriste et ses alliés décident de se reporter sur la candidature de Rebar Ahmed[5],[6]. Un second et troisième boycotts interviennent cependant à l'initiative des opposants au Mouvement sadriste les 26 et , tandis que la Cour suprême donne au Parlement jusqu'au pour élire un nouveau président. Cette date limite est cependant franchie sans que le scrutin n'ait lieu, plongeant le pays dans une crise constitutionnelle[7],[8],[9].

Après un nouveau boycott prolongé par le Mouvement sadriste et la menace d'élections législatives anticipées, ses 73 députés finissent par démissionner à la surprise générale en tandis que son dirigeant annonce son retrait de la vie politique. En son absence, la crise prend finalement fin début , permettant l'élection à la présidence d'Abdel Latif Rachid, membre comme le président sortant Barham Salih de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) mais bénéficiant pour sa candidature sans étiquette du soutien du Parti démocratique du Kurdistan (PDK). Candidat de consensus, il parvient à réunir les voix des sunnites comme des chiites, et est élu au second tour face à Barham Salih[10],[11].

Gouvernement al-Soudani

Mohammed Chia al-Soudani

La disparition du mouvement sadriste de l'échiquier politique s'opère au profit du Cadre de coordination, une large coalition informelle réunissant chiites, sunnites et kurdes. Cette dernière porte la candidature de l'ancien ministre des droits de l'homme Mohammed Chia al-Soudani, seul élu du Parti Al Furatain, au poste de Premier ministre[12],[13],[14].

Dés son investiture le , le nouveau président charge al-Soudani de former un gouvernement dans les trente jours[15],[16]. Celui-ci présente son gouvernement le et obtient la confiance du Parlement le jour même[17]. Le nouveau gouvernement réunit ainsi le Parti du progrès (TAK), la Coalition de l'État de droit, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), l'Alliance Fatah, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), l'Alliance Azem, l'Alliance de la victoire et le Mouvement Babylone.

Al-Soudani gagne en popularité en étant notamment le premier Premier ministre irakien à ne pas jouir d’une seconde nationalité, et à avoir grandi et étudié en Irak. Il axe son mandat sur une politique de grands travaux, une mise à distance des groupes clientélisés par l’Iran, et la négociation du départ des dernières troupes américaines présentes dans le pays[18]. Il annonce début novembre 2025 le retrait total des troupes étrangères  essentiellement américaines  encore présente sur le territoire irakien pour au plus tard[19].

Le gouvernement al-Soudani conduit notamment une réforme électorale, qui rétablit l'ancien système électoral en vigueur lors des élections législatives de 2018, qui avait été abandonné au profit du Vote unique non transférable en réponse au importantes manifestations ayant eu lieu de 2019 à 2021. Le vote unique non transférable mis en œuvre en 2021 cède ainsi la place à un retour au scrutin proportionnel plurinominal[20],[21]. Les élections sont fixées début au suivant[22]. L'armée et les forces de sécurités, qui totalisent 1,3 millions de membres, votent de manière anticipée le dans 906 bureaux de votes, en même temps qu'environ 26 500 réfugiés[23].

Système électoral

Le Conseil des représentants de l'Irak est la chambre basse du parlement bicaméral irakien. Elle est cependant de facto le seul pouvoir législatif, le Conseil de la fédération censé constituer la chambre haute ne s'étant encore jamais réuni depuis la mise en place de la constitution de 2005.

Le Conseil est composé de 329 représentants élus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes dans dix huit circonscriptions de sept à trente quatre sièges correspondants aux gouvernorats de l'Irak. Les sièges sont répartis selon la méthode de Sainte-Laguë avec un quota de 25 % des sièges réservés aux femmes[24],[25],[26].

Sur les 329 sièges, 9 sont réservés aux minorités religieuses ou ethniques, à raison de cinq sièges pour les chrétiens et un chacun pour les Mandéens, Yézidis, Shabaks et Kurdes Feyli[24],[25].

Conditions

Le droit de vote s'acquiert à l'âge de 18 ans. Seules peuvent être élues les personnes âgées d'au moins 30 ans, diplômées de l'enseignement secondaire. Les membres actifs des forces armées ne peuvent se présenter comme candidats. Sont également exclues les personnes condamnées pour détournement de fonds publics ou pour crime d'honneur, ainsi que les anciens cadres du parti Baas[24].

Campagne

Le scrutin doit à son tour être suivi de l'élection d'un nouveau président de la République, puis de la désignation d'un Premier ministre chargé de former un gouvernement. Le Premier ministre sortant, Mohamed Chia al-Soudani, est ainsi candidat à une reconduite à son poste, s'étant associé à des figures importantes de la vie politique et tribale irakienne pour former la Coalition pour la reconstruction et le développement[27],[13].

La campagne électorale est marquée par un désintéressement de la population, qui estime l'issue des élections « jouée d'avance » et doute de la capacité des élites politiques à répondre à leur besoin. L'Irak connait en effet un taux de pauvreté considérable, touchant près d'un tiers de la population. Les attentes des électeurs se focalisent par conséquent sur les questions sociales, tel que le manque de logement, en particulier dans la capitale, Bagdad, où il est estimé à trois millions de logements manquants[27].

La politique du gouvernement al-Soudani contribue à sa bonne image, ce dernier s'étant focalisé sur les investissements et le développement de projets économiques et culturels, en se maintenant le plus possible à l'écart des conflits régionaux, dans une région marquée par la guerre civile syrienne, le conflit Iran-Israël, la guerre de Gaza et la guerre civile yéménite. S'il se présente comme l'homme de la reconstruction en faisant campagne avec une grue pour emblème, le Premier ministre peine cependant à répondre aux besoins du tiers de population pauvre dont les grands projets immobiliers ne sont pas la cible[27].

En tant que chiite, al-Soudani fait également face au dossier épineux de la démilitarisation des milices chiites pro-iraniennes créées lors de la lutte contre l'État islamique, un sujet suivi de près à l'international par le voisin chiite iranien et l'ancienne puissance d'occupation américaine[13]. La question intervient dans le contexte de la chute du régime Assad en Syrie, qui renforce alors le sentiment d'« encerclement sunnite » chez une population irakienne majoritairement chiite dont le gouvernement entretient un délicat équilibre en politique étrangère. Le pays entretient en effet des liens importants avec à la fois l'Iran et les États-Unis, deux pays pourtant ennemis. Le refus des milices de s'engager contre Israël dans la guerre à Gaza à l'instar du Hezbollah et des Houthis s'appuie alors sur le rejet par la population de toute reprise d'un conflit militaire après deux décennies de guerre et de guerre civile. Cette non intervention encouragée par le Premier ministre al-Soudani est confortée par la défaite de Bachar al-Assad, celle du Hezbollah, ainsi que les frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens, qui portent des coups durs à l'« axe de la résistance » iranien. Soutenue par le président américain Donald Trump, la démilitarisation des milices et l'émancipation in fine de l'Irak de la tutelle iranienne finirait d'achever géopolitiquement l'Iran, qui s'appuie sur son voisin pour sa dissuasion militaire et le contournement de ses sanctions économiques. Le chef de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution se rend ainsi en Irak quelques jours avant le scrutin en vue de resserer les liens avec ses alliés dans le pays[28].

Résultats

Résultats nationaux préliminaires [29],[30]
(dépouillés à 99,98 %)
Partis Voix % +/- Sièges +/-
Coalition pour la reconstruction et le développement (en) 1 318 687 11,74 Nv 46 en augmentation 46
Parti démocratique du Kurdistan 1 101 357 9,81 en augmentation 0,98 26 en diminution 5
Parti du progrès 939 810 8,37 en augmentation 1,17 27 en diminution 10
Coalition de l'État de droit 728 446 6,49 en augmentation 0,82 29 en diminution 4
Bloc Al-Sadiqoun 686 902 6,12 Nv 27 en augmentation 27
Organisation Badr 556 850 4,96 en augmentation 0,23 18 en augmentation 1
Union patriotique du Kurdistan 548 928 4,89 en augmentation 0,73 15 en diminution 2
Alliance des forces de l'État national 513 715 4,57 Nv 18 en augmentation 18
Alliance Azem 483 737 4,31 en diminution 0,45 15 en augmentation 1
Mouvement Emtidad
Alliance du contrat national
Mouvement nouvelle génération
Alliance Tasmim
Qadimun
Alliance de l'approche nationale
Mouvement Ishraq Kanoon
Mouvement des droits
Parti Eqtadar Watan
Groupe de justice pour le Kurdistan
Mouvement loyal irakien
Notre peuple est notre identité
Mouvement Babylone
Parti des professionnels pour la reconstruction
Parti national des masses
Front turkmène d'Irak
Projet national irakien
Parti Al Furatain
Parti du produit national
Bloc indépendant Wasit
Mouvement réforme décisive
Coalition arabe de Kirkouk
Bloc loyauté et changement
Bloc de l'espoir national
Parti de la nation
Mouvement national Biladi
Bloc de soutien national
Parti yézidi du progrès
Autres partis
Indépendants
Votes valides 10 903 402 90,79
Votes blancs et nuls 1 106 051 9,21
Total 12 009 453 100 329 en stagnation
Abstentions 9 394 838 43,89
Inscrits / participation 21 404 291 56,11

Analyse et conséquences

Notes et références

Voir aussi

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