Élections législatives japonaises de 2021

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Inscrits105 224 103
Votants58 891 345
Blancs et nuls1 425 366
Élections législatives japonaises de 2021
465 députés de la Chambre des représentants
(Majorité absolue : 233 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 105 224 103
Votants 58 891 345
55,97% en augmentation 2,3
Blancs et nuls 1 425 366
Parti libéral-démocrate  Fumio Kishida
Voix 19 914 883
34,66%
en augmentation 1,4
Sièges obtenus 259 en diminution 25
Parti démocrate constitutionnel  Yukio Edano
Voix 11 492 095
20,00%
en augmentation 0,1
Sièges obtenus 96 en augmentation 41
Parti japonais de l'innovation  Ichirō Matsui
Voix 8 050 830
14,01%
en augmentation 7,9
Sièges obtenus 41 en augmentation 30
Kōmeitō  Natsuo Yamaguchi
Voix 7 114 282
12,38%
en diminution 0,1
Sièges obtenus 32 en augmentation 3
Parti démocrate du peuple  Yūichirō Tamaki
Voix 2 593 396
4,51%
en diminution 12,9
Sièges obtenus 11 en diminution 53
Parti communiste japonais  Kazuo Shii
Voix 4 166 076
7,25%
en diminution 0,7
Sièges obtenus 10 en diminution 2
Carte des résultats
Carte
Premier ministre
Sortant Élu
Fumio Kishida
PLD
Fumio Kishida
PLD
Résultats officielsVoir et modifier les données sur Wikidata

Les 49es élections à la Chambre des représentants (第49回衆議院議員総選挙, dai-yonjūkyūkai Shūgiin giin sōsenkyo?) du Japon ont lieu le afin de renouveler ses 465 membres pour un mandat de quatre ans.

Bien que fortement attendues en raison de la domination du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir dans les sondages d'opinions, des élections anticipées ne sont finalement pas organisées en raison de l'impact de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19.

Largement favori, le PLD, mené par le récemment élu Premier ministre Fumio Kishida remporte le scrutin en conservant la majorité absolue des sièges, malgré un léger recul. Kishida est reconduit au poste de Premier ministre le .

Shinzō Abe

Les élections législatives d'octobre 2017 sont remportées par le Parti libéral-démocrate (PLD) du Premier ministre sortant Shinzō Abe, au pouvoir depuis 2012. Bien qu'en léger recul en termes de sièges  et presque stable en termes de part des voix , le PLD remporte une large majorité absolue avec 284 sièges sur 465, un succès réitéré aux élections à la Chambre des conseillers de juillet 2019.

Shinzo Abe annonce cependant le sa démission prochaine pour raisons de santé. Le Premier ministre souffre alors d'une aggravation redoutée de la colite ulcéreuse dont il est atteint depuis l'adolescence. Sa démission devient effective après l'élection de son successeur au sein du PLD le , en la personne de son ancien porte-parole Yoshihide Suga[1]. Ce dernier prend ses fonctions de Premier ministre deux jours plus tard[2].

La tenue du scrutin doit avoir lieu dans les quarante jours après la dissolution de la chambre, qui intervient au plus tard automatiquement quatre ans jour pour jour après les précédentes élections, soit une date limite fixée au [3]. Le changement à la tête du gouvernement est jugé susceptible d'entrainer des élections législatives anticipées, déjà fortement attendues au cours des mois précédant la démission d'Abe en raison de la confortable avance du parti au pouvoir dans les sondages d'opinion[4]. La priorité donné par le gouvernement à la lutte contre la pandémie de Covid-19 met cependant un coup d'arrêt au projet[5].

Yoshihide Suga

Plus encore, la pandémie se révèle catastrophique pour la popularité du nouveau Premier ministre du fait des Jeux olympiques d'été organisés à Tokyo du 23 juillet au 8 août 2021. Déjà vivement critiquée sous son prédécesseur, leur organisation en pleine crise sanitaire est finalement maintenue, bien qu'un an après la date initialement prévue et en l'absence de spectateurs étrangers[6],[7],[8]. Les flux humains liés à l’événement, conjugués à l'apparition du très contagieux variant Delta conduisent à une envolée des contaminations atteignant plus d'un million de cas début août, forçant le pays à se placer en État d'urgence sanitaire[9].

Fumio Kishida.

Le gouvernement de Yoshihide Suga est alors fortement critiqué pour sa gestion de la pandémie dans le contexte olympique, ainsi que pour la lenteur du déploiement du vaccin contre la Covid-19[10]. Si l'organisation des jeux  au cours desquels le Japon remporte un nombre record de médailles[11]  est finalement largement acceptée par la population malgré son opposition au cours des mois précédents, ce revirement de l'opinion ne s'étend pas au gouvernement[10]. Ce dernier chute alors à moins de 30 % d'opinions favorables dans les sondages[12].

En conséquences, la position du Premier ministre Suga à la tête du Parti libéral-démocrate se voit remise en cause en interne, plusieurs hauts dirigeants se préparant à la lui contester lors de l'élection à la présidence du Parti prévue de longue date pour le 29 septembre 2021. La défaite de Hachirō Okonogi, protégé de Suga, à l'élection pour la mairie de Yokohama le 22 août porte le coup de grâce à son autorité sur le parti[13],[14]. Le 3 septembre suivant, il annonce ne pas se représenter à l'élection, ouvrant la voie à l'arrivée d'un nouveau chef du parti  et donc un nouveau Premier ministre  juste avant la campagne pour les élections législatives[15],[16],[17]. Bénéficiant du soutien des membres dirigeants du parti, Fumio Kishida l'emporte au second tour sur Tarō Kōno, davantage populaire au sein des militants. La confirmation de Kishida, perçu comme un centriste modéré, au poste de Premier ministre a lieu le 4 octobre. Le même jour, il convoque les élections pour le [18],[19],[20].

La vie politique japonaise est marquée depuis plusieurs années par la montée de l'abstention[réf. nécessaire]. Celle-ci s'élève à 46,32% lors des élections législatives de 2017, atteignant un taux record parmi les moins de 30 ans. Outre des méthodes de campagne « archaïques », les dirigeants politiques japonais s’adressent en effet davantage aux personnes âgées dans le contexte d'un déclin démographique très marqué, tandis que la jeunesse souffre d'un manque d'éducation politique. Les jeunes japonais se préoccuperaient ainsi particulièrement des questions sociales, de l'égalité des sexes, de l'écart des revenus et du changement climatique selon l'un des directeurs de l'ONG Conférence japonaise de la jeunesse, Yuki Murohashi, mais ne verraient que peu de différences entre les partis politiques. Le sentiment de ne pas être représentée est par ailleurs très présent chez les femmes, la politique au Japon restant traditionnellement une affaire d'hommes[21].

Sous la pression du mouvement féministe japonais le gouvernement a adopté en 2018 une loi visant à « promouvoir la participation commune des hommes et des femmes dans le domaine politique ». La loi n'a cependant pas un caractère contraignant, le Parti libéral-démocrate ayant refusé d'y inscrire l’obligation d’atteindre une « répartition équitable des candidatures d’hommes et de femmes » comme le demandaient les féministes. L’impact de cette loi, qui s'appliquait pour la première fois à l'occasion de ces élections, a été très limité, les partis politique n'ayant investi que peu de femmes : 9,7 % pour le PLD, 18,4 % pour le Parti démocrate constitutionnel, 35,4 % pour le Parti communiste japonais et 60 % pour le Parti social-démocrate, lequel ne présentait toutefois que dix personnes[22].

La situation économique et la sécurité du pays au sein d'un environnement asiatique de plus en plus instable reviennent également parmi les principales préoccupations des électeurs[23].

Système électoral

Intérieur du Bâtiment de la Diète nationale à Tokyo.

Le Japon est doté d'un parlement bicaméral dont la chambre basse, dite Chambre des représentants, se compose de 465 députés élus pour un mandat de quatre ans selon un mode de scrutin parallèle. Sur ce total, 289 sièges sont ainsi pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions, tandis que les 176 sièges restants sont pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste dans 11 circonscriptions de 6 à 29 sièges[24].

Les deux modes de répartition des sièges font l'objet d'un vote séparé : les électeurs votent en même temps pour un candidat au scrutin uninominal majoritaire à un tour et pour une liste de candidat au scrutin proportionnel. Un même candidat peut se présenter aux deux types d'élections, mais uniquement si la circonscription uninominale est incluse dans celle plurinominale. Les listes comportent autant de candidats ne se présentant qu'au scrutin proportionnel que de sièges à pourvoir, auxquels viennent éventuellement se rajouter les candidats se présentant aux deux scrutins. Ces derniers deviennent cependant prioritaires à l'attribution des sièges s'ils ont perdu au scrutin majoritaire avec quelques voix d'écart seulement.

Contrairement à des systèmes mixtes tels que le système électoral allemand ou lesothan, les sièges élus à la proportionnelle n'ont ici pas pour but de venir compenser une distorsion des résultats en sièges par rapport à la répartition en voix au niveau national, mais s'ajoutent simplement les uns aux autres comme deux élections parallèles ayant lieu simultanément. Le parti arrivé en tête dans une circonscription plurinominale l'étant souvent également dans les circonscriptions uninominales qui en font partie, leur addition donne au mode de scrutin japonais une tendance majoritaire.

Forces en présence

Principales forces en présences
Parti Idéologie Chef de file Résultats
en 2017
Parti libéral-démocrate
Jiyūminshutō (PLD)
Centre droit
National-conservatisme, nationalisme, libéralisme, conservatisme
Fumio Kishida 33,28 % des voix
284 sièges
Parti démocrate constitutionnel
Rikken Minshutō (PDC)
Centre gauche
Social-libéralisme, pacifisme, démocratie directe
Yukio Edano 19,88 % des voix
55 sièges
Parti de l'espoir
Kibō no tō (PE)
Droite à extrême droite
Populisme, nationalisme, libéralisme, conservatisme
Nariaki Nakayama 17,36 % des voix
50 sièges
Kōmeitō Centre
Conservatisme, bouddhisme
Natsuo Yamaguchi 12,51 % des voix
29 sièges
Parti communiste japonais
Nihon kyōsantō (PCJ)
Gauche
Socialisme scientifique, pacifisme
Kazuo Shii 7,90 % des voix
12 sièges
Parti japonais de l'innovation
Nippon Ishin no Kai (Ishin)
Centre droit à droite
Nationalisme japonais, libéralisme économique, néolibéralisme
Ichirō Matsui 6,07 % des voix
11 sièges

Campagne

Parti libéral-démocrate

Le Parti libéral-démocrate (PLD) défend un programme conservateur classique fondé sur un plan de relance massif dans la lignée des Abenomics et la réduction des inégalités sociales, ainsi que la révision de l'article 9 de la Constitution  qui garantit le caractère pacifique du Japon en lui faisant renoncer à la guerre en tant que droit souverain , le doublement des dépenses militaires, ou encore le renforcement des alliances face à la Chine et à la Corée du Nord[23],[25],[26]. Sur le plan économique, le premier ministre Kishida promet de mettre en place un nouveau capitalisme permettant une reconstitution de la classe moyenne et de consacrer plus de fonds à la recherche et l’innovation[23]. Le positionnement du PLD sur le renforcement des alliances militaires vient directement en réponse aux inquiétudes de la population sur la sécurité du pays vis-à-vis de ses voisins chinois et nord-coréens, Kishida faisant du sujet l'un des principaux points de son discours lors de la dissolution de la diète[27],[28].

Le parti mène comme à son habitude une stratégie d'alliance électorale avec son partenaire minoritaire de coalition, le Kōmeitō. Les candidats du PLD, en positions de force dans les zones rurales, reçoivent ainsi le soutien de ceux du Komeito qui se retirent en échange d'un appel à soutenir leur parti au scrutin à la proportionnelle dans les préfectures concernées, tandis que la situation inverse a lieu dans les quelques zones urbaines où le Komeito est particulièrement implanté[29].

Malgré le soutien des militants du parti à Tarō Kōno  favorable au mariage entre personnes de même sexe ainsi qu'à la fin de l'obligation pour les couples d'adopter le même nom de famille  lors de l'élection pour la présidence du parti[30],[31], le PLD poursuit son positionnement conservateur sur ces sujets de société avec la victoire de Fumio Kishida, porté par les membres dirigeants du parti[18],[19],[23],[32].

Principale formation politique du pays et grand favori du scrutin, le PLD véhicule auprès d'une partie de la population l’image rassurante d’une dynastie familiale, ses candidats se succédant souvent de père en fils, à l'image des dirigeants des grandes entreprises du pays. Il est cependant fragilisé par sa gestion controversée de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19[23].

Opposition

La campagne électorale est marquée par l'alliance d'une partie de l'opposition dans un front uni, le Parti démocrate constitutionnel, le Parti social-démocrate, le Parti communiste, et le Reiwa Shinsengumi mettant en œuvre une plateforme électorale commune. Les quatre partis s'accordent ainsi sur une baisse de la TVA, une augmentation des impôts sur les plus riches, une opposition à la révision de l'article 9 de la constitution, sur la fin du nucléaire civil et sur la mise en place d'une commission chargée d’enquêter sur les soupçons de corruption ayant touché les précédents dirigeants du PLD[33]. Outre ce programme commun, le Parti démocrate constitutionnel fait notamment campagne sur la légalisation du mariage entre personnes de même sexe et de la possibilité pour les membres d'un couple marié de porter des noms différents, en opposition directe avec le PLD[26].

Au niveau des circonscriptions électorales, les partis composant l'alliance s'entendent par conséquent sur une stratégie nationale de retrait de leurs candidats envers celui d'entre eux ayant le plus de chance de battre le candidat du PLD[34].

L'alliance souffre cependant de l'inclusion du parti communiste, qui s'avère une source de désaccords avec le reste des partis sur la question de la poursuite des liens militaires avec les États-Unis[35],[36]

Sondages

Intentions de vote depuis les élections législatives de 2017.
Intentions de vote pour les petit partis depuis les élections législatives de 2017.

Résultats

Analyse et conséquences

Notes et références

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