Élections législatives japonaises de 2012

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Inscrits103 959 866
Votants61 662 947
Élections législatives japonaises de 2012
480 députés de la Chambre des représentants
(Majorité absolue : 241 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 103 959 866
Votants 61 662 947
59,32% en diminution 10
Parti libéral-démocrate  Shinzō Abe
Voix 16 624 457
27,62%
en augmentation 0,9
Sièges obtenus 294 en augmentation 176
Parti démocrate  Yoshihiko Noda
Voix 9 268 653
15,49%
en diminution 26,9
Sièges obtenus 57 en diminution 251
Association pour la restauration du Japon  Shintarō Ishihara
Voix 12 262 228
20,38%
Sièges obtenus 54 en augmentation 43
Nouveau Kōmeitō  Natsuo Yamaguchi
Voix 7 116 474
11,83%
en augmentation 0,4
Sièges obtenus 31 en augmentation 10
Votre Parti  Yoshimi Watanabe
Voix 5 245 586
8,72%
en augmentation 4,5
Sièges obtenus 18 en augmentation 10
Parti du futur du Japon  Yukiko Kada
Voix 3 423 915
5,69%
Sièges obtenus 9 en diminution 52
Parti communiste  Kazuo Shii
Voix 3 689 159
6,13%
en diminution 0,9
Sièges obtenus 8 en diminution 1
Parti social-démocrate  Mizuho Fukushima
Voix 1 420 790
2,36%
en diminution 1,9
Sièges obtenus 2 en diminution 3
Nouveau parti du peuple  Shozaburo Jimi
Voix 346 848
0,58%
en stagnation
Sièges obtenus 1 en diminution 2
Carte des résultats
Carte
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant Élu
Noda
PDJ-NPP
Abe II
PLD-Kōmeitō
Législature élue
46e

Les 46e élections à la Chambre des représentants (第46回衆議院議員総選挙, Dai-yonjūrokkai Shūgiin-giin sōsenkyo?) ont eu lieu au Japon le [1], neuf mois avant la fin officielle de la législature.

Ces élections parlementaires sont intervenues dans un contexte politique difficile, le pays ayant connu six Premiers ministres en seulement six ans, depuis 2006, tandis que les deux principaux partis, le Parti démocrate du Japon (PDJ) au pouvoir depuis 2009 et le Parti libéral-démocrate (PLD) qui a presque toujours gouverné auparavant, ont connu de nombreuses défections et dissidences aboutissant à un éclatement du paysage politique.

La Chambre des représentants fut dissoute le , par l'empereur Akihito, et ce, sur la proposition du Premier ministre Yoshihiko Noda[2],[3].

Le scrutin est marqué par une forte sanction à l'égard du PDJ, qui divise sa représentation par quatre à la chambre basse, et la mise en avant de discours conservateurs et nationalistes en matière de politique étrangère qui ont fait le succès, dans une certaine mesure, du PLD de Shinzō Abe et d'une « troisième force » incarnée par l'Association pour la restauration du Japon de Shintarō Ishihara.

En , le Premier ministre, Yoshihiko Noda, parvient à trouver un accord avec l'opposition, dans le dessein de faire adopter un projet de loi fort controversé qui permettrait une hausse conséquente de la taxe sur la consommation. En échange, l'opposition, menée par l'ancien ministre des Finances Sadakazu Tanigaki, président du PLD, obtenait la garantie de l'organisation d'élections législatives anticipées.

La dissolution de la Chambre des représentants a été promise le lors d'un débat entre le Premier ministre Yoshihiko Noda et le chef de l'opposition, Shinzō Abe, en échange d'une promesse de vote de lois pour l'émission d'obligations d’État et une réforme électorale[4]. Celles-ci étant adoptées le 16 novembre, le président de la Chambre des représentants, Takahiro Yokomichi, lit le même jour en séance la lettre de l'empereur annonçant la dissolution.

Système électoral

Panneau d'affichage des candidats dans le 4e district de la préfecture de Hyōgo

Les députés japonais sont élus pour quatre ans au suffrage universel direct via un système mixte parallèle déséquilibré. 300 députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans des circonscriptions (ou districts électoraux) divisant les préfectures du Japon (allant de deux circonscriptions pour les préfectures de Tottori et de Shimane, à 25 pour Tokyo), et les 180 restant le sont à la représentation proportionnelle dans le cadre de onze grands blocs législatifs correspondant aux régions traditionnelles japonaises. Tout Japonais de plus de 20 ans et jouissant de ses droits civiques peut participer au vote. L'âge minimum pour se porter candidat est de 25 ans.

Les deux modes de répartition des sièges font l'objet d'un vote séparé : les électeurs votent en même temps pour un candidat au scrutin uninominal majoritaire à un tour et pour une liste de candidat au scrutin proportionnel. Un même candidat peut se présenter aux deux types d'élections. L'ordre d'élection sur une liste est déterminée au moment de sa présentation pour ceux uniquement candidats à ce mode de scrutin, sinon en fonction de l'écart de voix par lequel ils ont été battus au vote majoritaire (ceux qui ont perdu avec quelques voix d'écarts seulement sont prioritaires pour être élus à la proportionnelle si leur liste a réuni assez de votes pour avoir des sièges).

Campagnes

Une majorité sortante de centre gauche en difficulté


La majorité sortante, composée du Parti démocrate du Japon (PDJ), présidé par le Premier ministre Yoshihiko Noda depuis 2011, et du Nouveau parti du peuple (NPP), dirigé depuis 2012 par Shōzaburō Jimi (ancien ministre d'État aux services financiers et à la réforme postale de 2010 à 2012), souffre d'une impopularité assez importante. Parmi les principales faiblesses citées dans l'opinion publique, d'après les médias et les observateurs politiques, reviennent :

Yoshihiko Noda est ainsi devancé dans les sondages par le nouveau président du PLD, Shinzō Abe, en termes de préférence des personnes interrogées pour devenir le prochain Premier ministre, et son parti est également en situation difficile dans les enquêtes d'opinions et est parfois devancé par l'ARJ désormais dirigée nationalement par l'ancien gouverneur de Tōkyō Shintarō Ishihara. Néanmoins, son retard est loin, à chaque fois, d'être important (voir la section sur les sondages).

Le PDJ prend pour slogan « Du mouvement, la détermination » (動かすのは、決断, Ugokasu no ha, ketsudan?) et « Responsabilité pour aujourd'hui et pour demain » (今と未来への責任, Ima to mirai he no sekinin?), et met en avant lors de la campagne son projet de participation rapide du Japon aux négociations du TPP (position que Yoshihiko Noda rappelle lors d'une rencontre avec le président américain Barack Obama à Phnom Penh le )[13],[14],[15], la mise en place du plan envisagé par son administration pour une sortie du nucléaire civil d'ici aux années 2030[16] et l'adoption d'un important budget supplémentaire en 2013 (en matière de lutte contre les effets de la déflation, pour la stimulation de l'économie et la reconstruction du Tōhoku, alors que le gouvernement a adopté le un nouveau plan de relance, dont la préparation a été annoncée en octobre, de 880 milliards de yens ou 10,7 milliards de dollars américains, surtout dans les domaines de la santé, de l'agriculture ou pour financer des travaux publics dans les régions sinistrées de la catastrophe de 2011)[17]. De plus, concernant la déflation, il critique activement le projet mis en avant par Shinzō Abe et le PLD basé essentiellement sur des mesures de politique monétaire en imposant à la Banque du Japon (BoJ) un certain nombre de contraintes. Yoshihiko Noda estime ainsi l'objectif d'une inflation à 1 % fixé par la BoJ en février précédent plus « réaliste » et « acceptable » que les 2 ou 3 % demandés par les libéraux-démocrates, et s'oppose à leur proposition de pousser l'institution monétaire à acheter des obligations au gouvernement pour financer des grands travaux, déclarant à ce sujet : « Faire financer la dette publique par la BoJ est inapproprié. Je n'adopterai pas une telle politique »[18]. Enfin, sur le plan de la politique étrangère, présenté par les médias comme le point faible de Noda, celui-ci tend à se démarquer vivement de Abe, qui a fait des questions de sécurité et diplomatiques un de ses chevaux de bataille avec un discours de fermeté voir de nationalisme. Il présente le PDJ comme le parti de la « diplomatie » et de la « défense raisonnable » face aux positions libérales-démocrates jugées « dangereuses ». Concernant le conflit territorial avec la république populaire de Chine pour les îles Senkaku, il déclare : « Il y a des problèmes concernant la souveraineté, les territoires et les eaux territoriales, mais nous devons rester sur la voie pacifique que nous avons suivi depuis la Seconde Guerre mondiale. [...] Dans le même temps, nous devons répondre de manière apaisée, pragmatique et stratégique »[19].

Concernant les candidatures démocrates, Yoshihiko Noda a annoncé qu'il ne ferait « aucune exception » concernant l'interdiction fixée par le parti de présenter des « candidats héréditaires »[20]. Pour lutter contre les dissidences, il demande de signer un document promettant de soutenir les politiques du parti pour obtenir l'investiture. L'ancien Premier ministre, Yukio Hatoyama, lui-même un « député héréditaire » et suspendu des instances dirigeantes du PDJ pour avoir voté contre la réforme fiscale et de la sécurité sociale, déclare le qu'il n'a pas voulu signer ce document et qu'il renonce à se présenter aux élections législatives du 16 décembre suivant, annonçant de ce fait son retrait de la vie politique[21].

Le faible avantage de l'opposition de centre droit

Shinzō Abe en campagne pour la présidence du PLD, le .

Le Parti libéral-démocrate (PLD), principale force d'opposition depuis 2009 et ancien parti dominant de la vie politique japonaise qui a gouverné sans discontinuer de sa création en 1955 à 1993 et de 1994 à 2009, a changé de direction le , alors que la dissolution a déjà été promise par le Premier ministre sans être encore annoncée. Shinzō Abe, qui fut déjà Premier ministre de 2006 à 2007 et considéré comme l'un des principaux représentants de l'aile droite conservatrice et nationaliste du parti, retrouve alors la présidence du PLD[22]. Comme l'avait fait son prédécesseur Sadakazu Tanigaki avant lui, il fait voter son parti en faveur de certains textes de loi présentés par le PDJ le (dont une autorisant l'émission d'obligations nécessaire pour financer le budget 2012), obtenant en échange du Premier ministre la dissolution le jour même de la Chambre des représentants et la tenue d'élections anticipées le 16 décembre suivant.

Il fait figure de favori dans les sondages, étant lui-même préféré régulièrement à Yoshihiko Noda mais aussi aux autres figures montantes de la campagne, telles l'ancien gouverneur de Tōkyō Shintarō Ishihara, pour devenir le prochain Premier ministre, tandis que son parti reste en tête dans les enquêtes d'opinions. Néanmoins, son avance est loin, à chaque fois, d'être importante. Ainsi sa cote de soutien personnelle oscille entre 28 % et 37 %, tandis que le PLD attire entre 18,4 % des personnes interrogés et 25 % (voir la section sur les sondages). Ainsi, le grand parti du centre droit japonais bénéficie surtout de l'impopularité de la majorité sortante sans réussir véritablement à rassembler de nouveau, et a connu lui aussi depuis 2009 son lot de dissidences qui ont abouti, entre autres, à la création du Parti de l'aube du Japon ou du Nouveau parti de la réforme, ou encore à renforcer l'ARJ.

Le PLD prend pour slogan « Remettre sur pied le Japon » (日本を取り戻す, Nippon o torimodosu?), et mène campagne essentiellement sur les questions de sécurité et de politique étrangère, qui restent les principaux chevaux de bataille de Shinzō Abe et le font une nouvelle fois présenter dans les médias nationaux ou internationaux comme un « faucon » : il place la relation nippo-américaine au centre de son projet de politique étrangère (promettant de réserver son premier déplacement officiel à l'étranger, si son parti obtenait la majorité, aux États-Unis), relance son objectif ancien de révision de la Constitution du Japon afin de reconnaître le statut d'« armée conventionnelle » aux Forces japonaises d'autodéfense, envisage d'augmenter le budget de la défense et prône une attitude ferme dans les conflits territoriaux opposant le Japon à ses voisins, surtout avec la république populaire de Chine sur les îles Senkaku. Après avoir inclus dans son programme, présenté au public le , d'installer une présence permanente d'officiels gouvernementaux dans l'archipel[23], il propose ensuite, lors d'un discours à Tōkyō le , d'utiliser d'anciens navires de la Force maritime d'autodéfense pour aider les garde-côtes japonais à « défendre » les îlots et empêcher toute venue de navires chinois dans leurs eaux territoriales[24]. Sur le plan économique, il place sa priorité dans la lutte contre la déflation (se réservant même la possibilité de revenir sur la hausse de la taxe sur la consommation, pourtant votée en 2012 avec l'aval du PLD, si la tendance n'est pas rapidement inversée en la matière). Son plan, présenté le , repose essentiellement sur des mesures de politique monétaire et adopte à ce sujet un discours ferme à l'égard de la Banque du Japon, qu'il veut pousser à adopter un objectif chiffré d'inflation à 2 ou 3 %, à mener un assouplissement quantitatif illimité, à fixer des taux d'intérêt à court terme négatifs et à acheter directement au gouvernement central des obligations pour financer les travaux publics (le programme du PLD prévoyant également de dépenser 200 billions de yens dans des grands travaux en dix ans dans le but de rendre le pays mieux équipé face aux catastrophes naturelles, revenant ici sur l'un des piliers de la politique économique menées par le PLD depuis les années 1960, à savoir « l'État construction », très critiqué par le PDJ). Si les marchés ont réagi favorablement immédiatement après ces annonces (les cours à la bourse de Tōkyō ont augmenté et le yen a perdu de la valeur face au dollar américain), le Japan Times estiment ces mesures « irréalistes » (pour l'objectif de 2 à 3 % d'inflation, ce terme est repris par le gouverneur de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa, ferme défenseur de l'indépendance de son institution et hostile à tout retour à une politique chiffrée) ou « dangereuses [...] pour la discipline budgétaire » (pour le projet d'obliger la Banque du Japon à acheter des bons de construction au gouvernement), et qu'elles « causeraient des effets collatéraux tels que des hausses des taux d'intérêt à long terme et une inflation qui ne serait pas accompagnée par des activités économiques stimulées »[25]. L'économiste Izuru Kato, de l'institut Totan Research, déclare pour sa part, concernant des taux d'intérêt à court terme négatifs : « Je ne vois aucune chance pour que cela soit retenu »[26]. Sur les autres thèmes principaux de la campagne, il se déclare favorable à une adhésion du Japon au processus de négociation du TPP, un des chevaux de bataille de Yoshihiko Noda et du PDJ, mais en y incluant une discussion au cas par cas afin de maintenir des « sanctuaires » et donc des tarifs de protection pour certaines gammes de produits jugés sensibles (notamment agricoles). Sur le plan de l'énergie nucléaire et de son éventuelle sortie (demandée, d'après de nombreux sondages, par une majorité de Japonais marqués par la catastrophe de Fukushima), Shinzō Abe juge le but fixé par Yoshihiko Noda de « zéro nucléaire » d'ici aux années 2030 d'« extrêmement irresponsable » et affirme que le PLD, en cas de retour au pouvoir, « agira avec responsabilité pour relancer les opérations des réacteurs suspendus une fois leur sûreté établie ». Il prévoit toutefois de réduire progressivement la dépendance énergétique du Japon à l'égard du nucléaire sur le long terme au profit d'un investissement dans les énergies renouvelables[27].

Le PLD continue sa coopération électorale avec le Nouveau Kōmeitō, son allié traditionnel depuis 1999 et toujours présidé depuis 2009 par le conseiller Natsuo Yamaguchi[28]. Ce parti centriste, toujours lié à l'organisation bouddhiste de Nichiren Sōka Gakkai, met l'accent dans son programme sur les questions sociales et économiques, tout en se démarquant (comme toujours) avec le PLD sur la constitution (dont il veut maintenir l'interprétation pacifiste), le vote des étrangers aux élections locales (sans inclure ce projet traditionnel du mouvement dans son programme) ou le nucléaire (demandant pour sa part une sortie explicite, sans donner toutefois d'échéance finale)[29].

Les « Troisièmes forces »

À côté de ces grands blocs, les petits partis, pour la plupart de création récente soit par des poids lourds dissidents des précédents (Ichirō Ozawa ou Masahiko Yamada du PDJ et Shizuka Kamei du NPP et en 2005 du PLD, Takeo Hiranuma du PLD également en 2005, ou encore, plus récemment issus de ce parti de droite, Yoshimi Watanabe ou Yōichi Masuzoe) ou des figures locales ayant acquis une réputation nationale de réformateurs et d'anticonformistes (le maire d'Osaka Tōru Hashimoto, l'ancien gouverneur de Tōkyō Shintarō Ishihara, le maire de Nagoya Takashi Kawamura ou la gouverneure de la préfecture de Shiga Yukiko Kada), tentent d'attirer la part importante d'électeurs indécis, à la fois déçus du PDJ et toujours méfiants à l'égard du PLD. Ainsi, une importante activité de recomposition, d'alliances ou d'unions a lieu après l'annonce de la dissolution dans le but de constituer une « troisième force » ou « troisième pôle » (第三極, Daisan kikku?) capable de concurrencer les deux forces principales de la vie politique japonaise. Deux groupes rivaux, très critiques l'un envers l'autre, se constituent bientôt, l'un à droite, l'autre à gauche :

  • à droite, l'Association pour la restauration du Japon (ARJ), troisième voire parfois deuxième dans les sondages et de forte implantation dans les zones urbaines (surtout dans les deux plus grandes agglomérations du pays, le Grand Tōkyō et la conurbation Keihanshin), menée par Shintarō Ishihara et Tōru Hashimoto, favorable à une réforme du secteur énergétique sans sortie du nucléaire civil, à une adhésion aux discussions du TPP, à un discours de fermeté en politique étrangère (surtout contre la république populaire de Chine) et à une très forte décentralisation devant arriver à une forme de fédéralisme. Ce parti est fondé le sur la base de l'« Association pour la restauration d'Osaka » elle-même créée en 2010 pour soutenir l'action du gouverneur de la préfecture d'Osaka, devenu en 2011 maire d'Osaka, Tōru Hashimoto. Elle est d'abord dirigée par ce dernier et son successeur au poste de gouverneur d'Osaka, Ichirō Matsui. Le , Hashimoto et l'ancien gouverneur de Tokyo Shintarō Ishihara annoncent la fusion entre l'Association pour la restauration du Japon et le Parti de l'aube, fusion qui, espèrent-ils, leur permettra de devenir la 3e force politique lors des élections législatives japonaises de 2012. Portée par de bons sondages depuis sa création, l'ARJ attire rapidement plusieurs parlementaires du PDJ, du PLD ou d'une autre formation de centre droit, créée en 2010 par des libéraux-démocrates partisans de profondes réformes de type libérales, Votre Parti de Yoshimi Watanabe. Puis une fusion avec le Parti de l'aube, mouvement conservateur et nationaliste de Shintarō Ishihara, est annoncée lors d'une conférence de presse commune entre ce dernier, Tōru Hashimoto et Ichirō Matsui, à Osaka, le . Cette union surprend les observateurs, d'abord parce que Ishihara semblait plutôt s'orienter vers l'alliance avec un autre mouvement créé pour soutenir sur le plan national l'action d'un autre maire de grande-ville, le Genzei Nippon du premier magistrat de Nagoya Takashi Nakamura, un projet d'alliance qui avait été critiqué par Tōru Hashimoto. Ensuite, il est noté dans les médias les fortes divergences existant entre les deux hommes et leur mouvement, sur des points apparaissant pourtant comme les principaux thèmes de la campagne : le nucléaire (Tōru Hashimoto apparaît depuis 2010 comme l'un des plus fermes partisans d'une sortie totale et rapide, d'ici aux années 2030, alors qu'au contraire Ishihara veut plutôt soutenir l'industrie nucléaire) et le TPP (le maire d'Osaka, libre-échangiste, soutient l'adhésion du Japon aux négociations sur ce partenariat commercial de la zone Asie-Pacifique, alors que l'ancien gouverneur de Tokyo, suivant une position assez répandue parmi les conservateurs japonais, s'y oppose par crainte que cela ne déstabilise l'agriculture nippone). Un compromis a dû être trouvé : le jour de la fusion, il est décidé que cette nouvelle ARJ défendrait la poursuite des négociations pour rejoindre le TPP tout en restant vigilant à préserver « l'intérêt national », et d'un autre côté l'objectif clairement annoncé et daté d'une sortie du nucléaire est abandonné au profit d'un projet de dérégulation du secteur de l'énergie. Les points d'accord entre ces deux hommes restent une certaine forme de populisme, le style (passant par une communication directe, voire offensive, concernant la politique étrangère ou l'idée de nation) et la défense de réformes structurelles allant dans le sens du libéralisme économique, axées sur la critique de l'administration nationale et sur la promotion d'une profonde décentralisation[30]. L'ARJ entame également des négociations pour éviter au maximum des candidatures concurrentes avec Votre Parti, puis lui propose de fusionner le [31], ce qui aboutit à un échec puisque Yoshimi Watanabe refuse de se fondre dans le parti d'Ishihara (surtout en raison de sa position sur le nucléaire, Votre Parti prônant une sortie)[32].
  • À gauche, le Parti du futur du Japon (PFJ) né le sur l'initiative du gouverneur de la préfecture de Shiga, connue pour ses positions environnementalistes et féministes, Yukiko Kada et rejoint immédiatement par plusieurs formations dont Priorité à la vie du peuple d'Ichirō Ozawa (qui lui apporte l'essentiel de ses parlementaires), le Genzei Nippon - Parti anti-TPP, anti-nucléaire (lui-même créé le par fusion entre le Genzei Nippon et le Parti anti-TPP, anti-taxe et anti-nucléaire) de Masahiko Yamada, Shizuka Kamei et Takashi Kawamura, les 3 députés du Vent vert ou une députée dissidente du Parti social-démocrate, Tomoko Abe. Il constitue un pôle anti-nucléaire (promettant une sortie dès 2022 avec en parallèle une promotion active des énergies renouvelables), anti-hausse de la taxe sur la consommation et anti-TPP, tout en reprenant dans son programme une grande partie des promesses faites par le PDJ en 2009 (à savoir, notamment, la hausse des allocations à l'éducation des enfants à 26 000 yens par mois et par enfant scolarisé jusqu'au collège, la mise en place d'aides aux revenus des agriculteurs, la lutte contre la « bureaucratie » par l'abolition, entre autres, de l’amakudari). Le Vrai parti démocrate - Daichi (VPD-Daichi, déjà allié au PVP d'Ozawa, faisait partie de la majorité jusqu'en 2011, surtout implanté à Hokkaidō) de Muneo Suzuki[33],[34], le Parti social-démocrate (PSD, dans la coalition gouvernementale de 2009 à 2010) de Mizuho Fukushima[35] ont annoncé leur coopération électorale avec le PFJ. Des négociations ont également été lancées avec Votre Parti, malgré des positions différentes sur le TPP[32]. Les premiers sondages après la création du parti font état d'une base électorale plus faible que l'ARJ, à hauteur de 5 %.

Candidats

Parti Président
(Circonscription)
Image Slogan Nb de sortants
au début de campagne
Nb de Candidats
(Nb de Candidates)
Nb de Candidats par type d'élection
Majoritaire uninominal Proportionnelle (total) Proportionnelle uniquement
Parti démocrate du Japon Yoshihiko Noda
Chiba (4e)
« Du mouvement, la détermination »
動かすのは、決断
SUgokasu no ha, ketsudan
230267 (37)2642673
Nouveau parti du peuple Shōzaburō Jimi
(Non cand., Conseiller)
« Relance du Japon ! »
日本再起動
Nihon saikidō
23 (0)211
 
Parti libéral-démocrate Shinzō Abe
Yamaguchi (4e)
« Remettre sur pied le Japon »
日本を取り戻す
Nippon o torimodosu
118 337 (27) 28832649
Nouveau Kōmeitō Natsuo Yamaguchi
(Non cand., Conseiller)
« Reconstruction du Japon »
日本再建
Nippon saiken
2154 (4)94545
Nouveau parti de la réforme Yōichi Masuzoe
(Non cand., Conseiller)
« Vers un Japon de rang mondial »
世界に誇れる日本へ
Sekai ni hokoreru Nippon he
02 (0)022
 
Parti du futur du Japon Yukiko Kada
(Non cand., Gouverneur de Shiga)
« “Arrêt du nucléaire” et “Moins d'impôts” »
「卒原発」も「脱増税」も
"Sotsu genpatsu" mo "Datsu zōzei" mo
62121 (28)11111910
Parti social-démocrate Mizuho Fukushima
Non cand. (Conseillère)
« Reconstruction du style de vie »
生活再建
Seikatsu saiken
533 (6)233310
Vrai parti démocrate - Daichi Muneo Suzuki
(Non cand., inéligible)
« Du Nord ! Du Sud ! Faire revivre le Japon »
北から!南から!日本を再興します!
Kita kara ! Minami kara ! Nippon o saikō shimasu
37 (2)770
 
Association pour la restauration du Japon Shintarō Ishihara
Tōkyō (Prop.)
« Renforcer avec sagesse le Japon »
日本を賢く強くする
Nippon o kenku tsuyokusuru
11172 (12)15117221
 
Parti communiste japonais Kazuo Shii
Sud Kantō (Prop.)
« Proposer, agir »
提案し、行動する
Teian shi, kōdō suru
9322 (80)2993523
 
Votre Parti Yoshimi Watanabe
Tochigi (3e)
« Le combat de la réforme »
闘う改革
Tataka u kaikaku
869 (3)65684
Nouveau parti Nippon Yasuo Tanaka
Hyōgo (8e)
« Pour Amagasaki. Pour le Japon. »
尼崎のために。日本のために。
Amagasaki no tameni. Nippon no tameni.
11 (0)100
 
Parti de la Réalisation de la Joie Shūgaku Tsuiki
Kinki (Prop.)
« Japon, fais attention ! »
日本、危うし!
Nihon, ayaushi !
062 (20)204242
Parti Ainu Shirō Kayano
(Non cand.)
Naomi Shimazaki
Hokkaidō (9e)
01 (1)100
Parti de l'évidence Keiko Arita
Chiba (10e)
01 (1)100
Parti de l'euthanasie Hidemitsu Sano
Tōkyō (4e)
Créer un système d'euthanasie au Japon
日本でも安楽死制度の創設で
Nippon demo anrakushi seido no sōsetsu de
01 (0)100
Parti de la Communauté économique mondiale Mitsuo Matayoshi
Tōkyō (1er)
01 (0)100
Comité de restauration du Japon du XXIe siècle Masaru Nakamura
Osaka (1er)
01 (0)100
 
Indépendants 849 (4)49 -[36]
Total 479[37]1 504 (225)1 2941 117210

Sondages

Cote de popularité du gouvernement (2009-2012)

Évolution des sondages depuis 2009
Évolution des taux de satisfaction (bleu)/d'insatisfaction (rouge) du gouvernement japonais

Sondages pré-électoraux

Par parti

Source Date(s) Indécis
PDJ PLD PRJ NK PCJ VP PSD PVP PFJ
Asahi Shimbun 15– 44 % 16 % 23 % 6 % 3 % 2 % 2 % 1 % 1 %
Yomiuri Shimbun 16– 43 % 13 % 22 % 13 %
Asahi Shimbun 17– 46 % 15 % 23 % 16 % 4 %
Kyodo News 17– 43 % 10,8 % 23 %
Yomiuri Shimbun 23– 10 % 25 % 14 %
Kyodo News 24– 8,4 % 18,7 % 10,3 %
Asahi Shimbun 24– 13 % 23 % 9 %
Nikkei Business Daily 13 % 23 % 15 % 4 % 5 %
Kyodo News 1- 9,3 % 18,4 % 10,4 % 4,8 % 3,5 %
Asahi Shimbun 1- 41 % 15 % 20 % 9 % 4 % 3 % 3 % 1 % 3 %
Yomiuri Shimbun 30 Nov.- 49 % 13 % 19 % 13 % 5 %
NHK 7- 10 % 21 % 11 %
Yomiuri Shimbun 7- 12 % 29 % 11 % 3 %
Asahi Shimbun 8- 43 % 14 % 22 % 8 % 5 % 4 % 2 % 2 %

Premier Ministre

Source Date(s)
Noda
PDJ
Abe
PLD
Ishihara
ARJ
Asahi Shimbun 15– 31 % 33 %
Yomiuri Shimbun 16– 31 % 37 %
Kyodo News 17– 32,1 % 35 %
Yomiuri Shimbun 23– 19 % 29 % 22 %
Kyodo News 24– 30 % 33,9 %
Yomiuri Shimbun 30 Nov.- 21 % 28 %
NHK 7- 19 % 28 %
Kyodo News 8- 31 % 39 %

Résultats

Analyses des résultats

Notes et références

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