Élections à la Chambre des conseillers du Japon de 2025

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Inscrits103 591 806
Votants60 608 232
Blancs et nuls1 422 497
Élections à la Chambre des conseillers du Japon de 2025
124 des 248 sièges de la Chambre des conseillers
Corps électoral et résultats
Inscrits 103 591 806
Votants 60 608 232
58,51% en augmentation 6,5
Blancs et nuls 1 422 497
Parti libéral-démocrate  Shigeru Ishiba
Voix 12 809 064
21,65%
en diminution 12,8
Sièges obtenus 101 en diminution 13
Parti démocrate du peuple  Yūichirō Tamaki
Voix 7 620 480
12,88%
en augmentation 6,9
Sièges obtenus 22 en augmentation 13
Sanseitō  Sōhei Kamiya
Voix 7 425 052
12,55%
en augmentation 9,2
Sièges obtenus 15 en augmentation 14
Parti démocrate constitutionnel  Yoshihiko Noda
Voix 7 397 467
12,50%
en diminution 0,3
Sièges obtenus 38 en stagnation
Kōmeitō  Tetsuo Saitō
Voix 5 210 569
8,81%
en diminution 2,9
Sièges obtenus 21 en diminution 6
Parti japonais de l'innovation  Hirofumi Yoshimura
Voix 4 375 926
7,39%
en diminution 7,4
Sièges obtenus 19 en augmentation 1
Parti communiste japonais  Tomoko Tamura
Voix 2 864 738
4,84%
en diminution 2
Sièges obtenus 7 en diminution 4
Diagramme
Président de la Chambre
Sortant Élu
Masakazu Sekiguchi
PLD
Masakazu Sekiguchi
PLD

Les élections à la Chambre des conseillers du Japon de 2025 (第27回参議院議員通常選挙, dai-nijūnana-kai Sangiin giin tsūjō senkyo?, littéralement « 27es élections régulières des membres de la Chambre des conseillers ») ont lieu le afin de renouveler 124 des 248 sièges de la Chambre des conseillers du Japon.

Le scrutin intervient dans un contexte d'affaiblissement prolongé du Parti libéral-démocrate (PLD) du Premier ministre Shigeru Ishiba, qui fait notamment face à la concurrence sur sa gauche du Parti démocrate du peuple (PDP) mené par Yūichirō Tamaki et du Parti démocrate constitutionnel (PDC) mené par Yoshihiko Noda, ainsi que du Sanseitō de Sōhei Kamiya sur sa droite.

Les élections sont une défaite pour le PLD, qui essuie un nouveau recul et perd même la majorité absolue qu'il détenait en coalition avec son allié, le Kōmeitō, tandis que le PDP et le Sanseitō connaissent une nette progression. Affaibli, Shigeru Ishiba fait face à des appels à se retirer au sein même de son parti, et finit par annoncer sa démission le 7 septembre suivant.

Précédentes élections

Fumio Kishida

Organisées dans le contexte de l'assassinat par balles de l'ancien chef du gouvernement Shinzō Abe lors d'un meeting à Nara, les élections de juillet 2022 voient le Parti libéral-démocrate (PLD) du Premier ministre Fumio Kishida conserver sa majorité relative. Le gouvernement continue également de bénéficier du soutien de son allié, le Kōmeitō, avec lequel il garde la majorité absolue à la chambre.

Le PLD reste cependant affaibli politiquement, un an après sa victoire en demi teinte aux élections législatives d'octobre 2021 qui avait permis au Parti libéral-démocrate de conserver la majorité absolue à la chambre basse, sans compter le soutien du Kōmeitō[1]. Malgré le maintien au pouvoir du PLD, la perte de plusieurs dizaines de sièges lors des législatives est perçue comme un avertissement pour Kishida, dont la faible popularité aurait participé au recul de sa formation politique[2]. Les élections de 2021 et 2022 sont également toutes deux marquées par la montée du Parti japonais de l'innovation, situé dans l'opposition[3].

Remplacement de Fumio Kishida par Shigeru Ishiba

Shigeru Ishiba

Le Parti libéral-démocrate est touché par un important scandale financier. En novembre 2023, plusieurs factions de l'aile conservatrice  Seiwa Seisaku Kenkyūkai, Kōchikai et Shisuikai  du parti sont mises en cause pour le détournement de plus de 600 millions de yen de fonds de campagne vers des caisses noires illicites.

Le scandale redouble en intensité début décembre lorsque Fumio Kishida est interrogé à la chambre à ce sujet par l'opposition. Le Premier ministre se retrouve contraint le 13 décembre de destituer le ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie Yasutoshi Nishimura, le ministre de l'Intérieur et des Communications Junji Suzuki, et le ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche Ichiro Miyashita ainsi que le Secrétaire général du Cabinet Hirokazu Matsuno et le vice-ministre de la Défense Hiroyuki Miyazawa. Le PLD fait face le même jour à une motion de censure déposée par le Parti démocrate constitutionnel (PDC). Si elle s'avère infructueuse, elle permet à l'opposition de renouveler de vives attaques contre le PLD, accusé d'être incapable de faire face à la corruption dans ses rangs[4],[5],[6].

Bien que toujours pressenti pour briguer un deuxième mandat à la présidence du Parti libéral-démocrate, Fumio Kishida annonce le son intention de ne pas concourir à l'élection prévue pour le mois de septembre suivant[7]. Face à huit autres concurrents, Shigeru Ishiba est élu président du Parti libéral-démocrate le suivant et lui succède comme Premier ministre le [8],[9]. Il promeut une politique économique fondée sur le développement régional et le maintien d'une politique étrangère fondée sur le renforcement des capacités de défense du Japon ainsi que le rapprochement avec les États-Unis et la Corée du Sud[10]. Il annonce dans la foulée la tenue d'élections législatives anticipées pour le [9].

Le nouveau Premier ministre tente de répondre au scandale récent en s’excusant pour son parti et en promettant des réformes en matière de lutte contre la corruption. Le PLD subit cependant une importante perte de popularité, tandis que plusieurs députés du PLD quittent le parti pour se présenter aux élections en tant qu'indépendants, reprochant à Ishida de se servir du scandale pour évincer les anciens soutiens de Shinzo Abe[4],[11].

Législatives de 2024 et gouvernement minoritaire

Les élections législatives d'octobre 2024 constituent un important revers pour le PLD et Shigeru Ishiba. Affaibli par l'affaire de la caisse noire ayant touché plusieurs de ses membres, par la forte hausse de l'inflation ainsi que la révélation de ses liens avec la secte Moon lors de l'enquête sur l'assassinat de Shinzō Abe, il perd la majorité absolue des sièges qu'il détenait à la chambre basse. Au soir du vote, le Premier ministre reconnait que son parti à « reçu un jugement sévère »[12],[13]. Alors que le PLD avait pu compter par le passé sur son allié, le Kōmeitō, pour conserver la majorité, celui-ci recule également. Le gouvernement sortant se retrouve ainsi privé de la majorité à la Chambre, même en comptant sur les membres du PLD atteints par le scandale financier, élus en tant qu'indépendants. Il s'agit d'une lourde défaite pour Shigeru Ishiba, qui tablait sur ces élections anticipées pour légitimer son accession au pouvoir[14],[15].

Pour la première fois depuis 2009, l'opposition se retrouve en mesure de former un gouvernement. Celle-ci est cependant divisée entre plusieurs formations dont le Parti démocrate constitutionnel (PDC) et le Parti démocrate du peuple (PDP), arrivés respectivement deuxième et troisième du scrutin[16],[17]. Tablant sur le manque d'unité de l'opposition, Ishiba décide néanmoins de se maintenir à la tête d'un gouvernement minoritaire[18].

Montée des partis ultra-conservateurs

Sōhei Kamiya en campagne le 19 juillet

L'affaiblissement du PLD est exacerbé à l'approche des nouvelles élections à la Chambre des conseillers, du fait de la montée sur sa droite de plusieurs partis ultraconservateurs qui lui font concurrence en portant une ligne nationaliste, populiste et anti-immigrationniste. Ces derniers parviennent à faire de l'immigration un enjeu majeur de la campagne électorale. Confronté au vieillissement de sa population et à l'importante baisse de sa population active qui en découle, le Japon a en effet de plus en plus recours à l'accueil de travailleurs étrangers. Ces derniers atteignent 3,5 millions en 2024, soit 2,8 % de la population, un record sur un archipel réputé pour son faible taux d'immigration[19].

Cette montée est plus particulièrement incarnée par le dirigeant du Sanseitō, Sōhei Kamiya, qui fait campagne sur le thème du « problème des étrangers », la comparaison avec la politique migratoire de l'Union européenne jugée « incontrôlée », ainsi que la mise en avant d'une « préférence nationale » sous le slogan « Les Japonais d'abord ! ». Son discours xénophobe touche une partie de l'électorat, qui estime normal « d'exiger que les immigrés respectent nos règles et que nous, les Japonais, bénéficiions d'une discrimination positive par rapport à eux. »[20],[21].

Système électoral

Intérieur de la Chambre

Le Japon est doté d'un parlement bicaméral appelé Diète dont la Chambre des conseillers est la chambre haute.

Celle-ci se compose de 248 sièges renouvelés par moitié tous les trois ans, pour des mandats de six ans, soit 124 sièges pourvus à chaque élections selon un système de scrutin parallèle. 74 sièges le sont à la majorité simple, dont 33 sièges au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, et 41 au vote unique non transférable dans treize circonscriptions de deux à cinq sièges chacune. Les circonscriptions utilisées correspondent aux préfecture du pays, à l'exception de deux regroupements de deux préfectures chacun, créés en 2015[22].

Enfin, les 50 sièges restant sont pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste dans une unique circonscription nationale, répartis selon la méthode d'Hondt. Les électeurs ont la possibilité d'effectuer un vote préférentiel pour l'un des candidats de la liste pour laquelle ils votent, afin de faire monter sa place dans celle-ci[22].

Le total des sièges de la chambre était de 242 avant un amendement de la loi électorale voté en , qui a échelonné une augmentation progressive à 248 sièges. Les renouvellements de 2019 et de 2022 se sont ainsi vu chacun attribuer trois sièges supplémentaires à pourvoir, pour 124 en tout. La Chambre de 2019 a ainsi été exceptionnellement composée d'un total de 245 sièges jusqu'aux élections suivantes, celles de 2022 ayant achevée la transition. Les élections de 2025 devaient donc être les premières depuis la réforme à concerner un nombre égal de sièges sortants et à pourvoir[22]. Elles concernent finalement 125 sièges, l'un de ceux pourvus en 2022 au scrutin majoritaire étant devenus vacant, une élection partielle est exceptionnellement organisé simultanément, pour un mandat de trois ans au lieu de six.

Forces en présences

Résultats

Analyse et conséquences

Notes et références

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