Élections législatives malgaches de 2024

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Inscrits11 564 089
Votants5 409 497
Blancs et nuls176 206
Élections législatives malgaches de 2024
163 sièges de l'Assemblée nationale
(majorité absolue : 82 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 11 564 089
Votants 5 409 497
46,78% en augmentation 5,8
Blancs et nuls 176 206
Nous tous, ensemble avec Andry Rajoelina  Andry Rajoelina
Voix 2 184 887
40,39%
en augmentation 5,6
Sièges obtenus 84 en stagnation
Firaisankina  Marc Ravalomanana
Siteny Randrianasoloniaiko
Voix 779 500
14,90%
en augmentation 4,1
Sièges obtenus 22 en augmentation 6
Indépendants
Voix 1 965 687
37,56%
en diminution 7,3
Sièges obtenus 50 en augmentation 4
Composition de l'assemblée élue
Diagramme
Premier ministre
Sortant Élu
Christian Ntsay
Indépendant
Christian Ntsay
Indépendant

Les élections législatives malgaches de 2024 se déroulent le afin de renouveler les 163 membres de l'Assemblée nationale de l'île de Madagascar.

Le scrutin a lieu quelques mois après l'élection présidentielle ayant vu la victoire d'Andry Rajoelina. Sa formation, Jeunes malgaches déterminés (TGV), mène la coalition Nous tous, ensemble avec Andry Rajoelina (IRMAR), qui dispose de la majorité absolue dans l'assemblée sortante.

Malgré des résultats en hausse en parts de voix, la coalition gouvernementale subit initialement une perte de quelques sièges selon les résultats de la commission électorale. Ce recul lui fait perdre la majorité dans la nouvelle législature, à nouveau composée d'une forte proportion d'élus indépendants. Cependant, le 27 juin, la Haute Cour constitutionnelle rejette tous les recours en annulation, à l'exception de ceux du camp présidentiel, qui retrouve les quatre sièges perdus et donc la majorité absolue.

Andry Rajoelina

Les précédentes élections organisées en mai 2019 voient la victoire de la coalition Nous tous, ensemble avec Andry Rajoelina (IRK, ou Irmar) soutenant le président éponyme. Élu quelques mois plus tôt, ce dernier bénéficie ainsi du soutien de la majorité absolue des députés de l'Assemblée nationale afin de mener à bien sa politique[1],[2]. Son mandat est marqué par les crises sanitaires, sociales et économiques liées à la pandémie de Covid-19, l'invasion de l'Ukraine par la Russie et une sécheresse qui provoque une famine sur l'île en 2021[3]. Le président sortant conserve néanmoins une importante popularité et peut s'appuyer sur un bilan économique qui le voit bénéficier de la confiance des grandes institutions internationales. Rajoelina axe en conséquence sa communication sur son bilan socio-économique, auquel il associe son « Plan Émergence Madagascar » (PEM)[3].

Contestant le contexte et la tenue de l'élection présidentielle de novembre 2023, le collectif des 10, puis des 11 candidats d'opposition organisent des manifestations de grande ampleur, dont une réunit le 21 octobre près de 50 000 partisans au Coliseum d'Antsonjombe, dans la capitale Antananarivo[4]. Plusieurs de ces manifestations sont interdites ou réprimées par les forces de l'ordre, faisant plusieurs blessés[5]. Le gouvernement procède à ces occasions à des arrestations arbitraires de manifestants, des violations de domiciles et des jets de bombe lacrymogène aux alentours immédiats d’écoles et d’hôpitaux[6].

L'élection présidentielle voit finalement la réélection de Rajoelina dès le premier tour, dans un contexte de boycott de l'élection par dix de ses douze adversaires. Le taux de participation s'établit ainsi à 46 %, contre 54 % en 2018[7], une baisse largement attribuée aux appels au boycott de l'opposition, qui ne reconnait pas la légitimité du scrutin[8]. Celle-ci, prenant pour source des observateurs internationaux, et des membres de la CENI de manière non officielle[9], situe le taux à 20 %, et conteste ainsi les chiffres officiels[10],[11]. L'élection de 2023 conduit ainsi à une nouvelle crise politique, devenues habituelles dans le pays, aucune élection présidentielle n'y ayant échappé depuis l'indépendance en 1960[12],[13]. Le 1er décembre 2023, La Haute Cour constitutionnelle (HCC) valide définitivement la victoire du président sortant[14],[15],[16]. Son investiture intervient le 16 décembre[17],[18].

Mode de scrutin

Madagascar est dotée d'un parlement bicaméral dont la chambre basse, l'Assemblée nationale, est composée de 163 députés élus pour un mandat de cinq ans selon un mode de scrutin parallèle.

Sont ainsi à pourvoir une grande partie des sièges au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans des circonscriptions électorales uninominales, auxquels se rajoutent une partie pourvue au scrutin binominal. Ces derniers le sont via un scrutin proportionnel plurinominal de liste bloquée sans panachage ni vote préférentiel dans des circonscriptions de deux sièges chacune. Après dépouillement, les sièges sont répartis selon la méthode de la plus forte moyenne[19].

Ces élections sont les premières depuis l'augmentation du nombre total de sièges composant l'Assemblée, passé par décret de 151 à 163 en mars 2024 afin d'ajuster le scrutin à l'évolution démographique du pays. La répartition attribue ainsi un siège aux circonscriptions de moins de 310 000 habitants, et deux à celles dépassant ce seuil, pour un total de 120 circonscriptions[20].

Campagne

Les thèmes de la campagne portent sur la lutte contre la corruption, le développement économique et celui des infrastructures. L'opposition dénonce par ailleurs un scrutin qu'elle estime joué d'avance[21].

Après le boycott ayant touché la présidentielle, les élections législatives de 2024 voient l'opposition comme le gouvernement sortant tenter de mobiliser les abstentionnistes, en particulier en province. Pour une large part réunie au sein de l'alliance Firaisankina, l'opposition renonce au boycott dans l'objectif de placer le président Rajoelina en situation de cohabitation, tandis que l'Irmar cherche à maintenir sa majorité. Sept ministres du gouvernement sortant en démissionnent ainsi afin de faire campagne, rejoints par six autres anciens ministres, qui cherchent à mettre en avant le bilan d'Andry Rajoelina. Ce dernier met notamment en avant la construction d'infrastructures en procédant à la « remise officielle » à la population d'une douzaine d'entre elles, suscitant les critiques de l'opposition qui souligne que les inaugurations sont interdites en période de campagne électorale. La majorité présidentielle part favorite en raison de l'absence de candidats des partis de l'opposition dans près de 40 % des 120 circonscriptions électorales, l'Irma se retrouvant même sans aucun opposant dans trois d'entre elles. Cette absence partielle de l'opposition fait la part belle aux nombreux candidats indépendants, qui constituent la grande inconnue du scrutin, au point de figurer en potentiels faiseur de rois[22],[23],[24].

Résultats

Résultats des législatives malgaches de 2024[25],[26],[27]
Partis Voix % +/- Sièges +/-
Nous tous, ensemble avec Andry Rajoelina (IRMAR) 2 184 887 40,39 en augmentation 6,98 84 en stagnation
Firaisankina (FIR) 779 500 14,90 en augmentation 4,10 22 en augmentation 9
Fiovana Ivoaran'ny eny Ifotony (FIVOI) 125 431 2,40 en augmentation 2,21 4 en augmentation 4
Kôlektifa an'ny Malagasy (KOL) 103 144 1,97 en augmentation 1,51 1 en stagnation
Parti vert Hasin'i Madagasikara 34 932 0,67 Nv 1 en augmentation 1
Groupe des jeunes malgaches patriotes (GJMP) 17 708 0,34 en diminution 0,02 1 en stagnation
Association pour la renaissance de Madagascar 3 264 0,06 en diminution 0,34 0 en stagnation
LEADER-Fanilo 2 410 0,05 en diminution 0,60 0 en stagnation
Autres partis 16 328 0,31
Indépendants 1 965 687 37,56 en diminution 7,33 50 en augmentation 4
Suffrages exprimés 5 233 291 96,74
Votes blancs et invalides 176 206 3,26
Total 5 409 497 100 163 en augmentation 12
Abstentions 6 154 592 53,22
Inscrits / participation 11 564 089 46,78

Analyse et conséquences

Notes et références

Voir aussi

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