Élection présidentielle malgache de 2001
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| Élection présidentielle malgache de 2001 | ||||||||||||||
| Type d’élection | Élection présidentielle Scrutin uninominal majoritaire à deux tours | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 6 720 218 | |||||||||||||
| Votants | 4 565 708 | |||||||||||||
| 67,94 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés | 4 482 316 | |||||||||||||
| Blancs et nuls | 83 392 | |||||||||||||
| Marc Ravalomanana – J'aime Madagascar | ||||||||||||||
| Voix | 2 306 600 | |||||||||||||
| 51,46 % | ||||||||||||||
| Didier Ratsiraka – AREMA | ||||||||||||||
| Voix | 1 609 151 | |||||||||||||
| 35,90 % | ||||||||||||||
| Albert Zafy – Action, Vérité, Développement et Harmonie | ||||||||||||||
| Voix | 229 047 | |||||||||||||
| 5,11 % | ||||||||||||||
| Président de la République | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Didier Ratsiraka AREMA |
Marc Ravalomanana Tiako I Madagasikara | |||||||||||||
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Une élection présidentielle se déroule le afin d'élire le président de la république de Madagascar. Dans un premier temps, les premiers résultats suggèrent qu'un second tour est nécessaire, car ni le président sortant Didier Ratsiraka ni Marc Ravalomanana, les deux principaux candidats, n'avaient obtenu la majorité. Cependant, Ravalomanana rejette les résultats et se déclare président en février 2002, ce qui entraîne l'éclatement de violences entre les partisans des deux candidats[1].
Un recomptage se tient alors, après quoi Ravalomanana est élu président avec 51,46% des voix et, en avril, avec l'approbation de la Haute Cour constitutionnelle. Bien que Ratsiraka ait rejeté le verdict, les États-Unis reconnaissent la légitimité de l'élection et Ravalomanana comme président en juin. Le mois suivant, Ratsiraka s'exile en France.
Le 3 septembre 2001, Didier Ratsiraka apporta plusieurs modifications au processus électoral. Premièrement, il décréta que les candidats à la présidence devaient enregistrer leur candidature avant le 27 octobre de la même année et augmenta simultanément les frais d'inscription, ce qui eut pour effet d'exclure les petits partis et les candidats indépendants qui ne pouvaient pas réunir les fonds supplémentaires dans ce court délai. Il restreignit également la période de campagne du 25 novembre au 15 décembre et empêcha les agences de presse non alignées sur le gouvernement sortant de couvrir l'élection. Enfin, il interdit l'affichage de slogans de campagne ou de matériel promotionnel tels que des affiches sur les bâtiments publics ou les produits commerciaux comme ceux vendus par la marque Tiko de Ravalomanana[2].
Scrutin
Les votes pour l'élection présidentielle eurent lieu le 16 décembre 2001. Les premiers districts à rapporter les résultats furent la capitale et les grandes zones métropolitaines. Ravalomanana obtint près de 80 % des voix à Antananarivo et une majorité dans les autres zones urbaines[3]. S'il y eut peu d'irrégularités signalées lors du déroulement du scrutin proprement dit, le décompte des voix devint une source de controverse majeure. En vertu de l'article 47 de la constitution de Madagascar, si un candidat n'est pas en mesure d'obtenir la majorité absolue au premier tour de scrutin, l'élection passe à un deuxième tour entre les deux candidats ayant obtenu le plus de voix[4]. Ravalomanana et Ratsiraka étaient les deux favoris, mais la question de savoir si Ravalomanana avait obtenu la majorité nécessaire pour éviter un second tour fut vivement contestée[3].
Pour la première fois dans l'histoire de Madagascar, des services non gouvernementaux purent effectuer leurs propres décomptes de voix[5]. Outre le Conseil national électoral (CNE) du ministère de l'Intérieur, deux autres groupes fournirent des décomptes pour les élections de 2001 : le Comité pour l'élection de Marc Ravalomanana (KMMR), et le Consortium des observateurs des élections (CNOE), un groupe non partisan et non gouvernemental[2]. Cependant, sous la pression de Ratsiraka, le CNE avait interrompu le processus de décompte parallèle alors que seulement deux tiers des bulletins avaient été comptés[2]. Finalement, les trois groupes rapportèrent des décomptes très différents (voir tableau ci-dessous). Le camp de Ravalomanana put contester les résultats en partie grâce à un réseau d'hélicoptères et de véhicules tout-terrain qui récupéraient des copies des résultats dans les bureaux de vote éloignés et les envoyaient vers un système informatique central[5]. Comme ses propres chiffres différaient considérablement du décompte officiel du gouvernement, Ravalomanana pressa la Haute Cour constitutionnelle (HCC), le seul organe habilité à certifier les résultats des élections, de rendre publics les décomptes des bureaux de vote individuels[2],[6].
Portés par les résultats initiaux et les décomptes du KMMR, les partisans de Ravalomanana commencèrent à célébrer dans la capitale, et au 4 janvier 2002, des dizaines de milliers de personnes descendaient dans la rue pour exiger que leur candidat soit reconnu comme vainqueur[3].
| Part des voix (%) | ||
|---|---|---|
| Service électoral | Ravalomanana | Ratsiraka |
| CNE | 46,6 | 40,4 |
| KMMR | 52,2 | 35,7 |
| CNOE | 50,5 | 37,7 |
Résultats détaillés
| Candidat | Parti | Premiers résultats | % | Recomptage | % | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Marc Ravalomanana | TIM | 1 945 242 | 46,44 | 2 306 600 | 51,46 | |
| Didier Ratsiraka | Association pour la renaissance de Madagascar | 1 701 094 | 40,61 | 1 609 151 | 35,90 | |
| Albert Zafy | Action, Vérité, Développement et Harmonie | 223 831 | 5,34 | 229 047 | 5,11 | |
| Herizo Razafimahaleo | LEADER-Fanilo | 178 972 | 4,27 | 179 293 | 4,00 | |
| Daniel Rajakoba | Indépendant | 74 304 | 1,77 | 89 646 | 2,00 | |
| Patrick Rajaonary | Indépendant | 65 571 | 1,57 | 68 579 | 1,53 | |
| Votes blancs/invalidés | 67494 | – | 83392 | — | ||
| Total | 4 256 508 | 100,00 | 4 565 708 | 100,00 | ||
| Inscrits/Participation | 6 367 610 | 66,85 | 6 720 218 | 67,94 | ||
| Source: African ELections Database, Rochel | ||||||