Élections législatives péruviennes de 2021
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| Élections législatives péruviennes de 2021 | ||||||||||||||
| 130 sièges au Congrès 5 sièges au Parlement andin | ||||||||||||||
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| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 25 287 954 | |||||||||||||
| Votants | 17 722 731 | |||||||||||||
| 70,08 % | ||||||||||||||
| Blancs et nuls | 4 863 811 | |||||||||||||
| Pérou libre | ||||||||||||||
| Voix | 1 724 303 | |||||||||||||
| 13,41 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 37 | |||||||||||||
| Force populaire | ||||||||||||||
| Voix | 1 457 640 | |||||||||||||
| 11,34 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 24 | |||||||||||||
| Rénovation populaire | ||||||||||||||
| Voix | 1 199 663 | |||||||||||||
| 9,33 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 13 | |||||||||||||
| Action populaire | ||||||||||||||
| Voix | 1 159 707 | |||||||||||||
| 9,02 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 16 | |||||||||||||
| Alliance pour le progrès | ||||||||||||||
| Voix | 969 699 | |||||||||||||
| 7,54 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 15 | |||||||||||||
| En avant pays | ||||||||||||||
| Voix | 969 059 | |||||||||||||
| 7,54 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 7 | |||||||||||||
| Ensemble pour le Pérou | ||||||||||||||
| Voix | 847 570 | |||||||||||||
| 6,59 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 5 | |||||||||||||
| Nous sommes le Pérou | ||||||||||||||
| Voix | 788 488 | |||||||||||||
| 6,13 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 5 | |||||||||||||
| Podemos Perú | ||||||||||||||
| Voix | 750 238 | |||||||||||||
| 5,83 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 5 | |||||||||||||
| Parti violet | ||||||||||||||
| Voix | 697 289 | |||||||||||||
| 5,42 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 3 | |||||||||||||
| Répartition des sièges au Congrès | ||||||||||||||
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Les élections législatives péruviennes de 2021 ont lieu le afin d'élire pour cinq ans les 130 députés du Congrès de la République du Pérou. Une élection présidentielle a lieu le même jour.
Les élections sont marquées par une grande dispersion des voix, les trois partis arrivés en tête, Pérou libre, Force populaire et Rénovation populaire réunissant à eux trois à peine plus d'un tier des voix.
Instabilité politique
Démission de Kuczynski


Lors des élections présidentielle et législatives de 2016, le libéral Pedro Pablo Kuczynski (PPK) l'emporte au second tour avec seulement 50,12 % des voix, tandis que le parti Force populaire de son opposante Keiko Fujimori obtient la majorité absolue au Congrès de la République, le parlement du Pérou.
Le président Kuczynski est rapidement confronté à des affaires de corruption qui provoquent la démission de plusieurs de ses conseillers[1]. Il est lui-même mis en cause, de même que Keiko Fujimori, dans l'affaire dite Odebrecht du nom de l'entreprise brésilienne accusée de corruption dans plusieurs pays du continent sud-américain[2]. Le , alors qu'une large majorité de la population souhaite son départ forcé du pouvoir, le Congrès ne vote pas sa destitution, à la surprise générale[3]. Le président Kuczynski gracie ensuite l'ancien président Alberto Fujimori, ce qu'il s'était engagé à ne pas faire durant la campagne présidentielle ; président autoritaire de 1990 à 2000 ayant dû fuir le pays, Fujimori était emprisonné pour des tueries perpétrées sous prétexte d'opérations de contre-guérilla. Kuczynski est alors soupçonné d'avoir monnayé cette grâce en échange d’un vote contre sa destitution auprès de députés de l'opposition fujimoriste[4].
Si la grâce est finalement cassée par la justice le , la perte de confiance envers le président est sévère. Les ministres de la Culture et de la Défense démissionnent, tandis que plusieurs députés quittent le parti au pouvoir. Enfin, l'opposition rend publiques des vidéos attestant de l’achat des voix de plusieurs députés lors du vote[5],[6]. Une seconde procédure de destitution est entre-temps lancée, pour un vote prévu le . Assuré de perdre, Kuczynski démissionne la veille[7].
Présidence de Vizcarra
En tant que premier vice-président, Martín Vizcarra succède à Pedro Pablo Kuczynski. Il se lance dans un vaste programme de réforme des institutions, avec notamment le référendum de décembre 2018, qui réforme la magistrature, le financement des partis et interdit la réélection immédiate des parlementaires, ainsi que dans un programme de lutte contre la corruption. En raison de ses réformes, ses relations avec le Congrès se dégradent rapidement. Face à la crise, il décide de dissoudre le parlement.
Les élections législatives de sont marquées par un fort recul des fujimoristes, qui perdent la majorité absolue au profit de plusieurs partis principalement centristes, composant un parlement sans majorité mais avec lesquels Vizcarra est jugé plus à même de composer pour poursuivre ses réformes[8],[9].
Crise de novembre 2020

Accusant Vizcarra de manipulation de témoins dans une enquête pour des soupçons de corruption, le nouveau Congrès ouvre une procédure de destitution à son encontre en , mais celle-ci n’aboutit pas[10]. La justice annonce le mois suivant l’ouverture d'une enquête pour corruption, qui ne commencera ses travaux qu'après le départ du pouvoir de Martin Vizcarra, celui-ci étant couvert par l'immunité présidentielle[11]. Une nouvelle procédure de destitution est enclenchée en novembre à la suite de témoignages de plusieurs hommes d’affaires, qui affirment avoir versé en 2014 des pots-de-vin à Martín Vizcarra, alors gouverneur de la région de Moquegua, en échange de contrats pour des travaux publics. Vizcarra est finalement destitué le avec 105 voix pour, 19 contre et 4 abstentions[12].

Le , la fonction de président de la République revient à Manuel Merino, président du Congrès qui promet un gouvernement de transition consensuel et appelle à l'union nationale[13]. Cette situation provoque des manifestations de grande ampleur — les plus grandes au Pérou depuis deux décennies —, notamment parce que Vizcarra était devenu très populaire pour sa lutte affichée contre la corruption[14],[15]. Merino n'est par ailleurs pas reconnu par la majorité des gouvernements voisins, la décision du parlement de destituer Vizcarra sur la base d'accusations couvertes par l’immunité présidentielle étant jugée inconstitutionnelle[16]. Alors que trois personnes sont tuées lors d'un rassemblement brutalement réprimée par la police le [17], Merino démissionne le [18],[19].
Après la démission de Manuel Merino, Francisco Sagasti est élu président du Congrès et devient chef de l’État le [20].
Corruption et discrédit des institutions

La classe politique péruvienne souffre d'un large discrédit auprès de l'opinion publique en raison des affaires de corruption impliquant un grand nombre de personnalités, dont six anciens présidents et quatre des candidats à l'élection présidentielle de 2021[21]. D'après le Washington Post, ce ne serait pas uniquement la classe politique mais l’ensemble des élites qui seraient déconsidérées. L'étude de l'Institut National de Statistique et d'Informatique (INEI) pour l'année 2020 montre que l’Église, les partis politiques, le Congrès, les milieux d'affaires et les médias suscitent tous la défiance de la population[22].
Pandémie de Covid-19 et crise économique
Une crise sanitaire majeure liée à la maladie à coronavirus 2019 commence au Pérou le , lorsqu'un premier cas est confirmé par les autorités. La pandémie et les restrictions sanitaires adoptées provoquent de nombreux problèmes sociaux alors que le Pérou est confronté à un ralentissement économique depuis plusieurs années[23]. En 2021, plus de 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et près de 70 % travaille dans l’économie informelle[24].
En , Pedro Cateriano, nommé le mois précédent président du Conseil des ministres, n'obtient pas la confiance du Congrès, qui lui reproche sa mauvaise gestion de la crise[25].
Au moment du second tour de l’élection présidentielle, après que le bilan a été revu très significativement à la hausse, quelque 185 000 morts sont relevés, ce qui constitue le plus haut nombre de décès au monde en proportion de la population[26].
Système électoral

Le Congrès de la République est un parlement unicaméral doté de 130 sièges pourvus pour cinq ans au scrutin proportionnel dans 26 circonscriptions électorales plurinominales correspondant aux 24 départements et 2 provinces du pays. Les sièges sont répartis selon la méthode d'Hondt à tous les partis ayant franchi le seuil électoral de 5 % des suffrages exprimés au niveau national, ou obtenu au moins sept sièges dans une seule circonscription lors de la répartition initiale au quotient simple[27]. Les électeurs ont également la possibilité d'effectuer jusqu'à deux votes préférentiels pour des candidats de la liste choisie afin de faire monter leurs places dans celle-ci[28],[29],[30].
Le vote est obligatoire de 18 à 70 ans. Hormis les cas d'élections législatives anticipées, les élections ont traditionnellement lieu le second dimanche d'avril pour une mise en place de la nouvelle législature en juillet[30]. Depuis le référendum de 2018, les règles sur le financement privé des partis politiques et des campagnes électorales de leurs candidats ont été considérablement durcies, dans le but de lutter contre la corruption des élus[31]. De même, les parlementaires n'ont depuis plus le droit d'effectuer un second mandat consécutif, une disposition qui s'appliquait déjà au président de la République[31]. L'une des propositions du référendum prévoyait également le passage à un parlement bicaméral, mais celle-ci a été rejetée par les électeurs[32].
Le Congrès élu en 2020 ne l'est cependant que pour un an, les élections ayant été convoquées de manière anticipée. La Constitution péruvienne tend en effet vers l'organisation simultanée des élections législatives et présidentielle. De même qu'un président ne pouvant terminer son mandat est remplacé par son vice-président jusqu'au terme de son mandat, un congrès dissout de manière anticipée voit celui suivant assurer la durée restante du mandat de la législature initiale. Des élections générales réunissant présidentielle et législatives sont ainsi organisées comme prévu en 2021, cinq ans après les précédentes[33].