Élections parlementaires péruviennes de 2026
élections au Pérou
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Les élections parlementaires péruviennes de 2026 ont lieu le afin d'élire pour cinq ans les 130 députés de la Chambre des députés, et les 60 sénateurs, l'ensemble composant le Congrès de la République du Pérou. Une élection présidentielle a lieu le même jour.
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| Élections parlementaires péruviennes de 2026 | ||||||||||||||
| 130 sièges à la Chambre des députés 60 sièges au Sénat | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 27 325 432 | |||||||||||||
| Force populaire | ||||||||||||||
| Voix | 1 738 204 | |||||||||||||
| Députés élus | 41 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 22 | |||||||||||||
| Ensemble pour le Pérou | ||||||||||||||
| Voix | 1 327 557 | |||||||||||||
| Députés élus | 32 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 14 | |||||||||||||
| Parti de la bonne gouvernance | ||||||||||||||
| Voix | 1 216 962 | |||||||||||||
| Députés élus | 18 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 7 | |||||||||||||
| Rénovation populaire | ||||||||||||||
| Voix | 1 199 136 | |||||||||||||
| Députés élus | 15 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 8 | |||||||||||||
| Parti civique OBRAS | ||||||||||||||
| Voix | 872 618 | |||||||||||||
| Députés élus | 14 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 5 | |||||||||||||
| Pays maintenant | ||||||||||||||
| Voix | 793 944 | |||||||||||||
| Députés élus | 10 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 4 | |||||||||||||
| Sénat élu | ||||||||||||||
| Chambre des députés élue | ||||||||||||||
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Il s'agit des premières élections depuis le rétablissement du bicaméralisme, une révision constitutionnelle de 2024 ayant rétabli le Sénat aboli en 1992.
Contexte
Rétablissement du bicamérisme
Le système législatif péruvien était bicaméral jusqu'en 1992. Cette année là, le président Alberto Fujimori procéda par un coup de force à la dissolution du Congrès et à l'adoption d'une nouvelle constitution ne conservant que la chambre basse.
Le rétablissement de la chambre haute fait alors débat les décennies suivantes. Lors du référendum constitutionnel porté en 2018 par le président Martin Vizcarra, il fait ainsi l'objet de l'une des quatre propositions soumises à la population.
Le projet originel prévoyait d'abaisser le nombre de députés à 100 et de fixer à 30 celui des sénateurs[1]. Le Congrès dominé par le parti Force populaire est cependant parvenu à en détricoter le contenu. Le nombre de parlementaire est ainsi relevé et les dispositions imposant la parité homme/femme retirées. Surtout, les parlementaires procèdent à une modification du texte retirant au président le pouvoir de poser au Congrès une question de confiance sur un projet de loi qui dans certaines circonstances lui permet en cas de refus de procéder à la dissolution de l'assemblée[2]. Cette disposition venait justement d'être utilisée en septembre par le président Vizcarra pour forcer la main du Congrès qui tentait d'enterrer le projet référendaire[3].
Les changements apportés au projet sont tels que Vizcarra lui-même annonce qu'il votera contre[4]. Il est alors largement suivi par la population. Alors que les trois autres projets de loi sont approuvé avec plus de 85 % de oui, celui ci est rejeté par 90 % de non[3],[5].
Courant 2024, les membres de la Chambre des députés élue en 2021 décident finalement le rétablissement du bicameralisme selon une version différente de celle du projet de 2018. Il est voté le par 91 voix sur 130[6]. À partir de 2026, un Sénat de 60 sénateurs est désormais doté du pouvoir de nommer les membres de plusieurs institutions dont notamment le défenseur des droits, les juges de la Cour constitutionnelle, et les présidents la Banque centrale de réserve du Pérou et de la Cour des audits. La nouvelle chambre procède au vote des lois avec la Chambre des députés, et surtout à celui du budget, lors de sessions du parlement réuni en Congrès[7].
Corruption au Pérou
Ces élections se tiennent dans un contexte de large discrédit de la classe politique péruvienne : sept ex-présidents sont incarcérés ou visés par des enquêtes pour corruption[8].
La corruption prospère du fait d'un fort degré d’informalité et par la porosité entre le public et le privée. Comme le souligne le sociologue et avocat Ruben Caceres Zapata, auteur de La kleptostructure d’un État dysfonctionnel (2024), les élites économiques instrumentalisent l’État et son pouvoir décisionnel au service de leurs propres intérêts. Selon lui, la corruption ne se limite pas à quelques secteurs isolés : elle imprègne l’ensemble de l’appareil étatique, au point de constituer un système institutionnel pensé et organisé pour le pillage[9]. Ce système remonte en particulier à la présidence de Alberto Fujimori (1990-2000), lui-même condamné pour corruption, détournement de fonds et violations des droits de l’homme[10].
Des enquêtes judiciaires et journalistiques ont dévoilé comment le Congrès a été infiltré par le crime organisé. En 2025, la moitié de ses 130 membres sont visés par des enquêtes judiciaires, la plupart dans des dossiers de corruption[9].
Beaucoup de partis politiques sont dépourvus de base militante, de programme et de ligne idéologique, fonctionnant comme des franchises électorales. « Ils prêtent leur sigle à des candidats sans passé politique – mais possédant parfois des antécédents judiciaires – qui, une fois élus, cherchent à affaiblir la justice pour ne pas avoir à répondre devant elle[9]. »
Présidence de Pedro Castillo

Lors de l'élection présidentielle péruvienne de 2021, Pedro Castillo se présente comme candidat de Pérou libre, un parti marxiste-léniniste qu'il rejoint sept mois avant le scrutin. Il affiche des positions de gauche radicale sur l'économie et la politique étrangère, tout en se montrant conservateur sur les sujets sociétaux. Novice en politique, il est d'abord donné très bas dans les sondages, avant de voir sa candidature décoller à quelques semaines du scrutin et de sortir en tête du premier tour. Affrontant au second tour la candidate de droite radicale Keiko Fujimori, il est élu avec 50,13 % des suffrages exprimés.
En butte à l'hostilité du Parlement, d’une majorité des médias et des élites économiques, il se montre incapable de diriger un gouvernement stable et de mettre en place les réformes annoncées pendant sa campagne, telles que le changement de Constitution et la réforme agraire.
L'ouverture d'une procédure de destitution à l'encontre de Pedro Castillo est approuvée par le Congrès le . Il s'agit de la troisième procédure de ce genre depuis le début de son mandat[11]. La procédure est admise avec 73 voix pour, 32 contre et 6 abstentions. Sur les voix pour, toutes viennent de la droite hormis 4 voix surprenantes venant de députés de Pérou libre, le parti au pouvoir, dont un député s'abstient également[12]. Elle est à l'ordre du jour le [13]. La procédure est engagée en réponse aux déclarations de l'ancien conseiller principal du ministère du Logement, Salatiel Marrufo, devant la Commission de contrôle du Congrès. Devant cette dernière, Marrufo affirme que Castillo aurait reçu 50 000 sols par mois pour maintenir Geiner Alvarado au poste de ministre du Logement. Le Congrès de la République ouvre en réponse une motion de destitution à son encontre pour actes de corruption, dans le contexte plus large de scandales autour du président et de son entourage[14].
Le président se voit ainsi reproché la prise de contrôle et le démantèlement de l'appareil d'État. La nomination de fonctionnaires de haut rang est mise en doute en raison de leurs antécédents judiciaires, d'affaires et d'enquêtes en cours. Ceux ci sont suspectés de mettre en œuvre des prises illégales d'intérêts en faveur du président et de son entourage. En particulier, les anciens ministres Juan Silva et Geiner Alvarado sont directement impliqués avec le président et sa famille dans des enquêtes publiques de corruption, au point que le chef de l'État se retrouve accusé de diriger une organisation criminelle[15].
La constitution péruvienne permet au président de la République « de dissoudre le Congrès s'il a censuré ou refusé sa confiance » par deux fois[16]. Or, au , une seule motion de confiance avait été refusée, le précédent, et la constitutionnalité de sa procédure était remise en cause. La décision de Castillo de dissoudre le Congrès lors de la tentative d'auto-coup d'État qui s'ensuit est par conséquent jugée inconstitutionnelle[17],[18]. La Constitution ne permet pas non plus au président de gouverner par décret-loi ou de convoquer une assemblée constituante.
Tentative d'auto-coup d'Etat de Pedro Castillo

Pedro Castillo annonce le la dissolution du Congrès de la République, qui s'apprêtait à examiner une motion de destitution à son encontre. Le président annonce dans la foulée gouverner par décret, la formation d'un gouvernement d'urgence exceptionnel, la rédaction à venir d'une nouvelle Constitution par un Congrès constituant élu puis la tenue de nouvelles élections anticipées[19],[20]. Le pouvoir judiciaire, le ministère public, le conseil national de la justice et la cour constitutionnelle sont déclarés en « réorganisation », tandis qu'un couvre-feu est instauré de 22 h à 4 h[21].
Cette tentative d'auto-coup d'État, similaire à l'auto-coup d'État de 1992 par le président péruvien Alberto Fujimori, est tenue en échec le jour même par le refus de l'armée, de la Cour constitutionnelle et du gouvernement de le soutenir[22]. La présidente du Conseil des ministres Betssy Chávez ainsi que la majorité des ministres de son gouvernement choisissent en effet de démissionner, tandis que la première vice-présidente Dina Boluarte se déclare publiquement opposée au coup d'État. Le président de la Cour constitutionnelle, Francisco Morales, rejette à la radio la validité des actions du chef de l’État qu'il qualifie de coup d'État, ajoutant que « Personne ne doit obéissance à un gouvernement usurpateur »[23]. La procureure de la Nation, Patricia Benavides[24], et la Junte nationale de justice[25] condamnent et rejettent « toute violation de l'ordre constitutionnel ».
Le vote de la motion de destitution de Castillo peut ainsi se tenir comme prévu, et aboutit à la destitution du président par 101 voix sur 130 membres du Congrès soit plus que le nombre d’élus de l’opposition[26],[27]. En accord avec la Constitution, la vice-présidente Dina Boluarte assume la fonction de présidente de la République pour la durée restante du mandat de Castillo, soit jusqu'en .
Présidence et destitution de Dina Boluarte


Le , après la destitution de Pedro Castillo pour « incapacité morale » et la tentative d'auto-coup d'État de ce dernier, Dina Boluarte est investie présidente de la République par le Congrès et devient la première femme à occuper cette fonction[28].
Lors de sa prestation de serment en tant que présidente de la République devant le Congrès, après avoir reçu l'écharpe présidentielle par José Williams, président du Congrès de la République, elle déclare qu'elle « exercera ses fonctions jusqu'au 28 juillet 2026 »[29].
Après son investiture, elle n’exclut pas l'organisation d'élections anticipées et appelle les manifestations pro-Castillo à se disperser[30],[31],[32].

Le , Dina Boluarte propose d'avancer les prochaines élections à avril 2024[33], puis, face à l'amplification des manifestations, à [34]. Le , le Congrès refuse cependant d'avancer les élections à la date proposée[35]. D'après un sondage, 83 % des Péruviens souhaitent des élections anticipées[36]. Le lendemain, le , elle exhorte les membres du Congrès à adopter un projet de loi pour des élections anticipées, critiquant les parlementaires qui se « retranchent » derrière l'abstention[37],[38].

La destitution et l'arrestation de Pedro Castillo conduisent des syndicats, des organisations civiles et sociales, des organisations de peuples autochtones, et des partis de gauche et d'extrême gauche à mobiliser un large mouvement de protestation. Les revendications portent en particulier sur la dissolution du Congrès, la démission de la nouvelle présidente Dina Boluarte, l'organisation de nouvelles élections, la libération de Pedro Castillo et la mise en place d'une assemblée constituante.
Les mobilisations touchent particulièrement les zones pauvres du pays, celles qui avaient massivement voté pour Pedro Castillo en 2021 ; les principaux axes routiers de 18 des 24 départements du Pérou et cinq aéroports sont bloqués[39]. Le , l'état d'urgence, permettant notamment le déploiement de l'armée face aux manifestants, est décrété dans tout le pays pour 30 jours[40]. Au lendemain de cette proclamation, la ville d’Ayacucho, dans le Sud, est le théâtre d’une violente répression qui entraîne la mort par balles de huit personnes, s’ajoutant aux sept tuées quelques jours plus tôt dans la région d’Apurimac, également dans le Sud. À partir du , un couvre-feu est décrété dans quinze provinces du pays. Au , au moins vingt personnes ont été tuées, dont une majorité tuées par balle, victimes de la répression policière et militaire, depuis le début des manifestations[39]. Amnesty International demande « l’arrêt immédiat de la violence d’État » tandis que les principaux médias péruviens, pour la plupart aux mains du groupe privé El Comercio qui concentre 80 % des titres, tendent pour leur part à occulter les violences dans les zones rurales, qualifiant les protestataires de « terroristes et de délinquants »[39].
Le , 17 manifestants sont abattus et 70 blessés à Juliaca, dans la région de Puno. Les forces gouvernementales ont ouvert le feu à la kalachnikov sur la foule, tandis que des hélicoptères survolaient la ville et larguaient des bombes lacrymogènes[41]. Après le massacre, le Premier ministre, Alberto Otárola, traite les manifestants de « hordes de délinquants » et déclare que des mesures seront prises pour contrer la mobilisation sociale présentée comme une tentative de « coup d’État » qui serait « financée par le narcotrafic » ou par des « intérêts extérieurs ». Il annonce un couvre-feu de trois jours dans la région de Puno[42].

La violente répression des manifestations qui ont suivi sa nomination (au moins 48 morts et 600 blessés) conduit le parquet péruvien à ouvrir le une enquête pour « génocide », un terme utilisé en Amérique latine pour décrire un massacre, contre elle[43]. Néanmoins, selon certaines sources, « dans le contexte actuel, l’accusation de génocide relève plus d’une manœuvre dilatoire de la part de la Procureure générale que d’une réelle volonté de faire la lumière sur les événements »[44]. Amnesty International critique dans un rapport les « attaques généralisées et massives » des forces de l’ordre, des « exécutions extrajudiciaires » et le « racisme systémique » envers la population autochtone[45]. En outre, les cas d’arrestations arbitraires, de détentions abusives de manifestants, de mauvais traitements et d’intimidations sont nombreux. Les manifestants arrêtés présentent des traces de coups et blessures à leur sortie de prison[45].
La présidente Boluarte affirme pour sa part avoir donné l’ordre aux militaires et aux policiers de ne pas utiliser d’armes létales mais apparaît dépassée, y compris au sein de son propre gouvernement[42]. Sur les réseaux sociaux, beaucoup comparent la situation à celle du Brésil voisin, où aucun mort n’a été à déplorer après le saccage des sièges du pouvoir par des milliers de manifestants[42]. La Cour suprême du Pérou déclare pour sa part que les protestations, y compris pacifiques, sont illégales et qu'y prendre part est un délit[46].
En mars, la mobilisation s’est essoufflée, après une soixantaine de morts et des milliers de blessés. La majorité des barrages sur les routes ont été levés et la grève suspendue[47]. Des manifestations reprennent en juin, tandis que Dina Boluarte réaffirme qu'il n'y aura pas d'élections anticipées et appelle les organisations sociales à renoncer à manifester : « Combien de morts veulent-ils encore ? », a lancé la présidente[48].
Très isolée politiquement, elle ne dispose pas du soutien du banc parlementaire de Pérou libre[49] et, selon un sondage, 70 % des Péruviens sont contre son accession à la présidence[50]. Elle peut toutefois compter sur une alliance tacite avec les partis de droite, pourtant ses anciens rivaux[42]. Son gouvernement est contrôlé par le Congrès, avec une implication croissante des forces armées et de la police[49]. Elle gouverne ainsi avec le soutien de Force populaire, Alliance pour le progrès, Rénovation populaire, En avant pays, ainsi qu'une partie du Bloc enseignant de Concertation nationale[51].
À partir de la mi-, des manifestations ayant lieu tous les weekends, réclament son départ du pouvoir. De même, l'insécurité est en hausse à partir du début de l'année 2025[52]. Dans la nuit du 9 au , le Parlement vote la destitution de la présidente Dina Boluarte pour « incapacité morale permanente ». Le président du Parlement, José Jerí, lui succède. Dina Boluarte perd, de ce fait, son immunité et se retrouve exposée aux poursuites judiciaires[53].
Présidence et destitution de José Jerí

Le 15 octobre, des manifestations massives (déjà prévues avant son arrivée au pouvoir) dans les grandes villes du pays dénoncent l'explosion de la criminalité et les « élites corrompues », réclamant la démission du président et du Congrès[54]. À Lima, la manifestation s’est terminée dans la violence. Un manifestant est tué par un policier en civil et une centaine de personnes sont blessées, entre manifestants et policiers[35]. Le gouvernement décrète l'état d'urgence, officiellement pour lutter contre la criminalité mais selon ses détracteurs pour empêcher les manifestations de se poursuivre[55]. Les manifestants contestent Jerí du fait de son absence de légitimité électorale ainsi que des accusations de viol dont il fait l'objet[56].
Il est accusé de trafic d'influence après la révélation fin de réunions clandestines avec des hommes d'affaires chinois en dehors de tout cadre officiel[57]. En outre, les visites récurrentes d'un groupe d'au moins cinq jeunes femmes au siège de la présidence — ayant ensuite obtenu des avantages comme des augmentations de salaire, des contrats d'embauche, ou encore des contrats —, ont aussi été révélées. Le parquet péruvien ouvre une enquête pour trafic d'influence, favoritisme et « nominations illégales ». Enfin, des médias révèlent des liens entre José Jerí et plusieurs femmes appartenant à un réseau présumé de prostitution actif au sein du Congrès de la République pendant son mandat de député[57]. Par conséquent, son taux de popularité s'effondre à 37 %, reculant de 21 %[58].
Les accusations de trafic d'influence et de financement illégal le visant conduisent à l'ouverture d'une procédure de destitution le . Elle est soumise au vote du Congrès le . Une majorité simple est requise pour le destituer de son poste de président du Congrès et donc de son poste de président de la République[59],[60]. Seul le camp fujimoriste le soutient publiquement[57]. Il est finalement destitué par 75 voix favorables et 24 contre et trois abstentions. Le premier vice-président du Congrès de la République, Fernando Rospigliosi, refuse de lui succéder[61].
Présidence de José María Balcázar

Le député du parti Pérou libre de l'ancien président Pedro Castillo, José María Balcázar est élu à la présidence du parlement au second tour face à Maricarmen Alva. Il devient ainsi automatiquement Président de la République. Peu après son accession au pouvoir, sa cote de popularité est de 23 %[62].
Il promet peu avant son élection de gracier l'ancien président Castillo[63]. Mais lorsque Castillo dépose une demande en ce sens arguant qu'il ne reste pas « beaucoup de temps » avant la présidentielle, il affirme qu'aucune grâce n'est prévue[64].
Le , il désigne l'économiste Hernando de Soto président du Conseil des ministres, mais des désaccords de dernière minute font échouer la formation du gouvernement[65]. C'est finalement Denisse Miralles, ministre sortante de l'Économie et des Finances, qui prête serment le lendemain[66].
Système électoral

Le Congrès de la République est un parlement bicaméral composé d'une chambre basse, la Chambre des députés et d'une chambre haute, le Sénat. Toutes deux sont renouvelées intégralement tout les cinq ans.
Les 130 sièges de la Chambre des députés sont pourvus pour cinq ans au scrutin proportionnel dans 27 circonscriptions électorales plurinominales correspondant aux 24 départements et 2 provinces du pays, le dernier district correspondant aux Péruviens de la diaspora.
Les sièges sont répartis selon la méthode d'Hondt à tous les partis ayant franchi le seuil électoral de 5 % des suffrages exprimés au niveau national, ou obtenu au moins sept sièges dans une seule circonscription lors de la répartition initiale au quotient simple[67]. Les électeurs ont également la possibilité d'effectuer jusqu'à deux votes préférentiels pour des candidats de la liste choisie afin de faire monter leurs places dans celle-ci[68],[69],[70],[7].
Les 60 sièges du Sénat sont quant à eux pourvus selon un système électoral mixte. La moitié d'entre eux sont pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans 30 circonscriptions correspondant aux 27 précédentes à l'exception de la capitale Lima qui est découpée en trois circonscriptions supplémentaires. L'autre moitié est pourvue au scrutin proportionnel plurinominal dans une circonscription nationale unique, selon le même système de répartition qu'à la Chambre[7].
Le vote est obligatoire de 18 à 70 ans. Hormis les cas d'élections législatives anticipées, les élections ont traditionnellement lieu le second dimanche d'avril pour une mise en place de la nouvelle législature en juillet[70]. La Constitution péruvienne tend en effet vers l'organisation simultanée des élections législatives et présidentielle. De même qu'un président ne pouvant terminer son mandat est remplacé par son vice-président jusqu'au terme de son mandat, un congrès dissout de manière anticipée voit celui suivant assurer la durée restante du mandat de la législature initiale. Malgré les destitutions à répétition de presidents, des élections présidentielle et parlementaires sont ainsi organisées comme prévu en 2026, cinq ans après les précédentes[71].
Partis politiques en présence
Campagne
Roberto Sánchez Palomino se veut l'héritier de l'ancien président Pedro Castillo, destitué en 2022. Plusieurs membres de la famille de celui-ci, se présentent aux élections parlementaires sous la bannière d'Ensemble pour le Pérou. Il s'agit de son frère, José Mercedes Castillo Terrones, qui brigue un mandat de sénateur, sa sœur Irma Castillo Terrones, sa belle-sœur Yenifer Paredes, ainsi que son neveu Cledin Vásquez Castillo, qui briguent tous les trois un mandat de député[72].
Résultats
Sénat
| Partis | Proportionnelle | Circonscriptions | Total | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Sièges | Voix | % | Sièges | |||||
| Force populaire (FP) | 15,00 | 7 | 15 | 22 | ||||||
| Ensemble pour le Pérou (JP) | 12,25 | 5 | 9 | 14 | ||||||
| Rénovation populaire (RP) | 11,04 | 5 | 3 | 8 | ||||||
| Parti de la bonne gouvernance (PGB) | 10,46 | 5 | 2 | 7 | ||||||
| Parti civique OBRAS (OBRAS) | 8,85 | 4 | 1 | 5 | ||||||
| Pays maintenant (AN) | 8,20 | 4 | 0 | 4 | ||||||
| Pays pour tous (PPT) | 5,79 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Les gens d'abord (PLG) | 3,54 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Oui, je crois (SíCreo) | 2,74 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Alliance pour le progrès (APP) | 2,66 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Podemos Perú (PP) | 2,24 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA) | 1,72 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Front de l'espoir (FE) | 1,65 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Front populaire agricole (FREPAP) | 1,56 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Nous sommes le Pérou (SP) | 1,36 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Coopération populaire (COOP) | 1,05 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Pérou d'abord (P1) | 1,05 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Progresemos | 0,99 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Venceremos (NP-VP) | 0,92 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Un chemin différent (UCD) | 0,86 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Parti démocratique uni | 0,82 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Parti patriotique du Pérou (PPP) | 0,77 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Pérou libre (PL) | 0,76 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| En avant pays (AP) | 0,50 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Parti violet (PM) | 0,49 | 0 | 0 | 0 | ||||||
| Autres partis | 0 | 0 | 0 | |||||||
| Votes valides | ||||||||||
| Votes blancs et invalides | ||||||||||
| Total | 100 | 30 | 100 | 30 | 60 | |||||
| Abstentions | ||||||||||
| Inscrits / participation | 27 325 432 | 27 325 432 | ||||||||
Chambre des députés
| Partis | Voix | % | +/- | Sièges | +/- | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Force populaire (FP) | 40 | |||||||
| Ensemble pour le Pérou (JP) | 31 | |||||||
| Parti de la bonne gouvernance (PGB) | Nv | 18 | ||||||
| Rénovation populaire (RP) | 16 | |||||||
| Parti civique OBRAS | Nv | 15 | ||||||
| Pays maintenant (AN) | Nv | 10 | ||||||
| Pays pour tous (PPT) | Nv | 0 | ||||||
| Les gens d'abord (PLG) | Nv | 0 | ||||||
| Oui, je crois (SíCreo) | Nv | 0 | ||||||
| Alliance pour le progrès (APP) | 0 | |||||||
| Podemos Perú (PP) | 0 | |||||||
| Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA) | Abs | 0 | ||||||
| Front de l'espoir (FE) | Abs | 0 | ||||||
| Front populaire agricole (FREPAP) | 0 | |||||||
| Nous sommes le Pérou (SP) | 0 | |||||||
| Coopération populaire (COOP) | Nv | 0 | ||||||
| Pérou d'abord (P1) | Nv | 0 | ||||||
| Progresemos | Nv | 0 | ||||||
| Venceremos (NP-VP) | Nv | 0 | ||||||
| Parti démocratique uni | Nv | 0 | ||||||
| Parti patriotique du Pérou (PPP) | Nv | 0 | ||||||
| Un chemin différent (UCD) | Nv | 0 | ||||||
| Pérou libre (PL) | 0 | |||||||
| En avant pays (AP) | 0 | |||||||
| Parti violet (PM) | 0 | |||||||
| Autres partis | Nv | 0 | ||||||
| Votes valides | ||||||||
| Votes blancs | ||||||||
| Votes nuls | ||||||||
| Total | 100 | – | 130 | |||||
| Abstention | ||||||||
| Inscrits/participation | 27 325 432 | |||||||