Élections législatives syriennes de 2025

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Élections législatives syriennes de 2025
119 des 210 membres de l'Assemblée du peuple
Type d’élection élection législative
au suffrage indirect
Indépendants
Sièges obtenus 119 en augmentation 54
Répartition des sièges par gouvernorats
Carte
Président de l'Assemblée du peuple
Sortant
Hammouda Sabbagh
Parti Baas

Les élections législatives syriennes de 2025 ont lieu le afin de renouveler pour trente mois les membres de l'Assemblée du peuple.

Organisées sous le Gouvernement al-Charaa après la chute du régime de Bachar el-Assad, elles ont exceptionnellement lieu au suffrage indirect afin de préparer la transition vers une nouvelle république. Sur 210 membres, 140 sont ainsi élus par un collège électoral choisi par des comités locaux désignés par la commission électorale nommée par le président de la République, les 70 restants étant nommés par celui-ci. Une partie du territoire échappe cependant au contrôle du gouvernement au moment du scrutin, réduisant ainsi à 121 le nombre de députés indirectement élus.

Législatives de 2024

Lors des élections de , tous les partis politiques autorisés étaient membres du Front national progressiste et subordonnés à l'autorité du parti Baas du président Bachar el-Assad. À la tête de la République arabe syrienne, organisée sous la forme d'un régime dictatorial, el-Assad conserve la mainmise sur le parlement à l'issue d'un scrutin dépourvu de caractère démocratique[1]. Les élections, largement qualifiées de non libres et non démocratiques, sont dépourvues de l'espoir d'un réel changement[2],[3].

Chute du régime et transition

L'offensive rebelle organisée fin 2024 conduit à la prise de Damas et la chute du régime Assad. Le , le chef du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS) et du gouvernement de salut syrien, Ahmed al-Charaa, déclare ne pas se mettre à la tête des institutions publiques syriennes, qui sont confiées à titre temporaire à un gouvernement de transition mené par le Premier ministre sortant, Mohammad Ghazi al-Jalali, jusqu'à ce que la transition politique soit achevée[4].

Le gouvernement annonce le « geler la Constitution et le Parlement » jusqu'au lancement du processus constituant. Un « comité juridique et des droits humains » est chargé de proposer des amendements à la Constitution après son examen[5]. Un Conseil consultatif est ensuite nommé pour faire office de Parlement provisoire[6]. Après l'adoption d'une constitution provisoire le , le gouvernement de transition est dissous et remplacé le par le Gouvernement al-Charaa. Ce dernier met en place un Comité électoral suprême, chargé d'organiser des élections au suffrage indirect après avoir formé un collège électoral[7].

L'Union européenne salue courant juin 2025 la formation du Comité électoral suprême par la voix du chargé d'affaires de l'Union européenne pour la Syrie, Michael Unmacht, et offre son savoir-faire pour soutenir l'autorité législative de transition[8]. L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Geir Otto Pedersen (en), salue également l'annonce de la formation du Comité[9].

Al-Charaa met en place un pouvoir personnel et centralisé, où il use d'une rhétorique populiste qui le présente comme l'homme providentiel. Dans cette logique, il se réfère à l'empire omeyyade, dont la capitale était Damas, et dont il est présenté comme un renouveau. Il fait ainsi l'objet d'un culte de la personnalité de la part de la majorité sunnite, alors qu'il a écarté du pouvoir les figures de l'opposition et de la société civile anti-Assad[10].

Le gouvernement al-Charaa demeure néanmoins en conflit avec le Conseil militaire de Soueïda ainsi qu'avec les Forces démocratiques syriennes, empêchant la tenue des élections dans les territoires contrôlés par ces entités. Le gouvernement al-Charaa décide par conséquent de reporter les élections dans les zones concernées. En réponse au report du scrutin dans les zones sous contrôle de l'Administration autonome du Nord et de l'Est de la Syrie (AANES), celle-ci affirme que les élections prévues ne sont pas démocratiques et « ne reflètent en aucune façon la volonté du peuple syrien »[11].

Les élections sont prévues pour fin , avant d'être finalement fixées au 5 octobre[12],[13]. Le gouvernement prévoit initialement un total de 150 députés, avant d'augmenter ce chiffre à 210. La nomination par le Président Ahmed al-Charaa de 70 députés sur 210 fait redouter une mainmise du Chef de l’État sur l'Assemblée du peuple. La constitution de transition accorde en effet d'importants pouvoirs au président, dont les décrets ont force de loi à moins d'un vote contraire de l'Assemblée à la majorité des deux tiers, soit 160 voix. L'élection des députés au suffrage indirect par un collège électoral désigné indirectement par le gouvernement est également critiquée pour son manque de transparence, tandis que l'absence de parti politique officiellement reconnus rend peu probable la formation d'une opposition structurée[14],[15].

Mode de scrutin

Contrairement aux scrutins précédents en Syrie, les élections de 2025 se tiennent au suffrage indirect. L'Assemblée du peuple est composée de 210 sièges pourvus pour trente mois, dont 140 par des collèges électoraux au niveau des districts composant les gouvernorats syriens. Dans chacun des quatorze gouvernorats, un sous-comité[16], désigné par la commission électorale nommée par le président de la République[17], et réunissant experts et notables est chargé de choisir entre 30 et 50 personnes formant le collège électoral du gouvernorat. Les collèges électoraux élisent à leur tour les députés, à raison de 3 à 32 députés par gouvernorat, en fonction de sa population. Les 70 députés restants sont nommés par le Président Ahmed al-Charaa[18],[19]. 70 % des députés doivent être des experts, et les 30 % restants des notables[20].

En raison des conflits politiques toujours en cours entre le gouvernement al-Charaa et le Conseil militaire de Soueïda ainsi qu'avec les Forces démocratiques syriennes, les élections ne peuvent cependant pas avoir lieu dans certaines zones des gouvernorats de Soueïda, Hassaké, Raqqa, Alep et de Deir ez-Zor. Seuls 121 sièges sur les 140 au suffrage indirect peuvent donc être pourvus, les autres restant vacants[21].

Le mode de scrutin a été critiqué du fait que la commission électorale désignée par le président de la République, désigne à son tour les sous-comités, qui désignent le collège électoral qui élit les députés. De même, le président de la République doit également pourvoir les sièges déclarés vacants par démission, destitution ou décès[16]. Enfin, le remplacement des paysans et des ouvriers par des notables et des experts, incluant des théologiens, des intellectuels et des artistes[22] a également été critiqué pour mettre en place un système influencé par le pouvoir financier et des contacts personnels[16],[20].

Candidats

1578 candidats se présentent au scrutin[23], dont 14 % de femmes. Le collège électoral, composé de 6000 personnes[24], est désigné le 26 septembre, et le vote a lieu le 5 octobre de 9 à 12 h, avec possibilité de prolonger les opérations de vote[25].

Parmi les candidats, figure Henry Hamra, rabbin américano-syrien de 47 ans, dont le père, lui aussi rabbin, a quitté la Syrie dans les années 1990. S'il est élu, il sera le premier juif élu député depuis 1947, à la veille de la guerre israélo-arabe de 1948-1949[26]. Des personnalités de gauches et athées figurent également parmi les candidats[22].

Le 1er octobre, le candidat Haidar Shaheen, appartenant à la communauté alaouite, est assassiné dans le gouvernorat de Tartous[27].

Boycott

Le Conseil suprême alaouite rejette la tenue du scrutin[28].

Résultats

Analyses

Notes et références

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