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Élections régionales de 2021 en Saxe-Anhalt

élections législatives régionales en Allemagne From Wikipedia, the free encyclopedia

Les élections régionales de 2021 en Saxe-Anhalt (en allemand : Landtagswahl in Sachsen-Anhalt 2021) se tiennent le , afin d'élire les 83 députés de la 8e législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans. En application de la loi électorale, 97 députés sont finalement élus.

Inscrits1 788 955
Votants1 079 287
Votes exprimés1 063 694
Faits en bref 97 députés du Landtag (Majorité absolue : 49 députés), Type d’élection ...
Élections régionales de 2021 en Saxe-Anhalt
97 députés du Landtag
(Majorité absolue : 49 députés)
Type d’élection Élections législatives régionales
Corps électoral et résultats
Inscrits 1 788 955
Votants 1 079 287
 
60,33 % en diminution 0,8
Votes exprimés 1 063 694
Blancs et nuls 15 593
CDU – Reiner Haseloff
Voix 394 808
37,12 %
 
en augmentation 7,4
Députés élus 40 en augmentation 10
AfD – Oliver Kirchner (de)
Voix 221 498
20,82 %
 
en diminution 3,5
Députés élus 23 en diminution 2
Linke – Eva von Angern
Voix 116 902
10,99 %
 
en diminution 5,3
Députés élus 12 en diminution 4
SPD – Katja Pähle (de)
Voix 89 475
8,41 %
 
en diminution 2,2
Députés élus 9 en diminution 2
FDP – Lydia Hüskens (de)
Voix 68 305
6,42 %
 
en augmentation 1,6
Députés élus 7 en augmentation 7
Grünen – Cornelia Lüddemann (de)
Voix 63 148
5,94 %
 
en augmentation 0,8
Députés élus 6 en augmentation 1
Parti vainqueur par circonscription
Carte
Ministre-président
Sortant Élu
Reiner Haseloff
CDU
Reiner Haseloff
CDU
wahlergebnisse.sachsen-anhalt.de
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Le scrutin voit une nette victoire de l'Union chrétienne-démocrate, qui déjoue les sondages la plaçant au coude-à-coude avec l'Alternative pour l'Allemagne grâce au vote utile et à la popularité du ministre-président Reiner Haseloff. Les partis de gauche font face à des échecs à des degrés divers, Die Linke et le Parti social-démocrate réalisant leur plus mauvais résultat régional.

Contexte

Lors des élections régionales du 13 mars 2016, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) du ministre-président Reiner Haseloff vire en tête avec près de 30 % des voix. Elle est suivie par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui réalise un score historique pour l'extrême droite avec un peu plus de 24 % des suffrages exprimés et devance même Die Linke, qui recueille 16 %. Partenaire de la CDU au niveau fédéral, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) sort laminé du scrutin en totalisant seulement 10 % des voix[1].

À peine un mois après le scrutin, la CDU, le SPD et l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen) annoncent avoir conclu un accord pour constituer une « coalition kényane », la première à associer leurs trois partis au niveau gouvernemental[2]. Reiner Haseloff est réélu ministre-président par le Landtag le par 47 voix favorables au second tour de scrutin — une de plus que sa majorité — après avoir échoué au premier tour avec 41 suffrages, trois de moins que la majorité requise[3].

Le , le Landtag adopte la proposition de sa présidente Gabriele Brakebusch (de) de reporter de trois mois les futures élections régionales et de les convoquer le . Cette modification du calendrier électoral est approuvée par les partis de la coalition au pouvoir mais rejetée par l'AfD et Die Linke, qui siègent dans l'opposition[4].

Mode de scrutin

Le Landtag est constitué de 83 députés (Mitglied des Landtags, MdL) élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et au scrutin proportionnel personnalisé[5].

Le jour du scrutin, chaque électeur dispose de deux voix :

  • la première voix (Personenstimme) lui permet de voter pour un candidat dans l'une des 41 circonscriptions uninominales ;
  • la deuxième voix (Parteienstimme) lui permet de voter pour une liste de candidats présentée au niveau régional.

Lors du dépouillement, l'intégralité des 83 sièges est répartie en proportion des deuxième voix exprimées sur l'ensemble du territoire régional selon les règles de la méthode de Hare/Niemayer entre les partis dont la liste a remporté au moins 5 % des suffrages exprimés. Dans chacune des 41 circonscriptions, le siège à pourvoir est attribué au candidat ayant remporté le plus grand nombre de voix, conformément au principe du scrutin uninominal majoritaire à un tour.

Les sièges attribués à chaque parti sont pourvus en priorité par les candidats élus dans les circonscriptions. Les sièges restants reviennent aux candidats présents sur la liste régionale, dans l'ordre de présentation.

Lorsqu'un parti remporte dans les circonscriptions un nombre de sièges supérieur à celui auquel il aurait droit selon la répartition proportionnelle à l'échelle du Land, il conserve ces mandats supplémentaires (Überhangmandate). Les autres partis reçoivent alors des mandats compensatoires (Ausgleichsmandate). Aussi, le nombre total de députés est augmenté jusqu'à ce que la proportionnalité soit rétablie. Le nombre total de députés dépasse alors le seuil initial de 83 sièges.

Campagne

Le président régional de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et ministre de l'Intérieur Holger Stahlknecht indique au début du mois de qu'il souhaite être chef de file aux prochaines élections régionales, mais qu'il renoncera si le ministre-président Reiner Haseloff ambitionne de postuler pour un troisième mandat[6]. Le , Reiner Haseloff indique sa volonté d'être de nouveau candidat chef de file de l'Union chrétienne-démocrate après s'être entretenu avec Stahlknecht[7]. Sa candidature est approuvée lors d'une conférence régionale organisée à Dessau-Roßlau le par 94,9 % des voix des délégués[8].

Cornelia Lüddemann (de), présidente du groupe parlementaire de l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen), dit en sa volonté de mener la campagne écologiste, la ministre de l'Environnement Claudia Dalbert (de) ayant elle pour souhait de continuer à siéger au gouvernement après le scrutin[9]. Lors d'un congrès régional organisé le à Halle-sur-Saale, les Grünen approuvent à 85 % l'investiture de Cornelia Lüddemann comme cheffe de file, confiant la deuxième place de la liste de candidats à leur président Sebastian Striegel[10].

À l'occasion d'un vote des militants du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) dont les résultats sont publiés le , la présidente du groupe parlementaire Katja Pähle (de) est investie cheffe de file avec 55 % des suffrages exprimés. Le score de son concurrent Roger Stöcker, professeur de sciences politiques qui recueille plus de 42 % des voix, est remarqué en raison de son absence de notoriété, de mandat et d'expérience électorale[11].

Deux jours seulement après que le SPD a organisé le vote de ses adhérents, Die Linke organise une conférence régionale qui rassemble le président régional, le comité directeur et les présidents des fédérations locales. À cette occasion, le dirigeant du parti dans le Land Stefan Gebhardt (de) propose que la vice-présidente du groupe parlementaire au Landtag Eva von Angern conduise la campagne de la gauche radicale en . Cette candidature est approuvée à l'unanimité[12] puis ratifiée le lors d'une convention régionale organisée à Schönebeck[13].

Le Parti libéral-démocrate (FDP) réunit le une convention d'investiture à Wittemberg, qui consacre l'ancienne députée régionale Lydia Hüskens (de) comme cheffe de file électoral[14].

Le , l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) choisit son président de groupe parlementaire Oliver Kirchner (de) pour emmener sa campagne aux élections de 2021. Il reçoit l'approbation de 87 % des délégués au congrès régional organisé à Magdebourg, marqué par une fausse alerte à la bombe[15].

Principaux partis

Davantage d’informations Parti, Positionnement ...
Parti Positionnement Chef de file Résultat de 2016
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre droit
Démocratie chrétienne, libéral-conservatisme
Reiner Haseloff
(Ministre-président)
29,8 % des voix
30 députés
Alternative pour l'Allemagne
Alternative für Deutschland
Droite à extrême droite
Euroscepticisme, national-conservatisme, populisme
Oliver Kirchner (de) 24,3 % des voix
25 députés
Die Linke
La Gauche
Extrême gauche à gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme, populisme
Eva von Angern 16,3 % des voix
16 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre gauche
Social-démocratie, troisième voie, progressisme
Katja Pähle (de) 10,6 % des voix
11 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Centre gauche
Écologie politique, progressisme
Cornelia Lüddemann (de) 5,2 % des voix
5 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre droit à droite
Libéralisme, libéralisme économique
Lydia Hüskens (de) 4,9 % des voix
0 député
Électeurs libres
Freie Wähler
Centre
Localisme, démocratie directe, libéral-conservatisme
2,2 % des voix
0 député
Parti national-démocrate d'Allemagne
Nationaldemokratische Partei Deutschlands
Extrême droite
Néonazisme, ultranationalisme, populisme
1,9 % des voix
0 député
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Sondages

Davantage d’informations Institut, Date ...
Sondages en vue des élections régionales de 2021 en Saxe-Anhalt[16]
Institut Date CDU SPD Grünen FDP Linke AfD
INSA 04/06/2021 27 % 10 % 8 % 7 % 12 % 26 %
Civey[17] 03/06/2021 29 % 10 % 8 % 6 % 10 % 28 %
Forschungsgruppe Wahlen 03/06/2021 30 % 10 % 9 % 6,5 % 11,5 % 23 %
Forschungsgruppe Wahlen 28/05/2021 29 % 10 % 9 % 8 % 11 % 23 %
Infratest dimap 27/05/2021 28 % 11 % 9 % 8 % 10 % 24 %
INSA 26/05/2021 25 % 10 % 11 % 8 % 13 % 26 %
INSA 29/04/2021 26 % 10 % 12 % 6 % 13 % 24 %
Infratest dimap 23/04/2021 27 % 12 % 11 % 8 % 12 % 20 %
INSA 27/01/2021 30 % 10 % 9 % 5 % 16 % 23 %
INSA 02/12/2020 29 % 10 % 10 % 4 % 17 % 23 %
GMS 29/07/2020 33 % 12 % 10 % 4 % 16 % 19 %
Infratest dimap 05/06/2020 34 % 13 % 8 % 4 % 16 % 19 %
INSA 20/03/2020 25 % 11 % 11 % 4 % 18 % 25 %
Infratest dimap 28/08/2018 28 % 14 % 6 % 8 % 19 % 21 %
CONOSCOPE 22/05/2018 35 % 16 % 5 % 6 % 20 % 15 %
Infratest dimap 22/06/2017 40 % 13 % 6 % 5 % 20 % 13 %
Infratest dimap 22/11/2016 33 % 15 % 5 % - 18 % 22 %
Dernières élections 13/03/2016 29,7 % 10,6 % 5,2 % 4,9 % 16,3 % 24,3 %
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Résultats

Participation

Davantage d’informations Taux de participation, En 2016 ...
Évolution de la participation[18]
Taux de participation En 2016 En 2021 Différence
à 12 heures 25,0 % 22,4 % en diminution 2,6
à 14 heures 35,4 % 27,1 % en diminution 8,3
à 16 heures 47,1 % 41,0 % en diminution 6,1
final 61,1 % 60,3 % en diminution 0,8
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Voix et sièges

Davantage d’informations Partis, Circonscriptions ...
Résultats des élections régionales de 2021 en Saxe-Anhalt[19]
Partis Circonscriptions Listes Total
sièges
+/-
Votes % Sièges +/- Votes % +/- Sièges
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 362 333 34,13 40 en augmentation 13 394 808 37,12 en augmentation 7,36 0 40 en augmentation 10
Alternative pour l'Allemagne (AfD) 231 875 21,84 1 en diminution 14 221 498 20,82 en diminution 3,45 22 23 en diminution 2
Die Linke (Linke) 135 419 12,76 0 en diminution 1 116 902 10,99 en diminution 5,33 12 12 en diminution 4
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 116 453 10,97 0 en stagnation 89 475 8,41 en diminution 2,22 9 9 en diminution 2
Parti libéral-démocrate (FDP) 70 725 6,66 0 en stagnation 68 305 6,42 en augmentation 1,56 7 7 en augmentation 7
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 60 521 5,70 0 en stagnation 63 148 5,94 en augmentation 0,76 6 6 en augmentation 1
Électeurs libres (FW) 57 536 5,42 0 en stagnation 33 288 3,13 en augmentation 0,97 0 0 en stagnation
Parti des bases démocratiques d'Allemagne (dieBasis) 7 564 0,71 0 en stagnation 15 621 1,47 Nv. 0 0 en stagnation
Parti de protection des animaux (Tierschutzpartei) 1 056 0,10 0 en stagnation 15 274 1,44 en diminution 0,04 0 0 en stagnation
Parti du jardin (Gartenpartei) 3 216 0,30 0 en stagnation 8 577 0,81 Nv. 0 0 en stagnation
Die PARTEI (PARTEI) 3 909 0,37 0 en stagnation 7 770 0,73 en augmentation 0,2 0 0 en stagnation
Parti d'action pour la protection des animaux (de) (TIERSCHUTZ hier!) 6 239 0,59 Nv. 0 0 en stagnation
Alliance de protection des animaux (Tierschutzallianz) 4 517 0,43 0 en stagnation 5 108 0,48 en diminution 0,56 0 0 en stagnation
Parti pour la recherche en santé (Gesundheitsforschung) 3 947 0,37 Nv 0 0 en stagnation
Parti des pirates (PIRATEN) 3 814 0,36 Nv 0 0 en stagnation
Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) 160 0,02 0 en stagnation 2 897 0,27 en diminution 1,62 0 0 en stagnation
Nous 2020 (W2020) 1 649 0,16 Nv. 0 0 en stagnation
Autres 6 230 0,59 0 en stagnation 5 374 0,51 – 0 0 en stagnation
Votes valides 1 061 514 98,35 1 063 694 98,56
Votes blancs et nuls 17 773 1,65 15 593 1,44
Total 1 079 287 100 41 en diminution 2 1 079 287 100 - 56 97 en augmentation 10
Abstentions 709 668 39,67 709 668 39,67
Inscrits / participation 1 788 955 60,33 1 788 955 60,33
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Analyse

Contrairement à ce que les sondages semblaient indiquer, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) sort grande vainqueure du scrutin et devance nettement l'Alternative pour l'Allemagne (AfD). La CDU doit ce résultat autant à la crainte d'une possible victoire de l'AfD et de l'image que cela donnerait de la Saxe-Anhalt qu'à la popularité du ministre-président Reiner Haseloff, et ce alors que les scandales, la gestion fédérale de la pandémie et des déclarations polémiques auraient pu la mettre en difficulté. L'AfD perd ainsi la quasi-totalité de ses mandats de circonscription, passant de quinze à un seul et comptera désormais moins d'un quart des députés au Landtag, perdant par la même sa capacité à saisir la Cour constitutionnelle. À gauche de l'échiquier politique, tous les partis subissent une défaite électorale ou politique, puisque Die Linke et le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) enregistrent leurs pires résultats régionaux et que l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen) échoue à progresser fortement[20],[21].

Sociologique

Davantage d’informations Catégorie, CDU ...
Sondage Forschungsgruppe Wahlen[22]
Catégorie CDU AfD Linke SPD FDP Grünen FW
Sexe
Hommes 33 % 26 % 11 % 8 % 7 % 6 % 3 %
Femmes 41 % 16 % 11 % 8 % 6 % 6 % 3 %
Âge
Moins de 30 ans 18 % 18 % 10 % 7 % 12 % 13 % 4 %
30-44 ans 29 % 27 % 9 % 7 % 6 % 8 % 4 %
45-59 ans 37 % 24 % 10 % 7 % 7 % 6 % 3 %
Plus de 60 ans 47 % 15 % 13 % 11 % 5 % 3 % 2 %
Statut
Ouvrier 37 % 25 % 10 % 9 % 6 % 4 % 3 %
Employé 38 % 18 % 11 % 9 % 7 % 8 % 3 %
Fonctionnaire 41 % 14 % 13 % 8 % 8 % 7 % 3 %
Indépendant 39 % 22 % 12 % 4 % 9 % 6 % 2 %
Études
Hauptschulabschluss 39 % 29 % 9 % 9 % 4 % 2 % 2 %
Mittlere Reife 36 % 26 % 10 % 7 % 6 % 3 % 4 %
Abitur (baccalauréat) 32 % 18 % 12 % 8 % 8 % 7 % 4 %
Hochschulabschluss (supérieur) 38 % 11 % 13 % 11 % 7 % 12 % 2 %
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Conséquences

Au lendemain du scrutin, le comité directeur régional de la CDU décide à l'unanimité de proposer des entretiens exploratoires au SPD, au FDP et aux Grünen. Ces derniers indiquent à cette occasion ne pas vouloir rééditer la « coalition kényane » qu'ils forment depuis cinq ans avec les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates, tout en se disant ouverts à une « coalition jamaïcaine » avec les libéraux-démocrates. Tant le SPD que le FDP signalent leur disponibilité pour entamer des discussions avec la CDU, le Parti libéral soulignant qu'ils n'ont pas l'intention d'être « une roue de secours » dans un attelage où leurs voix ne compteraient pas, en référence à une alliance tripartite avec l'Union chrétienne-démocrate et le Parti social-démocrate où ces deux formations détiendront l'exacte majorité absolue au Landtag[23].

Le , la CDU entreprend des entretiens exploratoires avec le SPD, le FDP et les Grünen afin de déterminer dans quelle mesure il serait possible d'ouvrir des négociations en vue de former un gouvernement de coalition[24]. Après deux semaines de rencontres, un rapprochement s'opère entre l'Union chrétienne-démocrate et le Parti libéral-démocrate, qui nécessite cependant un troisième allié pour disposer de la majorité absolue des députés[25]. Y associer les sociaux-démocrates constitue la solution favorite des chrétiens-démocrates, mais suscite des réticences chez les libéraux-démocrates dans la mesure où les deux autres partis sont majoritaires sans eux ; la CDU aurait cependant proposé au FDP d'inscrire dans l'éventuel accord de coalition un engagement formel de ne pas utiliser cette majorité bipartite en cas de désaccord au sein de l'entente à trois[26].

Une réunion à trois entre l'Union chrétienne-démocrate, le Parti social-démocrate et le Parti libéral-démocrate se tient le [27]. Leurs dirigeants révèlent le lendemain vouloir poursuivre leurs échanges, relevant de nombreux points d'accord entre eux sur la question budgétaire, la santé ou les infrastructures[28]. Après un accord unanime des comités directeurs de la CDU et du FDP le pour ouvrir formellement des négociations de coalition[29], un congrès du SPD réuni à Leuna donne un feu vert identique à la majorité des délégués le lendemain[30].

Un accord de coalition est conclu et présenté publiquement le suivant, prévoyant notamment un fonds de relance de l'économie de 1,5 milliard d'euros, l'augmentation des effectifs de la police régionale, la réalisation d'importantes infrastructures de transport et la confirmation de la sortie définitive du charbon à horizon . Dans le cadre de la répartition des ministères, le Parti social-démocrate abandonne le ministère de l'Économie au profit du ministère du Climat et de l'Énergie. La ratification de cette entente est soumise au vote des adhérents sociaux-démocrates pendant une durée de quatre semaines, ce qui renvoie l'investiture de Reiner Haseloff par le Landtag au [31]. La direction régionale du SPD annonce le que, sur les 60 % des adhérents ayant pris part au vote interne, 63,4 % se sont exprimés en faveur de l'accord de coalition avec la CDU et le FDP[32].

Reiner Haseloff est investi ministre-président pour un troisième mandat le par le Landtag, l'emportant au second tour par 53 voix sur 97 après avoir échoué au premier avec 48 suffrages favorables, soit un de moins que la majorité requise[33].

Références

Voir aussi

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