Électricité à Madagascar
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L'électricité à Madagascar constitue un défi majeur pour le développement économique et social de la Grande Île. Le taux de couverture en électricité du pays se situait entre 15% et 17% en 2020[1], révélant l'ampleur des besoins d'électrification dans ce pays de l'océan Indien.
Le secteur électrique malgache trouve ses origines dans la période coloniale. La période couvrant trois quarts de siècle correspond à l'activité dans la grande île de la Société Électricité et Eaux de Madagascar comme concessionnaire de distribution d'électricité et d'eau potable[2]. La JIRAMA a été créée le 17 octobre 1975, résultant de la fusion de deux sociétés qui exerçaient des activités similaires : la Société Malagasy des Eaux et Électricité (SMEE) et la Société des Énergies de Madagascar (SEM)[3]. À sa création en 1975, le secteur électrique à Madagascar était régi par la loi 74-002 du 4 février 1974 qui donnait à l'État le droit exclusif d'intervenir dans le secteur[3]. Une réforme importante intervient en 1998 avec l'adoption d'une loi de réforme électrique pour privatiser le secteur et permettre l'entrée de nouveaux opérateurs (loi 98-032)[3]. Depuis 1999 et la libéralisation du secteur de l'électricité, la Jirama n'est plus seule dans la production électrique[3].
Organisation institutionnelle
Jirama
La JIRAMA conserve le monopole du transport et de la distribution et est appelée à rester le relais de l'État malgache dans la mise en place des infrastructures électriques du pays[3]. La Jirama totalise 114 centres de production électrique : 100 sont des centres alimentés par des groupes thermiques diesel, tandis que les autres sont des centres alimentés par des centrales hydroélectriques[3].
Ader
L'ADER est un établissement public à caractère administratif créé en 2002, placé sous la tutelle technique du Ministre chargé de l'Énergie[3]. Sa mission consiste à développer des projets issus des plans directeurs indicatifs dans les 23 Régions par des systèmes décentralisés ou un système électrique interconnecté localement, alimentés par des énergies renouvelables[3].
Production électrique
Mix énergétique
Le mix électrique de Madagascar comprend 45% d'énergie fossile non spécifiée, 31% d'énergie hydraulique et 19% de charbon[4]. La production électrique totale s'est élevée à 1 328 GWh en 2011, avec les centrales thermiques produisant 638 GWh d'électricité[4].
Infrastructures principales
Le Réseau Interconnecté d'Antananarivo (RIA) constitue le principal réseau électrique du pays[3]. Une nouvelle centrale hydroélectrique a été mise en place à Mahitsy (Farahantsana) avec une production estimée à 28 MW qui va renforcer le RIA[3]. Les régions d'Analamaga, Vakinankaratra, Itasy et Alaotra Mangoro sont les bénéficiaires de cette centrale[3]. Avec l'installation du quatrième groupe d'Andekaleka, le réseau interconnecté d'Antananarivo peut bénéficier de 33,2 MW supplémentaires[3].
Accès à l'électricité
Disparités géographiques
L'accès à l'électricité présente de fortes disparités entre zones urbaines et rurales. Seulement 15% de la population a accès à une électricité moderne : un chiffre qui augmente à 58% en milieu urbain et qui chute à 7% en milieu rural, concentrant pourtant plus de 70% de la population[1]. Plus de 15 millions d'habitants ne sont pas raccordés au réseau électrique[1]. Moins de cinq pour cent de la population rurale de Madagascar ont accès à l'électricité, obligeant la majeure partie de la population à dépendre du pétrole lampant, des bougies, des batteries, des générateurs diesel et du bois de feu pour leurs besoins énergétiques quotidiens[5].
Solutions alternatives
Pour remédier aux déficits d'accès, plusieurs initiatives se développent. Les miniréseaux mis en place par WeLight, alimentés par les énergies renouvelables, permettent aux populations rurales non raccordées au réseau d'avoir accès à une énergie propre, abordable et fiable[1]. Les mini-réseaux peuvent devenir la solution pour des millions de Malagasy vivant en milieu rural, loin du réseau central et qui, sinon, devraient attendre des années avant d'être raccordés au réseau principal[1].
Énergies renouvelables
Potentiel
Madagascar dispose d'un potentiel considérable d'énergie renouvelable (hydroélectrique, solaire, éolienne) insuffisamment mis en valeur[3]. Le pays a un énorme potentiel en énergie solaire, estimé à 2 000 kWh/m²/an grâce aux 2 800 heures d'ensoleillement annuel dont il bénéficie[3].
Projets de développement
Un projet financé par un crédit de 400 millions de dollars permettra à au moins 10 millions de personnes, dont 2 millions de ménages et plus de 150 villages de communautés mal desservies, d'avoir accès à l'électricité[5]. Le projet Scaling Solar prévoit la construction d'une centrale solaire d'environ 25 MW[5]. La distribution de kits solaires aux foyers privés d'électricité s'intensifie, soutenue par la présidence malgache, bien que ces initiatives doivent être complétées par des investissements structurels plus importants[1].
Défis et perspectives
Le secteur électrique malgache fait face à plusieurs défis structurels. Le réseau est confronté à la vétusté de ses infrastructures et à des coupures de courant à répétition[3]. Les infrastructures de la centrale d'Andekaleka sont vieillissantes, bien qu'elle assure une part très importante de l'électricité de la zone RIA[3]. Les partenaires et donateurs internationaux, comme la France, envisagent de participer à l'effort de transition énergétique, conditionnant leur soutien à des réformes du secteur[5].