Énigmes anglo-saxonnes
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Les énigmes anglo-saxonnes sont un genre de littérature produit en Angleterre durant la période anglo-saxonne. Les énigmes latines les plus célèbres sont celles composées par l'abbé Aldhelm (mort en 709), tandis que le Livre d'Exeter, un manuscrit compilé vers la fin du Xe siècle, rassemble près de cent énigmes en vieil anglais dont le ou les auteurs sont inconnus.
Les plus anciennes énigmes anglo-saxonnes connues sont celles qui sont en latin. Ces enigmata constituent un genre populaire, qui inspire probablement la rédaction des énigmes en langue vernaculaire par la suite. Les énigmes latines ne mettent pas au défi leur lecteur de trouver leur solution, qui du reste leur sert communément de titre.
L'érudit Aldhelm, abbé de Malmesbury à la fin du VIIe siècle, est l'auteur de cent énigmes conservées dans son Epistola ad Acircium, une lettre adressée à un certain Acircius (généralement identifié au roi de Northumbrie Aldfrith) qui constitue un traité sur la poésie. Aldhelm affirme avoir composé ces énigmes au début de sa carrière, afin de mettre en application les principes de la métrique latine[1]. Plusieurs de ces énigmes sont inspirées des Aenigmata de Symphosius (en), auteur latin de l'Antiquité tardive, mais l'objectif global d'Aldhelm semble être la glorification de l'œuvre divine[2]. Elles ont pour sujets la nature et la vie quotidienne, mais aussi le mobilier religieux et éducatif. Leur complexité métrique et linguistique est de plus en plus grande au fil du recueil, jusqu'à la centième énigme, particulièrement longue, dont la solution est Creatura, la totalité de la Création.
Aldhelm inspire la rédactions d'autres recueils d'énigmes. Le missionnaire Boniface (mort en 754) écrit ainsi une série de vingt poèmes sur les vices et les vertus en s'appuyant sur les travaux d'Aldhelm et les œuvres de Virgile[3]. L'archevêque de Cantorbéry Tatwine (mort en 734) produit un recueil de quarante énigmes sous forme d'acrostiches, auxquelles un certain Eusèbe (traditionnellement identifié à l'abbé Hwætberht de Monkwearmouth-Jarrow, mort dans les années 740) ajoute soixante énigmes supplémentaires pour former un ensemble de 100 énigmes préservé dans deux manuscrits[4].