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Évacuation des collections du Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale

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L'évacuation des collections du Louvre pendant la Seconde Guerre Mondiale désigne l'organisation et la planification par Jacques Jaujard, directeur du Musée du Louvre, de l’évacuation des collection des œuvres d'art du Louvre vers les provinces françaises en 1940.

Histoire

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les chefs-d'œuvre du musée sont évacués selon un plan conçu dès 1938 par le directeur des musées nationaux de l'époque, Jacques Jaujard[1], qui s'appuie sur une liste dressée depuis 1936 recensant les œuvres présentes dans les différents musées de France et divers lieux de stockage éventuels.

En effet, dès le 4 octobre 1932, Henri Verne, le directeur des musées nationaux, demande à Paul Vitry une liste des œuvres à évacuer en cas de conflit[2]. Ayant lui-même aidé au transfert par la France vers la Suisse des œuvres maîtresses du musée du Prado pendant la guerre civile espagnole débutée en 1936, il a en effet conçu un plan au cas où Paris serait bombardé. Pourtant, comme le note l'auteur Hector Feliciano, il compte aussi le fait qu'« Hitler espérait la signature d'un traité de paix officiel avec la France pour obtenir, au titre de réparation de guerre, les meilleures œuvres du musée du Louvre »[3].

Dès le 27 septembre 1938, deux convois d’œuvres d'art quittent le musée du Louvre en direction du château de Chambord, avec cinquante œuvres. 3691 peintures sont décrochées, Jacques Jaujard s'appuyant sur les conservateurs Germain Bazin, André Chamson et René Huyghe. Les lieux de destination, gardés secrets, sont les châteaux de Chambord (Loir-et-Cher), de Valençay, de Louvigny (Sarthe), Pau, .. etc[4]. La situation excentrée de ces cachettes se fait généralement avec l'aide des directeurs locaux et même de châtelains : 200 voyages ont lieu, 5 446 caisses sont déplacées[5].

La statue de la Victoire de Samothrace rejoint le château de Valençay alors que La Joconde, « enfermée sous un capitonnage en velours rouge, puis dans un écrin, lequel est placé[e] dans une caisse avec double paroi en bois de peuplier [… et] porte le matricule NLP no 0, ainsi que trois points rouges – signes distinctifs de sa très grande valeur ». D'autres transferts se déroulent alors que l'avancée de la guerre conduit à plus de prudence (occupation de la zone libre, débarquements, etc.). 3 200 tableaux vont être finalement cachés dans trois châteaux du Lot. Bien que les Allemands finissent par apprendre la localisation exacte des lieux de stockage, sur lesquels ferme les yeux le responsable de la commission allemande de protection des œuvres d'art (la Kunstschutz), le comte Franz von Wolff-Metternich, qui déclare simplement qu'il faut « transmettre [les chefs-d'œuvre] aux générations qui suivent »[6].

Les autorités allemandes font rouvrir le musée le 29 septembre 1940, l'entrée est gratuite pour les nazis, qui sont déçus car les principaux chefs-d'œuvre ont été évacués (les murs du premier étage sont ainsi vides), les sculptures descendues au sous-sol. Malgré les injonctions allemandes, aucun chef-d'œuvre n'est ramené[7].

Pendant l'Occupation, les Allemands, sous l'administration du « Personnel spécial pour l'art pictural » (Sonderstab Bildende Kunst) de l'Institut du Reichsleiter Rosenberg pour les territoires occupés (Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg für die Besetzen Gebiete ou ERR), commencent à travers la France un pillage systématique des œuvres des musées et des collections privées, principalement celles appartenant à des Juifs déportés ou ayant fui. Le 30 juin 1940, Hitler avait ordonné à l'ambassadeur du Reich à Paris, Otto Abetz, de « mettre en sûreté » les collections des musées de France. Six salles du département des antiquités orientales du Louvre sont alors en partie vidées, les œuvres acheminées vers un dépôt où transitent les œuvres volées aux Juifs aisés et où le Reichsmarschall Hermann Göring lui-même vient à l'instar du 3 mai 1941 choisir des pièces qui orneront ses résidences ; certaines œuvres partent pour Linz en vue du projet du Führermuseum.

Le 27 juin 1944, Himmler ordonne de transférer la tapisserie de Bayeux du château de Sourches au Louvre. La galerie nationale du Jeu de Paume devient une annexe pour le stockage. Entreposés dans des caisses marquées des initiales de leurs anciens propriétaires, les objets d'art dérobés par les services de l'Einsatzstab Reichsleiters Rosenberg (ERR) (et qui se trouvaient alors entreposés à l'ambassade d'Allemagne) sont répertoriés en cachette par Rose Valland (la conservatrice du musée du Jeu de Paume), ce qui permettra après la guerre de rendre à qui de droit leurs antiquités. Le musée du Louvre retrouve lui, après un voyage inverse, la quasi-totalité de ses chefs-d'œuvre grâce à la Commission de récupération artistique (CRA), qui comprend en outre Rose Valland, Jacques Jaujard et René Huyghe[8].

Dans les arts et la culture populaire

Filmographie

Cinéma

Jeu de société

Littérature

Bande dessinée

  1. La Joconde a le sourire (2023)
  2. Le Jeu du silence (2023)
  3. Liberté ! (2024)

Roman

  • 1999 : La chambre de Goethe de Frédérique Hébrard
  • 2020 : Louvre de Josselin Guillois
  • 2024 :
    • Assassins sans visages Tome La gardienne de Mona Lisa : une enquête d'Enzo MacLeod de Peter May
    • Rose Valland, l'espionne à l'oeuvre de Jennifer Lesieur

Documentaires

  • 2000 : La Guerre du Louvre de Jean-Claude Bringuier
  • 2013 : L'Ombre d'un doute saison 2 épisode 9 Le Louvre, palais du pouvoir
  • 2014 : Illustre & Inconnu - Comment Jacques Jaujard a sauvé le Louvre de Jean-Pierre Devillers
  • 2017 : Trésors Volés de Guillaume Perez
  • 2024 : Les Mémoires de guerre du Louvre de Margaux Chouraqui

Voir aussi

Notes et références

Related Articles

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