Après la révolution des Jeunes-Turcs en , l'armée ottomane est réorganisée. La 4earmée est établie à la frontière du Caucase russe. Elle comprend les unités suivantes:
Les divisions de la 4earmée sont recrutés essentiellement dans la population arabe locale. Leur niveau d'encadrement est faible (il n'y a pas d'école militaire dans les provinces arabes) de même que leur équipement: chaque division dispose, en moyenne, de deux fois moins de colonnes de transport, de munitions et d'hôpitaux de campagne que celles de Turquie d'Europe et du Caucase et moitié moins que celles d'Anatolie[5]. Pendant la phase de mobilisation qui prélude à l'entrée de l'Empire ottoman dans la Première Guerre mondiale, la 4earmée est reconstituée au Levant à partir du sous le commandement de Zeki Pacha(en), qui est remplacé le par Djemal Pacha, ministre de la Marine, un des membres du triumvirat des Trois Pachas. Celui-ci flatte la population arabe et s'efforce d'obtenir son concours pour le djihad contre les Britanniques: il réunit 60 000 hommes pour une offensive contre le canal de Suez. Ses moyens de transport sont insuffisants car le chemin de fer ne va pas plus loin que Gaza et la tentative de franchissement du canal de Suez est un échec complet (2-)[6],[7].
Ordre de bataille en novembre 1914
À la fin de 1914, la zone d'opérations de la 4earmée est divisé en 4 secteurs:
Secteur I, autour d'Adana: 16edivision d'infanterie
Secteur IV, de Jaffa à Gaza: 27edivision d'infanterie
Le XIIIecorps, qui se trouvait en Mésopotamie, est détaché à la 3earmée pour les futures offensives de la campagne du Caucase. Le VIIIecorps (Mehmed Djemal Pacha surnommé Küçük Djemal, «Djemal le petit», pour le distinguer du triumvir) est gardé en réserve en Syrie centrale pour de futures opérations offensives. Les Ottomans évitent de mettre des garnisons importantes dans les villes côtières qui sont bombardées à plusieurs reprises par la Royal Navy. Le Hedjaz est tenu par la 22edivision d'infanterie (Vehip Bey) qui, en décembre, doit faire face à un bref débarquement britannique à Aqaba[8].
Djemal Pacha (assis, à g.) et son chef d'état-major Fouad Bey dans le sud de la Palestine, avril 1917
Ordre de bataille entre septembre 1915 et janvier 1916
En , la répression menée par Djemal Pacha contre les nationalistes arabes s'accompagne d'une purge des officiers arabes de la 4earmée dont plusieurs sont mutés sur d'autres fronts[11].
L'ordre de bataille de l'armée s'établit comme suit:
Corps chamelier arabe sous commandement ottoman, 1916
Une seconde tentative pour marcher sur le canal de Suez aboutit à une défaite à la bataille de Romani (3-). En même temps, à partir de l'été 1916, les Ottomans sont confrontés à la révolte arabe du Hedjaz qui immobilise une partie de leurs forces le long du chemin de fer de Médine.
Après la prise de Bagdad par les Britanniques, en , le commandement germano-ottoman met sur pied une nouvelle grande unité, le groupe d'armées Yildirim(en) (7e et 8e armées ottomanes, commandé par le maréchal allemand Erich von Falkenhayn, pour reconquérir l'Irak. Cependant, la menace britannique sur le Levant se précise avec la construction d'un chemin de fer traversant le Sinaï qui atteint Rafah en , ce qui amène les Germano-Ottomans à décider le renforcement de la 4earmée avec des unités ramenées des fronts européens[14].
Ordre de bataille en août 1917
Cavaliers ottomans au sud de Jérusalem, avril 1917
Au milieu de , Enver Pacha, se ralliant à l'avis de Falkenhayn, renonce à engager le groupe d'armées Yildirim en Irak et l'envoie sur le front de Palestine, devenu prioritaire. Pour éviter de renforcer le pouvoir personnel de son rival Djemal Pacha, le , il lui retire le commandement du front principal et divise son secteur: la 4earmée, avec son quartier général à Damas, conserve la Syrie du nord et du centre ainsi que l'ouest de l'Arabie tandis que le groupe Yildirim, commandé par Falkenhayn, s'établit en Palestine[16].
La 4earmée est relativement épargnée pendant la bataille de Jérusalem (novembre-) où, au contraire, les 7e et 8earmées sont lourdement éprouvées. En , les notables arabes obtiennent le rappel de Djemal Pacha, rendu impopulaire par sa brutalité, et son remplacement par Mehmed Djemal, «Djemal le petit». Celui-ci passe pour «bien disposé envers les Arabes» et bénéficie du regain de loyauté pro-ottomane causé dans l'opinion arabe par la publication des accords Sykes-Picot qui prévoyaient un partage du Proche-Orient entre Français et Britanniques. Il combat les rebelles arabes, avec un certain succès, dans les régions de la mer Morte, du Jourdain et du nord de la Palestine[17].
Après la défaite de Megiddo, durant le mois de , le groupe Yildirim, disloqué, se replie vers le nord lors de la retraite de Syrie(en). La 4earmée est elle aussi défaite lors de la bataille d'Amman (): elle est alors dissoute le : ses unités fusionnent avec les restes du Groupe Yildirim. Lors de la bataille de Damas, elles évacuent sans combat la capitale syrienne le . Elles sont de nouveau battues à la bataille d'Alep à la fin du mois d') et doivent évacuer le Proche-Orient en application de l'armistice de Moudros.
Notes et références
↑Ian Drury, The Russo-Turkish War 1877, Men-at-Arms 277, Ospray, rééd. 1999, p.35.
↑(en) Mesut Uyar et Edward J. Erickson, A military history of the Ottomans: from Osman to Atatürk, Westport, CT, Praeger Security International, , 379p. (ISBN978-0-275-98876-0, OCLC912632603, lire en ligne), p.264-265.
Ian Drury, The Russo-Turkish War 1877, Men-at-Arms 277, Ospray, rééd. 1999
(en) Edward J Erickson (préf.General Hüseyin Kivrikoğlu), Ordered to die: a history of the Ottoman army in the First World War, Westport, CT, Greenwood Press, coll.«Contributions in military studies» (no201), , 265p. (ISBN978-0-313-31516-9, OCLC43481698, lire en ligne)
(en) Edward J. Erickson (préf.Briton C. Busch), Defeat in Detail: The Ottoman Army in the Balkans, 1912-1913, Westport, Conn, Praeger, , 403p. (ISBN978-0-275-97888-4, lire en ligne)
Falls, Cyril, Military Operations Egypt & Palestine from June 1917 to the End of the War, London: HM Stationery Office, 2003