Adolphe Roussel
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| Recteur de l'université libre de Bruxelles | |
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| Député de la Chambre des représentants de Belgique |
| Naissance | Anvers |
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| Décès |
(à 65 ans) Bruxelles |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
| A travaillé pour | L'Université d'Etat de Louvain L'Université de Louvain L'Université libre de Bruxelles |
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Adolphe Roussel, de son nom complet Armand Adolphe Roussel, est un avocat, professeur de droit et publiciste belge né le à Anvers et mort le à Bruxelles. Il se fait connaître notamment grâce à ses dissertations latines sur la propriété : De dominio extra societas vinculum et De origine dominii.
Il a un impact majeur sur la révolution belge de 1830 par le biais des différents journaux pour lesquels il travaille en tant que rédacteur, mais aussi en tant que combattant volontaire, notamment lors des combats de Louvain et des Quatre Jours de Bruxelles. L’un de ces journaux est d’ailleurs qualifié de radical par le roi Guillaume Ier.
Après l'indépendance de la Belgique du royaume uni des Pays-Bas, Adolphe Roussel exerce en tant que professeur à l’Université d’État de Louvain ainsi que commissaire de l’arrondissement administratif de Louvain. Il devient ensuite recteur à l'université libre de Bruxelles ainsi qu'à l’université de Louvain.
Origines
Adolphe Roussel nait pendant la période française de l'histoire de la Belgique, à Anvers, dans le département des Deux-Nèthes. Il est le fils de Jacques Roussel et de Philippine Martin et se marie avec Henriette Lefèvre.
Carrière politico-juridique
De 1830 à 1854, Adolphe Roussel exerce un certain nombre de métiers dans le domaine politico-juridique, dont celui de commissaire de l’arrondissement administratif de Louvain. Il est élu à la suite de la révolution belge[1], particulièrement en raison de son opposition face à Guillaume Ier. Sa fonction consiste à assister le Gouverneur de l’époque dans ses compétences, et de le remplacer en cas d’absence.
Roussel obtient son docteur en droit à l’Université d’État Louvain le [2]. Quelques années plus tard, le , il est inscrit au tableau de l’Ordre des avocats à la cour d’appel[1]. En tant que conseiller, il connaît spécialement des procès aux assises. Adolphe Roussel est membre de la Chambre des représentants de 1850 à 1854[1]. Dans le cadre de son mandat, il est élu en 1853 à la majorité absolue (avec un total de 39 suffrages), en tant que membre de la commission des naturalisations[3]. Comme son nom l’indique, la commission est compétente pour octroyer la nationalité belge aux citoyens qui n’en disposent pas.
Carrière académique
De 1834 jusqu’à peu avant sa mort en 1874, Roussel exerce un éventail de métiers dans le domaine académique. Peu avant d’obtenir son docteur en droit en 1835 à l’Université d’État de Louvain, il y exerce en tant qu’avocat et professeur de 1831 à 1834. Ensuite, il enseigne à l’Université de Bruxelles, qui se fait rebaptiser Université libre de Bruxelles, en tant que professeur de droit criminel jusqu’en 1875, soit jusqu’à sa mort[4]. Adolphe Roussel y a donc enseigné près de trente-sept ans.
A côté de sa casquette d’enseignant, il revêt en même temps sa casquette de recteur et de doyen au sein de cette même université[4]. Durant les années académiques 1863-1864 et 1873-1874, il est élu doyen de la faculté de droit de l’Université libre de Bruxelles. Roussel est également recteur durant trois années académiques : l’année 1845-1846, l’année 1863-1864 et l’année 1873-1874. De 1862 à 1863, il est par ailleurs recteur à l’Université de Louvain.
Au-delà de ces dix-huit années d’expérience en tant que professeur de droit à l’Université de Bruxelles, Adolphe Roussel est convié en 1848 à la Chambre des représentants afin de communiquer ses idées au sujet de la réforme à apporter dans la composition des jurys universitaires[5]. Roussel fournit lors de cette rencontre ses observations, qui ont pour seul but la question de la formation de ce dit jury universitaire, et non celle de la portée réglementaire de l’action des jurys d’examen. Son travail se compose de deux points de vue dominants : le point de vue politique et le point de vue scientifique[5].
Engagements
Politiques
Adolphe Roussel se fait notamment connaître à la suite de son implication dans la révolution belge. Avec Léonard D'Elhoungne et Pierre-François Van Meenen, il est l'un des plus virulents rédacteurs du Journal de Louvain, qui s'oppose ouvertement à la politique de Guillaume Ier[6] , le souverain du royaume uni des Pays-Bas. Le roi engage des poursuites contre la presse dans les premiers mois de 1830. Le roi des Pays-Bas de l’époque entend poursuivre les journaux qui le dénigrent, et pour ce faire, il adresse un courrier à ces sujets : « Emprisonnez cent écrivains, dit-il, détruisez vingt journaux, vous n’aurez rien fait, rien, absolument rien. Il s’en présentera d’autres. On imprimera, dut-on le pamphlet anonyme remplacer le pamphlet signé, dût la distribution sous manteau remplacer la distribution par la poste »[7],[8]. À la suite des arrestations et des procès qui ont lieu à cette période, une vingtaine de journaux sont alors condamnés. Certains d’entre eux sont : le Journal d’Anvers, le Mercure d’Anvers ou encore le Journal de la Flandre orientale[7].
C’est à cette même période que le procès de Roussel a lieu, en . Tel que mentionné supra, il étudie à l’Université d’État de Louvain, et en 1829, l’un de ses camarades présente sa thèse au ministre de l’intérieur de l’époque, Pierre van Gobbelschroy. Lors de la discussion publique, Adolphe Roussel pose une question au ministre[Quoi ?], ce qui lui vaut son expulsion[9] de l’université ainsi qu’une interdiction de se présenter dans quelconque université de l’État. C’est à ce moment-là qu’il fait ses premiers pas dans la politique. En effet, il exerce alors le métier de rédacteur au Messager de Louvain, un journal d’opposition. Dans le cadre de sa profession, il rédige un article qui suscite la colère du bourgmestre (nl) de l’époque, Gérard d'Onyn de Chastre (nl). Ce dernier estime que des propos calomnieux sont écrits à son égard, et décide de poursuivre Roussel en justice. Il est alors poursuivi devant la cour supérieure de Bruxelles et lors de son procès, il se défend seul. Il est finalement condamné à quarante jours de prison[9].
Révolution belge
Au lendemain des premières émeutes d'août 1830 à Bruxelles, Adolphe Roussel fait partie des créateurs de la garde bourgeoise de Louvain le , fondée dans le but de prémunir la ville de la propagation des troubles liés au début de la révolution belge. Cela n'empêche pas le déclenchement des combats de Louvain dès le , quand le peuple s'empare de la caserne militaire et met la garnison en fuite au prix de plusieurs morts. Adolphe Roussel est une nouvelle fois à la manoeuvre aux côtés des « patriotes belges » puis, dès le jour-même, l'un des membres et fondateurs de la commission de sûreté publique de la ville[10], aux côtés de Pierre-François Van Meenen et de Jean de Neeff, entre autres. Le , en prévision de attaque de l'armée, il réunit 500 volontaires et forme le corps franc de Louvain, dont il prend le commandement pour aller combattre lors des Quatre Jours de Bruxelles.
Alors qu'il est en mission à Bruxelles où il exerce temporairement les fonctions de commissaire d'arrondissement, il apprend l'assassinat du major Gaillard sur la Grand-Place de Louvain, en date du . Il revient à Louvain et il décide de faire abattre l'arbre de la liberté qui avait été planté lors l’indépendance de la Belgique et auquel la foule avait essayé de pendre l'infortuné après l'avoir lynché. La population le menace du même sort s'il met son idée à exécution, mais Roussel ne se laisse pas intimider : il convoque quelques gendarmes et militaires pour assurer sa sécurité puis se présente seul sur le perron de l'hôtel de ville de Louvain et ordonne de scier l'arbre et de le brûler immédiatement[11]. Cet acte est rappelé par Jean-Jacques Altmeyer lorsqu'Adolphe Roussel lui transmet le rectorat de l'université libre de Bruxelles le : « Je vous remercie des paroles obligeantes que vous avez bien voulu m'adresser ; croyez-le, il n'y a rien chez moi d'illustre, et toute ma carrière littéraire, à laquelle, sans doute, vous avez fait allusion, je la donnerais volontiers pour ce jour de votre vie politique, pour ce jour déjà gravé sur l'airain de l'histoire, où, dans Louvain immobile, stupéfait, consterné, bravant, avec le courage d'un héros de Plutarque, la fureur d'un peuple en délire, vous avez fait abattre, au son du glas funèbre et à la vue du drapeau de la révolution en deuil, cet arbre de la liberté que des mains impures, des mains sacrilèges, des mains souillées par un crime épouvantable, venaient de profaner à jamais. »
Pour ses différentes actions lors de la révolution belge, il est l'un des récipiendaires de la Croix de fer.
Universitaires

Dès 1849, Adolphe Roussel est l’une des premières personnes à vouloir créer des doctorats spécialisés, mais le climat au sein des universités n’étant pas propice à cette innovation, elle est longtemps restée en suspens. En effet, l’enseignement universitaire est très générale et elle n’encourage pas les vocations et aptitudes particulières, or telle est la véritable vocation de l’université selon Roussel. Après de nombreuses luttes et discussions, à la fin des années 1880, le corps académique universitaire est arrivé à la conclusion suivante : il est nécessaire, pour une question de qualité d’enseignement, d’instaurer une certaine spécialisation au niveau des doctorats[12].
Dans l’un de ses ouvrages « l’Encyclopédie du droit », Adolphe Roussel aborde le droit dans ces différents contextes, plus particulièrement, dans les domaines philosophiques et historiques. Il aborde également le droit dans le cadre où il est considéré comme une science. Selon Adolphe Roussel, un des avantages de cet ouvrage est de « suppléer aux lacunes de l’enseignement et de communiquer des notions moins approfondies aux élèves »[13].
Humanitaires
Lors de la guerre franco-allemande de 1870, Adolphe Roussel se met à la tête de l'ambulance de Gevonne, accompagné, entre autres, de son ancien compagnon d'arme de la révolution belge, Charles Plétinckx et d'autres membre du comité central de l'Association Belge pour le Secours aux Blessés et aux Malades en temps de Guerre[14], l'ancêtre de la Croix-Rouge de Belgique. Il organise notamment le service des hôpitaux et ambulances dans les plaines de la bataille de Sedan et du combat de Mézières[15].
Publications
- De origine dominii, dissertatio praemio ornata[1], Louvain, 1829.
- Encyclopédie du droit, 1843 et 1871.
- Observation sur les jurys d'examen et le projet de loi de 1849, Bruxelles, 1849.
- Premiers cahiers du cours de droit criminel, fait à Louvain de 1831 à 1834.
- Examen impartial du projet de loi sur l'enseignement moyen, Bruxelles, 1850.
Distinctions
- Croix de fer ;
- Chevalier de l'ordre de Léopold ;