Affaire Pierre-Alain Cottineau
affaire criminelle française
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L'affaire Pierre-Alain Cottineau est une affaire de viols sur mineurs et de tortures infligées à des enfants de moins de six ans, confiés par l'aide sociale à l'enfance (ASE) à l'assistant familial Pierre-Alain Cottineau. Les faits ont lieu à son domicile d'Oudon en Loire-Atlantique. Une fillette handicapée est la première victime identifiée. L'enquête permet d'identifier un réseau pédocriminel et l'existence de plusieurs victimes.
Histoire
Faits
En , la police néerlandaise saisit sur le compte Teleguard d'un suspect hollandais[1] une vidéo francophone de viol pédocriminel sur laquelle apparaît le visage d'une fillette handicapée de trois ou quatre ans portant une sonde gastrique[2]. L'Office mineurs (Ofmin), spécialiste des violences commises sur les enfants en France, est alertée de l'existence de cette vidéo le [3],[4]. Celle-ci diffuse le lendemain une circulaire de l'Éducation nationale pour « identification d'un enfant susceptible d'être victime d'un crime grave » à destination des écoles maternelles. Le , huit jours après la diffusion du portrait de la fillette, elle est identifiée par l'école maternelle de Couffé, ce qui permet à la police d'identifier l'auteur des faits. Pierre-Alain Cottineau est confondu en raison du placement de la fillette porteuse d'un handicap physique à son domicile[3],[5],[6].
Indépendamment, toujours le , un ancien partenaire de Pierre-Alain Cottineau signale, auprès d'un commissariat du Morbihan, des soupçons d'actes pédocriminels commis par celui-ci. Le plaignant indique avoir reçu une vidéo quelques mois plus tôt, montrant une relation sexuelle entre Cottineau et une fille de 4 ou 5 ans qu'il garde en tant que famille d'accueil. Selon son témoignage circonstancié, le suspect se vante d'avoir des relations sexuelles quasi quotidiennes avec la petite fille et d'avoir agressé le bébé de sa propre sœur lorsque celui-ci avait 2 ans. Ce témoignage ne provoque pas l'ouverture d'une enquête immédiatement[1],[7].
Cottineau est prévenu par une amie d'une enquête de police le concernant. Celui-ci prend un aller simple pour la Tunisie, après avoir nettoyé ses données numériques, notamment avec l'aide de son père[1].
Interpellations
Il est arrêté le à l'aéroport de Nantes-Atlantique, à son retour de Tunisie[5],[8]. Il est immédiatement placé en garde à vue, puis mis en examen pour viols sur mineur, avec actes de tortures infligés à la fillette handicapée, ainsi que pour traite d'êtres humains en bande organisée[3].
En garde à vue, il reconnaît une partie des faits et avoue avoir des « pulsions pédophiles » depuis plusieurs années[9]. Il se montre arrogant et ne semble pas déstabilisé par la perspective d'une longue période de détention provisoire au sein d'une prison bretonne[3],[6].
Le témoignage de l'ancien partenaire de Cottineau est versé au dossier judiciaire, après l’ouverture de l’enquête, le [7].
Investigations
En , l'enquête le concernant révèle qu'il est vraisemblablement à la tête d'un réseau pédocriminel et aurait plusieurs complices[3],[10]. Il est administrateur d'un groupe Telegram dans lequel il diffuse des images et des vidéos à caractère pédopornographique filmées à son domicile[4],[5]. Il communique avec au moins quatre autres pédocriminels, dont deux récidivistes, en leur proposant de mettre « à disposition » des enfants pour commettre sur eux des viols ou des agressions sexuelles[3],[5],[11]. Les vidéos qu'il met en ligne sur le darknet indique qu'il commet des viols en série, avec tendances sadiques et recours à la soumission chimique[2],[3].
Expertise psychologique
L'expert psychiatre chargé de son examen psychologique le décrit comme un prédateur pédophile « agressif », « sadique », « égocentrique » et « sans empathie réelle pour ses victimes ». Il le juge capable de planifier des actes d’une perversité marquée, sans souffrir de trouble psychique, mais présente un trouble de la préférence sexuelle avec une « dangerosité potentielle majeure ». Selon les conclusions de l'expert, son discernement n'a jamais été altéré lors de ses nombreux passages à l'acte. Cottineau évoque être conscient de ses déviances, mais regrette l'inexistence d'espace de parole pour les pédophiles en France[12].
Il révèle à l'expert une première agression sexuelle sur un garçon de 5 ans à l’école primaire, lorsqu'il a 10-11 ans ; l'âge auquel il explique avoir des pulsions pédophiles. Il évoque regarder de la pédopornographie depuis ses 14 ans. Il situe sa seconde agression à l'âge de 16-17 ans, sur un enfant de 5 ans, gardé par sa mère qui exerce comme assistante maternelle[3],[12],[1]. Celle-ci signale à l'époque, les faits à la protection maternelle et infantile, mais les parents de la victime n'engagent aucune plainte envers lui, ce qui n'entraîne aucune suite judiciaire[3],[13]. Sa mère lui demande alors de quitter le domicile familial[1].
Organisations de viols collectifs
Cottineau et Guillaume C. sont suspectés d'avoir organisé, un week-end de au domicile de Cottineau, l'agression sexuelle et le viol d'un nourrisson de 5 mois dont il avait la garde sur quatre périodes de quelques jours entre avril et juillet. Ces faits d'une extrême violence sont filmés, puis diffusés sur le groupe Telegram, ce qui permet aux enquêteurs de l'OFMIN d'en prendre connaissance. Des traces de cannabis, de cocaïne et de molécules d'anxiolytiques et d'antidépresseurs sont révélés lors d'analyses toxicologiques sur la chevelure de cet enfant. Cottineau conteste l'administration de ces substances[6].
Le week-end du -, puis la semaine du , Cottineau propose à l'une de ses collègues assistante familiale, de garder un garçonnet de 2 ans durant ses congés. Fin août, il accueille chez lui de nouveau Guillaume C., avec Alain S. et Frédéric M. pour abuser de l'enfant à son domicile du début d'après-midi jusque tard dans la soirée, alors qu'au même moment la fillette en situation de handicap de 4 ans est présente et dort dans la chambre d'à côté. Une orgie pédocriminelle est organisée chez lui, jusqu'au viol collectif du garçon éveillé et parfois endormi. La victime, préalablement droguée, subit des sodomies en série par plusieurs hommes[12]. L'enquête met au jour les doses de Xanax et de somnifères introduit dans le yaourt donné à l'heure du goûter, ainsi que du poppers destiné à maîtriser le petit garçon pour les heures suivantes[3]. Les suspects terminent leurs méfaits par une masturbation collective sur le corps de leur victime toujours éveillée envers laquelle ils tiennent des propos dégradants et humiliants[6].
Le , Frédéric M. et Kevin D. sont accueillis par Cottineau afin d'abuser de nouveau du petit garçon qui fête alors ses 3 ans[6].
La scène de masturbation collective, filmée, est détectée sur le darknet par les policiers d'Interpol le , puis transmise à l'OFMIN[6]. Une autre vidéo du même mineur est également signalée le [1]. Les suspects sont identifiés, grâce à un travail de croisement de données téléphoniques, pour avoir séjourné en et en , dans la maison de Cottineau. Le recroisement matériel de certaines vidéos permet d'identifier les faits au sein de la chambre de Pierre-Alain Cottineau[3],[6],[12].
Le , Pierre-Alain Cottineau est entendu à sa demande par la juge d'instruction. Il avoue à minima les faits[1].
Quatre suspects sont interpellés le et le , mis en examen et placés en détention provisoire[3],[6],[12].
Le suspect principal fait une tentative de suicide médicamenteuse au printemps 2025[1].
Cottineau est mis en examen une seconde fois, le . Selon les policiers, « l'organisation des faits et leur déroulement attestent d'une forme d'expérience en matière de pédocriminalité »[1]. Lui et les quatre pédocriminels sont poursuivis pour viols sur mineurs, âgées de 5 mois à 4 ans, avec actes de torture et de barbarie, traite des êtres humains en bande organisée. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité[12].
Victimes
Début , il viole un nourrisson de cinq mois, le premier enfant qui lui est confié par l'aide sociale à l'enfance, après l'obtention de son agrément[3].
Une seconde victime est un nourrisson que Cottineau garde pour de courtes périodes, de ses trois mois à ses 6 mois[5],[11], placé chez lui au début de l'année [9]. Il reconnaît avoir abusé de l'enfant, une fois seul puis avec une autre personne[1].
Une fillette de quatre ans, porteuse d'un handicap physique et d'un retard de développement, nourrie par gastrostomie et nécessitant de nombreux suivis médicaux, est placée chez Cottineau en raison de carences éducatives de ses parents entre et son interpellation en [3],[5],[6],[1].
Un garçon est accueilli chez Cottineau de ses deux à trois ans sur des courts séjours lors de l'été [3]. Depuis la révélation des faits qu'il a subis, l'enfant consulte un psychiatre chaque semaine. Le père de l'enfant, lui-même passé par l'Aide sociale à l'enfance, a vu ses quatre enfants placés par les services de l’État en raison d'une situation familiale socialement, financièrement et psychologiquement fragile, marquée par des violences conjugales[1].
En , le nombre de victimes potentielles identifiées est de cinq ou six[9], âgés de cinq mois, deux ans et quatre ans au moment des faits[6].
Profil des suspects
Pierre-Alain Cottineau
Pierre-Alain Cottineau est né le [11] à Ancenis en Loire-Atlantique, d'une mère assistante maternelle et d'un père entrepreneur dans le secteur du bâtiment. Il est l'aîné de la fratrie et a deux sœurs. Ses parents se séparent lorsqu'il est l'âgé de 10 ans. Au collège, il participe à l'atelier théâtre[9].
Selon Le Parisien, en , à l’âge de 15 ans, il révèle son homosexualité à ses parents[3]. Durant son adolescence, entre ses 15 et ses 18 ans[9], il garde des enfants de deux familles d'Oudon en tant que baby-sitter[5]. Il encadre des camps de vacances[1].
Au lycée professionnel d'Ancenis, spécialité accompagnement soins et services à la personne, il est victime d'harcèlement scolaire en raison de son orientation sexuelle. Il obtient son diplôme d'aide-soignant à 21 ans[9].
Il préside entre et [9] l'association lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres « Esprit Arc-en-ciel » du pays d'Ancenis[8],[14]. Il fonde l'association « Oudon solidarité et entraide » en [15] et s'engage contre le harcèlement scolaire[16]. Il intègre également une association locale de lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales en distribuant notamment des violentomètres[17],[18]. Il est aussi un militant actif de La France insoumise et se présente comme tête de liste aux élections départementales de avec un programme orienté sur la protection de l'enfance[6],[17],[19],[20].
Il exerce dans un premier temps comme aide-soignant en soins palliatifs auprès de personnes âgées pendant une dizaine d'années[3]. Il devient ensuite famille relais et assistant maternel durant une dizaine d'années et enfin assistant familial, grâce à l'obtention d'un agrément auprès du département de Loire-Atlantique obtenu le [4],[17]. Dès lors, il reçoit à son domicile des enfants placés par l'aide sociale à l'enfance pour des séjours plus ou moins longs, de quelques jours à quelques mois[17]. Il demande explicitement à n'accueillir que des enfants de moins de six ans[5].
Sa vie privée semble alors stable, ponctuée par des relations amoureuses « classiques »[12]. Un ancien partenaire le décrit comme « obsédé par le sexe, omniprésent dans sa vie »[1].
Il est père en coparentalité d'une fille née à l'été , dont il partage la garde, une semaine sur deux, avec un couple lesbien domicilié dans une commune voisine[9],[21]. Il affirme n’avoir jamais eu d'attirance sexuelle pour sa fille[12].
Autres suspects
Guillaume C., 37 ans, originaire de Cholet, agent d'accueil dans une piscine municipale du Maine-et-Loire est l'un des correspondants les plus réguliers de Cottineau[6].
Frédéric M. 38 ans, créateur et concepteur de sites web[5] domicilié chez sa mère au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) est un ancien agent d'entretien dans les écoles. Il est consommateur régulier depuis l'adolescence, d'images pédopornographiques[6].
Alain S., un Belge de 53 ans, présente un lourd antécédent judiciaire. Il est condamné en 2015 pour un viol sur un mineur commis l'année précédente[3].
Kevin D., 32 ans, sans emploi originaire de Seine-Saint-Denis[3],[12].
Réactions
Selon certaines personnes qui côtoyaient Cottineau, son profil de personnalité engagée pour des causes sociales est jugé « déconcertant » pour un pédocriminel ; elles témoignent n'avoir jamais eu de soupçons le concernant[9],[21],[22],[18].
À la suite de sa mise en examen, le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, annonce auprès de l'AFP son exclusion immédiate en [2],[23].
Le département de Loire-Atlantique exprime à la suite de la révélation de l'affaire, sa « consternation », affirmant que « le recrutement de cet assistant familial en 2023 avait fait l'objet d'un double contrôle du casier judiciaire. La procédure d'agrément, le recrutement comme le suivi régulier de ce professionnel n'ont révélé aucun signe d'alerte »[4].
Affaire connexe
Lors des investigations de l'OFMIN, l’exploitation des données électroniques de l'un des mis en cause de l'affaire Pierre-Alain Cottineau, permet d'identifier un autre groupe d’échange de contenus pédocriminels sur une messagerie chiffrée française. La plateforme chiffrée répond aux réquisitions des enquêteurs. Les historiques de connexion permettent d'identifiés huit suspects plutôt issu du milieu homosexuel, dont certains se connaissent et ont des relations entre eux[24].
Le , les enquêteurs de l’Ofmin interpellent des suspects, âgés de 27 à 48 ans, dont certains sont connus de la justice. Ils habitent dans le Pas-de-Calais, les Alpes-Maritimes, la Haute-Savoie et les Bouches-du-Rhône. Une information judiciaire est ouverte pour des faits de détention, offre ou cession d’images pédopornographiques en bande organisée et non dénonciation de crime ou délit. L'ensemble des suspects sont mis en examen. Les investigations se poursuivent[24].