Affaire du camp de Grenelle
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Paris, BnF, département des estampes et de la photographie, 1802.
| Date | - |
|---|---|
| Lieu | Grenelle, France |
| Issue | Victoire du Directoire |
| • François Philippe de Latour-Foissac • Guillaume Brune • Jean-Baptiste Solignac • Malo |
• Joseph-Marie Cusset • Marc-Antoine Huguet • Claude Javogues • Jean Fyon • Maximilien Jacob |
| Inconnues | 400 à 700 hommes[1] |
| 5 blessés[1] | 20 morts[1] 132 prisonniers[1] |
Guerres de la Révolution française
Batailles
- Émeutes des 12 et 13 juillet 1789
- Prise de la Bastille
- Journées des 5 et 6 octobre 1789
- Fusillade du Champ-de-Mars
- Journée du 20 juin 1792
- Prise des Tuileries
- Massacres de Septembre
- Journées du 31 mai et du 2 juin 1793
- 9-Thermidor
- Insurrection du 12 germinal an III
- Insurrection du 1er prairial an III
- Insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV
- Affaire du camp de Grenelle
- Coup d'État du 18 fructidor an V
- Coup d'État du 30 prairial an VII
- Coup d'État du 18 Brumaire
| Coordonnées | 48° 50′ 44″ nord, 2° 17′ 30″ est | |
|---|---|---|
L'affaire du camp de Grenelle est un événement de la Révolution française intervenu sous le Directoire, dans la nuit du 9 au .
L'affaire du camp de Grenelle est l'épisode décisif de la conjuration des Égaux animée par Gracchus Babeuf. Cet ancien feudiste, qui prônait un communisme agraire, prépare un complot en liaison avec d'anciens Montagnards. Après l'échec des journées de germinal et de prairial an III (1er avril et ), il convient de renoncer à un soulèvement populaire, les faubourgs ayant été désarmés.
Le , Gracchus Babeuf et les membres de la conjuration des Égaux sont arrêtés. Devant la répression qui s'abat alors dans les milieux démocratiques parisiens, plusieurs tentent de provoquer un soulèvement, d'abord au sein de la Légion de police puis, après sa dissolution le 13 floréal an III (), parmi les soldats du 21e régiment de dragons, qui campent à Grenelle.
Responsable de l'arrestation de Babeuf et de ses camarades, l'agent-double Grisel est considéré comme étant à l'origine de la machination policière préalable à l'affaire. Peut-être averti par Grisel, Carnot aurait prévenu Malo, le commandant de l'unité. Selon d'autres sources, au contraire, c'est Malo qui aurait prévenu Carnot, lequel aurait décidé d'en profiter pour se débarrasser des derniers Jacobins.
Déroulement
Le camp de Grenelle est alors commandé par le général de division François Philippe de Latour-Foissac, secondé par les généraux de brigade Mailly et Brune, le chef de brigade Dejean, l'adjudant divisionnaire Hillet et l'adjudant-général Solignac[2].
Dans la nuit du 23 au 24 fructidor, d'anciens jacobins se réunissent à l'auberge du Soleil d'Or, à Vaugirard[1]. Menés par trois anciens conventionnels — Cusset, Huguet et Javogues — et par le général Jean Fyon, ils forment une troupe forte de plusieurs centaines d'hommes — 400 d'après le général Latour-Foissac et 600 à 700 d'après le ministre de la Police Cochon de Lapparent[1].
Les conjurés se portent au campement du 21e régiment de dragons avec l'intention de fraterniser avec les soldats[1]. Selon Cochon, « les factieux, en entrant au camp, crièrent d'abord vive la République ! et ensuite vive la constitution de 1793 ! à bas les Conseils ! à bas les nouveaux tyrans. Le premier cri fut répété avec enthousiasme par les braves défenseurs de la patrie, mais ils rejetèrent les autres avec l'indignation et le mépris qu'ils méritaient »[1]. Selon le récit du général Latour-Foissac : « les égorgeurs avaient crié vive la République ! cri cher à tous les Français, et que nos soldats répétèrent; mais celui de vive la constitution de 1793, à bas les Conseils, à bas les nouveaux tyrans, s'étant fait entendre en même temps, l'indignation fut générale sur toute la ligne ; les vrais républicains jurèrent haine et mort à ceux qui en profanaient ainsi le nom pour déguiser leurs sanguinaires projets »[1].
Les dragons, menés par le chef d'escadron Malo, chargent les conjurés qui se retrouvent bientôt cernés de toutes part[1].
Parmi les directeurs, Carnot et Letourneur organisent la défense du palais du Luxembourg contre une supposée attaque, Barras aurait aidé certains de ses amis compromis à fuir. Quant à La Réveillère-Lépeaux, alors président du Directoire, il n'est prévenu qu'au dernier moment, et Reubell est parti à sa maison de campagne d'Arcueil.
Pertes
D'après le rapport officiel, les insurgés laissent 20 morts et de nombreux blessés, tandis que cinq dragons sont blessés de coups de couteaux[1]. Les dragons font rapidement 52 prisonniers et les autres corps, 17. Après des recherches effectuées jusqu'au matin, parfois loin du camp, le nombre des captifs monte à 132[1].
Répression, procès et exécutions

Estampe anonyme, Paris, BnF, département des estampes et de la photographie, 1796.
Le Directoire décide de mener une répression sans pitié. Le 24 fructidor, les Conseils votent une loi modifiant celle du 22 messidor () et permettant d'utiliser celle du 30 prairial an III (), qui vise théoriquement les Vendéens et les Chouans pris les armes à la main. En conséquence, les prisonniers sont traduits devant un conseil militaire. Constitués par la loi du 2e jour complémentaire de l'an IV (), ces conseils sont composés uniquement de militaires.
En vendémiaire an V (), le Conseil, réuni au Temple, prononce 33 condamnations à mort, dont celle du général Maximilien Henri Nicolas Jacob. Contrairement à la loi de fructidor, qui admettait un recours en cassation, trente condamnés sont fusillés. Deux ont été condamnés par contumace, un autre s'est suicidé. Trois anciens conventionnels, Javogues, Cusset et Huguet, figurent parmi les fusillés, ainsi que l'ancien maire de Lyon Bertrand, plusieurs anciens commissaires révolutionnaires et Jean-Nicolas-Victor Gagnant, peintre en équipages et secrétaire de Drouet.
Le 22 germinal (), le tribunal de cassation annule les autres condamnations. Renvoyés devant le tribunal criminel de la Seine, tous sont acquittés.
Quelques mois après le coup d'État du 18 fructidor an V, la répression s'abat sur les Jacobins et les royalistes, contraignant Carnot à la fuite.
