Afrique française libre

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Capitale Brazzaville (1940-1943)
Alger (1943-1944)
26-28 août 1940 Ralliement des premiers territoires à la France libre.
Afrique française libre

1940–1944

Drapeau
Drapeau de la France libre.
Description de cette image, également commentée ci-après
L'Afrique française libre en novembre 1940, comprenant le Tchad, le Cameroun français, l'Oubangui-Chari, le Gabon, le Congo français.
Informations générales
Statut Haut-commissariat.
Capitale Brazzaville (1940-1943)
Alger (1943-1944)
Langue(s) Français
Histoire et événements
26-28 août 1940 Ralliement des premiers territoires à la France libre.
27 octobre 1940 Création du conseil de défense de l'empire.
12 novembre 1940 L'Afrique française libre est érigée en Haut-Commissariat.

L'Afrique française libre est l'entité politique rassemblant les territoires d'Afrique française successivement ralliés à la France libre du général de Gaulle, à partir d', pendant la Seconde Guerre mondiale, pour continuer la lutte contre les forces de l'Axe.

Elle offre une assise politique et territoriale à la France libre et fortifie la position internationale du général de Gaulle. Elle participe largement à l'effort de guerre par son financement de la Résistance française, par la contribution humaine de ses nombreux soldats aux Forces françaises libres, et par l'exploitation militaire de ses installations et de ses territoires.

Par sa situation géographique, l'Afrique française libre offre un atout considérable aux Alliés, favorisant les opérations militaires à partir du Tchad dans le cadre de la guerre du Désert, comme facilitant les communications à travers le continent, les colonies britanniques pouvant désormais communiquer entre elles.

Félix Éboué, premier gouverneur à rallier la France libre, et Charles de Gaulle.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors l'Appel du 18 Juin et des jours suivants, le général de Gaulle appelle à poursuivre la lutte, en se basant sur le « vaste empire » dont la France dispose, notamment en Afrique.

Le général Noguès, commandant en chef des forces françaises d'Afrique française du Nord (AFN), après plusieurs discours manifestant sa volonté de continuer le combat, change d'avis et décide finalement d'y renoncer ; il soutient Pétain et le régime de Vichy. L'Afrique-Occidentale française (AOF) fait de même, la bataille de Dakar ayant échoué à forcer son ralliement.

En revanche l'Afrique-Équatoriale française (AEF) se rallie progressivement à la France libre[1]. Le premier initiateur de ce ralliement est Félix Éboué, gouverneur de la colonie française du Tchad. Dès le , il manifeste sa volonté de poursuivre la lutte en écrivant dans ce sens au général de Gaulle[2]. Le , soutenu par le colonel Marchand et par Henri Laurentie, il proclame officiellement le rattachement du Tchad à la France libre[2].

Ce premier ralliement est d'importance : il permet à la France libre de disposer d'un territoire, d'y exercer sa pleine souveraineté, de bénéficier des contributions publiques, de lever des troupes[3].

Le même jour que le ralliement officiel du Tchad, une petite expédition commandée par Leclerc, autoproclamé colonel pour la circonstance, débarque à Douala. Il en prend le contrôle le lendemain, , et obtient ainsi le ralliement du Cameroun français à la France libre[4]. Les jours suivants, le Congo français est rallié le par le colonel de Larminat, puis c'est le tour de l'Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine) de rallier la France libre[1]. Le , le colonel de Larminat crée le gouvernement de l'Afrique française libre.

Le Gabon ne suit d'abord pas le mouvement des ralliements à la France libre, et reste fidèle à Vichy. En , une offensive des Français libres dirigés par Leclerc, après des combats du 9 au , force le ralliement du Gabon[1].

C'est alors la totalité de l'Afrique-Équatoriale française (AEF), plus le Cameroun français, qui forment l'Afrique française libre[1]. Celle-ci est érigée en Haut-commissariat le . Brazzaville en devient la capitale[5].

Assise politique de la France libre, organisation

Photo de Charles de Gaulle, saluant avant de descendre de voiture
De Gaulle arrive à Brazzaville, sa capitale.

Sur le vaste territoire de l'Afrique française libre, comprenant l'AEF et le Cameroun français, de Gaulle peut exercer sa pleine responsabilité de chef de la France libre, à l'égal d'un chef d'État.

Après être passé par Douala au Cameroun et par le Tchad, il arrive le à Brazzaville, qui était déjà le siège du gouvernement du Congo français, et le siège du gouvernement général de l'AEF.

Brazzaville devient sa capitale, la capitale de l'Afrique française libre et de toute la France libre. Elle restera la capitale jusqu'en 1943, quand Alger prendra la suite[6].

Charles de Gaulle peut y exercer ses fonctions régaliennes. C'est à Brazzaville qu'il signe les premiers décrets et ordonnances qui organisent la France libre[5].

Il y crée le le Conseil de défense de l'Empire. Cet organe est l'embryon du premier gouvernement de la France libre, et a pour but « la conduite générale de la guerre en vue de la libération de la patrie »[1]. La Grande-Bretagne le reconnaît en [5].

Charles de Gaulle y institue aussi l'ordre de la Libération, le [6].

C'est là aussi que de Gaulle donne les instructions secrètes pour la Force L du colonel puis général Leclerc, c'est l'embryon de la future 2e BD[6].

Radio-Brazzaville devient la radio officielle de la France libre[6].

L'administration des territoires conserve dans un premier temps le mode de fonctionnement administratif antérieur. Le nouveau gouverneur général de l'AEF est Félix Éboué, le gouverneur qui avait le premier rallié la France libre. Il commence par suivre le mode de fonctionnement antérieur avant de promouvoir une politique de réformes de fond, voulant se baser sur un principe d'association, et non plus d'assimilation[7]. Cette politique veut aussi respecter les « institutions naturelles ». Éboué réunit régulièrement les responsables des colonies françaises, notamment le , dans l'objectif de l'« Union française » comportant un nouveau mode de relations avec la métropole[7].

Le syndicalisme est à nouveau autorisé en 1943. Cela permet aux victimes des abus d'injustices administratives dans les colonies, ou d'abus, de faire entendre leur voix[5].

L'Afrique française libre perdra le premier plan après le débarquement américain de en Afrique du Nord, quand Alger deviendra la nouvelle capitale de la France libre en 1943, et que seront réunies l'AFN, L'AOF et l'AEF[5].

Contribution à l'effort de guerre

Notes et références

Voir aussi

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