Albert Lévy (magistrat)
magistrat
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Albert Lévy, magistrat français, né le [1], termine sa carrière de magistrat de l'ordre judiciaire en tant que [2] vice-président chargé des fonctions de juge d'instruction près la juridiction interrégionale spécialisée [3] de Lyon (jusqu'au ). Auparavant, il avait été substitut du procureur de la République au tribunal de grande instance de Toulon, où il fut chargé de la lutte contre le banditisme et en particulier l'affairisme toulonnais. Sa carrière n’aura progressé que difficilement en raison de son indépendance à l’égard du pouvoir politique et de sa volonté d’axer ses missions judiciaires dans la lutte contre le crime organisé dans ses relations avec le milieu politique corrompu qui s’empare en 1995 de la Mairie de Toulon.
| Vice-président (d) Syndicat de la magistrature |
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La France insoumise (depuis ) |
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Il est membre du Syndicat de la magistrature. Il en fut son vice-président et membre du bureau national.
Depuis 2020, il adhère à la France insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dont il se dit proche. Depuis 2019, il milite au sein de L'Union populaire, une composante de la gauche française. Il a également figuré sur une liste soutenue par Europe Écologie Les Verts lors des élections législatives. Il est par ailleurs actif sur le réseau social Twitter.
Débuts dans la magistrature
Après avoir obtenu une maîtrise en droit et le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (il fut avocat à Marseille), Albert Lévy intègre la magistrature et est nommé substitut du procureur de la République au Tribunal de grande instance de Dunkerque le .
Affairisme toulonnais
Albert Lévy est ensuite nommé à Toulon en 1991. Son travail sur le grand banditisme l'oriente parfois vers la mairie de Toulon et le conseil général du Var. En dépit de ses efforts, des dizaines d'affaires liées au crime organisé et à la corruption s'évaporent ou se terminent en classement ou en non-lieux. « Ouvertement engagé à gauche », Albert Lévy fait l'objet de mises en cause répétées[4],[5] en raison de son indépendance. Le magistrat considère qu’il tient ses prérogatives de la loi et non de la chancellerie ou de sa hiérarchie. En 1995, Jean-Marie Le Chevallier (FN) est élu à la mairie de Toulon. Le magistrat tente alors de mettre au jour diverses affaires pénales mettant en cause le maire et son entourage. La chancellerie est alertée mais le garde des Sceaux Jacques Toubon fait la sourde oreille. Le procureur de la République de Toulon reste muet, tout comme le préfet du Var Jean-Charles Marchiani.
En 1998, la tension est à son comble et le procès des assassins de la député FN Yann Piat doit s'ouvrir. Le substitut Albert Lévy ne croit pas à la thèse officielle d'un vulgaire règlement de comptes de truands et le fait savoir à plusieurs reprises[6].
Affaire des fuites
Le , des extraits de procès-verbal sont publiés dans l'hebdomadaire VSD. Un homme d'affaires toulonnais, Sauveur Catalano, y prétendait qu'une filiale de Vivendi aurait versé un pot-de-vin à la mairie toulonnaise (alors tenue par le FN) pour obtenir le marché des cantines scolaires.
En 1998, Albert Lévy est poursuivi pour violation du secret professionnel[7] alors qu'il est substitut du procureur de la République de Toulon. Albert Lévy est soupçonné d'avoir remis au journaliste Claude Ardid le procès-verbal de l'audition de l'homme d'affaires Sauveur Catalano, témoin-clef du scandale de détournement de fonds aux cantines scolaires de Toulon.
Dans cet article, la municipalité FN était accusée d'avoir bénéficié de malversations par une entreprise candidate à l'attribution du marché des cantines scolaires de la ville. Le nom d'Albert Lévy commence à circuler. Il compterait parmi ses amis Robert Gaïa, député socialiste et Claude Ardid, coauteur d'un ouvrage sur l'affaire Yann Piat accréditant la thèse d'un assassinat politique et contenant des pièces d'instruction[8].
Albert Lévy nie les faits et estime avoir été victime de manœuvres politiques et d’antisémitisme. Il dit avoir été victime de rétorsion à cause des procédures qu'il avait engagées au parquet de Toulon contre le maire FN de l'époque, Jean-Marie Le Chevallier, et son épouse.
Instruction et procès
Une instruction est menée à Paris par Marie-Paule Moracchini. Elle conduit fin 1998 à des écoutes téléphoniques, une perquisition au domicile d'Albert Lévy, à son placement en garde à vue et sous contrôle judiciaire avec obligation de soins psychologiques, une mesure annulée ensuite en appel. Placé sur écoutes téléphoniques, surveillé, filmé à son insu, Albert Lévy ne donnera aucun indice permettant aux enquêteurs d'accréditer ces soupçons. Ce n'est que sur la base d'un aveu de Claude Ardid, sans doute négocié par les enquêteurs[réf. nécessaire], qu'il sera finalement mis en cause.
Par deux fois, la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris désavoue la juge Moracchini, estimant que son enquête n'avait pas été conduite de manière régulière.
En , malgré deux annulations de procédure prononcées par la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris, la juge d'instruction Marie-Paule Moracchini signe une nouvelle mise en examen d'Albert Lévy pour « violation du secret de l'instruction ».
Pour le Syndicat de la magistrature, cette procédure relève « d'un acharnement étranger à tout esprit de justice et d'une pure logique de règlement de comptes ».
Albert Lévy comparait en devant le tribunal correctionnel de Paris (17e chambre correctionnelle). Une amende de 3 000 euros est requise le par le procureur François Cordier, qui a également requis une amende de 2 000 euros contre le journaliste Claude Ardid. Le , le tribunal correctionnel de Paris relaxe Albert Lévy ainsi que le journaliste Claude Ardid[9].
Le calembour antisémite de l'APM
Albert Lévy fut l'objet d'un calembour antisémite (« Tant va Lévy au four qu'à la fin il se brûle ») dans le journal de l'Association professionnelle des magistrats (APM) par un de ses dirigeants, Alain Terrail, avocat général près le cour d’appel de Paris. Ce dernier fut condamné pour injure publique à caractère racial, et mis à la retraite d'office[10] par le Conseil supérieur de la magistrature, à la demande de la ministre de la Justice Elisabeth Guigou.
Suite de la carrière
Le , Albert Lévy prend ses fonctions comme substitut à Lyon. L'éventuel avancement professionnel auquel il pourrait prétendre est bloqué par sa mise en examen… jusqu'à décision la définitive sur le fond de relaxe rendue par le tribunal de Paris.
Projet d'enlèvement
Le , Le Figaro révèle que des salafistes de l'association dissoute Forsane Alizza projetaient d'enlever Albert Lévy, alors que dernier venait de mettre en examen pour séquestration l’un de ses membres. Le magistrat est placé sous protection policière et les salafistes arrêtés[5].
Engagement politique
| Albert Lévy | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Conseiller municipal de Lyon | |
| En fonction depuis le (5 mois et 6 jours) |
|
| Élection | 22 mars 2026 |
| Maire | Grégory Doucet |
| Conseiller du 3e arrondissement de Lyon | |
| En fonction depuis le (4 mois et 29 jours) |
|
| Élection | 22 mars 2026 |
| Maire | Marion Sessiecq |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | LFI |
| Profession | Magistrat |
| modifier |
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En 2007, Albert Lévy se met en disponibilité afin de participer aux législatives dans la liste des Verts[5].
Fin , il est pressenti pour être le candidat de La France insoumise (LFI) aux élections législatives dans la 7e circonscription du Rhône, où Jean-Luc Mélenchon est arrivé largement en tête de l'élection présidentielle[11],[12]. L'éventualité de son parachutage n'est cependant pas très bien perçue et LFI préfère finalement investir le militant des quartiers populaires, Abdelkader Lahmar[13],[14]. Le , Albert Lévy annonce le retrait de sa candidature dans un tweet[15].
Le , il est annoncé en 72e position sur la liste de LFI aux élections européennes[16],[17].
Lors des élections municipales de 2026, il est candidat à la mairie du 3e arrondissement de Lyon[18] et tête de liste pour la circonscription Lyon-Est pour les élections métropolitaines. Dans le cas du troisième arrondissement, il fusionne au second tour avec la liste écologique de Marion Sessiecq et devient conseiller d'arrondissement. La fusion de la liste de Anaïs Belouassa-Cherifi avec celle de Grégory Doucet[19] lui permet également d'être élu conseiller municipal à la mairie centrale[20]. Qualifié au second tour pour les élections métropolitaines, il n'obtient pas de siège au conseil métropolitain[21].
Synthèse des résultats électoraux
Élections municipales
Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste.
Élections métropolitaines
Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste.
Pour approfondir
Bibliographie
- « Qui veut la peau d'Albert Lévy ? », L'Humanité, (lire en ligne
, consulté le ) - Renaud Lecadre, « Une procédure qui dure contre le procureur Lévy », Libération, (lire en ligne, consulté le )