Alcée de Mytilène
poète grec de l’époque archaïque
From Wikipedia, the free encyclopedia
Alcée de Mytilène (en grec ancien Ἀλκαῖος / Alkaĩos, en latin Alcaeus) est un poète grec de l'époque archaïque né vers l’an 630 av. J.-C.
Mytilène
| Naissance |
vers 630 av. J.-C. Mytilène |
|---|---|
| Décès | vers 580 av. J.-C. |
| Activité principale |
| Langue d’écriture | grec ancien |
|---|---|
| Genres |
Œuvres principales
- Hymnes
Représentant de la poésie lyrique monodique, le Canon alexandrin voit en Alcée le second des poètes lyriques grecs. Contemporain de Sapphô, dont la légende dit qu'il fut le rival tout en en étant amoureux, il est mort vers 580 av. J.-C.
Biographie
Alcée est natif de Mytilène, la ville la plus importante de l’île de Lesbos. La famille du poète fut active dans la politique locale de la ville, et soutint les aristocrates. Elle faisait donc partie de l’opposition aux tyrans, imposés par la plèbe, et qui sont au pouvoir. Les frères d'Alcéé, Kikis, chef du parti aristocratique, et Anitménide (que l'on connaît par le témoignage d'Alcée) auraient ainsi tué le tyran Mélanchros de Mytilène, condamnant sa famille à l’exil. Il a alors beaucoup voyagé, visitant l’Égypte et la Palestine.
Alcée a atteint un âge avancé, et il mena une vie d'aventure, en se mêlant aux luttes politiques de son temps. Exilé, il a dû attendre que le tyran Pittakos quitte le pouvoir pour revenir chez lui. Après son retour à Mytilène, il prend part à la guerre contre les Athéniens pour la possession de Sigée, située sur la côte de la Troade[1].
Œuvre

Ses poèmes ne nous sont parvenus que de façon fragmentaire : il s’agit d'hymnes, de chants politiques et belliqueux, de louanges du vin et de la bonne table, de chants d’amour. La majeure partie de son œuvre est politique et érotique[1].
Un aperçu des hymnes est possible grâce à une paraphrase de son Hymne à Apollon par le sophiste Himérios (IVe siècle de l'ère chrétienne). Mieux encore, un papyrus a permis la conservation de la moitié de l’Hymne aux Dioscures. Il s’agit d’un hymne « clétique » (du grec κλητικός / klêtikós, « qui sert à appeler »), c’est-à-dire invoquant la présence des dieux qu’il chante.
Les hymnes guerriers (πολεμικά / polemiká), dits aussi « séditieux » (στασιωτικά / stasiôtiká, c’est-à-dire concernant une guerre civile) constituent aujourd'hui l'essentiel de l'œuvre d'Alcée[2], et ils ont été mieux conservés. Il s’agit de chants sur des guerres qui ont bel et bien été menées par les Mytiléniens, à l'époque du poète[2].
Il a par ailleurs laissé des poèmes politiques qui ont fortement contribué à sa gloire. L'auteur y déplore la fin de l'aristocratie et l’émergence d'un monde gouverné par l’argent. Il s'en prend aux tyrans qui règnent sur son île, en particulier à Pittacos, qui a pourtant été mis au nombre des Sept sages : il attaque sa basse extraction. l’accuse de traîtrise et moque son physique bedonnant. Sept siècle plus tard, Denys d'Halicarnasse admirera l'art d'Alcée, sa verve et son « éloquence politique » et son habileté à manier l’invective[2].
La frontière est parfois difficile à établir entre poèmes politiques, chansons de table (skolia), poèmes de banquet (sympotica, durant les sympósion), poèmes d'amour (erôtika) ou encore poèmes de la guerre civile (stasiotika)[2].
Ainsi, Alcée boit parfois à la mort du tyran Myrtylos, ou attaque Pittacos dans une chanson de table. Néanmoins, Alcée se montre très varié dans les thèmes de ses chants de banquet : tout ou presque lui est prétexte à boire. Certaines de ces chansons font également allusion à l'amour — un thème probablement plus important que le montrent les fragments qui nous sont parvenus : il loue ainsi le « charmant Ménon » ou encore, selon Horace (Odes, 1, 32, 10), « le beau Lycos aux cheveux et aux yeux noirs », ainsi que bien d'autres jeunes gens[2].
Jugement
Dans sa poésie, Alcée apparaît comme un aristocrate orgueilleux, qui apprécie la guerre, les banquets, tout en méprisant le bas-peuple, et prêt à se venger. Les poètes alexandrins l'admireront[2].
Langue et forme
La langue d’Alcée est le dialecte éolien, et son vocabulaire est parsemé de formations homériques. Il est à l'origine de la strophe alcaïque, qui sera utilisée notamment par Horace[1].
