Alexandre Gefen
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Fabula.org Théorie et Histoire des Arts et des Littératures de la Modernité (d) |
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Alexandre Gefen, né en 1970, est un critique littéraire et chercheur universitaire français.
Éditeur de l'œuvre de Marcel Schwob, il a contribué à l'étude du genre de la fiction biographique. Il s'est penché sur des questions d'histoire et de théorie littéraire (théorie de la mimesis, théorie des émotions, théorie de la fiction) en s'intéressant en particulier à la littérature française contemporaine.
Son travail tend à renouveler et à étendre le champ des études littéraires en observant les transformations de l'idée de littérature.
Il se consacre également à l'édition électronique, la littérature de réseaux, la lecture à distance, ainsi qu'aux humanités numériques et à l'intelligence artificielle[1].
Alexandre Gefen obtient l'agrégation de lettres modernes en [2].
Il est maître de conférences à l'université Bordeaux-III[3] en littérature française du XXe siècle, de à .
Il rejoint en le Centre d'étude de la langue et de la littérature française, UMR 8599 du CNRS et de l'université Paris-Sorbonne Paris-IV puis, en , l’UMR Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (THALIM) de l'université Sorbonne-Nouvelle Paris-3 comme directeur de recherche[4]. Il est directeur scientifique adjoint de l'InSHS du CNRS depuis [5]. Il y a coordonné en 2023 un travail de synthèse en accès ouvert sur les Sciences Humaines et Sociales : Un monde commun. Le savoir des sciences humaines et sociales[6].
Entre et , il est membre du CNU (9e section) et du Conseil scientifique de l'INSHS[7]. Il a soutenu en à l'université Paris-Diderot Paris-7) son habilitation à diriger des recherches, sur le thème « Le recours à la fiction », avec un livre inédit intitulé Réparer le monde. La littérature française face au XXIe siècle[8].
En parallèle à ses activités universitaires, il est également membre de différents comités de lecture pour des revues telles Modernités, AOC[9] et a publié nombre d'articles dans des revues critiques et magazines littéraires tels que La Nouvelle revue française, Les Temps modernes, Revue critique de fixxion française contemporaine, ou le Magazine littéraire[10].
Travaux
Fondateur en 1999 du site Internet Fabula[11], site consacré à la recherche en littérature, et la plateforme d'édition numérique CEPM à l'université Paris-Sorbonne Paris-IV, il s'est intéressé aux humanités numériques des travaux portant sur la diffusion du savoir, les réseaux et outils collaboratifs scientifiques, la philologie numérique et ses enjeux épistémologiques et les écritures en réseau[12]. Il a contribué au développement et aux pilotage des humanités numériques en France à travers le consortium « Cahier » et le Labex « OBVIL » (Sorbonne Universités)[13].
En , il a travaillé à la coordination d'un programme de recherche international intitulé Émotions, Cognition, Comportement de l’Agence nationale de la recherche[14], qui s'intéresse à la question des émotions littéraires, conçue comme une piste novatrice dans l'analyse du champ littéraire.
L'édition d' Artamène ou le Grand Cyrus avec Claude Bourqui ambitionne de donner accès à cette somme romanesque à un large public. Publié en version papier, cette édition est coordonnée à un site Internet (www.artamene.org), élaboré par les mêmes éditeurs, qui offre l'intégralité du texte, ainsi que de nombreux outils de recherche. « En prenant les moyens modernes de l'édition, les éditeurs réussissent à rendre presque familier un texte trop longtemps considéré comme illisible »[15].
Travaillant à l’adoption des outils de l’Intelligence Artificielle pour la recherche dans les sciences humaines et sociales comme à son examen critique, il a notamment représenté les SHS dans le Forum mondial sur l’IA pour l’humanité[16] organisé en 2019. Après un programme de recherche consacrées aux fictions de l’Intelligence Artificielle, il est porteur principal (PI) du projet ANR « CulturIA[17]», pour une histoire culturelle de l’IA, ce qui le conduit notamment à travailler sur les Grands Modèles de Langage et sur ChatGPT en particulier[18],[19],[20] pour réfléchir à la créativité littéraire et artistique artificielle[21],[22].
Son projet Le monde selon l'IA. Explorer les espaces latents, catalogue de l'exposition du Jeu de Paume (avec Antonio Somaini et Ada Ackerman)[23], l'a conduit à organiser de très nombreuses conférences sur l'Intelligence Artificielle et la création[24],[25],[26], et à être commissaire des deux expositions : avec Ada Ackerman, MirabilIA, comment l’IA métamorphose la création, centre d’Art d’Enghien, et avec Antonio Somiani, Ada Ackeman et Pia Viewing, Le monde selon l’IA, Musée du Jeu de Paume, [27],[28].
Son travail sur l'Intelligence Artificielle s'articule autour de plusieurs angles, notamment celui de l'IA dans la recherche en littérature et en sciences humaines et sociales[29],[30] mais aussi dans la création littéraire et artistique[31],[32]. Il se consacre également aux problèmes philosophiques généraux liés à l'IA[33],[34], en particulier nos relations à l'IA et la question de leur autonomie et leur agentivité[35].
Champ de recherche
Alexandre Gefen s'est d’abord intéressé au genre littéraire des récits biographiques dont il a publié une anthologie : son titre Vies imaginaires est emprunté à Marcel Schwob (Vies imaginaires) et l'ouvrage s'étend de Plutarque à Pierre Michon, auteur de Vies minuscules ; la critique italienne Gabriella Bosco souligne que les récits sont intentionnellement ordonnés de manière à montrer des exemples de formes pré-modernes d'écriture biographique qui partagent une même prétention à une autonomie, plus ou moins grande, par rapport à la vérité historique[36].
Alors que dans les siècles précédents, le roman avait vu son couronnement, l'universitaire Anaïs Guilet cite un constat d'Alexandre Gefen, Philippe Daros, et Alexandre Prstojevic : « la littérature du XXIe siècle débute avec le triomphe du document : écritures de voyage, d’investigation, enquêtes judiciaires ou ethnologiques, autobiographies, factographies, […], rapports et enregistrements littéraires, et autres formes de récits refusant de se dire romans. »[37],[N 1],[40]. Il est alors pertinent selon Alexandre Gefen de chercher à définir les frontières de la fiction[41]et de la non-fiction[38].
Alexandre Gefen pointe également le « vacarme », le « dissensus » de la critique littéraire contemporaine, et avance l'idée d'une « fin des systèmes théoriques » [N 2],[N 3]. Mais la période serait également porteuse d'initiatives intellectuelles volontairement « décentrées », qui ne peuvent manquer de retenir [l']attention. »[42].
Aussi, conviendrait-il de renouveler et étendre le champ des études littéraires[47] : d'un point de vue formel en portant attention aux écritures numériques, en incluant les auteurs amateurs et la littérature populaire ; d'un point de vue générique, d'inclure la non-fiction, les écritures transpersonnelles, les nouveaux réalismes littéraires, d'un point de vue thématique, d'aborder l'inclusion de problématiques contemporaines, car « un pan important de la production littéraire contemporaine se caractérise par le souci d’être une pratique sociale, qui se veut en prise sur le monde. Nombreuses sont les œuvres, depuis le début du XXIe siècle, qui s'attachent, à « Réparer le monde », à soigner les traumatismes des oubliés de l'Histoire ». « Penser l’activité littéraire en termes d’usage » permet d’ouvrir la littérature à « la richesse des pratiques scripturales »[48],[40].
Il s'agit dans cette perspective de mettre en avant la vocation réparatrice, empathique[49] ou thérapeutique[50],[51] de la littérature contemporaine[52] qui deviendrait comme une pratique « relationnelle » aux effets éthiques et politiques[53],[8],[54],[55].
Avec L'Idée de littérature. De l’art pour l’art aux écritures d’intervention, « Alexandre Gefen poursuit la réflexion qu’il avait engagée sur les métamorphoses du territoire de la littérature actuelle et se questionne sur « l'extension du domaine de la littérature » à travers un panorama de l'idée de littérature, de l'apparition du mot jusqu’aux évolutions actuelles du concept »[52],[56]. La littérature « n'est plus une « fin » en soi, un art coupé des contingences du monde social »[57] et propose une conception élargie de la littérature, seule apte à englober le domaine étendu des écrits littéraires contemporains[56] ; actes engagés dans le politique, sans pourtant relever de ce que le XXe siècle appelait la littérature engagée[58].