Alexandre Kalioujny fut aussi champion de saut, et remporta le concours de Paris en 1941[4].
Russe d'origine, né à Prague, ses parents ayant fui la révolution bolchévique, Alexandre Kalioujny reçoit sa formation de danseur auprès de Gustave Ricaux, de Victor Gsovsky et d’Olga Preobrajenska. En 1939, danseur athlétique et de grand style, il remporte le premier prix au Concours international de Danse à Bruxelles[5]. De 1942 à 1947, il danse dans la compagnie des Nouveaux Ballets de Monte-Carlo[6],[7].
Bibliothèque-musée de l'Opéra: le danseur étoile Alexandre Kalioujny par le sculpteur Jacques Gestalder.
La seconde partie de sa carrière est consacrée à l'enseignement de la danse. Il ouvre avec Alice Besse un studio de danse à Nice boulevard Gambetta[11] où il compta parmi ses élèves Claude Antolini. De 1960 à 1970, il professe au conservatoire de Nice puis, de 1970 à 1986, il transmet son expérience aux Étoiles de l'Opéra de Paris. Parmi ses élèves les plus marquants figurent Élisabeth Platel, Claude Antolini et Charles Jude. Rudolf Noureev admirait ses cours[12].
L'un des points auxquels Kalioujny portait le plus d'attention était la giration[13], dont la rapidité est l'un des éléments primordiaux dans des œuvres telles que Suite en blanc. Charles Jude relate qu'il composait des enchaînements où les pas demandant une grande technique et les grands sauts se suivaient l'un à l'autre sans transition, ce qui les rendait aussi stimulants que difficiles: «Alexandre Kalioujny avait un tempérament de créateur. Ses cours étaient véritablement chorégraphiés. Il avait l’intelligence de mettre les difficultés techniques en perspective, en situation, dans un enchaînement»[14].
Jean Guizerix le définit «très riche en invention de pas»[15].
Gilbert Serres évoque son talent de professeur de pas de deux[16] en rappelant qu'il avait été aussi un partenaire très recherché pour son athlétisme.
En haut de l'escalier de la bibliothèque-musée de l’Opéra de Paris est érigé depuis 1990 le bronze d’Alexandre Kalioujny saisi par le sculpteur Jacques Gestalder dans un saut des Danses polovtsiennes du Prince Igor.