Alfred Cluysenaar

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Alfred Cluysenaar
Autoportrait de l'artiste.
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Distinctions

Alfred Cluysenaar, né à Bruxelles le et mort à Saint-Gilles le , est un artiste peintre belge.

Famille

Alfred (Alfred Jean André) Cluysenaar, né rue de Notre-Seigneur à Bruxelles le est le fils de l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar (1811-1880) et d'Élisabeth Puttaert (1812-1839). Le , il épouse à Bruxelles Marie Thérèse Cornelis (1847). Ils sont notamment les parents du peintre André Cluysenaar[1].

Formation

Tandis que son père le destine à la sculpture et l'inscrit à l'atelier de Joseph Jaquet, Alfred Cluysenaar s'aperçoit qu'il n'est pas attiré par cet art qui requiert le maniement de lourds blocs de terre grasse et le travail salissant des moulages. En raison du charme du dessin et de la magie des couleurs, il préfère se former à la peinture. Jusqu'en 1857, il suit d'abord, irrégulièrement, des cours à Bruxelles chez François-Joseph Navez. Muni de lettres de recommandation, il se rend à Paris pour suivre l'enseignement de l'école des beaux-arts et celui de Léon Cogniet. Cependant, après ses études, il ne parvient pas à assurer sa subsistance matérielle. Il expose Moine en méditation au Salon de Paris de 1861. La valeur de cette œuvre permet au père de l'artiste de le recommander pour la décoration de la salle de jeux du casino de Hombourg, dont il avait dessiné les plans. Après ce premier travail décoratif sérieux et rémunérateur, il se rend en Allemagne et aux Pays-Bas. Brièvement de retour à Paris, il se rend en Italie, où il réside durant trois ans, jusqu'en 1865[2].

Carrière

Lorsqu'Alfred Cluysenaar revient à Bruxelles, il décide de peindre Les Cavaliers de l'Apocalypse qu'il expose au Salon de Paris de 1867. Cette œuvre personnelle est admirée par la critique. Il se consacre ensuite à la réalisation de portraits et entreprend, sur commande, de 1874 à 1881, l'achèvement des peintures murales de l'Université de Gand, réalisations historiques et symboliques constituent un ensemble de grande qualité[3].

En 1883, il effectue un voyage de huit mois en Espagne et au Maroc. Il expose les œuvres inspirées par ce long séjour au cercle artistique de Bruxelles. Durant les années suivantes, il réalise de nombreux portraits de notabilités de Bruxelles. Dans son atelier, rue de la Source, il forme de nombreux artistes, tels Jacques de Lalaing. En 1886, il ouvre chez lui un atelier, où il forme d'autres peintres comme Marguerite Robyns et Émile Sacré[4],[5].

En 1891, il est nommé titulaire de la chaire du cours des arts décoratifs monumentaux à l'Institut supérieur des beaux-arts d'Anvers[6].

En , Alfred Cluysenaar devient le premier directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles, où il enseigne le dessin et la peinture d'après l'antique et la nature. En , il est élu membre de la classe des beaux-arts de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique[7].

Souffrant depuis longtemps d'une pathologie gastrique, Alfred Cluysenaar meurt chez lui, rue de la Source à Saint-Gilles, le , à l'âge de 65 ans. Trois jours plus tard, ses funérailles sont célébrées en présence de nombreuses personnalités, tels Jacques de Lalaing, Victor Gilsoul, Julien De Vriendt, ou encore Victor Horta. Il est inhumé à Uccle[8].

Œuvres

Caractéristiques

Edmond Louis De Taye écrit « Malgré la valeur de l'effort tenté et réalisé, Les Cavaliers de l'Apocalypse procurèrent au peintre plus de déboires et de désillusion que de chance ou de profit ! Le maître s'était heureusement lancé en même temps dans le domaine du portrait. Ici, il devait conquérir bientôt une réputation réelle affirmée d'ailleurs par des œuvres de grande et personnelle allure. En 1868, il expose le beau portrait du statuaire De Groot. Maintenant sa réputation reposait sur de solides bases. L'artiste était lancé et on lui savait gré d'avoir crânement abordé la solution des grands problèmes de l'art : l'histoire, le portrait, le symbole. Le peintre allait jouir enfin des sacrifices qu'il s'était imposés. A partir de cette époque, défilent successivement toutes les œuvres caractéristiques qui jalonnent sa carrière[9]. »

Au Salon de Bruxelles de 1872, Cluysenaar expose son Mazeppa renversé sous le cheval sauvage épuisé sur lequel un maître, soupçonnant une intrigue amoureuse avec sa femme, l'avait fait lier, tout nu. Ce tableau connaît un succès énorme. Le peintre avait du reste habilement interprété un passage de l'un des poèmes de lord Byron[3].

Alfred Cluysenaar que l'habitude des grandes compositions et l'activité fébrile au travail avaient, depuis longtemps, habitué à ne reculer ni devant aucun effort, ni devant aucune difficulté, Cluysenaar alors doué d'une énergie que la timidité aristocratique de sa personne n'aurait pas laissé supposer, devait enfin, comme Charles Verlat et tant d'autres audacieux, sacrifier, lui aussi, à l'engouement aveugle que le public témoignait à cette époque pour les panoramas. En effet, en 1880, après s'être assuré le concours de quelques peintres actifs, il commence le Panorama de Woerth placé depuis quelques années au Jardin zoologique d'Anvers et inauguré en 1881[5].

Après son séjour en Espagne et au Maroc, l'artiste représente la vie des pays visités. Ici, il ébauche, en plein soleil, une course de taureaux ; là, sur la place publique encombrée de porteurs, de marchands et d'étranges véhicules traînés par des mules, il suit des yeux un groupe pittoresque d'hommes et de femmes entourant un chanteur de complaintes qu'accompagne un joueur de guitare. Plus loin, il tombe en arrêt devant quelques crânes gamins jouant à « pile ou face » dans une tortueuse rue déserte. Ailleurs, se mêlant au peuple bigarré même, il pénètre dans la « patio » des maisons du populaire faubourg de la Triana à Séville, pour y étudier le peuple dans son véritable domaine. Enfin, amateur de contrastes et d'impressions caractéristiques, nous le trouvons encore dans les détours capricieux du palais de l'Alcazar de Séville, dont il s'efforce de rendre les merveilleuses beautés décoratives. Au Maroc, où Cluysenaar ne fait que pousser une pointe, des nègres majestueux et élancés, d'un noir d'ébène, de pittoresques porteurs d'eau, de suggestifs mendiants, loqueteux autant que solennels sous leurs misérables guenilles et de crânes soldats décoratifs avec des étoffes amples et des armes fines, attirent tour à tour son attention et se fixent, en deux traits de crayon ou en quelques coups de pinceau, sur le papier et la toile[6].

A côté du coloriste raffiné, il y a aussi, dans Cluysenaar, le portraitiste dont s'honore l'école belge, grâce à des œuvres de valeur. Cluysenaar, loin de s'abaisser à suivre servilement les traits de son modèle, cherche au contraire toujours, dans le portrait, à faire une œuvre d'art. Si les portraits de Cluysenaar ne sont pas fouillés avec nervosité, s'ils n'ont pas toujours de grande allure aristocratique, ils séduisent cependant par l'harmonie de leur coloris raffiné, par leur simplicité, leur distinction et leur élégance[10].

Sélection

Parmi les œuvres de l'artiste, figurent[11] :

  • Dominicain en méditation, Salon de Paris de 1861.
  • La décoration de la salle des jeux du casino de Hombourg en 1862.
  • Les Cavaliers de l'Apocalypse, Salon de Paris de 1867.
  • Portrait du statuaire G. de Groot, Salon de Gand de 1868.
  • Portrait du lieutenant-général baron Goethals, Salon de Bruxelles de 1869.
  • Mazeppa, Salon de Bruxelles de 1872.
  • Souvenir, Salon de Gand de 1874.
  • Une Vocation (musée de Bruxelles) et La Renaissance et la Réforme (esquisse de l'une des peintures murales décorant l'Université de Gand), Salon de Bruxelles de 1875.
  • Portrait de mon père, Salon de Gand de 1877.
  • Canossa, musée de Bruxelles, Exposition universelle de 1878 à Paris.
  • L'Etablissement du dogme (carton d'une des fresques de l'Université de Gand), Exposition historique de l'art belge 1830-1880.
  • Le Panorama de Woerth (jardin zoologique d'Anvers), Salon de Bruxelles de 1881.
  • Portraits des enfants de S. A. R. Monseigneur le comte de Flandre, Bruxelles, 1882.
  • Quai de Séville à la Noël, Jeune fille de Triana, Bohémienne, La Cour intérieure de l'Alcazar de Séville, Gamins espagnols sur un âne, Coin de la Triana, Vue du Guadalquivir, Petits gitans, Campagnard de l'Andalousie, Maure examinant son fusil et Une course de taureaux, Cercle artistique de Bruxelles en 1883.
  • Portrait du sénateur Van Schoor, Salon de Gand, 1883.
  • Portrait du ministre Frère-Orban (Crédit communal à Bruxelles), 1883.
  • Portrait du peintre Guillaume Van der Hecht, Salon de Bruxelles de 1884.
  • Portrait du docteur Capart et Après le bain, Salon de Gand, 1886.
  • Blondine et Liberté, Egalité, Fraternité, Salon de Bruxelles de 1887.
  • Portraits-médaillons de Maximilien et de Marie de Bourgogne (hôtel de ville de Bruxelles), 1888.
  • Bacchante, Salon de Bruxelles de 1890.
  • Portrait de Mlle Stiénon, Salon d'Anvers, 1891.
  • Les Quatre cavaliers de l'Apocalypse (carton en grisaille), Portrait du baron 't Kint de Roodenbeke, président du Sénat Salon de Gand, 1892.
  • Petit chaperon blanc et Le Premier coup de pinceau, Salon de Bruxelles de 1893.
  • Portrait de ma fille, Exposition universelle d'Anvers de 1894.

D'autres œuvres sont connues :

  • Une femme nue, huile sur toile, signé et daté "Cluysenaar 59" en ligne.
  • Doux souvenirs, signé et daté "A Cluyssenaar 73", huile sur toile, 97,5 × 68,5 cm en ligne.
  • Portrait de Jean-François Tielemans, 1886, Université libre de Bruxelles - Archives, patrimoine, réserve précieuse.
  • Portrait de Egide-Rodolphe-Nicolas Arntz, 19e siècle, Université libre de Bruxelles - Archives, patrimoine, réserve précieuse.
  • Portrait de Joseph Van Schoor, 1892, Université libre de Bruxelles - Archives, patrimoine, réserve précieuse.
  • Portrait de Louis-François-Joseph de Roubaix, 1887, Université libre de Bruxelles - Archives, patrimoine, réserve précieuse.

Collections muséales

Les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique conservent onze œuvres peintes d'Alfred Cluysenaar[12].

Galerie

Hommages et distinctions

Références

Voir aussi

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